Planète surdoués | Un espace d'information et de recherche sur la douance

Témoignages d’adultes – Page 5

Les adultes surdoués

J’ai créé cette page 5 pour que ce soit plus lisible, car la page 4 est assez longue. Merci à tous pour vos témoignages qui rendent ce site si vivant. j’ai aussi beaucoup d’émotions de vous lire , et je vous remercie de participer!  Continuons ce feuillet virtuel ! Augusto, j’ai visionné tous les spams ( j’en avais plus de 4000…). je note cette phrase de vous que je trouve excellente : « L’intelligence est considérée comme une maladie ? Répondez leur que malheureusement pour eux vous n’êtes pas contagieux. » !!!!! Même si je ne réponds pas à tous , par manque de temps, sachez que je lis tout évidemment pour approuver les commentaires, je tâche de corriger toutes les fautes d’orthographe, ne craignez pas d’en faire (je dis cela pour les dyslexiques). Il me semble que les interactions sont aussi importantes que les réponses que je peux apporter. Ce sont les témoignages , nombreux, qui permettront d’avancer et de faire comprendre aux incrédules que oui, nous existons ! et que nous sommes , somme toute, assez normaux…avec quelques caractéristiques en plus, ou en moins, comme tout le monde finalement. si vous lisez le blog, vous verrez un article sur la psychanalyse et les surdoués. N’hésitez pas à témoigner si vous avez eu des expériences  avec la psychanalyse.

Bien sûr, n’hésitez pas à lire mon livre « Des femmes surdouées » . Ce livre s’adresse aux hommes et aux femmes ! le chapitre 1 décrit la douance en général.

Les adultes à haut potentiel sont peu étudiés. Peu d’études relatent le devenir des enfants doués. Dans ce site je relate des témoignages d’adultes et j’en cherche toujours pour pouvoir mieux comprendre les adultes surdoués.

Je vais donner quelques pistes de réflexion dans lesquelles les personnes en questionnement peuvent  s’y retrouver. Tout en sachant qu’il faut se diriger  vers les psychologues compétents spécialistes de la question. Les psychologues peuvent vous faire passer un test pour adultes , le WAIS. Mais, comme pour les enfants, ce test est un paramètre, et un entretien clinique très approfondi avec un professionnel averti au sujet du haut potentiel sera indispensable pour bien tenir compte de tous les indices. Si vous rencontrez des professionnels qui ne vous proposent que de passer un test sans entretien, il vaut mieux chercher ailleurs.

Voici quelques caractéristiques qui correspondent aux adultes, c’est une liste non exhaustive et toutes ne sont pas forcément présentes.

Les adultes doués se présentent souvent comme des personnes que l’on remarque, que ce soit parce qu’elles sont très brillantes ou alors parce qu’elles sont très introverties, éteintes si on les compare à ce qu’elles étaient lorsqu’ils étaient enfants.. Ils ont quelque chose de spécial, mal défini mais présent.

Ils ou elles se questionnent sans cesse, ne sont jamais satisfaits, très exigeants pour eux-mêmes et pour leur entourage. Ils ou elles ont besoin de challenge.

Ils ou elles ont une grande mémoire.

Ils ou elles ont une grande sensibilité, une grande compréhension des autres, de la compassion, ou au contraire ils paraissent froids et distants.

Ils ou elles montrent une très grande susceptibilité.

Ils ou elles ont un caractère entier, pas de demi-mesure. Ils sont passionnés.

Ils ou elles ont un humour décalé, ils peuvent avoir des réflexions à côté de la plaque.

Ils ou elles présentent une grande curiosité, parfois dans des domaines étonnants.

Ils ou elles sont un peu « trop » en tout, dans des domaines très variés.ils sont caractérisés par leurs excès. Ils ou elles sont plus facilement dépendants , à l’alcool, aux drogues.

Ils ou elles peuvent se concentrer sur quelque chose avec une ténacité hors du commun jusqu’à ce qu’ils obtiennent ce à quoi ils croient intensément. La persévérance est une des grandes caractéristiques de ces adultes, ils ou elles sont sur motivés dans un projet s’ils ou elles sont sûrs d’avoir la bonne idée.

Ils ou elles développent une hyperesthésie (très réactifs au niveau des cinq sens, que ce soit l’ouïe, la vue, le toucher, l’odorat et le goût).

Ils ou elles ont une naïveté, un enthousiasme déconcertants parfois, qui peuvent  être pris à tort pour de l’immaturité.

Ce sont de très grands lecteurs, un ou plusieurs livres par semaine. Ce qui les rend très cultivés. Ils ou elles ont un langage, une façon de parler peu commune. Ils ou elles ont parfois appris à lire très jeunes, avant le CP.

Ils ou elles aiment apprendre les langues étrangères et les apprennent facilement.

Ils ou elles ont une grande imagination, une grande capacité de travail et de raisonnement.

Ils ou elles ne tolèrent  pas l’injustice, pour eux et pour les autres.

Ils ou elles s’adaptent rapidement dans le monde professionnel, mais s’y ennuient rapidement. En conséquence ils changent souvent de travail, d’où une certaine instabilité et insatisfaction permanente.

Ils ou elles ont souvent de bonnes intuitions mais en même temps peuvent douter de tout et surtout d’eux-mêmes, car ils ont une grande lucidité sur tout.

Ils font preuve d’une grande créativité.

Ils ou elles sont en réussite malgré une adversité flagrante.

Ils ou elles somatisent à l’extrême face aux difficultés de la vie.

Ils ou elles ressentent un ennui profond.

Dans leur vie, ils ou elles ont vécu des histoires peu banales, hors des sentiers battus, ceci dû à leur extrême curiosité.

Ils ou elles manifestent  peu d’importance aux différences d’âges dans leur relations et leurs amitiés.

Pour lire d’autres témoignages :

Témoignages d’adultes – page 6

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78 Comments pour Témoignages d’adultes – Page 5

dansedelapluie | 6 mai 2014 à 0 h 09 min

Bonsoir,

C’est un peu « à corps perdu » que je m’exprime ce soir, certainement de manière décousue et aléatoire ne sachant par quel bout commencer.

J’ai 33 ans aujourd’hui et une vie d’inactivité de paralysie et en vérité de questionnements trop nombreux, dérangeants, dérangés?

J’ignore complètement si je suis HP; pour tout vous dire je me sens venue d’ailleurs mais je pense que mon éducation (ou plutôt ma non-éducation), le bain dans une religion qui pour certains états et notamment la France est reconnue comme secte ont fait « le travail » enfin voilà justement ma question serait pensez-vous que ce genre de conditions pourraient amener quelqu’un à devenir similaire aux personnes à haut potentiel?

Je découvre depuis à peine quelques jours le site sur lequel je témoigne et voici ce que j’ai d’ailleurs envoyé à Nadine sur son mail privé:

Bonsoir,

D’un flot pressé, je vous envoie ces quelques mots pour transmettre, pour partager.

J’ignore si ce mail sera public » ou « privé », je m’attarderai prochainement sur la possibilité d’écrire de manière publique mais pourriez-vous transmettre pour moi, l' »émotivité » à lire tous ces témoignages, le sourire, les larmes, le réconfort et le désarroi, l’immense soulagement et le doute absolu. L’espoir et le combat à faire naître ((n’)être) l’impossible.

Merci.

Maxime <3 !!!!!! et les autres….!!!!!

Pourriez-vous m'aider? Suis-je un drôle de zèbre? ou juste fêlée?

Bonjour, il est minuit et onze minutes, douze maintenant.

Dominique

Je me demande si le fait de se deviner HP, de s'apercevoir HP à travers les écrits des autres qui pourraient être tout à fait les miens (bien que mon aisance à l'écriture s'étiole de jours en jours) puisse être de l'ordre de l'imaginaire, du fantasme ou du fantasque, de la folie?

Pour ce qui est de ma découverte de ce site et de la connaissance du profil HP, elle m'est venue d'un ancien maître de stage et ami (absent) et d'une psychologue qui a évoqué le fait que je sois pour ce qu'elle pouvait percevoir de moi une personne à haut potentiel et tout cela corrélé à une curiosité discrète sur le sujet quand enfant, par hasard, je suis devant une émission consacrée aux "surdoués", bref le sujet m'a déjà titillée quelques fois…

J'ai lu le fameux "trop intelligent pour être heureux", je pleurais déjà à la lecture du sommaire, étrange animal je suis pour quelqu'un qui apparemment n'est pas très douée car à 33 ans je n'ai qu'une année et demie de travail derrière moi et ce dans de multiples boulots, je ne trouve pas ma voie et commence des études supérieures à plusieurs reprises sans jamais en arriver au bout, je suis persuadée que mon cerveau n'est pas configuré pour parvenir à réaliser des choses normales et à réussir quelque type de travail demandé au sein d'un établissement scolaire ou même professionnel (que ce soit intellectuel ou même manuel où je peux faire preuve d'une grande maladresse, lenteur et inefficacité car souvent trop envahie par une série d'émotions ou d'interrogations qui préoccupent tout mon temps, mon énergie, ma "discipline", ma bienséance, ma, ma… je ne sais pas, je ne trouve plus les mots.

Je dois bien avouer être un peu "désespérée" car dans tout cela les questions matérielles me taraudent car toujours sans boulot et maintenant très proches, probablement plus une chance de "survie" (j'habite en Belgique où les allocations de chômage vont petit à petit et de manière plus ou moins imminente être supprimées et je ne suis pas contre cette idée dont j'aimerais éventuellement débattre une autre fois).

Bref depuis quelques jours, ça "remue-méninges" (encore plus que d'habitude) et ça remue-ménage autour de la reconnaissance d'un hypothétique profil HP qui peut-être me sauverait de l'état de médiocrité dans lequel je me trouve, je veux dire par-là qu'une telle reconnaissance me permettrais peut-être enfin d'oser ouvrir toutes ces porte et une à la fois de préférence ;-).

J'ignore si vous me comprenez, si quelqu'un prendra le temps de me lire…

Je déplore mon écriture qui peut-être est ennuyeuse et regrette la poésie dont je suis capable et qui aujourd'hui me fait défaut.

Je tenais à ajouter à quel point je pense me reconnaître à travers beaucoup des commentaires laissés ici mais je vois bien plus clair à travers vos mots qu'à travers mes propres écrits, je suis incapable de me définir lorsque l'on m'interroge pour un entretien d'embauche, l'élaboration d'un cv ou autre.

J'ai tellement de choses à dire encore et à réfléchir mais vu l'heure tardive et la longueur de temps, d'écrit aussi, je reviendrai ici plus tard.

Dominique

dansedelapluie | 6 mai 2014 à 11 h 28 min

Bonjour,

Je lis chaque jour, un peu plus vos témoignages et je m’exprime ici un peu à brûle-pourpoint, peut-être serait-il plus judicieux que je réfléchisse?

Voyez-vous, il me semble que pour beaucoup d’entre nous, d’entre vous les conditions de vie ne furent pas toujours tendres et je me demande si cela serait dû au fait d’être hors du commun ou si c’était plutôt l’inverse (le fait de vivre dans un contexte hors du commun qui engendrerait les comportements hors normes), bien qu’en y regardant d’un peu plus près les similitudes dans nos parcours feraient de moi l’une des vôtres?

Pour tenter de me définir, de tracer l’histoire de ma vie, je vais vous situer le contexte, illustrer d’anecdotes mon parcours atypique bien que tout cela sera passablement résumé.

On peut dire que tout commence en maternelle déjà (et nous ne remonterons pas plus loin enfin je pense); donc j’ai contacté tout récemment mon institutrice maternelle, qui affiche 80 ans au compteur et n’est pas dans un état de santé réjouissant mais qui du fin fond de sa mémoire a pu dire de moi que j’étais une enfant, je cite, « fort fort développée » « intéressée à tout » « psychologue » mais « avec un caractère très spécial » et de mémoire je cite ma mère évoquant d’autres propos de cette même institutrice « elle est fort intelligente », « elle présente une grande adresse manuelle comparé aux autres enfants de son âge » « elle sait déjà lire », « je l’aime beaucoup mais je dois prendre des cachets car elle me donne mal à la tête »!

hé bien voilà un début en fanfare (ça fait du bien d’écrire au lieu de garder tout cela en désordre dans les tréfonds de son âme), pour poursuivre, je ferai rapide en citant un mal-être constant, de nombreuses questions, le rejet des camarades, la lecture pendant que d’autres jouent, l’institutrice de première et deuxième primaire qui m’invite à apprendre à lire à un garçon qui s’avère être « l’idiot du village » (tâche qui m’apparut rapidement décourageante et non-source d’une possible meilleure intégration au niveau des autres), les exercices et tout autre réalisation sont faits par moi sans lecture des consignes, du peu que je me souvienne, j’avançais dans un flou artistique, j’ignore encore à quoi était due ma réussite, j’avais une facilité en français qui me semblait couler de source et les mathématiques furent à proportions variables soit faciles, soit complètement épineuses. A ce propos, j’étais plutôt insomniaque, il m’est arrivé de résoudre des problèmes pendant la nuit à la demande de mon père (mais de manière extrêmement rare comme si il s’agissait d’un coup de chance comme je le pense de la plupart de mes réussites) bref j’ai réussi jusqu’à la dernière année de primaire contrairement à ce que j’aurais cru (et en beauté: en Belgique nous sommes soumis à des examens à ce niveau scolaire)

Les secondaires arrivent péniblement avec leur lot de doutes, de questionnements toujours plus grands, de choix faits à la va vite, dans l’ignorance avec toujours en ligne de fond, les moqueries incessantes, méchantes, cruelles (inexplicables à mon sens), les résultats plus ou moins bons ou médiocres, c’est selon la matière, le prof, mon envie, mon humeur, mes sentiments, mes émotions. Le français est la matière qui m’apporte le plus d’émois et où j’excelle la plupart du temps mais n’oublions pas les questions d’ordre existentiel qui prennent parfois toute l’énergie sans pour autant amener à des solutions et voilà le cycle infernal est abordé, la difficulté à vivre, à savoir, à comprendre, à se dire, à livrer (mes moindres écrits pouvaient être sujet à l’inspection, le jugement ou la destruction de mes parents). Je fais ici une pause car mes enfants (bien légitimement) me réclament

dansedelapluie | 7 mai 2014 à 16 h 26 min

Bonjour,

me revoici! Du plus loin que je me souvienne, mes secondaires étaient jalonnées de coups de bouillonnement quant au hasard d’une émission radio, je pouvais corréler les sujets abordés au livre qui était de rigueur au programme du cours de français ou juste à une situation vécue, quelle surexcitation quand je découvre, quand je rencontre l’humain mais c’est les seules traces dont je me souvienne d’un côté passionné, quoique mon rapport à l’état amoureux n’était pas triste non plus!

L’œuvre au noir de Margueritte Yourcenar m’a bouleversée, dérangée, je n’ai jamais pu le lire jusqu’au bout et c’est en 2012 que j’ai pu enfin lire un bouquin sur M.Yourcenar que j’avais depuis 2003 et c’était étrange tout ce que je pouvais ressentir mais j’ai à nouveau laissé cette lecture de côté.

J’ignore pourquoi à vous lire tous, je suis émue, sensible, touchée et j’admire les personnes que vous êtes, aussi cela me renvoie une image hypothétiquement plus positive de moi.

Merci.

Un jour, je suis allée voir un médecin pour toute sorte de plaintes au sujet de mon état et le voilà de déclarer à mon compagnon « vous savez, elle est très intelligente votre compagne » et moi de me demander « mais que me veut-il?; il me proposa d’entamer des cours de théâtre ou de commencer un sport et si pas d’amélioration, on envisagerait l’acupuncture. Je n’ai pas de suite à ce témoignage ce médecin n’est plus 🙁 (1mois près ma visite), il se donnait trop à son métier.

Doté d’un haut potentiel et pourtant meurtri, ayant développé toutes sortes de parades pour échapper à sa propre réalité, que reste-t-il à un individu de sa potentialité?

Est-ce que vous pouvez comprendre mon brouillard à me découvrir, à savoir quelles sont mes réelles capacités?

Vous, qui me lisez, comment me percevez-vous?
Moi, qui me retrouve en vous, suis-je aussi un écho à ce que vous êtes?

Dominique

Cyclo_parisien | 12 mai 2014 à 16 h 37 min

Petite réponse: Oui, un grand oui pour l’écho (scolarité,…), et aussi pour le brouillard.
Beaucoup de gens sortent du brouillard enfin un jour?

