L’opportunisme

Dans cet article, L’école française est en retard   de Sud Ouest du 17.04.2018, on peut y lire enfin un accord avec ce que je dis et écris depuis plusieurs années à propos des sauts de classe. Mais en définitive, on revient 15 ans en arrière, plus exactement au rapport Delaubier (2002). Il semblerait qu’au colloque du 10 avril 2018, on se soit enfin aperçu qu’il s’agit avant tout d’un problème de pédagogie concernant les enfants surdoués.

Mais cet article ne mentionne pas du tout ce mouvement de dérive qui s’est passé depuis l’arrivée de « la zébritude » justement , vers ces années 2002-2003. Cela correspond, comme par hasard, au début de la pathologisation du haut potentiel. Non au contraire, le ou la journaliste (sans doute pas au courant), interroge Jeanne Siaud-Facchin qui poursuit son chemin sans problème avec l’idée d’une « hypersensibilité » chez les surdoués, qu’elle nomme « des zèbres ». Idée non scientifique et non encore démontrée. Corrélation n’est pas causalité comme dirait Gérald Bronner.  (les fake-news)

  • Jeanne Siaud-Facchin est controversée à propos de sa participation aussi au Festival Ecole de la vie , qui promeut une école alternative et la mouvance « indigo » . oO.
  • Non contents d’avoir pathologisé le haut potentiel depuis une quinzaine d’années, on fait mine de découvrir qu’il s’agit en fait essentiellement de problèmes de pédagogie non adaptée. oO.

Plusieurs analyses étonnantes sont décrites dans l’article comme :

« Malgré une récente prise de conscience, la France peine encore à accompagner ces élèves « hors norme ». »

ou encore, on peut y lire par exemple :

« faire sauter une classe à ces élèves. Mais cette solution est moins prisée des parents » .

FAUX

Si cela n’était pas si grave et si faux, on pourrait en rire. Car les parents doivent se livrer à un véritable parcours du combattant pour que leurs enfants surdoués puissent sauter une classe (une seule). Quand il s’agit de deux classes, là, c’est presque mission impossible. Tous les arguments les plus farfelus sont avancés. Cela va du « il n’est pas assez mûr » au « il est trop affectueux »,  (je connais des cas récents). Les parents doivent dans certaines académies se rendre à la MDPH pour cela. Évidement, ils abandonnent parfois et on peut les comprendre. Les référents EIP sont des enseignants ASH (pour les handicapés) le plus souvent. Tout cela étant une conséquence de cette pathologisation effrénée du haut potentiel depuis une quinzaine d’années. Ajouté à cela la baisse de niveau en lecture des élèves en général, c’est un désastre.

Je dénonçais cela dans mon livre préfacé par J C Terrassier, créateur de l’ANPEIP  qui dès les années 1970 a alerté les pouvoirs publics et non pas en l’an 2000. Les surdoués atteints de haut potentiel, l’intelligence malmenée en 2016. Déjà.

et non « La réflexion sur un enseignement adapté à ces élèves ne date que du début des années 2000 dans l’Hexagone, selon S Tordjman »

En 1971 était créée l’ANPEIP. Déjà.

Il est curieux que ces personnes n’aient jamais lu ce témoignage sur mon site (alors que mon site est très « épluché » ), curieux qu’ils n’aient pas mis la main sur ce travail, réalisé à Vienne. En 1993. Déjà.

J’ai étudié cela (ainsi qu’un travail d’études pédagogiques réalisé en Allemagne ) lors de mes études en en Sciences de l’Education à Paris VIII :

« C’est probablement en 1993, que j’ai participé à un colloque à Vienne sur les enfants doués et surdoués. »

« Günter Schmid, pédagogue autrichien.

Rémi Hess , professeur en Sciences de l’Education à Paris VIII, m’a communiqué une conversation rédigée et commentée avec Günter Schmid, qui a initialisé un projet éducatif en Autriche pour les enfants surdoués.

Voici quelques extraits :

« Une histoire de vie pédagogique , recueillie et commentée par Rémi Hess.

