De l’aide ?

 

J’ai hésité à écrire cet article, car fatalement, cela risque de faire de la publicité. Mais le titre de ce livre m’a interpelée, et je ne peux pas laisser des inexactitudes sur le sujet proliférer davantage sans écrire un petit article :

selon l’auteur l’élève à haut potentiel aurait besoin d’aide…                  Ce titre est presque dénué de sens. Un certain nombre de personnes ont besoin de cantonner les enfants surdoués dans le camp des « handicapés », ayant un grand besoin de soutien dans leur scolarité. C’est récurrent et désespérant.

Comme souvent, et comme dans les travaux de l’EN (2019) , auxquels ont participé cet auteur et les préfaciers du livre, dans les actions à mettre en place pour les l’élèves à haut potentiel, le saut de classe est indiqué en tout dernier point dans ce livre. On peut constater facilement la pathologisation et la médicalisation du sujet sur cette page : Ressources

Ils auraient besoin d’un tuteur ? J’essaie d’imaginer mes enfants à qui ont leur aurait imposé un tuteur. Non, je ne peux l’imaginer. C’est presque risible, ils auraient probablement envoyer bouler cette idée fantaisiste. Et ils auraient eu raison.

Je parle de hauts potentiels sans trouble, évidemment.

De l’aide ?

Oui il en faut pour contrer toutes ces fausses informations de ce livre ; en fait l’auteur décrit quelques témoignages pour en faire une généralité, mais ne prend pas la peine, vraisemblablement, de lire les études scientifiques qui sont, elles, représentatives. Elles se trouvent dans mon dernier livre :

A propos de la préface de Jeanne Siaud-Facchin, que l’on peut lire sur le site de l’éditeur, J Charles Terrassier n’a jamais été psychologue scolaire.

Au sujet de Terman et des ses surdoués étudiés sur le long terme, même si aucun n’a obtenu le prix Nobel, 77 sur 1500 « termites » avaient une renommée internationale en 1955 ! Ce qui n’est pas rien. Comme je l’explique dans cette conférence en 2016.

Dans sa préface, Jeanne Siaud-Facchin qui a très largement contribué à la pathologisation de la douance depuis 2002, se plaint aujourd’hui de la situation. Ironie ?

Enfin, le pire du pire dans cette préface est le déni de réalité (et du mépris) du travail de chercheurs français :

Alors que voici une des études en question, publiée dans une très sérieuse revue internationale (avec une base de donnée de 30789 élèves) :

Are high-IQ students more at risk of school failure?

« Résumé :  S’il est bien établi que les tests d’intelligence prédisent positivement la réussite scolaire, il reste une croyance répandue selon laquelle les élèves doués éprouvent des difficultés à l’école et sont particulièrement à risque d’échec scolaire. De nombreuses études ont prouvé le contraire, mais peu étaient basées sur des échantillons représentatifs de la population. Cet article visait à évaluer si les résultats antérieurs sur la réussite scolaire des enfants surdoués pouvaient être généralisés à un large échantillon de la population française générale. Nous avons analysé une base de données de collégiens français (N=30 489), incluant les scores à un test d’intelligence fluide en 6e année et une variété de mesures de performance scolaire en 9e année (résultats à un examen national, notes des enseignants, orientation scolaire en lycée école). De plus, l’auto-efficacité et la motivation ont été évaluées. Nos résultats reproduisent et étendent les résultats précédents : les étudiants à QI élevé ont obtenu de bien meilleurs résultats sur toutes les mesures de performance académique, ce qui a été corroboré par des niveaux plus élevés de motivation et d’auto-efficacité. Conformément à la littérature précédente, il y avait une relation positive robuste entre l’intelligence fluide en 6e année et la performance scolaire en 9e année dans l’ensemble de l’échantillon, qui a également été observée chez les élèves à QI élevé. Des analyses exploratoires ont révélé que le QI a modéré l’association entre l’origine sociale et la réussite des enfants, de sorte que le lien positif entre l’éducation des parents et la réussite s’est stabilisé pour les enfants à QI élevé. L’association positive entre le QI élevé et la réussite était similaire pour les garçons et les filles.« 

Quelques articles pour approfondir :

Copinage

Avoir un haut QI : chance ou malchance ? F Ramus

Dérive au ministère

 

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