P.S: désolé d’intervenir trop souvent, mais ne voyant pas de réponse après 5 jours…

Nadine Kirchgessner | 12 mai 2014 à 17 h 50 min

Je suis sincèrement désolée, je suis très très débordée et je compte un peu sur les lecteurs en ce moment. Merci cycloparisien. J’ai aussi beaucoup de questions en mp auxquelles je réponds également. Ce n’est pas un manque de volonté de ma part. Danse de la pluie, vous devriez passer le test ainsi vous saurez et ne passerez pas à côté de votre vie. Ce n’est pas votre cerveau qui n’est pas configuré, mais vous avez, comme vous le dîtes, une non-éducation. Mais il n’est pas trop tard ! Vous êtes très jeune et avez toute la vie devant vous, comme cycloparisien. Pour moi aussi Marguerite Yourcenar est L’une (ou l’un) des plus grands écrivains.

dansedelapluie | 14 mai 2014 à 12 h 53 min

Merci, merci Cyclo (je ne parviens pas à faire le tiret « vers le bas » avec mon clavier « biscornu » : aucune touche ne correspond à ce qui y est illustré) -parisien pour cette brève réponse mais néanmoins bienvenue, je désespérais de ne voir ici plus aucun commentaire.
Je m’attarderai à vous relire et à vous répondre plus longuement et peut-être pourrions-nous communiquer…

Merci Nadine.

A bientôt.

Cyclo_parisien | 15 mai 2014 à 23 h 32 min

Bonjour dansedelapluie,

Pas de souci pour communiquer, au contraire.

Voici mon adresse mail : cycloparis.plsd@yahoo.fr

Cordialement.

Coralie | 29 mai 2014 à 0 h 35 min

Bonsoir,

C’est avec un très grand plaisir que je découvre votre site internet. C’est assez étrange de se reconnaître dans la « check-list » ci-dessus (21 sur 24). Serais-je surdouée ?…

Je savais lire et écrire à l’âge de 4 ans et mes enseignants ont proposé à deux reprises que je saute une classe (sauts du CP et du CM1), mais ma mère a refusé les deux fois afin que je conserve toujours de l’avance sur les autres. Je me savais « douée » mais personne ne me disait « précoce » ou « surdouée ».

Au collège, j’étais douée dans toutes les matières, même dans celles nécessitant du « par coeur » (je préfère la logique), car je mettais un point d’honneur à tout bien faire. Être la première était mon objectif n°1 (pauvre de moi…). Bien entendu, j’étais considérée comme un alien, j’étais « l’intello », celle à qui l’on ne parle que lorsque l’on veut des réponses aux contrôles, la fille un peu bizarre… Pas facile à vivre sur le coup, mais avec le recul, je peux comprendre les réactions de mes camarades. Les résultats scolaires sont une chose mais cela ne doit jamais prendre le pas sur l’humain ! J’ai toujours peiné à trouver des « alter-ego », des gens avec qui partager, même en n’ayant plus ce besoin constant d’être en tête. Les rares personnes avec qui cela arrivait étaient souvent plus âgées.

Mon parcours professionnel est des plus atypiques mais correspond finalement à ce que je suis, un rassemblement de beaucoup de choses ! Je ne suis pas quelqu’un de linéaire et mes différents métiers le reflètent.

J’ai actuellement 31 ans et c’est seulement depuis quelques mois que je fréquente des personnes de haut potentiel … et c’est un régal ! Je découvre seulement maintenant que je ne suis pas anormale mais que je frappais à de mauvaises portes jusqu’alors !

Plusieurs questions surgissent dans mon esprit :
– La reconnaissance de la surdouance est une très bonne chose, mais les écoles classiques sont-elles vraiment équipées pour stimuler l’intelligence des enfants concernés ?
– Comment développer/démocratiser les écoles spécialisées pour les enfants à hauts potentiels ? Sur la région parisienne par exemple, je n’en connais qu’une seule (et les frais de scolarité sont exorbitants) !
– Le test WAIS IV m’intéresse. Où est-il possible de le passer ?

Merci d’avance du retour.

Coralie

Nadine Kirchgessner | 30 mai 2014 à 22 h 50 min

Bonjour
Selon mon expérience, les écoles que l’on dit « élitistes» sont assez bien pour les enfants qui n’ont pas décroché, c’est-à-dire pour ceux qui ont pu évoluer à leur rythme. Il vaut mieux ne se tourner les écoles pour enfants à haut potentiel qu’en tout dernier recours, et placer les enfants dans le milieu scolaire ordinaire, public ou privé. Cela dépend vraiment de votre région, des écoles environnantes. Beaucoup de facteurs entrent en jeu. Mais je pense qu’il vaut mieux ne pas mettre les enfants à l’écart, le plus possible.
Pour passer le test WAIS, renseigner vous auprès de l’ANPEIP pour avoir des adresses dans votre région.

Coralie | 31 mai 2014 à 10 h 28 min

Bonjour,

Merci beaucoup de votre retour !

Pourriez-vous préciser ce que vous entendez par « école élitiste » ? Pour moi, une « école élitiste » a une haute exigence en matière d’instruction mais j’assimile les méthodes employées à du « gavage » ; l’élève n’apprend pas par plaisir mais pour atteindre une certaine performance(j’ai fait ma prépa maths sup dans un lycée très élitiste…). Ce type d’école met les élèves en compétition et exerce un écrémage des « moins bons ». Au final les « forts » se retrouvent entre eux, donc à l’écart…

Pour ma part, j’ai fait toute ma scolarité dans le public et c’était au final un moindre mal car je n’étais pas du tout en décrochage scolaire mais, en contrepartie, je rencontrais des problèmes d’intégration sociale et étais peu stimulée intellectuellement en classe. Par contre, le fait de côtoyer des personnes ayant un fonctionnement de pensée différent du mien m’a apporté un certain équilibre je pense.

Mais cela ne se passe pas toujours aussi bien malheureusement. Des amis ont leur deux filles HPI. On ne voulait plus d’elles dans le public car elles étaient difficilement gérables en classe. Incomprises et hypersensibles, elles dépérissaient à vue d’oeil. Elles ont été diagnostiquées HPI (profils hétérogènes) et fréquentent désormais l’école Georges Gusdorf à Paris, spécialisée pour les HPI. Je n’ai que de bons échos de cette école ! Les filles sont très épanouies maintenant et peuvent s’exprimer pleinement grâce entre autres à des effectifs très réduits. Cependant, dépenser 14 000 € par an (7 000 par enfant) n’est pas réservé à toutes les bourses !… Comme vous le dîtes, c’est du cas par cas. J’ose espérer qu’il est possible de trouver une école privée non spécialisée pour les HPI (mais dont le projet pédagogique est adapté) et à des prix raisonnables…

Je me renseignerai auprès de l’ANPEIP pour le test WAIS.

Nadine Kirchgessner | 1 juin 2014 à 14 h 57 min

Elitiste n’est peut-être pas le mot adéquat, vous avez remarqué que j’ai mis des guillemets. Je voulais dire, une école qui tire l’élève vers le haut et non pas qui assure un nivellement par le bas, ce qui ne conviendra pas à des hauts potentiels. Comme vous dites, haute exigence en matière d’instruction, et non pas du gavage en termes de méthodes. Le gavage ce n’est pas apprendre à réfléchir ni apprendre le sens critique. J’ose espérer que peu d’écoles fassent du gavage. Il ne faut pas confondre compétition et émulation. La nuance peut-être ténue, mais l’émulation n’est pas mauvaise pour les surdoués comme pour tous les enfants. D’ailleurs les enfants aiment avoir des notes en général, cela leur permet de se situer. C’est comme pour tout, il vaut mieux que les méthodes soient intelligentes et les enseignants bienveillants. Sinon il vaut mieux changer d’école, mais les écoles pour enfants précoces ne sont pas toutes de haut niveau scolaire. Loin de là ! Vous parlez des prépas mais c’est encore autre chose car c’est après le bac, et ils préparent à des concours, la compétition est inhérente aux prépas.

Coralie | 1 juin 2014 à 20 h 28 min

Là nous sommes d’accord ! L’émulation à haut niveau d’instruction me plaît bien mais me semble encore trop rare… Connaissez-vous des écoles de ce type pour la région parisienne ?

Étant professeur en lycée, je connais pas mal le fonctionnement des établissements en région parisienne et je constate malheureusement que nombre de « très bons » lycées (que je ne nommerai pas) font de l’écrémage dès la seconde afin de ne pas faire chuter leurs statistiques de réussite au bac… Leurs méthodes sont parfois très violentes et s’assimilent bien à du « gavage »… Un exemple datant de cette semaine : des élèves de seconde d’un lycée privé très bien noté à Paris apprennent qu’ils auront des oraux dans toutes les matières et sur le programme de toute l’année… la semaine suivante ! Je ne vous raconte pas la panique des élèves et des parents d’élèves, d’autant plus que les résultats de ces examens sont décisifs pour le passage en première… Même si le niveau d’instruction est élevé, on ne parle plus du tout d’émulation mais bien de compétition ! C’est à celui qui aura les nerfs les plus solides et c’est bien triste…

Coralie | 1 juin 2014 à 22 h 02 min

Après réflexion, j’utiliserais plutôt l’appellation « stimulation intellectuelle à haut niveau » plutôt qu' »émulation » qui suppose étymologiquement que l’on est poussé à se surpasser pour dépasser l’autre alors que la stimulation n’implique pas de rivalité.

Nadine Kirchgessner | 5 juin 2014 à 11 h 57 min

Émulation selon moi, c’est se surpasser, pas forcément surpasser l’autre pour l’écraser. ne dit-on pas une saine émulation ? Mais « stimulation intellectuelle à haut niveau » n’est pas mal. il n’y a pas d’idéal, c’est une première chose à apprendre aux enfants, il faut s’adapter, tout en étant soi quand même…quel programme ! En tous cas, cela vaut mieux que le nivellement par le bas, vous ne pensez pas ? c’est comme dans tout, je pense qu’il faut trouver le juste milieu.

| 6 juin 2014 à 15 h 20 min

Bon allez, je me lance…

Voila une semaine que je suis sur ce site, j’ai lu tous les articles et je ne sais plus trop quoi penser de moi et de ma vie, puisque je présente 19 caractéristiques sur 24 plus les autres que j’ai trouvé sur d’autres sites. Alors voici mon histoire :

A l’âge de 5 ans, j’ai passé un test de QI où j’ai eu un résultat tout à fait normal de 81 avec en plus un intérêt important pour la logique et les jeux comme les puzzles. S’en est suivi un parcours scolaire assez étrange et vers 11 ans les psy ont conseillé à mes parents de me faire passer d’autres test psychomoteurs, car j’avais la moyenne mais je me lassais de tout très vite ce qui faisait chuter mes résultats à chaque fin de trimestre. Mais désolation familiale oblige, ces tests n’ont jamais été effectués et j’ai continué à grandir dans la certitude que j’étais différentes des autres, mais en quoi ? Toujours au même âge, j’ai entamé des recherches sur l’Egypte Ancienne, j’ai donc appris les hiéroglyphes…mais aussi les hiéroglyphes manuscrites, le grec ancien et l’alphabet copte..bref j’occupais mes récréations comme je le pouvais puisque je n’avais pas de copines !Arrivée à la fin du collège j’avais écrit plusieurs essais sur la condition humaine, et les Autres (imaginez mon bonheur de voir que je n’étais pas folle quand j’ai découvert « Huit Clos » de Sartre). Mais tout çà a fini par me faire peur, j’avais parfaitement conscience que mes écrits ne correspondaient pas à mon age (13-14ans), alors j’ai pris peur (je pensais que j’étais vraiment folle) et j’ai tout brûlé, je voulais être une adolescente normale… Aujourd’hui il ne me reste que quelques traces, de ce que j’avais écrit à 14 ans et j’en suis toujours aussi horrifiée.

Le lycée est arrivé, mes copines étaient en terminale pendant que je faisais ma petite seconde tranquillement. Mon bulletin ? J’atteignais les plus hautes moyennes dans les matières qui me passionnaient et les plus faibles dans celles qui ne m’intéressaient pas! Arrivée en terminale, abandon de tout, je n’étais plus acceptée nulle part car mes amis étaient à l’université, alors je me suis laissée aller dans les folies de jeunesse (alcool, clopes…etc), pour avoir des « amis » et « être comme tout le monde », sauf que je suis partie dans l’excès et j’ai failli m’y perdre. Après mon échec traumatisant au Bac, je me suis reprise en main et j’ai fini par l’obtenir l’année suivante.

Je suis allée en école d’art, le niveau était élevé et j aimais çà ! J’avais un nouveau défi chaque jour et j’était heureuse bien que toujours seule. J’ai ensuite sauté une classe dans une nouvelle école et en deuxième année d’Infographie je me suis mise à pleurer dans le bureau de la directrice car c’était « trop facile » et elle m’a rit au nez quand je lui ai dit çà…

Depuis ?
Plus rien, je ne fais plus d’études, j’ai pris un médiocre boulot dans l’accueil, histoire de ne pas rester sans rien faire.

Depuis l’année dernière, je me suis passionnée de danse et c’était la première fois que plusieurs personnes me disaient « tu es douée » ou « tu serais pas surdouée toi ? », car en quelques mois on me disait que j’avais atteint le niveau d’élèves qui avaient 7 ans de pratique…
(Grâce à cette nouvelle passion j’ai une vie sociale très agréable, la tranche d’âge de mes amies se situe maintenant entre 35 et 55 ans, moi j’en ai 22, mais peu importe, pour la plupart elles sont professeurs et c’est très agréable de parler avec elles. Je suis même devenue amie avec mon ancien professeur de physique de seconde !)
…Aujourd’hui, j’ai l’impression de faire souffrir mes professeurs de danse qui ne comprennent pas pourquoi je m’ennuie si vite, pourquoi j’ai l’air si préoccupée en cours, mais que dois- je leur dire ? Car je ne sais même pas moi-même pourquoi je me lasse de tout si vite, pourquoi quand j’essaie d’aller au niveau supérieur on me dit « Arrête de vouloir aller trop vite » alors que je veux juste être boostée pour réussir dans le domaine qui me passionne.

Voici, un fragment de ma vie, faite de soitude, de passions, de recherche constante d’une normalité ,atteinte en s’adaptant aux caractères d’autrui.

Il y a 5 jours, j’ai découvert ce site tout à fait par hasard, et c’est la main tremblante que j’appuie sur « Soumettre le commentaire », car je ne sais pas si je suis une adulte HP ou juste une cinglée qui a besoin d’attention avec une soif d’apprendre inépuisable…. Mais si quelqu’un peu m’apporter ne serais-ce qu’une miette de réponse, cela me soulagera d’un grand poids.. Car j’ai peur d’aller voir un psy et je ne sais pas comment aborder le sujet avec mon médecin.

Cé.

Nadine Kirchgessner | 7 juin 2014 à 23 h 50 min

Bonjour Cé, il faudrait connaitre exactement les tests que vous avez passés car vous savez qu’il existe beaucoup de tests, et on ne peut comparer les chiffres si on ne sait pas de quel test il s’agit. Mais vous aviez déjà un intérêt important pour la logique et des intérêts peu ordinaires pour votre âge (les hiéroglyphes manuscrites, le grec ancien et l’alphabet copte). Peut-être pourriez-vous envisager de repasser ces tests, mais les tests d’adultes. Il est possible que l’on soit passé à côté de vos capacités ou que vous n’avez pas pu les montrer à l’époque. Cela vous apportera plus des réponses, mais il vaut mieux se tourner vers un professionnel au fait de la douance.

Umi | 9 juin 2014 à 18 h 45 min

Je n’ai pas l’impression d’être particulièrement surdoué, quand je passais devant ces livres celui de De Kermadec etc… Je me disais que ce devait être fort pompeux d’acheter ce genre de livres pour se masturber l’égo.

Et puis je l’ai acheté et j’ai été très étonné (voire stressé…) de voir que je correspondais aux différents aspects notamment cognitifs, relationnels et surtout moraux. Cela m’a paru éclairant mais à la fois je ne me reconnais pas très bien dans ce statut et ait peur de ne pas avoir le QI qui va avec les remarques (si je fais un jour un test).

Je n’ai jamais considéré que j’étais quelqu’un d’hyper intelligent et il n’a jamais été fait état d’une enfance très précoce (même si j’ai une plus grande logique que la moyenne, mais je suis bof en math). Je n’ai jamais fait de test spéciaux à part sur le net pour m’amuser où j’obtiens de bon score mais où j’estime les éléments un peu bidon.

J’ai une bonne réussite professionnelle (je fais de la recherche et fréquente donc des gens très doués, mais la plupart n’ont pas la même curiosité que moi). Je lis beaucoup, ma thèse a porté sur un enjeu moral articulé entre différentes sciences : philo, psycho, socio, économie et gestion.

Bref, je suis dans un milieu qui me permet de m’épanouir mais suis quand même à coté par rapport à la plupart de mes collègues. Je pense que ce qui a beaucoup joué dans ma réussite, douance ou non, (outre de ne pas être dans un milieu social extrêmement défavorisé) c’est d’avoir eu des parents équilibrés qui m’ont encouragé à aller plus loin sans jamais me mettre une grosse pression. Ensuite la curiosité et le fait de franchir le pas à chaque fois qu’une opportunité se présentait malgré la peur. De toutes façons, on ne fait jamais rien tout seul. J’ai d’ailleurs un cursus atypique puisqu’au départ je faisais des études en biologie.