Cette histoire de vie d’un proviseur, fondateur et animateur du lycée public expérimental viennois Karl Popper, ouvert à destination des enfants doués, pour les aider, par une pédagogie adaptée, à se développer, non seulement au niveau de leurs apprentissages intellectuels, mais aussi sur le plan de la construction de leur personne, est une réflexion sur l’itinéraire d’un innovateur… »

On peut lire l’ensemble des extraits sur

Témoignages

Certains acteurs du monde de la douance commencent à se réveiller, mais ils voudraient s’attribuer le monopole de la trouvaille : la pédagogie. Alors que je sais que tous mes articles sont très lus, mes travaux aussi.  Le PDF concernant le CP anticipé de mon étude de 2015 doit bien circuler, puisque je me réjouis de reconnaître une multitude de mes écrits en filigrane dans beaucoup d’articles et commentaires .

Etude haut potentiel 2015

Cela n’intéressait pas grand monde le CP anticipé pour les surdoués, en 2015. Cette solution du CP anticipé, j’en ai moi-même bénéficié à mes 5 ans et évidemment, c’est ce qu’il faut faire, la plupart du temps.

Il est curieux quand même que certains acteurs qui ont apporté eux-mêmes la dérive reprennent la main en s’annonçant comme des sauveurs des surdoués.

Formidable tour de passe-passe.

Dans l’article du Point, Enfants surdoués : l’école française veut éviter le bonnet d’âne   ils ont même employé le terme de « zèbres » : un comble :

« Qualifiés d’intellectuellement précoces, de surdoués ou encore de « zèbres »,

 

Contrairement à ce qui est écrit dans ces deux articles, tout était connu depuis très longtemps, et pas depuis les années 2000.

 

Conclusion

Il faut toujours approfondir les articles comme cet article L’école française est en retard  et ce qui est annoncé.

D’autres articles et blogs ont compris depuis longtemps comme « Enfant précoces info »:

Non le surdoué n’est pas un malade

https://www.enfantsprecoces.info/enfants-surdoues-lecole-francaise-veut-rattraper-son-retard/

Et tout cela semble être un beau discours car une directive du gouvernement vient de tomber m’a-t-on dit, et j’en ai eu la confirmation sur un commentaire d’un ou d’une enseignante dans une discussion sur l’article du Point.  C’est ce que l’on peut observer sur le terrain. Les sauts de classe sont énormément freinés, dans le monde réel.

 

 

Quelques articles pour approfondir le sujet :

La pseudoscience des surdoués

La fabrique des imposteurs

Conférence de Lausanne

Décryptage d’une vidéo de J Siaud-Facchin (mars 2016)

A REECOUTER

Encore des zèbres?

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2 réflexions sur « L’opportunisme »

  1. Pourquoi tous ceux qui parlent de HPI penchent la tête. Ils ont même scoliose-cyphose avec lordose cervicale et lombaire? Il y a un muscle derrière l’œil l’oblique inférieur qui dirige l’œil vers la racine du nez puis, arrivé à une certaine hauteur, le tort vers la tempe. Donc pour ne pas voir double il faut se pencher vers la droite ou la gauche. Un poteau serait vu comme un X sans cela. La vision binoculaire est instable car les cellules rétiniennes se dépolarisent en moins de 8 secondes donc il faut en recruter dans l’autre oeil. Ces saccades excitent le ganglion ciliaire qui agit sur le pneumogastrique=excès d’adrénaline. Bravo Madame.

  2. Une petite malformation des muscles oculomoteurs est la cause de la dyslexie et des troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité. L’instabilité de la vision binoculaire en découle. Hermann von Helmhltoz a créé le mot hétérophorie car il avait vu des recrues de la marine doués d’une vue 10/10 à chaque oeil incapables de se servir d’appareils optiques exigeant une vision binoculaire. Cette vision binoculaire est un manteau d’Arlequin de fragments vus d’une rétine et d’autres de l’autre oeil. Donc « dbpq » sont vus comme un bâton et un rond qu’il faut unir. L’hétérophorique ne peut sans prisme et secteurs.

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