Bref, je me pose des questions… et avait envie de partager, d’écrire quelque chose sur ça pour me vider la tête, quelque part où quelqu’un pourrait le lire et où je pourrais le relire à tête reposée. Je ne cherche pas à débattre plus que ça, je n’ai pas non plus un extrême malaise mais il est clair que mon niveau d’exigence et mes particularités me donnent certains succès même dans le registre privé mais rend difficiles certaines relations personnelles. On a toujours l’impression que quand on parle de ce qui nous plait, les gens s’en désintéressent ou pensent qu’on se la pète (c’est peut être vrai aussi en partie qui sait…).

Bonne journée à tout le monde ^^

Cyclo_parisien | 2 juillet 2014 à 16 h 55 min

Bonjour Umi,

Petite question: avez-vous senti que vos parents vous ont laissé construire votre propre personnalité? Vous dites que vos parents vous ont encouragé à aller plus loin, mais selon leur point de vue ou selon votre propre perception du monde/ vos souhaits?

Et enfin, est-ce que votre entourage professionnel vous perçoit comme quelqu’un d’atypique, une personnalité différente mais existante, ou bien de personnalité effacée, sans savoir-être? Et si c’est le premier cas, comment cela s’est construit dans votre enfance/adolescence?

Je voudrais bien connaître vos réponses, si cela ne vous dérange pas.

Cordialement,

Virginie | 14 juillet 2014 à 9 h 03 min

Avis à notre population !

Ceci est un appel au petit peuple des HQI… Mettons nos énergies et nos aptitudes au service des autres, arrêtons de ruminer notre enfance, Caliméro, souffrance, doléances, regrets, gros QI, impression de gâchis et compagnie. Première piste : pour nos enfants, ceux des autres, pour les autres adultes doués mais ignorant leur douance, soyons des sentinelles, des éclaireurs. Révélons-les à eux-mêmes. Aidons-les à s’aider. Faisons en sorte que nos éclairages les rendent doués pour la vie !

Flytothemoon | 14 juillet 2014 à 12 h 02 min

Il y a un mois exactement, à une après-midi de rencontre entre femmes bouddhistes, je recroisais comme chaque année, cette nana que je trouve toujours un peu associable et avec qui j’ai toujours des discussions intéressantes.
Cette fois-là, nous sommes restées à quatre à la fin de cette après-midi et avons passé la soirée ensemble. Au fil de nos discussions sur la vie et ses implications, elle m’a dit presque sèchement, face à mes interrogations, « tu es surdouée ». J’ai bafouillé un « non, ce n’est pas vrai ». Elle a insisté. Je lui ai répondu que je m’étais posé la question de savoir si je n’avais pas une intelligence « légèrement » au-dessus des autres, qu’enfant, je me sentais plus douée que les autres mais que j’avais plutôt l’impression de régresser en tant qu’adulte. Je me suis souvent fait la réflexion d’être devenue « bête » en grandissant.
Mes deux autres amies présentes (qui me connaissent depuis plus de vingt ans) m’ont dit, « si si, tu es super intelligente ».
Je leur explique que ma mère m’a fait passer un test à 15 ans dont je n’ai jamais eu le résultat et qu’en fin de troisième tout le monde passait des tests de QI et que si ça avait été le cas, j’aurais été repérée. J’ai toujours pensé que j’étais un peu au-dessus, peut-être 120 au lieu de 100 mais que de toute façon, ça, c’était avant. Surtout que mon avance à l’école (CP à 5 ans) n’a pas duré au-delà du lycée : deux secondes et direction les CAP/BEP en lycée professionnel.
Je demande donc à mon interlocutrice comment elle peut dire cela. Elle m’explique qu’elle l’avait déjà remarqué, à ma façon de penser, d’analyser les choses, à mon comportement. Elle me conseille d’aller voir sur internet ce que sont les « zèbres ». Je reste perplexe mais curieuse.
Les jours suivants je vais voir ces fameux « zèbres » et je retrouve surtout des histoires de QI qui ne me parlent pas.
Trois semaines plus tard, je recroise cette personne à un anniversaire, au même endroit. J’ai peu l’occasion de lui parler mais je lui glisse que je ne me sens pas concernée par tout ça, QI, etc.
Elle me fait parvenir dans la semaine, des titres de bouquins à lire dont « trop intelligent pour être heureux ».
Alors, je vais voir sur le net de quoi ça parle et de fil en aiguille je trouve des sites qui ne parlent pas de QI mais de haut potentiel, d’adultes surdoués qui s’ignorent. Surtout, je trouve des descriptions très précises de la façon dont ces adultes ont créé une sorte de carapace pour camoufler leur mal être intérieur.
Je passe des heures entières pendant des jours à tout décortiquer et je me rends à l’évidence : je ressemble beaucoup à ces gens-là !
Là, c’est le drame. J’étouffe, j’ai envie de pleurer, je me sens perdue, je ressens un malaise profond. J’ai l’impression qu’on vient de m’annoncer que mes parents ne sont pas mes vrais parents. Qu’est-ce que je vais faire avec ça. Toutes les pièces d’un puzzle que j’avais assemblées minutieusement avec des bouts de scotch et qui donnait une image un peu bizarre, toutes ces pièces se réassemblent différemment. Comme quelqu’un qui est au bout de sa vie, les images défilent dans ma tête, surtout celles de mon enfance : tout ce mal être, ces pleurs tous les soirs, cette sensibilité à fleur de peau, l’impression permanente d’être une extraterrestre, la capacité à se faire oublier dans une soirée à quatre, cette capacité à faire le clown et à mettre le bazar en classe, cet ennui permanent, la dérive vers les drogues à un moment de ma vie, cette tête qui turbine tout le temps, cette phase d’ennui le soir où je me remplis l’estomac quand je ne sais plus quoi aller chercher sur le net. Les pages entières de blog que j’avale sur les sujets qui m’intéressent, mon besoin régulier de m’isoler d’un monde qui me fatigue non pas parce que les gens sont ennuyants mais parce que j’analyse tout ce qui s’y passe au point d’avoir du mal à comprendre ce qu’on me dit, mes difficultés à communiquer, l’impression de passer pour une demeurée tellement je suis bloquée devant des choses simples.
Par contre un énorme blocage sur les livres, la culture théâtrale, picturale.
Mon père, dont je dois tenir cette différence, m’a maltraitée enfant, tout en me disant combien il m’aimait. J’ai rejeté tout ce qui le représentait : les livres, le théâtre, l’intellectualisme, … Seule la musique a résisté. Je peux passer des heures à écouter de la musique. Enfant, j’ai fait du piano mais je me suis embrouillée avec ma prof au bout d’un an. Je me suis toujours dit qu’avec du travail je pourrais être douée mais ça prend trop de temps et trop de choses m’intéressent pour me cantonner qu’à un seul sujet.
Je me rends compte qu’écrire tout cela (j’écris au fil de la plume) me fait du bien mais comment faire maintenant. J’ai l’impression d’avoir ouvert la boite de Pandore. Comment en parler dans son couple quand on est déjà vue comme quelqu’un d’égocentrique, asociale et qui ne comprend jamais rien et choisi toujours la mauvaise réponse à une question ? Je me sens mal, quand même là.
Je vais tenter de publier cette bafouille sur un forum et attendre les conseils avisés des plus expérimentés.
Merci à vous qui me lirez.

Fly

Umi | 26 juillet 2014 à 15 h 45 min

Bonjour Cyclo, je repasse dans le coin.

Comme tout parent, ils voulaient que je réussisse surtout mon père. Mes parents sont divorcés depuis que j’ai deux ans mais j’ai toujours vécu en garde partagée (une semaine/une semaine) avec une relative entente. Ils ont toujours déménagé ensemble vers les mêmes endroits ce qui m’a assuré une certaine stabilité. Je n’ai pas eu d’orientation sur « quoi faire » et ait donc pu suivre une voie relativement normale. J’ai (nous ?) toujours pris ce qui m’ouvrait le plus de portes (je n’étais pas super bon à l’école, ni nul, c’est pour ça que je ne me reconnais pas du tout dans les définitions d’enfants précoces…). Le terme de surdoué est défini de manière très différente par les professionnels, tantôt de manière QI élevé, tantôt intelligence atypique, tantôt pathologie… C’est un peu le marasme dans la communauté et chacun y va de sa définition.

J’ai une personnalité assez forte même si jeune j’étais parfois le souffre douleur, ça a changé à l’adolescence et surtout adulte à partir de laf in du lycée et de l’université (en amphi). Mes parents m’ont laissé faire dans des domaines « valides » où il y avait des sorties et où j’étais bon (de base j’ai l’impression que c’est plutôt moi qui ai choisi…). Initialement la biologie. Puis ayant peu de mémoire, j’ai dérivé vers une licence pro pour aller bosser, puis vers un master, puis vers un doctorat qui m’intéressait. Je suis assez épanoui professionnellement sur des choses qui me plaisent et me stimulent intellectuellement. L’ouverture et l’originalité de mon centre de recherche m’a permis de bosser sur un sujet qui m’intéressait (et pas sur les sujets imposés de la plupart du milieu universitaire) où j’ai fait une très bonne thèse. C’est plutôt le monde privé qui est plus difficile (même si je suis sorti pendant longtemps avec certaines filles) mais je pense que ce n’est pas spécifique ni à moi, ni aux surdoués, même si l’exigence est élevée.

Pour information, vu l’intérêt pour ma réponse, mon père est commercial avec un très bon salaire mais n’a pas le bac, ma mère est psychologue et s’intéresse aux sciences médicales parallèles (et pour moi ressemble plus à certaines définitions d’enfant précoce).

On me perçoit peut être comme atypique car je pose des questions avant d’avoir fini d’entendre les réponses, parce que je suis extrêmement franc et à la limite du sans tact (ce qui pose des problèmes). Certains collègues trouvent également que je suis très structuré et les doctorants (voire docteurs) que je synthétise vite certaines idées après les avoir écoutées, ce qui les aide à avancer (et j’aime ça, cette stimulation intellectuelle d’échange).

Je me suis toutefois adapté à mon milieu (à la fois universitaire et professionnel), je me tais plus souvent et écoute avant de répondre (ce qui est dur ^^). Je forme aussi des professionnels qui ont parfois plus de 30 ans de plus que moi et de « hautes fonctions » ce qui demande de m’adapter, une certaine humilité, etc. Je suis passionné et ai une énorme force de travail relevée par mes collègues également quand je suis concentré sur quelque chose.

Pour revenir sur mes parents, ils sont très souples (surtout ma mère) avec des valeurs morales. J’ai quelques amis très proches qui datent du primaire et du collège et avec qui malgré la distance j’ai encore des contacts très réguliers. Voilà pour l’enfance et adolescence, je ne sais trop que dire de plus sans entrer dans du détail inutile (et comme avec ma mémoire j’oublie vite).

Quand on parle comme ça, ici, on a l’impression d’être des gros narcissiques, c’est assez insupportable. Suis-je un bon sujet d’étude ? :p

Bonnes vacances à tous.

Cyclo_parisien | 27 juillet 2014 à 22 h 55 min

Beaucoup d’informations, je ne demandais pas autant, mais merci, la réponse est riche. J’ai « un peu » (beaucoup) profité de l’occasion, mais ça m’apporte beaucoup dans le positif.

jess | 20 août 2014 à 12 h 26 min

Bonjour à tous,

c’est avec beaucoup d’intérêt que je viens de passer la matinée à parcourir bon nombre de vos commentaires.

Pour commencer je vais me présenter brièvement afin de vous contextualiser le besoin que j’ai aujourd’hui de partager mes ressentis et mes inquiétudes avec vous.

Je suis une femme de 32 ans bientôt, maman de 2 merveilleuses pitchounettes de 8 et 3 ans.
J’ai l’impression aujourd’hui, malgré mon âge plutôt jeune, d’avoir eu 1000 vies…

J’ai été mariée au papa de ma 1ère fille puis divorcée, pacsée au papa de ma 2ème fille puis séparée et viens de vivre quelques semaines avec une femme mais je viens de la quitter…

Mon enfance n’a pas été des plus simples au regard d’un papa réunionnais ayant vécu une enfance très difficile avec perte de sa maman puis orphelinat puis déracinement forcé par les pouvoirs politiques de l’époque l’ayant rapatrié en France pour repeupler nos campagnes limousines…autant vous dire que les répercussions se ressentent encore aujourd’hui et pour encore des décennies car construire des fondations familiales à partir de bases bancales me semble de l’ordre de l’utopie…
Mon père a sombré rapidement dans l’alcoolisme et nous a abandonné mes frères et sœurs et moi-même après le divorce.
Ma maman nous a donc élevés du mieux possible mais j’ai toujours ressenti ce besoin de porter tout ce poids familial sur mes épaules afin de lui apporter le plus de sérénité possible.
J’ai donc suivi une scolarité exemplaire en restant toujours dans le noyau de tête mais sans fournir de travail particulier puis au lycée tout s’est un peu compliqué. J’ai toujours eu du mal à garder des amis car mon niveau d’exigence que je m’impose se répercute sur mon entourage inexorablement et ils se sentent très vite dépassés…après l’obtention de mon bac (résultats tout à fait moyens: 12/20) j’ai privilégié des études courtes et peu coûteuses pour ne pas être un poids pour ma mère car nous étions 4 enfants et d’un statut social peu élevé…
j’ai donc intégré une école d’infirmière que j’ai réussi très facilement sans aucun besoin de travail particulier. S’en est suivi une carrière avec des postes à responsabilités grandissantes (je suis depuis 2 ans une des plus jeunes formatrices en soins infirmiers française). Ce ci ne me suffisant pas, j’intègre en parallèle en septembre un master de management en e-learning!

Tout ceci serait très bien (malgré effectivement mes déboires sentimentaux) si ne venaient pas se rajouter des signes cliniques handicapants et usants…en effet, je suis envahie de troubles obsessionnels compulsifs à type de symétrie, de comptage, d’alignement, de phobies variées. Toutes ces compulsions (dont je vous épargnerai la liste) me permettent de contrôler mon environnement proche et de me rassurer. Pour autant, si cela me rassure, cela effraie mon entourage qui ne comprend pas (même s’ils acceptent en général mon décalage hors-norme) quel besoin j’ai de toujours tout contrôler. Je suis en perpétuel questionnement, j’analyse toujours tout, suis très sensible et cherche toujours à résoudre chaque problème que ce soit les miens ou ceux des autres d’ailleurs.

Voilà, j’en arrive à un point ou mon cerveau surchauffe et où j’aimerai parfois être en capacité de me simplifier la vie et de simplifier celle des personnes qui m’aiment.

Je ne sais pas si je corresponds à votre catégorie de personnes à haut potentiel (même si je me reconnais dans la quasi-totalité des caractéristiques hors-mis la lecture précoce et l’hyperactivité motrice…).

Merci de prendre quelques instants pour lire mon témoignage et m’éclairer un peu car j’oscille entre la peur d’être atteinte d’une pathologie psychiatrique et le soulagement de n’être en fait qu’une femme dans MA norme.

Bien cordialement,
Jess

Lanthian | 28 septembre 2014 à 3 h 02 min

Bonsoir à tous et à toutes,

Jess, le meilleur moyen pour le savoir et de faire le test avec un psy 😉
Pour ma part j’ai les résultats mercredi, je suis un peu angoissé et j’espère être soulagé, bien que je ne vois pas encore en quoi ça m’aidera concrètement, à part mieux me comprendre?

Pour ma petite histoire, ma démarche est en sens inverse de la plupart des commentaires, il y a quelques mois j’ai décidé de revoir ma psychiatre qui m’avait suivi étant plus jeune (à une époque où suite aux violences subies dans ma très jeune enfance, je ne m’exprimais plus). Elle avait fait du bon travail mais depuis quelques années, j’ai de moins en moins la force de continuer à me battre ainsi que d’être avec des gens et à certaines période je me sens me briser et sombrer, donc j’ai décidé que ça suffisait, je suis allé la revoir, à ma grande stupeur sa réponse a été de me prescrire des antidépresseurs, hors de question! Si je souffre il y a une raison!! c’est pas des cachets qui règleront une bonne fois pour toute le problème, donc je suis allé voir une psychologue.
Et là en quelques séances j’ai enfin pleuré ça à duré jusqu’au lendemain soir des perles qui roulent sur mes joues sans en avoir conscience et de façon irrégulière . Bon je m’égare, tout ça pour dire que c’est elle qui m’a proposé de faire le Test afin de vérifier si il y a bien « douance » dans mon cas, j’ai fait quelques recherches et me voilà sur ce site ;). Très intéressant d’ailleurs, je vais aussi voir le livre, même si j’aime pas trop lire (sauf si ça m’intéresse en vérité).

Je me reconnais comme vous dans plusieurs points de la liste, cependant pour certains d’entre eux, si j’ai bien compris, notre histoire personnelle influence le test et doit être pris en compte d’où la nécessité d’un psy. Par exemple je n’ai pas une bonne mémoire pour certaines choses, car ça demande de chercher l’information dans notre mémoire à long terme, et dans mon cas depuis que je suis gamin je m’efforce d’oublier, à part quelques bribes je n’ai plus de souvenir avant le CE2 (et ça je commence à le comprendre depuis peu, je pensais être bête « même pas foutu de retenir un prénom » )

Aujourd’hui (27 ans) je me retrouve dans une vie qui ne me correspond en rien, je suis seul autant en amour, en famille, j’ai peu d’amis, je suis d’ailleurs celui qu’on viens voir quand on a un souci, je suis toujours souriant, agréable, à l’écoute… J’absorbe comme une éponge la moindre de leurs contrariétés, inquiétude, malheur ou agressivité, je ne supporte plus ça.
Ma vie professionnelle, la bonne blague, j’ai le sentiment de m’être complètement loupé, enfant quand mes camarades voulaient être pompier policier et super héros je voulais être architecte et finalement, j’ai un bts en mesures physiques, une spécialisation en radioprotection nucléaire, j’ai commencé dans une centrale nucléaire je m’ennuyais j’ai pas reconduit mon contrat, j’ai était embauché en tant que vendeur de téléphone au bout de 3 ans j’ai changé car je m’ennuyais et je supporter plus l’agressivité, la stupidité l’incivisme et l’impolitesse des clients, je m’en rendais malade, à me plier de douleur au ventre le soir venu, la tension descendant.
Actuellement je suis dans le même domaine dans un grand groupe mais sans contact clientèle direct, et vous savez quoi ça fait deux ans, je m’ennuie, je me prend la tête avec mon chef car quand il parle il se plante donc je le corrige, c’est grave d’avoir des incompétents pareils à des postes clefs j’en sais plus que lui, sur le boulot, sur l’équipe, les process ressources humaines et notre convention collective, donc maintenant je suis dans sa ligne de mire. J’ai qu’une envie c’est de tout quitter charger la voiture en route pour l’Espagne et je vais apprendre la langue là bas, un projet fou. J’y réfléchis encore, je vais prendre le temps de la réflexion quand même.

Je m’arrête promis il est bientôt 3h, au dodo quand même. 🙂

Il y a tellement de sujets comme ça, en tout cas si vous arrivez jusqu’à ces lignes, merci pour votre courage et votre patience

Lanthian

Nadine Kirchgessner | 30 septembre 2014 à 11 h 57 min

à Jess et Lanthian, Le mieux est de rencontrer les professionnels de la douance, (pas facile), ils doivent prendre en compte tous les aspects de votre vie en plus des tests. Si un professionnel ne se concentre que sur le QI, cela n’est pas suffisant. Les médecins psy (mais pas tous) prescrivent souvent des antidépresseurs avant d’écouter la personne. Les traumatismes graves peuvent perturber évidemment les fonctions cognitives, lisez le site memoiretraumatique.org. Vous êtes jeunes et rien n’est définitif !

Lanthian | 1 octobre 2014 à 23 h 54 min

A Nadine Kirchgessner, merci du conseil je vais voir le site mémoiretraumatique.org merci 😉
J’en suis à plusieurs mois de consultation avec le psy et c’est très récemment qu’elle m’a proposé de faire le test.
D’ailleurs voici mon résultat (d’aujourd’hui donc) test WAIS-III. QI: 135
Bon ok si c’est écris … Maintenant j’en fais quoi? Ça change quoi? pourquoi? comment? Et ??? Ça soulève plus de questions que de réponses. Finalement je ne suis peut être pas: dépressif, asociable, (légèrement agoraphobe) et aussi nul que je m’estime, Je verrai bien sur les prochaines consultations

Bonne soirée à tous et à toutes

VARLOT | 6 octobre 2014 à 18 h 01 min

Bonjour à toutes et tous,

Voilà longtemps que je ne suis venu visiter, et m’exprimer sur ce si unique et immensément utile site, qu’est celui de Nadine.

Une dame qui m’a beaucoup aidé et supporté dans mes doutes et mon besoin de réassurance, ainsi qu’à me justement guider, de manière à ce que je puisse retrouver les bonnes voies pour me mener enfin, il y a deux ans, vers une extraction résurgente et salvatrice, et suite au travaux importants effectués avec ma psychiatre.

Jamais je ne pourrais lui en être suffisamment reconnaissant, car l’homme qui dormait en moi, se perdait, souffrait si intensément, avait perdu goût à tant d’aspects de la vie, ne pouvait trouver de port d’attache, ni de réponses, s’est enfin réveillé en totalité, en évolutions, qui depuis sont encore vivantes en moi si riches d’avançées multiculturelles, intellectuelles, créatives, et bien sûr humaines.

Elles sont mon sel, mon pain, mon eau, bien plus capitales et nutritives, pour moi, que les nourritures alimentaires, sans elles au quotidien je ne serais rien…

J’en reste encore béat, satisfait, tellement fabuleusement heureux et ravi, ce fut purement et simplement magique, me donnant de si uniques satisfactions, redevenu à nouveau souriant et réjoui de renaître à la vie, enjoué et pleinement comblé, rassasié, et radieux tel un astre qui avait égaré son soleil.

Puis en ayant lu également, le très instructif livre de J Siaud-Facchin. Ce livre a été capital pour moi
 » Trop intelligent pour être heureux ?  » L’adulte surdoué.

Mais je suis à nouveau présent parmi vous parce qu’il y a quelques jours j’ai reçu le mesage d’une femme, elle se nomme M.(je ne révelerai pas son identité, car c’est à elle de le faire si elle le désire),qui semblait désespérée, en questionnements divers, en recherches de réponses qu’elle ne savait et ne pouvait trouver.

Elle m’a contacté après s’être rendue sur le site de Nadine, et y avoir lu les différents commentaires que j’y avais postés, aussi je lui ai rapidement répondu au travers de mon vécu et mes expériences passées, puisque ce dont elle me parlait correspondait précisément aux ressentis de mon passé comme aux travaux accomplis avec ma psy, pour avancer toujours plus et me sortir des ornières sans fins, où je m’étais perdu, afin d’en arriver aux portes de la douance, de manière à les franchir en achevant ma quête, et de redevenir enfin moi même.

Aussi de manière à partager avec vous, je vous transfère ci-après ses messages et les miens, espérant qu’ils pourront vous apporter de l’aide dans la compréhension de vous-même, comme de me sentir utile à vous offrir des possibilités de réponses et/ou de solutions, sans imposer quoi que ce puisse être, d’ailleurs Nadine me connaît bien, il n’est pas dans mes habitudes de m’arroger le droit, la prétention, ou la fatuité, de me positionner en censeur abrupt, mais simplement en être humain, humble et ouvert à ceux de la communauté restreinte, mais pourtant si incroyablement riche de tout ce que vous êtes et de ce que nous sommes ensemble, qu’est cet espace mirifique que celui de la douance.

Nous venons tous de passés communs et transférables en tant de similitudes : de douleurs, de souffrances, d’incompréhensions, de mise au banc, d’aliénations, de marginalisations, de dépressions, d’incapacités à être soi, de doutes constants, d’instabilités, de heurts, de luttes, de mal-être, de manques de confiance, de stigmatisations par notre entourage parental, scolaire, sociétal, professionnel, relationnel…

C’est pourquoi ma voix est celle d’un homme qui aime ses proches et tente de son mieux d’essayer de les soulager, car nous sommes de cette famille commune.

Bien à vous, et une fois de plus pardon si ce texte sera pour certains trop long à lire, mais il m’a toujours été complexe de  » faire court « , lorsque je m’exprime sur un sujet qui me passionne, au risque d’affadir l’argumentation, ou de restreindre le propos à un résumé édulcoré…

Bonne soirée à vous toutes et tous,
et un immense merci à vous Nadine,
bien amicalement,

Jacques VARLOT.

Voici notre échange de messages avec M. :
Bonjour,
Je suis sur le site planète surdoués.fr, et je te lis.
Je ne sais pas pourquoi je t’écris, je suis en quête.
Parce que depuis tant d’années, je n’ai pas entendu ce que me disait mon frère.
Je suis passée par des cheminements, je viens de découvrir et je lis. Merci. M

Le 17 sept. 2014 à 19:43, « Jacques VARLOT » a écrit :
Bonjour M,
Je te remercie pour ton message, tu as raison de me l’envoyer, car ce site m’a beaucoup apporté dans une démarche que j’ai entrepris avec ma psychiatre en 2009, qui n’a cessé d’évoluer pour me mener, via différentes interconnections à plusieurs niveaux, travaux et introspections, et intensifications en évolutions positivismes en décodages psychiques d’aneées de douleurs, de mises à l’écart et d’incompréhensions de la part des autres, et de moi face aux autres, qui me rejetèrent si souvent, ne voulant rapprocher de moi, tenter de comprendre les traumatismes que j’avais subis à différentes étapes et périodes capitales, car même si dans l’instant on est en souffrance profonde, ensuite petit à petit, ne sachant si les noeuds se débloqueront, si çe sera possible, espérant, perdant pied, remontant, restant dans la quête sans perdre espoir;
il convient un jour de se sentir en face d’une limite aboutie à une ouverture, à une phase de nécessité d’introspections multiples, qui avec le soutien de ma psychiatre, mon guide et le travail intense, m’a permis un jour de trouver ma famille perdue mon port d’attache et d’amarrer ma barque en sûreté, entre autre en trouvant sur ma route Planète surdoués et en rencontrant sa responsable psychologue Nadine K. en parallèle de la lecture que ma psychiatre me conseilla vivement car elle avait perçu que j’avais atteint un cap qui justifiait la plus que nécessaire lecture en attention et en profondeur de  » Trop Intelligent pour être heureux, l’adulte surdoué  » chez O Jacob, de J Siaud-Facchin, psychologue spécialiste des enfants en douance puis ensuite des adultes douançés,et a ensuite créé des centres pour venir la consulter, les centres Cogito Z.
Ce livre m’a pétrifié, j’y ai trouvé au moins 95 % de réponses à mes interrogations et je me suis trouvé en totale osmose et en transport de connivences associées, donc je passais les tests WAIS, qui furent pour la libération de mon moi, la possibilité de me sentir enfin vrai libre et appuyé soutenu par les résultats du test et de son analyse fine et complète au niveau clinique, pour en arriver à poser des résultats qui viennent d’abord troubler beaucoup puis apporter une paix interne et psychique pour ouvrir par ce diagnostiq scientifique par ces tests mondialement reconnus depuis le début des années soixante, une plage de multiples réassurances et d’armes nouvelles pour comprendre faire la paix avec ses troubles avancer toujours plus vers une démultiplication de ses possibilités d’évolutions par la douance et le fait de savoir que l’on n’est plus seul et que nos parcours, au travers du fascinant site de Nadine K. ne sont pas vains mais orientés vers des étapes et des nécessités qui devaient nous guider là, à ce port en paix, tel Ulysse qui revint à Ithaque après des années d’épreuves capitales pour se grandir, puis se relever…
Voilà en raccourci ce que je ressentais et qui me fait toujours tant redevenir celui que je gardais en silence pour moi, être hpi n’est pas une maladie, et pas non plus une honte, ou un handicap, bien au contraire c’est la possibilité de se sentir soutenu et en réassurances avec un nom à mettre sur un fait établi mais que beaucoup de psys refusent de prendre en compte.
N’hésite donc pas à me poser ton problème, tes questionnements, tes ressentis, je t’aiderais avec plaisir, de part ce qui s’est passé pour moi, mais également pour bien d’autres.
A bientôt M. Jacques

Bonjour Jacques,

Quelle joie de te lire ce soir …,
Tout d’abord, je tenais à te dire que je me suis adressé à toi parce que ton style d’écriture et de « parlé » est celui d’un poète ou d’un individu animé par la simplicité et la gentillesse, ça, c’est ce que j’ai ressenti.
Mon frère, il s’appelle Raphaël, il a 4 ans de moins que moi, soit 37 ans, et il est comme toi, passionné de livres, de textes, de citations, de mots.
Comme je te le disais, je viens de découvrir sa douance (non qu’il me l’avait déjà dit, répété, donné des livres pour que je lise (et que je n’ai jamais ouvert) – pour quelles raisons ? L’incompréhension, la difficulté à écouter avec le cœur au lieu de la tête, le temps qui passe et qui ne nous laisse le temps que pour ce qui est prioritaire ?
Après tant d’année d’incompréhension de son comportement, me voilà devant sa vérité : il a vu quelques spécialistes qui lui ont dit qu’il fallait vivre avec…
Il est hyperesthésique, ça, c’est ce que j’en comprends….
Il rêve de nature, de repli, de paix, … Il ne sait plus ou il en est, n’a personne pour en parler, a tout abandonné depuis le début de l’année : travail, paiement des traites, déclaration au Assedic, n’a plus aucune ressource…
Moi, je lis, je lis comme je peux, entre le travail, mes enfants, ma vie, en espérant trouver quelque chose qui l’aidera.
Voilà, depuis une semaine, « je tourne en boucle », rien comparé à lui, seul avec ses doutes, ses incompréhensions, sa dérive….

Voilà, merci de m’avoir lue. M

Bonjour M,
Merci beaucoup pour ta réponse, je suis heureux que tu te sois tournée vers moi, j’en suis honoré…
Ne sois pas désemparée de la sorte pour ton petit frère, et je peux le comprendre, en fonction de mon expérience de la douance et des autres parcours de hpi, je vais te donner une bonne partie des éléments, observations, lectures et vécus qui pourront t’aider à sortir ton frère de ce mauvais pas,
j’en suis passé par là plusieurs fois dans ma vie,
j’ai 47 ans, et j’en suis à présent sorti :

En fin de mon message j’ai copié ton dernier message, auquel je te donnerais mon analyse point par point.

Il m’a été possible de concentrer des similitudes plus que troublantes, venant corroborer le fait qu’il existe bien un mode de perception, de ressenti, de non acceptation souvent, puis de remises en questions de soi pour en arriver, en terme d’introspection doublé de travaux importants avec un bon professionnel, au choix selon celui qui nous semble le plus proche à son problème, mais le mieux reste de consulter son médecin psychiatre … []
…Aussi ne me dis pas, ainsi qu’à la fin de ton dernier message, ci-dessous :  » merci de m’avoir lue « ,
comme si je te mettrais de coté à l’image de nombre des pseudo humains égocentriques et sans aucun coeur, que de ne penser car leurs réussites personnelles et surtout financières avant d’être de prime abord des humains bons et se tournant vers leur proches pour les aider et les supporter à bras le corps, leur apparence, leurs superficialité et ce qu’il croient être aux regards des autres, se complaisant dans la fatuité et le nombrilisme.

D’ailleurs voilà ce qui est souvent la conséquence du mal être que vivent les hpi, qui reçoivent en pleine état de hautes sensibiltés, toutes ces agressions et attaques à leur vision du monde, de la vie, de la culture et de la créativité qui est l’indispensable manière d’expression première et constante des personnes douancées…

L’hyperesthésie est l’exagération physiologique ou pathologique de l’acuité visuelle et de la sensibilité des divers sens. Dans le cadre d’une stimulation non-nociceptive, celle-ci est anormalement ressentie par le patient comme douloureuse (Noordenbos W, 1959). La notion d’hyperesthésie est officiellement morte en 1979. Ce concept a été remplacé par l’allodynie mécanique.

Cette définition a été légèrement réadaptée en 1994 par un sous-comité international de l’IASP dont la Française D. Albe-Fessard et W. Noordenbos. Le besoin était alors de distinguer : l’allodynie mécanique, l’hyperalgésie et le concept expérimental d’hyperalgésie secondaire.

En 2008, un article relevé par le milieu des patients qui souffrent de cette hypersensibilité au toucher parle d’une hypo-esthésie paradoxalement douloureuse au toucher.
l’hyperesthésie relationnelle désigne la sensibilité et la susceptibilité exagérées dans les contacts sociaux telles qu’observée chez les sensitifs ou au cours du délire de relation des sensitifs(décrits par Ernst Kretschmer).

Les H.P.I
Si il existe de nombreux termes pour désigner le haut potentiel intellectuel, il n’est pas pour autant aisé de définir pour soi et pour les autres de quoi il s’agit.

La notion de « haut potentiel », sans se limiter à l’aspect intellectuel, car selon nous, être précoce, c’est ouvrir le champ des possibles dans une multitude de domaines insuffisamment valorisés et exploités dans notre culture/société.

Ce haut potentiel, c’est la capacité à ressentir, percevoir, comprendre les choses et l’environnement qui nous entourent, de façon plus aiguisée, plus fine, plus dense que la majorité des gens.

Et ressentir les choses plus intensément, c’est aussi y réagir plus intensément.

Tout est stimulation, tout est information à traiter, sans nécessairement avoir de hiérarchie ou de priorisation dans le traitement de l’information. On est donc rapidement surchargé, survolté.
Il en découle une sensation de stimulation et de sollicitation permanente, et cette perméabilité à l’environnement peut engendrer de la nervosité, de l’irritabilité, de la fatigue, un besoin de s’isoler, de se protéger de ce flux incessant de stimulations. Des mécanismes de défense se mettront parfois en place pour contrecarrer ce trop-plein de stimulations (tocs, évitement phobique, hypersomnie…).

J’ai souvent été interpellées par des hpi qui se présentaient d’office comme « fragiles », « trop sensibles », « différents », « en décalage », ou qui se vivaient comme « malades » (subjectivement ou après diagnostic médical : troubles anxio-dépressifs, bipolarité, addictions…).

La souffrance exprimée par ces hpi avait une tonalitéparticulière.

La grande majorité d’entre eux ne croit pas du tout à une hypothétique surdouance, suggestion qui peut même leur paraître fantaisiste.

Chacun d’entre nous étant son propre « mètre-étalon », ce que nous faisons de façon évidente, sans effort ou sans réflexion consciente, nous paraît généralement « normal ».

Les personnes à haut potentiel ne se rendent pas forcément compte que leur « normalité » est en fait « hors normes »!

Elles se focalisent sur le décalage ressenti négativement par rapport aux autres, socialement notamment, sans réaliser qu’être « hors normes » a aussi des avantages, peut être un atout, dont elles doivent prendre conscience pour avoir une plus juste estime d’elles-mêmes et reconnaître leur vraie valeur.

Les multiples facettes du haut potentiel

Une personne à haut potentiel ne présente pas nécessairement toutes ces facettes, et peut en avoir développé certaines plus que d’autres. Elle peut aussi avoir tout simplement manqué de confiance et d’occasions pour exprimer certaines facettes. La révélation de son haut potentiel peut alors servir de tremplin pour se lancer et se réaliser dans des domaines jusqu’alors inexplorés, artistiques ou autre.

L’intellect

L’aspect purement intellectuel du haut potentiel peut s’exprimer par un niveau d’accomplissement académique élevé, sanctionné par des notes et des diplômes, signes ostensibles de performance et de réussite dans notre société élitiste.

Les personnes ayant connu un tel parcours s’en félicitent rarement, voir, s’en défendent (« j’avais juste une bonne mémoire », « c’est parce que j’ai eu la chance d’aller dans de bonnes écoles »), ou ont l’impression d’usurper leur titre (« j’ai réussi médecine par hasard »).

Mais la majorité des hpi n’a pas bénéficié des conditions nécessaires à l’exploitation de leur haut potentiel au service de la réussite scolaire.

Au contraire, ils se sont heurtés à de l’incompréhension, de la stigmatisation, voire de l’humiliation, car ils ne s’accordaient pas au cadre scolaire, et l’école n’a pas cherché à s’adapter à leur fonctionnement particulier. « Il n’arrivera jamais à rien », « il n’ira pas jusqu’au bac », « qu’est-ce qu’on va en faire ? », ce sont surtout des incompris, blessés et parfois révoltés face à la somme d’injustices subies.

A l’âge adulte, leur besoin de reconnaissance est intense, tel cet homme qui essayait d’imposer chaque décision professionnelle avec force, dans la confrontation, avec le sentiment de « jouer sa vie » à chaque fois tant il avait souffert d’incompréhension par le passé.

L’hypersensibilité

L’hypersensibilité, versant émotionnel du haut potentiel, est sans doute la dimension la plus difficile à accepter, intégrer et gérer, car l’abondance et le débordement d’émotions qu’elle génère sont trop souvent assimilés à de l’immaturité, de la faiblesse et de la fragilité, effrayant pour soi et pour les autres qui ne savent comment les recevoir.

C’est d’ailleurs fréquemment le premier motif de consultation.

Les personnes à haut potentiel ont souvent une capacité d’empathie surdéveloppée, cette qualité fait d’eux une oreille à qui se confier, souvent de bon conseil.
Mais pour eux, elle est aussi cause de souffrance, car l’empathie s’accompagne souvent d’une forte sensibilité à l’injustice avec le sentiment d’impuissance qui va avec.

Bien canalisée, cela peut être exploité dans des professions d’aide, dans la création d’associations, du bénévolat… chez d’autres, elle restera à l’état brut, sous forme de rébellion, colère, rejet de la société.

L’hypersensibilité confère par ailleurs un côté intuitif, qui devient une vraie force lorsqu’on l’associe à une réflexion intellectuelle. Cela permet de potentialiser les prises de décision.

L’activité motrice

Le bouillonnement interne que connaissent les précoces s’exprime souvent sous forme d’agitation motrice, signe de débordement d’énergie, de trop-plein d’émotion ou d’anxiété. Ce sont notamment ces enfants que nous voyons en consultation car les adultes se demandent s’ils ne sont pas « hyperactifs ».

En soi, « hyperactif » ne signifie pas grand-chose.

L’hyperactivité est surtout un problème lorsqu’elle est le signe d’un déficit attentionnel, le TDAH, trouble déficitaire de l’attention, qu’il convient de déceler et de prendre en charge afin de permettre à l’enfant de trouver sa place, son équilibre et d’exploiter au mieux ses capacités. Les enfants sont trop facilement qualifiés d’hyperactifs par les adultes.

Mais cette « hyperactivité » n’est pas nécessairement signe de souffrance et de « trouble ».

Les adultes ne savent pas l’accueillir, mais elle peut juste être l’expression de la vivacité et l’énergie d’un enfant, qu’il apprendra à canaliser en grandissant, par son implication dans des activités sportives notamment.

On retrouve souvent chez les précoces des aptitudes sportives hors du commun.
Adultes, se sont des personnes qui ont besoin d’être dansl’action.
Si cette « hyperactivité » n’est pas en soi un problème, on pourra y associer de la méthode afin que le foisonnement d’idées et d’élans ne se disperse pas, mais aboutisse à des projets menés à termes.

La sensorialité accrue n’est pas toujours consciente, et on ne se rend donc pas compte de l’énergie monopolisée par des sens très aiguisés. Un odorat plus développé, une forte réactivité au toucher, une ouïe plus fine… les récepteurs sont saturés !

Comment faire le tri dans ce flux d’informations quand tout semble potentiellement important ?

Pourtant, ces sens affinés vont permettre de vivre des émotions plus fortes, de s’ancrer dans l’instant et d’en saisir toute la richesse. Bien cultivés, ils peuvent aussi être exploités professionnellement (nez dans la confection de parfum…).

L’imagination et la créativité

La créativité et l’imagination découlent de la multitude de liens qui se crée entre l’intellect, l’émotionnel et le sensoriel, pour s’exprimer sous des formes artistiques diverses et foisonnantes.

Sans la valorisation, l’intérêt ou la reconnaissance de leur entourage dans ces domaines artistiques, les précoces pourront difficilement intégrer cette créativité comme une valeur et une richesse, mais la vivront plutôt comme quelque chose d’inutile, futile, voire de déviant,
ce qui est tout à fait faux, c’est exactement le contraire, la créativité est le sel et le pain, elle leur est vitale.

A moins de se l’approprier comme un moyen d’expression précieux, un accomplissement de soi dans les arts, indépendamment de la réaction de l’entourage (qui peut juste manquer de sensibilité artistique).
La créativité peut aussi s’exprimer au travers du quotidien, en cuisine, en décoration, en jardinage, l’organisation de fêtes, dans les activités partagées avec les enfants…

VOICI MON ANALYSE à TON DERNIER MESSAGE :
 » Tout d’abord, je tenais à te dire que je me suis adressé à toi parce que ton style d’écriture et de « parlé » est celui d’un poète ou d’un individu animé par la simplicité et la gentillesse, ça, c’est ce que j’ai ressenti.

Je suis effectivement très fortement orienté vers tout ce qui est littéraire depuis l’âge de huit ans, puis en parallèle aux domaines artistiques divers ; je suis écrivain et peintre.
Merci beaucoup et tu me gênes de parler de moi : « en simplicité et en gentillesse », mais il est vrai que je ne peux me comporter qu’ainsi quand j’aime et que je suis touché par quelqu’un, surtout s’il est en douleurs, en perditions, en angoisses, telles que pendant tant d’années de ma vie j’y ai échoué, je ne peux donc que tout faire pour aider mon prochain a croire en lui, à se relever, à avoir confiance, et d’autant plus dans la douance qui est un monde si particulier…

« Mon frère, il s’appelle Raphaël, il a 4 ans de moins que moi, soit 37 ans, et il est comme toi, passionné de livres, de textes, de citations, de mots. »

C’est capital qu’il soit comme tu me le dis passionné par l’écrit, c’est je pense la base expressive et créative première, qu’au delà des livres, il convient de transformer en son rendu, son soi au travers de sa propre nécessité en tant qu’hpi de jeter toutes ses douleurs en les positivant sur le papier, de manière à les digérer au mieux et à les expurger de sa tête…

« Comme je te le disais, je viens de découvrir sa douance (non qu’il me l’avait déjà dit, répété, donné des livres pour que je lise (et que je n’ai jamais ouvert) – pour quelles raisons ? L’incompréhension, la difficulté à écouter avec le cœur au lieu de la tête, le temps qui passe et qui ne nous laisse le temps que pour ce qui est prioritaire ? »

Tu n’as pas à te culpabiliser pour ton frère, et ce n’est pas de sa faute non plus, la faute n’est pas à rejeter sur qui que soit d’ailleurs, et ce n’est pas un problème, surtout lorsque l’on fait les choses pour aider et s’occuper au mieux de ses proches, tu peux tout à fait le soutenir et lui apporter ce dont il a besoin, c’est ton frère et tu l’aimes il n’y a rien d’autre à considérer, l’amour est une base capitale et incontournable…

« Après tant d’année d’incompréhension de son comportement, me voilà devant sa vérité : il a vu quelques spécialistes qui lui ont dit qu’il fallait vivre avec… »

Vivre avec, c’est bien souvent le fait de beaucoup de mauvais spécialistes, ce n’est pas une tare que d’être hpi, bien au contraire c’est avant tout une immense chance, et vivre avec oui mais en le transformant en victoire et non en défaite.

« Il est hyperesthésique (ressenti des choses, des gens, des émotions…), ça, c’est ce que j’en comprend…. »

Je suis aussi hyperesthésique, hypersensible, hypercréatif dans nombres de domaines, qui peuvent même paraître non créatif, l’important est de bien comprendre que l’afflut de sentiments, de sensations, de perceptions, d’émotions, doit être canalisé et transformer en forces, non pas être perçus comme des plaies béantes, ou des maux affreux et invasifs.

« Il rêve de nature, de repli, de paix, … Il ne sait plus ou il en est, n’a personne pour en parler, a tout abandonné depuis le début de l’année : travail, paiement des traites, déclaration au Assedic, n’a plus aucune ressource… »

Rêver de nature, de repli et de paix, ne doivent pas en rester à l’état de rêves les faire s’accomplir en soi, je suis pareil, ne soit pas inquiète, mais je ne suis plus en perte ne en lutte avec mes affects et mon moi interne.
Quant à avoir tout abandonné, c’est du même ordre, il faut s’y préparer correctement et avec réflexion, si son projet est celui-ci, moi j’ai aussi abandonné tout de la société des autres du travail et de l’entreprise privé en 2005, mais il convient tout de même de ne pas glisser trop loin, et garder et s’organiser afin de percevoir des aides sociales de quoi vivre.

« Moi, je lis, je lis comme je peux, entre le travail, mes enfants, ma vie, en espérant trouver quelque chose qui l’aidera.
Voilà, depuis une semaine, « je tourne en boucle », rien comparé à lui, seul avec ses doutes, ses incompréhensions, sa dérive…. » »

« Ne tourne pas en boucle » comme tu le dis, ne t’enferme pas, ouvre-toi au contraire, vois l’horizon comme un ciel d’azur et non comme un orage sombre et violent.
N’oublie pas que tu as frappé à la bonne porte en m’écrivant, voici déjà des pistes, que je te donne, tu peux sans inquiétudes continuer à me contacter, il n’y a pas de problèmes auquel on ne puisse trouver de résultats ni de solutions…

Sois confiante. Jacques VARLOT.

Bonjour Jacques,
Je voulais juste te remercier pour ta réponse que j’ai lue et relue, et que je relirai encore…
Je suis tellement fatiguée que je n’ai pas pris le temps de te répondre, beaucoup trop de boulot… M.

Bonjour M,
Je souhaite te présenter mes excuses de ne répondre qu’aujourd’hui à ton dernier mail du 23/09 dernier, mais hélas j’avais pris quelques congés, et seul, sans mon ordinateur, à la campagne, loin de toutes cités bruyantes, ennuyeuses, et si stressées !!

Mais je suis à nouveau présent chez moi, donc disponible pour toi, pour t’aider et te soutenir, dans les problèmes que ton frère rencontre, et qui te font souffrir.

Comme je te le disais dans mon dernier message, ne sois pas le moins gênée de m’en parler, parce qu’il est très mauvais de garder cela pour soi, car rien ne peut avancer, mais simplement stagner ou pire mener à la détresse.ou pire régresser et mener à la détresse.

Aussi tu peux avoir confiance en moi, et tu me l’as dis toi même :  » je me suis adressée à toi parce que ton style d’écriture et de « parlé » est celui d’un poète ou d’un individu animé par la simplicité et la gentillesse « , par tes termes tu as bien compris qui je suis dans la teneur de mes propos, au travers des messages que j’avais posté sur le site Planète surdouée, tes mots d’introduction au premier message que tu m’avais envoyé, m’avaient beaucoup touché…

Aussi ne t’embarrasses de ce type de pression oude trouble, ne le vois pas comme un malaise, et surtout pas une sorte de timidité ou de difficulté à exprimer tes ressentis, comme des entraves face aux problèmes de ton frère, car la privation de solutions et d’explications, tout comme de voies permettant de s’en sortir ,ne peuvent faire sauter les obstacles, mais sans cesse créer les
pénuries et les incommodités à se sentir perdu, seul, et désarmé.

C’est pourquoi :
Je ne te je ne te jugerais pas ni ton frère, en effet je suis passé par ses passages tortueux, labyrinthiques, troublés et cauchemardesques semblant ne jamais devoir s’achever.

Si souvent la solution est enfouie dans des trappes et des cachots de sombres espaces cérébraux, qui ne peuvent que rarement se révéler seuls, sans guides, informations, lectures, conseils, et surtout oubli de toute honte à s’ouvrir à l’autre, à celui qui peut et souhaite vous aider et au psychiatre évidemment ou thérapeute.

Mais le plus important est surtout :
d’en avoir l’intime, profonde,et puissante volonté, rivée au corps, dans sa réflexion et sa vue personnelle de sa situation, sans aucun masque, il est capital de ne pas se mentir, mais de décider clairement et avec assurance de travailler sur soi même, d’y penser, de le mettre sur du papier, de faire ses introspections, d’en parler avec des proches de confiance, ou des personnes qui ont vécu ces situations complexes.

Mais tu sais ton frère n’est pas le seul ni le dernier, d’autres sont passés par ces états qui paraissent tellement insolubles et impossibles à modifier, mais c’est faux, les réponses inconsciemment sont cachées et gardées par le cerveau, jusqu’à
ce que l’on puisse y accéder à nouveau.

Les psychiatres ou psychothérapeutes sont les professionnels qu’il faut consulter pour trouver les moyens d’ouvrir ses propres geôles, car les clefs nous appartiennent aussi, mais si souvent lorsque l’on est ainsi perdu, on ne sait plus du tout dans quelles serrures les insérer, de manière à enfin déboucher vers des voies menant petit à petit à retrouver la lumière qui réchauffe, rassure, tranquillise, apaise, nourrit, soigne et fait revivre son vrai soi,
celui que l’on est réellement, mais qui doit être justement stimulé, sous peine de s’endormir à jamais, et empêcher d’y pouvoir accéder à nouveau…
Aussi je vais te souhaiter de passer une agréable soirée, et de trouver une porte vers la paix, espérant t’apaiser et te donner des réponses par mes messages.

N’hésite pas à me parler, je suis très humain, hypersensible, hpi et hyperesthésique, aussi je comprends et suis très ouvert, sans bien sùr juger, ni être le moins égocentrique, intéressé, jaloux ou cupide, comme le sont tant d’hommes actuels, qui ont perdu leurs chemins dans la société de consommation annihilante, politique sale, médiatique vile, économiquement troublée, et humainement vidées de valeurs, comme de compassion, de sentiments, de mains tendues vers son prochain…

A bientôt M. Bien amicalement. Jacques VARLOT.

Nadine Kirchgessner | 7 octobre 2014 à 11 h 00 min

à Lanthian : Mieux se comprendre, ce n’est pas rien ! Vous pensiez être bête, alors ! N’est-ce pas une grande nouvelle ? Vous n’êtes pas dépressif, pas asociable, pas nul ! Vous vous ennuyez vite dans votre travail, comme cela vous savez pourquoi. Vous avez refusé les antidépresseurs, ce qui n’est pas rien. Les adultes surdoués ont parfois des dépressions atypiques. Mais vous avez subi des violences, cela peut expliquer une dépression posttraumatique. Vous vous posez la question de ce que cela va vous apporter, sachez que les personnes à haut potentiel ont de très bonnes capacités de résilience. Il est dommage que vous ayez passé le WAIS III, actuellement on est au WAIS IV. Il y a des différences, on prend en compte plusieurs indices plus précis, ICV , IRP , IMT , IVT, mais sachez que vous êtes vraiment à haut potentiel. Le WAIS III comme le WISC III comportait un indice verbal et un indice de performance. Actuellement, on tient compte des quatre dimensions cognitives, verbal, représentation perceptive, mémoire et vitesse de traitement. Ce test a de la valeur quand même mais il peut y avoir quelques différences de chiffre total. Il faudrait regarder les sub-tests de plus près. De toute façon, il faut toujours prendre le chiffre de QI avec un intervalle de confiance. Et comme vous expliquez que vous avez mis votre mémoire en stand by , il faut en tenir compte dans l’interprétation. On doit regarder aussi votre parcours professionnel, qui est valorisant, malgré les embûches de votre vie. Mais il vaut toujours mieux passer le test le plus récent. Vous ne pouvez pas le repasser avant un an (cf Grégoire).

Nadine Kirchgessner | 7 octobre 2014 à 11 h 00 min

A Jacques, merci pour ce commentaire ! je lis que vous vous sentez mieux et j’en suis ravie pour vous. A présent, vous aidez les autres ! J’espère que M est au courant pour la publication. J’ai ôté quelques passages car le commentaire était très long. J’ai ôté les caractéristiques des différents professionnels , car ils sont sur le net.J’ai notamment ôté l’éloge que vous faites de JSF. Je voudrais vous informer et informer beaucoup d’autres que c’est Arielle Adda qui est la première en France à s’être préoccupée des adultes surdoués, dans son article de 1996, Que sont les enfants doués devenus ? et dans son article de 2003, itinéraire de l’adulte doué : une indicible désolation intérieure, De l’errance à la révélation »…JSF a repris beaucoup des idées de A Adda sans jamais la citer et en faisant ou en laissant croire qu’elle était la première à en parler…il me semble qu’il faut être juste. J’ai comme tous les surdoués une très grande difficulté avec l’injustice. Je sais que vous me comprendrez.
Les textes d’Arielle Adda de 1996 et de 2003 ! sont disponibles sur ce site dans la page publications.

Juli hundei | 13 octobre 2014 à 14 h 06 min

Bonjour à tous,

Serait-il possible de mettre en place un forum sur ce site ?

Je fais le tour des différents sites sur le haut potentiel depuis quelques jours, ne parvenant toujours pas à concilier « moi » et le monde qui m’entoure, et venant encore de me fâcher avec un pan de mes amis pour « propos non conformes », à la recherche d’autres qui auraient réussi leur « intégration » dans le monde avec quelques astuces à partager, ou d’autres qui habiteraient pas loin de chez moi et avec qui prendre un thé pour échanger sur le monde et partager sur notre imagerie à chacun….

Je vois que ce site est très fréquenté, et je me dis qu’un petit forum permettrait d’aller à l’essentiel pour les recherches de chacun (ah, l’essentiel …)

Sinon, je suis sur Lyon, bientôt sur Paris, et mon mail : juli.hundei@gmail.com

Je n’ai pas de réponses, mais plein de questions à échanger contre d’autres questions !

Cordialement,

Juli

Nadine Kirchgessner | 15 octobre 2014 à 11 h 00 min

Bonjour Juli
Je crois que cela serait difficile, et je pense que ce n’est pas la vocation du site. Il existe d’ailleurs d’autres fora, comme zebra crossing, par exemple. Mais ces pages peuvent être (et le sont d’ailleurs) le support de discussions, en étant déjà un petit forum. Une astuce que je peux vous donner pour l’amitié, c’est que si vos amis ne vous comprennent pas, ou qu’ils n’acceptent pas votre douance, c’est qu’ils n’étaient peut-être pas vraiment des amis. Peut-être aussi , vous ont-ils mal comprise ? Tout est dans la communication. Il n’est pas obligé que les amis soient surdoués eux-mêmes, mais ils peuvent accepter votre douance. Par contre, pour vous, il faut veiller à ne pas parler toujours de cela, si la douance ne les intéresse pas… en faisant attention à leur susceptibilité. Pour vos propos non conformes, veillez toujours à vous mettre à la place de ceux qui les entendent, si possible!Mais avec des amis, on devrait avoir la possibilité « de parler vrai ».

Sirius | 23 octobre 2014 à 10 h 29 min

HQI ou simplement dépression, je ne sais toujours pas que choisir…Echec scolaire à partir de la 3ème, alors que j’étais toujours devant mes camarades en primaire puis au début du collège. Redoublement puis escalade, isolement, l’impression d’être spectatrice du monde, d’avoir un regard « de loin » sur les gens qui s’activent autour de moi. Un mur de verre se dresse, je ne peux pas le casser et passer au travers…Les amis se font de plus en plus rares, j’ai le contact facile mais je ne peux avoir de vrais amis. Je suis obligée de jouer un personnage que je déteste. Arrivée à l’age adulte j’enchaîne les petits boulots avec un sentiment d’inutilité et de perte de temps constante, je m’ennuie…Mes collègues ou mes chefs me voient comme une menace au bout d’un certain temps, alors que jamais je ne voudrais leur place. J’ai l’impression de parler dans une langue inconnue parfois, maintenant j’ai même peur de discuter avec les autres et je me mets à bafouiller quand c’est mon tour de parler. Je déteste cette partie de moi qui joue à « l’abrutie ».Je suis assez douée pour les arts graphiques mais sans avoir pu franchir le pas et en faire mon métier, même si j’en rêve, je n’y arrive pas…Je sais faire beaucoup de choses (j’apprends très vite) mais rien en particulier. J’ai eu un petit garçon sur le tard, toujours parce que je réfléchis trop, je ne me sentais pas capable d’être parent. Maintenant je m’aperçois que mon petit est comme moi en pire. A 3 ans, il sait lire, écrire en français en anglais et un peu en russe, en ayant appris seul. Il est extra-terrestre lui aussi… Je me sens coupable…Et ne sais pas trop comment m’y prendre. Tout ça fait remonter en moi des choses que j’avais occultées, je pleure beaucoup, j’ai l’impression d’avoir perdu une partie de moi, j’ai mal. Je me dis que peut-être moi aussi j’ai été surdouée et que ça expliquerait bien des choses mais je n’arrive pas à me résoudre à passer un test au cas où je me serais trompée et serait ridicule, voire prétentieuse….Qu’en pensez-vous ? Certains d’entre vous se reconnaissent-ils?

Nadine Kirchgessner | 23 octobre 2014 à 20 h 00 min

Peut-être les deux, et peut-être une dépression consécutive aux échecs alors que vous étiez devant les autres au primaire. Je vous conseille de penser à passer les tests. Ce n’est pas de la prétention, c’est seulement pour mieux vous connaître et vous saurez ainsi mieux vous occuper de votre petit garçon. La prétention serait de le diffuser à tous ensuite en brandissant les résultats comme un trophée…ce que vous ne ferez surement pas.

anne | 25 octobre 2014 à 23 h 19 min

Bonjour,

ayant été diagnostiquée HP très tard, je n’en parle à personne et je ne connais personne qui puisse me comprendre…je me sens tellement différente des gens « normaux »…j’ai l’impression d’être un être déréglé…j’ai tellement besoin d’aide, d’échanger…j’ai tout donné pour aider mes enfants surdoués mais maintenant je fais quoi de cette différence qui me rend folle…
Aidez moi, svp, merci Anne

Gwladys | 26 octobre 2014 à 10 h 46 min

Bonjour,
D’abord, comme presque tous les internautes ici, je recommande l’ouvrage de Nadine qui aborde la douance du côté des femmes et apporte un bon éclairage historique sur les « surdouées » du passé et du présent.
Et puis je voulais apporter mon témoignage d’enseignante puisqu’il y en a peu et qu’en tant que parent on ne peut pas savoir ce qui se passe de notre côté, du côté de l’éducation nationale et des élèves EIP.
Dans mon établissement, un collège rural de 850 élèves, on s’intéresse au phénomène de douance et notre direction a mis en place un comité de professeurs formés pour accompagner au mieux les élèves EIP qui nous arrivent des écoles primaires.
D’abord, il faut savoir que seuls les élèves qui nous sont bien signalés par l’école ou la famille DES LE DÉBUT DE L’ANNÉE SCOLAIRE peuvent être pris en charge, on ne peut deviner quel élève a été diagnostiqué élève HP ou devrait l’être, et ce pour une simple raison : les enseignants ont plusieurs classes (de 4 à 18) de 25 à 30 élèves en responsabilité, au collège, et ne peuvent connaître en détail le profil de chaque élève, du moins pas avant quelques semaines de cours, pour ceux qui ont peu de classes en charge… D’autre part, ceux qui ont été diagnostiqués et signalés évoluent au sein d’une classe et il est très compliqué pour un enseignant de « jongler » entre tous les profils d’élèves qui lui
sont donnés, même lorsqu’il est bien informé : depuis plusieurs années nous devons gérer les PAI (projets d’accueil individualisés), les PPRE (projet personnel de réussite encadrée),
les élèves de la structure ULIS (dans le champ du handicap), les
élèves faibles, moyens, forts,… et maintenant les élèves précoces. Par contre, aucune bonification financière ou décharge
de travail n’ont été prévues pour bien aménager nos cours, nos
activités, nos évaluations. Donc il faut être très indulgent avec
les professeurs !
La dernière catégorie des EIP étant toute nouvelle dans nos formations, la prise en charge va se faire progressivement et les professeurs volontaires et motivés feront leur possible pour adapter leurs exigences à ces élèves. Mais ça ne veut pas dire que nous sommes des pros ou des magiciens !
Nous faisons ce que nous pouvons avec les moyens que nous avons, il
est important que tous les parents le sachent. Enfin, certains
parents sont très déçus par l’école et se sentent rejetés ou
incompris… C’est sûr, comme dans toutes les professions, il y a
des enseignants peu motivés et concernés, et d’autres qui le sont.
Comme partout, il y a des compétents et des incompétents. Mais
attention de ne pas généraliser à toute la profession !

Nadine Kirchgessner | 28 octobre 2014 à 11 h 00 min

Anne, Si vous êtes bien occupée de vos enfants doués, ce dont je ne doute pas, vous saurez vous occuper de vous.

Pixel | 6 janvier 2015 à 1 h 00 min

Bonsoir,

Je viens de finir la lecture complète de ce blog magnifique créé par Nadine et celui-ci confirme si besoin était une constante chez la quasi totalité des internautes qui pour moi sont tous HPI ou HPE, sauf Marc Aurèle qui lui est l’intrus, le besoin que chacun d’entre vous a eu à un moment de sa vie de comprendre qui il est véritablement, pourquoi est-il si différent de la normalité?
J’aurai 58 ans cette année et je découvre enfin après plus d’un an de recherche, après avoir eu les mêmes questionnements que la majorité d’entre vous pourquoi je suis si différent depuis toujours vis à vis d’autrui.
C’est un choc et en même temps cela permet de comprendre tant de souffrances vécues, de se donner enfin le choix de vivre ses émotions refoulées, de sortir de ce faux self que j’ai fabriqué tout au long de mon existence pour paraitre comme tout le monde.
Mais il est difficile de vivre contre nature pendant si longtemps et à chaque fois que je me suis laissé le choix d’être réellement qui je suis,je me suis heurté à l’incompréhension voir à la manipulation de l’autre, de l’école, du patron, du système avec un grand S.
Cela c’est soldé par des licenciements, des dépressions, des tensions familiales bref un isolement affectif, un manque de reconnaissance, une baisse de l’estime de soi.
Mais à chaque épreuve de la vie j’ai trouvé la force de rebondir avec l’aide de mon épouse pour continuer à rester droit, à être fidèle à mes idéaux, à continuer à exister tel que je me ressens depuis toujours, comme une personne hors norme.
Aujourd’hui pourtant en ayant élevé 2 enfants magnifiques mais eux aussi pas épargnés par la vie puisque un handicapé de naissance et l’autre dyspraxique et dyscalculique que je crois être aussi HPE même si les tests disent le contraire, je suis fatigué pour ne pas dire épuisé d’une vie à toujours se battre pour exister.
Actuellement je suis à nouveau au chômage( et oui il y a aussi des chômeurs en Suisse)et je suis en lutte avec le système pour qu’il puisse essayer de m’aider cette fois en prenant en compte ma douance mais il me faudrait certainement une autre vie pour que cela devienne possible.
Tant d’effort reste encore à faire au niveau des enfants et adolescents pour qu’ils puissent mieux s’intégrer dans un système scolaire totalement inadapté à la surdouance que pour les adultes de ma génération où on ne parlai quasiment pas de HP si ce n’est de petit génie que nous ne sommes pas,c’est encore pire, on se heurte à un Everest mais il faut toujours y croire, les choses commencent à bouger.
Merci de nous offrir cet espace de liberté de paroles pour étancher notre soif d’apprendre à se comprendre et surtout se retrouver moins seul face à notre incertitude.
http://www.adulte-surdoue.org/2012/adulte-surdoue-espace-participatif/les-interview-das/psychopathologie-et-variations-de-qi/
Pour le QI j’en reparlerai une autre fois car il se fait tard.
A bientôt bonne nuit à tous.

Nadine Kirchgessner | 7 janvier 2015 à 11 h 55 min

Pixel, merci pour votre témoignage ! Comme vous le soulignez, le site est rempli de témoignages profonds et avec peu d’intrus. C’est ce qui le rend si intéressant et je suis ravie que vous ayez trouvé votre voie. Merci pour le lien.
l’intelligence émotionnelle, vous pouvez lire le livre de Goleman , que je présente dans la biblio.

Pixel | 13 janvier 2015 à 1 h 18 min

Bonsoir,
Merci Nadine pour votre réponse, le livre de Goleman fait partie de ma bibliothèque.
Actuellement, je ne suis pas dépisté HP par un test ( ce que vous prônez à toutes les personnes en questionnement)mais je me suis auto diagnostiqué en me fiant à mon intuition et aux ressentis de mes émotions suite à toutes mes recherches et lectures sur le sujet.
Pour moi, cela me suffit car j’ai trouvé pratiquement toutes les réponses à mes doutes, inquiétudes, mal être, difficultés relationnelles, professionnelles et que sais-je?
Tout ce qui pose problèmes aux HP.
Mon questionnement inlassable étant maintenant de savoir comment vivre mieux avec cette prise de conscience.
Là, je ne trouve pas de réponse car je me heurte à l’incompréhension de tous ceux qui ne sont pas HP et ils sont nombreux puisque 97.9% selon vos chiffres avec lesquels je ne suis absolument pas d’accord, pour moi il y en a plus puisque je fais une grande différence entre HPI intellectuel QI supp et HPE émotionnel.
Le simple fait de se prétendre différent auprès d’autrui, des thérapeutes, médecins, représentant du système, patrons et j’en passe vous marginalise car pour toutes ces personnes, surdoué veut dire « petit génie ».
S’il y avait 1,3 millions de petits génies en France et 160000 en Suisse ça se saurait malheureusement ce n’est pas le cas.
Alors, il faut prouver et sans test impossible d’être reconnu pour ce que l’on est.
Comment un test aussi bien fait soit-il, peut-il rendre compte avec précision de votre capacité émotionnelle, de votre sensibilité, de votre pensée en arborescence?
C’est de mon point de vue absolument impossible.
Ces tests ont été créés par les normopensants pour quantifier, pour normer, pour mettre dans des cases des personnes qui justement ne peuvent pas et ne veulent pas l’être.
Que font les détectés après pour résoudre leurs difficultés de reconnaissance, d’intégration au système?
Un HP n’a que faire de tout cela, il a besoin de vivre tel qu’il est, tel qu’il se ressent et non continuellement s’adapter à son environnement.
Un HP n’a pas besoin de test pour reconnaitre un autre HP car il parle la même langue c’est inné, intuitif.
Notre immense problème c’est que nous sommes minoritaires donc ne pouvons prétendre à changer le système dans sa profondeur.
Actuellement seules des initiatives privées existent, revenant principalement à des HP mettant leur formidable potentiel au service de la cause des surdoués, mais cela reste une goutte d’eau dans l’océan.
Une prise de conscience collective au niveau d’un pays est à l’heure actuelle totalement impossible, tant que l’on ne changera pas sa vision élitiste du HP et que l’on ne formera pas nos médecins psychiatres et psychologues à comprendre cette différence de fonctionnement du cerveau humain sur un plan émotionnel.
J’ai rencontré dans ma vie nombre de psychiatres et psychologues aucun n’a jamais pu suspecter quoique ce soit dans ma différence simplement par manque de connaissance sur le sujet, mais ça ne s’apprend pas pendant les études dixit Dr Perrine Vandamme psychiatre.
http://www.adulte-surdoue.org/2011/videotheque/quand-c%E2%80%99est-la-psychiatrie-qui-revele-le-haut-potentiel-dr-perrine-vandamme/
Je suis impatient de vous lire sur ce sujet des tests si controversés car je pense que nous ne sommes pas d’accord sur le sujet.
Le débat est source d’avancement et non de stagnation voire de régression alors je m’en réjouis.
Je suis aussi persuadé que les recherches dans les neurosciences vont faire avancer ces prochaines années la cause de la douance et permettre son intégration dans les mentalités comme une différence positive et non par rejet de supériorité.
Bonsoir à tous

Nadine Kirchgessner | 28 janvier 2015 à 14 h 07 min

Bonjour Pixel
Si cela vous suffit, c’est bien pour vous, chacun fait ce qu’il veut en matière de tests, mais s’auto diagnostiquer? Ce ne sont pas mes chiffres, ce sont des chiffres internationaux. Il s’agit de 2,5% de la population qui aurait un QI >130. Et si une personne ayant un test de 100 se pense surdoué…c’est possible dans l’absolu, mais cela ne sera pas forcément vrai. Parfois les tests peuvent être ratés pour cause de stress, de mauvaises passations. Dans ce cas, c’est le psychologue qui interprète, en tenant compte de l’anamnèse pour dire si la personne est à haut potentiel ou non. Tout n’est pas figé sur le 130.
Les tests ne sont pas parfaits, certes, et personne ne l’affirme, mais ils sont une part du diagnostic, qui comporte divers entretiens cliniques. Certains veulent dénigrer les tests, bon, chacun pense ce qu’il veut des tests, mais pour en parler, il faut les comprendre. Les tests de QI ne testent pas les émotions.
Pourquoi voulez-vous vous sentir si différent des autres ? C’est bien le problème de certaines théories ségrégatives. La douance accentue les émotions, pour certains, mais de là à rendre « différents » les personnes, il faudrait définir ce que l’on place derrière ce mot, diffférent. Que veut dire normopensant ? arborescence ?
Je vous renvoie à mes articles ci-dessous, et à mon livre « Des femmes surdouées ».
http://planetesurdoues.fr/index.php/2012/09/17/penser-differemment-a-manier-avec-precaution/
http://planetesurdoues.fr/index.php/2013/11/02/lesprit-scientifique/
http://planetesurdoues.fr/index.php/2014/01/03/france-culture-dans-la-tete-des-enfants-surdoues/
http://planetesurdoues.fr/index.php/2014/07/08/sur-doctissimo/
http://planetesurdoues.fr/index.php/2014/06/17/climat/
http://planetesurdoues.fr/index.php/2014/06/27/les-consequences-du-climat/

Je ne crois pas que l’on ne puisse parler de douance qu’en terme de supériorité. J’ai plutôt l’impression du contraire. Actuellement, on ne peut en parler que si les personnes concernées vont mal…j’en ai encore eu une preuve récemment. Je suis comme vous, pour la positivité. Le quotient émotionnel n’est pas comme le quotient intellectuel aussi reconnu scientifiquement.

« il existe un vieux mot pour représenter l’ensemble des compétences liées à l’intelligence émotionnelle : le caractère ». (Goleman, 1995a, p. 285).

Tatiana | 28 janvier 2015 à 15 h 20 min

Bonjour à toutes et à tous!

Moi j’ai 20 ans, j’ai été diagnostiquée précoce à l’age de 4 ans. Dans ma famille, la précocité est toute une histoire puisque ma mère et mes frères le sont également.
J’étais une petite fille « bizarre », et je le suis toujours aujourd’hui d’ailleurs, mais un peu moins!
J’ai toujours été dans la lune, j’éprouve de grandes difficultés à me concentrer, quelque soit le domaine, mais encore pire si c’en est un qui me déplait où pour lequel je ne porte pas grand intérêt. J’ai un peu de mal à intégrer les normes et valeurs de notre société car j’ai un fonctionnement de pensée, une logique différente. Cela me pose d’ailleurs des problèmes relationnels… Par exemple, j’ai beaucoup de mal à comprendre les jeux de séduction. Je pense en effet que ça serait quand même beaucoup plus simple de dire à une personne qu’elle nous plait et lui demander si c’est réciproque, ça éviterait toutes les complications et difficultés à décrypter les codes… Enfin bon, c’est ma façon de penser et visiblement, ça n’est vraiment pas celle qui est majoritaire! heureusement, j’ai appris à comprendre et à m’adapter au monde social.
Ensuite… Pour quelles autres raisons suis-je bizarre aux yeux des gens? Parce que je suis hyper-sensible, j’ai énormément de compassion et d’empathie et je pleure très facilement à cause de cela. J’ai d’ailleurs les émotions à fleur de peau: je ris, pleure, angoisse, stresse… très facilement. Mon hypersensibilité passe également par les 5 sens, car je suis très sensible à la musique que j’entends et j’adore les activités d’expressions corporelles, type danse, patinage, gym… J’ai également une façon très enfantine de m’exprimer, car je suis très franche et spontanée (il m’arrive d’ailleurs de faire des boulettes en disant des choses qui ne se disent pas…) D’ailleurs, certaines personnes me prennent pour « une débile » ou « une tarée »(je cite) à cause de cela (débile me faisant beaucoup rire dans la mesure où ce mot est envisagé dans le sens très stupide alors que j’ai été diagnostiquée surdouée. Enfin bon!)
Par contre, contrairement à ce que j’ai pu lire, je ne suis absolument pas sujette à de quelconques addictions (ah si! les choses sucrées! Miam!). Au contraire, j’ai tendance à les fuir, d’autant plus que le fait de se plonger dans une addiction ne constitue pas pour moi un choix rationnel.
Concernant mon parcours scolaire, j’ai plutôt été bonne élève à partir du moment où j’ai passé une classe. Malheureusement, ma mère ne disposant pas de grandes ressources financières, j’ai été scolarisée dans un collège public qui est une ancienne ZEP. Le niveau scolaire étant assez faible là-bas, je n’avais pas besoin de beaucoup travailler pour avoir de bonnes notes, ce qui m’a malheureusement rendue un peu fainéante… (disons que je ne travaille que le minimum syndical…). Je peux avoir d’excellentes notes dans des matières qui m’intéressent comme je peux en avoir des catastrophiques dans les matières qui me déplaisent. Je me lasse malheureusement très vite de ce que j’apprends… C’est d’ailleurs pour cette raison que je n’envisage actuellement pas de faire un master, car je sais que je décrocherai.
Je suis très exigeante envers moi-même dans les matières où je me sens capable d’exceller et, en contrepartie, je supporte très difficilement l’échec (du moins ce que je considère comme tel).
En ce qui concerne mes rapports avec mes camarades ou collègues, j’ai du mal à accepter que quelqu’un ne comprenne pas quelque chose qui me parait évident, même si je ne le dis pas ouvertement. Ayant été rejetée par les enfants de mon âge et ayant subi la jalousie des élèves d’une façon générale, j’ai tendance à masquer le plus possible ma différence, à rester discrète et modeste. Beaucoup de personnes ont en effet une conception erronée de ce qu’est la surdouance et par conséquent, ils ne me croiraient pas si je leur disais que je le suis, car je ne corresponds pas à l’image qu’ils s’en font.
Pour finir, je pense que l’on ne devrait faire passer de classe qu’aux enfants qui ont passé un test de Q.I. et qui ont un suivi avec un psy spécialisé en la matière. En effet, trop de personnes s’auto-diagnostiquent précoces, trop souvent à tort. D’ailleurs, je ne reconnais comme précoce que les personnes qui ont passé un test de Q.I. ou qui présentent les caractéristiques psychologiques d’un surdoué. Et de plus en plus de parents insistent à faire passer une classe à leur enfant par vanité, pour dire Voyez mon enfant est plus intelligent que le vôtre! alors que c’est un enfant « normal », avec une intelligence dans la moyenne ou un peu supérieure, ce que je déplore. En effet, faire passer une classe à un enfant n’est pas anodin, car il ne possède pas la maturité des autres enfants… Et de toute façon, je trouve complètement ridicule l’idée de faire passer une classe à son enfant juste par vanité.
Voilà, j’espère que mon témoignage aura pu éclairer certains ou certaines!

choupette | 19 février 2015 à 14 h 58 min

bonjour à tous et toutes..

c’est toujours difficile de commencer… et de parler de soi.. je suis une femme de 54 ans.. depuis quelques années ces oublis, pertes de mémoire me tracassent au point que j’ai demandé à ma généraliste si je ne débutais pas Alzheimer. Elle a ri, et m’a dit que j’étais hyper stressée avec ce que je vivais avec ma mère âgée (80ans ayant fait un gros AVC voici 18 ans et plusieurs AVC ou AIT récents.. plus son caractère très difficile, déprimée, insomniaque etc) et que j’étais qqn d’anxieux.. et un jour sur le net je ne sais plus ce que je cherchais, peut être sur les autistes asperger. (un voisin m’avait parlé de cela concernant un enfant) et j’ai voulu en savoir plus et sûrement qu’un lien m’a dirigé sur le TDA de l’adulte. et là… je me suis retrouvée dans beaucoup de descriptions.. je l’étais enfant mais dans les années 60.. on ne détectait pas cela..

je vivais depuis ma naissance chez mes grands-parents paternels avec mes parents (difficile d’avoir un logement à l’époque déjà) puis quand j’ai eu 10 mois mes parents ont eu un appartement sur la ville voisine et n’ayant pas de nourrice m’ont laissée chez les grands-parents jusqu’à mes 7 ans (sentiment d’abandon, mais inconscient. ma mère me manquait par contre) je voyais les parents que le week end. 2 éducations différentes. chouchoutée, capricieuse chez les grands parents (étant la seule petite fille) et « serrée » par ma mère.. chez les grands parents je me souviens que je montais sur les genoux du grand père lisant son journal et je montrais les lettres. il me disait « c’est un A c’est un B etc » j’ai donc appris à lire comme ça, avant l’école primaire. et à l’école en CP je disais à ma mémée le soir « on lit la leçon suivante ?  » elle acceptait mais je voulais lire le livre entier. je lisais beaucoup étant enfant. je me souviens j’avais des tableaux d’honneur cette année là.. ensuite changement retour chez les parents qui avaient déménagé nouvelle école. résultats je pense bon, vu que je montais de classe chaque année.. apparememnt mon caractère se formait, ma mère me demandait de faire quelque chose, je jouais et lui ai dit « j’suis pas ta bonne » j’ai traversé le couloir parait il. J’ai connu la colonie un mois par an, je pleurais pour ne pas aller, je détestais la vie en collectivité. j’étais la plus petite en taille et poids et des terreurs de filles de l’équipe me pourrissaient le séjour et si je cafetais à la mono c’était pire.. arrivée au moment de passer en 6ème, le généraliste me trouvant « difficile » suggère à mes parents de me mettre en pension.. j’y ai eu droit. en représailles je n’ai rien fait pendant un an.. j’ai redoublé, suis restée un trimestre grâce à une petite magouille. devant arriver le dimanche soir, j’ai simulé la maladie ma mère m’a ramenée au collège le lundi matin et direction infirmerie, j’ai trafiqué le thermomètre au delà de 38 pour qu’on me renvoie chez moi.. là j’ai retrouvé mon allié mon grand père et dit que je ne voulais plus y aller sinon je fuguerai.. gagné je suis allée au collège du quartier retrouver mes quelques copines d’école. là, je me suis davantage investie en cours de français, anglais. je détestais le calcul depuis toujours et les maths encore plus.. l’histoire il fallait apprendre des trucs sur des gens morts, des dates.. ça ne m’intéressait pas.. la géographie non plus, la science si c’était le corps humain ça allait autrement non.. l’éducation physique était un moment béni pour moi. le seul souci c’est que j’adorais la médecine mais étant nulle en maths c’était mal barré.. français anglais 18 de moyenne.. interprète ?? ma prof d’anglais me disait que 17,62 ce n’était pas assez.. elle m’a démoralisée. mais je n’aurais pas accepté d’aller à l’étranger ne voulant pas quitter ma mère.. on me disait immature.. ( j’ai eu une mère possessive chaperon.. encore maintenant.. ) donc puisqu’il fallait bien faire quelque chose, les parents m’ont inscrite en école de secrétariat chez PIGIER école réputée. il y avait de la compta.. j’ai fait un cours seulement. j’en suis restée à la sténo et dactylo.. fin du cursus un an plus tard, diplôme en poche, 17 ans tout frais. pas de boulot.. les parents me font rentrer dans l’administration. taper à la machine non stop dans un pool dactylographie, 10 machines qui tapent en même temps dans la même pièce.. de 9h à 12h et de 14h à 17h45.. j’ai tenu 4 ans.. avantage, je m’achetais mes fringues, passais mon permis, acheté ma moto.. en vivant chez les parents.. mais je n’aimais pas qu’on me commande parfois je grognais un peu.. puis changement d’affectation.. ça ne me plaisait pas je suis partie.. soit je démissionnais soit je m’arrêtais.. le médecin m’a dit « dépression » je suis ensuite revenue dans un service plus sympa où je suis restée quasiment 5 ans.. là j’ai rencontré tout ce que j’exécre. des gens qui sont mielleux devant et faux cul derrière.. les chefs sensibles aux « mias mias » hypocrites, qui encouragent niveau primes et promotions la collègue qui fait beaucoup de vent mais peu de boulot alors que toi tu bosses comme une dingue pour rien.. là encore t’en as marre un soir, et tu te casses tu te mets en congés et tu prends une « disponibilité pour convenances personnelles ». tu essayes de trouver une autre formation, secrétaire médicale.. (ayant fait de nombreuses années de secourisme comme secouriste réanimateur ça m’aidait à tenir la semaine dans un bureau.. au bout de 6 ans j’ai stoppé) là aussi les contraintes devoir bosser seule j’ai abandonné.. j’ai abandonné beaucoup de choses.. l’équitation, le tennis, l’implantation d’une radio locale, je suis quelqu’un qui a plein d’idées, mais qui ne veut plus les lancer parce que je me doute que je n’irai pas au bout.. j’ai réussi à entrainer ma chienne jusqu’au brevet d’obéissance, j’avais commencé l’entrainement pour la classe 1 j’ai stoppé.. là c’est elle qui a un souci qui ne peut pas continuer.. avec mon jeune chien j’ai commencé les cours, mais la motivation n’est pas là.. il faut que je me force pour qu’il ait au moins son CSAU… comme il pense uniquement à jouer.. je ne vous parle pas des nombreux oublis.. les clefs dans la poubelle, perte de documents des impôts, tout faire à la dernière minute, la difficulté à faire confiance.. la vie affective un mariage un divorce.. pas d’enfant monsieur n’en voulait pas.. du coup vive le célibat depuis 23 ans.. je suis bien seule, j’ai des copines, connaissances, on se téléphone mais on ne se voit pas, pourtant je suis retraitée pour maladie, mais je n’en ai pas l’envie, ni le temps trop de contraintes horaires.. ce trouble de concentration, de l’attention me pose souci.. notamment ma mère ce matin me dit que je dois lui ramener quelque chose qu’elle m’attend la porte entrouverte que je n’ai qu’à monter le chercher et remonter.. je descends chez moi, je range vite fait ce que j’ai pris chez elle, je vois un papier qu’elle m’a dit d’envoyer rapidement avant 13h je fais l’enveloppe.. et…. le téléphone sonne et là je me fais engueuler parce que j’ai oublié de lui monter, je lui dis que j’ai envoyé le papier qu’elle m’a donné avant de l’oublier.. je suis un monstre parce que je préfère encaisser un chèque que monter une baguette à ma mère.. .elle ne comprend pas qu’on oublie en l’espace d’une minute ou deux.. ça me rend malade, je ne comprends pas moi même cela.. comment éviter d’oublier à tour de bras.. quand les gens parlent bien souvent je réponds avant la fin de la question.. je râle souvent, j’ai une certaine impulsivité.. j’ai l’impression qu’en avançant en âge c’est pire.. lorsque je tape un courrier, je dois le refaire plusieurs fois avant d’avoir la bonne version..

sinon, j’ai fait un dosage sanguin récent le fer est bon.. le reste aussi.. on n’a pas dosé la dopamine ni la noradrénaline.. .par contre je suis contre les produits de contraste donc l’irm pour voir les zones du cerveau je ne le ferai pas.. commment être sûre si j’ai un déficit trouble d’attention ou pas ?, la généraliste ne connait pas grand chose sur le sujet.. merci de bien vouloir m’éclairer

choupette | 20 février 2015 à 0 h 30 min

J’ai oublié.. un pote toubib avait un logiciel de QI et pour rire j’ai dit je veux bien le faire.. je suis tombée sur le cul comme on dit.. 144 ou 146… quand on le fait adulte ce n’est pas pareil ?? j’avais 34 ans je crois à l’époque.. quand la télé l’a repassé, je l’ia refait en même temps pour rire, je suis retombée dans les mêmes chiffres.. on me disait que j’étais intelligente étant petite, je préférais la compagnie des adultes aux enfants.. je me souviens avoir parlé cancer avec une voisine, alors que je n’ai pas souvenir d’avoir lu le sujet.. peut on avoir des connaissances sans le savoir ? (un exemple de mon étourderie d’oublier de dire cela) et je parle du TDA parce que quelqu’un m’a dit que ça pouvait se relier « surdoué et tda »

Nadine Kirchgessner | 20 février 2015 à 8 h 50 min

Si vous passiez le WAIS IV, vous auriez plus de précisions sur votre fonctionnement intellectuel, et le TDA (trouble de l’attention) serait détecté. Les tests sur le net ou à la télé ne sont pas fiables. Pour le haut potentiel associé au TDA, lisez le dernier livre d’Arielle Adda et Thierry Brunel. « Adultes sensibles adultes doués » qui vient de paraître chez O Jacob. Des chapitres y sont consacrés.

choupette | 20 février 2015 à 9 h 14 min

Merci beaucoup Nadine, je vais voir pour me le procurer rapidement. Et ce test le WAIS IV où peut on le passer ?? est ce onéreux ? vu que je suis retraitée avec 850 euros par mois… (un soucis de plus… ) j’ai une hypersensibilité.. pas mal impulsive, pourrais être violente (si je vois qqn frapper un animal ou pire, maltraiter un gosse.. )

Cycloparisien | 23 février 2015 à 21 h 45 min

Bonjour,

Ca me fait bizarre de l’écrire, mais selon moi il y a une différence assez importante entre 144 et 146. A 144, vous seriez HQI, alors qu’à 146, vous seriez THQI (alors qu’il n’y a qu’une différence de deux points).

Cela voudrait aussi signaler une différence de comportement (c’est un peu le même principe qu’entre 128 et 130)?

Qu’en pensez-vous? Je n’ai jamais compris comment on pouvait trancher aussi nettement au niveau d’une frontière sans prendre en compte une part de continuité.

Nadine Kirchgessner | 23 février 2015 à 23 h 08 min

Non, il faut tenir compte des erreurs de mesure, les QI sont toujours dans un intervalle de confiance. pas de différence entre 144 ou 146, c’est pour cela qu’il faut prendre les chiffres dans un contexte diagnostique avec des entretiens. les tests sont assez chers.

JPB21 | 10 avril 2015 à 21 h 41 min

Bonsoir à tous,

Je viens de me découvrir « surdoué » à 48 ans. Au fond moi je sais que je suis en train de mentir. J’ai toujours su que je l’étais. Cette habitude de vouloir toujours être avec les grands (les vieux en réalité) que j’ai eue depuis très jeune. Contrairement à la plupart d’entre vous j’ai commencé à lire assez tard. je vivais à l’étranger à mon entrée au CP est ce fut une très très mauvaise expérience qui m’a traumatisé. Ma source de connaissance c’était les vieux. les écouter me donnait le sentiment de puiser dans une immense bibliothèque.
En CM2, à Toulon, j’ai eu un professeur fantastique qui à proposé à mes parents de me donner des cours particuliers pour mes problèmes de lecture et d’orthographe.
C’était très frustrant d’avoir toujours 0 en dictée et 10 en conjugaison grammaire. Ce Monsieur m’a débloqué. Dès lors j’ai commencé à lire tout et n’importe quoi, au point ou je voulais être de toutes les conversations. Ma mère me surnommait science infuse tellement j’avais de choses à exprimer.
Je suis un grand fainéant, de fait, je me suis toujours creusé le cerveau pour trouver des solutions rapide et efficaces pour faire ce que je devais faire.
Mon père est un homme très méticuleux, il me disait toujours « tu fais un chose bien ou tu ne la fais pas ». Cette injonction m’a poursuivie toute ma vie. Lorsque tout le monde me disait c’est bien, je pensais c’est nul et je recommençais en faisant encore plus attention à des détails que personne d’autre ne voyait à part moi.
J’ai toujours réussi à me cacher. Les seules fois ou je me suis révélé c’était à mes proches. Mais chaque fois que j’ai eu la faiblesse de me dévoiler les réflexions ont été les mêmes « tu es prétentieux » ou tu est orgueilleux ».
Vivre en jouant l’idiot c’est épuisant. J’ai donc adopté l’attitude du copain sympa qui se tait et qui écoute. Comme dit le proverbe « même l’insensé lorsqu’il se tait parait sage ». A une seule occasion j’ai été démasqué par une anglaise (amie de mon ex femme) qui en pleine discussion (ou à mon habitude j’étais spectateur) m’a dit: en Angleterre les hommes comme toi sont appelés « men of few words ». Il est réconfortant de trouver, au hasard des rencontre, une personne qui sait et qui vous comprends.
Tout ça pour vous dire que je me reconnais dans chacun de vos témoignage et que je suis assez soulagé de savoir ne pas être le seul à penser comme je pense, à voir comme je vois ou à entendre comme j’entends.
Mon histoire est longue, pleine d’aventures incroyables, de rebondissements, de moments de profonde tristesse et de grands amours. Mais une de nos principales qualités lorsque nous acceptons d’être comme nous sommes, est notre capacité à ne jamais nous chercher des excuses bidons, à ne jamais chercher quelqu’un à accuser, mais toujours chercher « le comment » car nous savons pourquoi.
Notre don est une chance mais pas un cadeau. Surtout dans un monde qui pense que plus de gens pensent la même chose plus il ont raison. Stupide, mais « logique », selon leur point de vue.
Bonne continuation à toutes et tous, et bon courage.
JPB21

Nadine Kirchgessner | 14 avril 2015 à 14 h 40 min

Merci pour votre témoignage très positif. Vous avez eu un enseignant qui a bien fait son métier ! Etre doué est une chance, ne l’oublions pas !

Agnès | 16 avril 2015 à 22 h 56 min

Bonjour Nadine,

Je ne sais pas… s’il est très prudent que je vous écrive à l’instant, pourtant si mes doigts courent sur ce clavier, c’est que le moment est là.
Je viens de recevoir la partition de Zazie et j’ai directement chanté celle qui s’intitule « Je ne sais pas ». Sa mélodie me suit depuis plusieurs mois et lorsque je l’ai entendue pour la première fois, comme souvent pour la musique, je l’ai comprise avec mon intérieur, c’est-à-dire mon ressenti, mes émotions, ma faculté à entendre au-delà des notes et des noms.
Je me souviens d’un soir vers 18 h, alors que nous étions encore à l’heure d’hiver, il faisait doux sur mon balcon et mes larmes ruisselaient sur mes joues. Je ne voulais pas les arrêter, il m’était nécessaire qu’elles abondent sur ma peau, qu’elles m’inondent et me noient, pour me laver encore et encore de tout ce que je fais surgir tout le temps et dont je ne sais au prime abord quoi faire. Même si déjà mon cerveau en avance a anticipé et programmé ce qu’il fera de tout cela.
Je ne sais pas… mais de moins en moins… car je sais aussi très bien toute ma demeure et dans quelle prairie elle vit. Mais j’ai tendance très souvent à partir dans les bois et me perdre dans des labyrinthes bouillonnants. Bien sûr, en Poucette effrontément inconsciente, je disperse mes cailloux à chaque passage que je connais sans les connaître encore.
Et je peux dire que je reviens de loin. Qu’il m’aura fallu des siècles pour apprendre à ne pas tomber dans mes propres gouffres. En toute innocence, j’ai commencé très tôt à dissimuler leur entrée avec des tapis de paille. Pensez-vous ! Au moindre pas, je ne cessais de m’enfoncer.
Il y a deux ans, un 8.02 terrible a fait envoler mes cartons de pacotille, le loup a soufflé et je me suis retrouvée à nue. Mais pas tant que cela, sinon, je ne vous écrirais pas ce jour.
Alors où est l’imprudence ?
C’est qu’à cet instant, je suis fatiguée. Très beaucoup, comme dirait un enfant ! Mais cette fatigue est colorée, elle n’est pas opaque et répond à du sens.
En effet, ce matin, j’ai passé la première partie du WAIS. J’aurais bien fait tout d’un coup. Mais, et maintenant je comprends pourquoi, le neuropsychologue n’a pas voulu. Pourtant, j’avais l’humeur joyeuse, presque taquine et très ludique. Refaire les figures avec les cubes bicolores, rouges et blancs, jongler avec les mots, leurs analogies et définitions, trouver l’élément logique, répéter les chiffres comme des notes de musique (même si là, j’ai adoré lorsque Y. m’a rassuré sur ma mémoire de travail : houai, je la trouve moi assez moyenne, par contre dès qu’un cadre est mis, elle marche du tonnerre de Zeus), tous ces items, je les ai parcourus en jouant !
Mais c’est après… Alors que j’étais sous le porche de la maison inhabitée où vit mon compagnon, j’ai eu l’impression de me dégonfler comme un soufflet au fromage. Dorée autour, vide à l’intérieur.
Je n’ai fait ni une ni deux, même si le SMS de Camille m’invitait à aller la chercher à la fac, j’ai ramassé mon sac et je suis revenue ici.
Je savais que Tom était sur le piano, je savais aussi que dans la boite aux lettres m’attendaient mes partitions de musique. Et j’ai tenu encore car mon fils était absorbé par l’écriture d’une bande son d’un jeu vidéo qu’il adore. Je me suis assise à côté de lui (car impossible de rester dans la cuisine et faire semblant de ne pas être là) et j’ai répondu à ses questions. « Donne moi la note, l’accord, c’est quoi ‘majeur’, ‘mineur’… Quoi une quarte, une quinte, un accord de sixte ou de septième augmentée… » Tom me bouscule, me sollicite, m’interpelle, me questionne, me pomponne (si ce n’est « me pompe »), me prend mes savoirs musicaux (que je lui offre avec tant de bonheur) mais il me redonne vie, me ramène à moi-même, me fait être ce que je suis… Tout comme Camille qui a un autre style, que je trouve maintenant avec mon nouveau regard déjà trop proche de mes esquives ancestrales.
Mais c’est pour cela que le soleil est là depuis quelques semaines et quel que soit le temps de la météo. Comme je suis fière et heureuse d’être la maman de ces trésors.
C’est vrai que nous avons parcouru un no man’s land terrifiant, totalement aveugles, secoués sauvagement par des intempéries humaines effroyables. Sans doute aurions-nous été au coeur des chutes du Niagara, aurions-nous ressenti les mêmes émois…
Mais nous venons de poser notre barque sur une rive douce. On est essoufflé, cabossé pour le moins épuisé, mais en vie. Et quelle vie !
Voilà.
J’avais envie de vous écrire car j’ai reçu votre livre hier. Non, à la vérité je l’ai pris lundi dans la boite aux lettres en même temps qu’un courrier qui m’a terrassée. Je l’avais glissé dans mon sac puis pris à côté de moi sur ma table de chevet et hier matin, alors que je buvais du lait, je l’ai ouvert.
Au début, les premières pages, j’ai pleuré. Beaucoup. Et je répétais : je rentre à la maison, je rentre à la maison. Et très vite, j’ai commencé à vous écrire dans ma tête. Mais j’ai continué à lire. Je me suis arrêtée à la page 132 et tout à l’heure, je vais le continuer certainement pour le finir d’une traite.
Mais avant, je m’offre (ou peut-être c’est Vous qui…) cette légère pause pour vous raconter tout cela.
Je ne sais si vous répondrez à ce mail. Sans doute pas tout de suite car vous devez être très occupée. Mais ce n’est pas grave. Ce sera si cela doit être. J’ai cette habitude de contacter les auteurs qui me donnent tant. J’ai l’impression qu’ils viennent dans ma tête et m’offrent un possible à mon fonctionnement. Et c’est tellement immense ce que je reçois que j’ai besoin d’exprimer ma gratitude.
Et puis j’adore aussi que l’on me voit. Car depuis que je suis toute gamine, je sais que je suis singulière et que cette étrangeté, je la sens intuitivement pas si unique que cela. Non pas que je sois banale, non, ça pas du tout, mais plutôt que ma différence de fonctionnement n’est pas isolée.
Et ce que je souhaite par dessus tout, c’est être utile. Que mon expérience puisse éclairer. Combien de fois ai-je dit à ma psychologue : « Etudiez-moi, je suis toute ouverte » ou toute « ouïe », allez savoir.
Bien sûr, je n’attends pas toujours un retour, je ne suis pas immobile à la merci de… Non, j’avance, je bouge même énormément. Et je me sers moi-même.
J’ai une recette fantastique : d’un citron, je fais des litres de limonades.
En tout cas, je suis là. Et j’ai très envie de communiquer.
Je me suis inscrite dans deux fora, je suis une page Facebook, et souvent je vais sur les sites de Cécile Bosc et les tribulations d’un zèbre. Je scrute l’horizon « Nettien » à l’affût de tout. Mais je me fatigue vite dans un brouhaha de personnalités que je trouve particulièrement intéressantes mais auprès desquelles je ne sais m’insérer. J’ai un grand besoin de discrétion, malgré tout, même si cela peut paraître tout à fait paradoxal avec ce que j’ai écrit auparavant, et aussi au regard de ma présence sur la toile. Je l’ai découverte dans les années 95 et depuis, j’y ai planté tout un monde à moi en tenant un blog (voire plusieurs, mais surtout un) depuis dix ans et depuis deux ans, j’ai mis au monde deux sites, un de cuisine sur fond d’écriture-souvenir-du-goût-et-odeur-des-mots et un autre, heu, celui là, il est sans conteste fondamental mais aussi tellement sauvage que je le redécouvre et le ressors enfin de son ombre.
C’est pour cela que j’ai préféré vous écrire en direct lorsque j’ai lu la page de garde de votre site.
Sincèrement, j’espère ne pas vous avoir importunée avec tout ce « en vrac » de phrases. Mais j’ai tout écrit d’un trait, car c’est ainsi que je fais.
Bonne fin de journée.

Agnès

Nadine Kirchgessner | 17 avril 2015 à 20 h 57 min

Agnès , au diable la prudence car vous êtes un poète, je dis poète car le mot poétesse n’est pas très joli!
à vous lire on ressent avec vous la plénitude que vous inspire ce que vous lisez sur le site…alors MERCI

Sylvain | 14 août 2015 à 13 h 35 min

Bonjour,

Je sais que l’article n’est pas récent mais en le lisant je me suis dis qu’il fallait que je laisse un commentaire en bas de la page. Je suis un (jeune) adulte de 20 ans. Je suis tombé par hasard sur ces articles et ces « traits » qui peuvent être communs aux adultes surdoués. Personnellement je ne me suis jamais considéré comme surdoué ou encore meilleur que les autres. A l’école je me suis toujours ennuyé profondément, il fallait donc que je fasse toujours le pitre afin de rester « éveillé » si je puis dire. J’ai toujours été un grand lecteur, un être pourvu d’une grande imagination et encore aujourd’hui c’est le cas … Le monde m’ennuie profondément, j’ai l’impression de ne pas comprendre comment être heureux ici-bas. Je m’invente des mondes dans lesquels je deviens une autre personne, cela permet de m’évader un peu mais le retour à la réalité est toujours difficile et complexe … Est-ce là la preuve d’une intelligence ? Je n’en sais vraiment rien. Le fait est que je me reconnais dans de nombreux traits : un humour décalé que peu de personne comprennent ? Pour ma part c’est tout moi. Mon cerveau est toujours en ébullition, je ne peux m’empêcher de me questionner sur tout et sur rien à la fois … Je « capte » très bien les personnes autour de moi, comment elles fonctionnent, les rouages de leurs esprits, ect … Je ne sais même pas comment l’expliquer. Je suis également « trop » en tout et d’une persévérance sans fin lorsque j’estime que l’idée correspond au souhait de mon cœur. Et pourtant malgré tout ces traits qui semblent me décrire avec une précision quasi chirurgicale … eh bien je me dis que ne suis pas quelqu’un de très doué. Les autres me disent que j’apprends vite, très vite, ils sont parfois envieux de ma mémoire, ect … Néanmoins ils réussissent autant que moi si ce n’est plus (en travaillant beaucoup plus aussi … Je précise que je suis étudiant en sciences humaines). Les gens ne cessent de parler du QI, je n’en ai jamais fait, il faut dire que je ne comprends pas la logique même … Pour moi rien n’est logique et un chemin unique n’existe pas, il y a des possibilités multiples et nombreuses qui s’offrenù à la vie. Je trouve le QI bien réducteur d’où ma réticence d’en passer un … Je pense sincèrement que l’intelligence passe par une autre voie comme la sensibilité par exemple dont je fais preuve, ect. J’aimerais parler avec quelqu’un, je me sens seul et incompris, je n’ai jamais parlé de tout cela à ma famille proche ou bien à mes amis …

Nadine Kirchgessner | 18 août 2015 à 23 h 50 min

Bonjour Sylvain, merci pour votre commentaire très touchant. je pense que vous semblez avoir certaines caractéristiques de douance. continuez à lire le site et les témoignages, vous trouverez des réponses, peut-être et parlez-en à vos proches, si possible. Si c’est impossible, n’hésitez pas à parler avec nous. Etre à haut potentiel, ce n’est pas être « meilleur que les autres ». vous pouvez en parlez à un professionnel avisé et peut-être passer le test un jour ? en prenant ce test pour ce qu’il est, un test d’efficience intellectuelle.

lili | 26 août 2015 à 15 h 16 min

Bonjour,
Je ne sais pas quoi penser, et surtout je n’ose pas retourner consulter en proposant une piste à ma psy…
Je me reconnais beaucoup dans ce profil que vous dressez, et je me reconnais beaucoup dans mon fils, pour qui j’ai commencé à me renseigner sur ce sujet.
Par contre, je ne me sens pas vraiment plus intelligente que les autres. Plus lucide, plus terre à terre même si extrêmement rêveuse, en décalage, incomprise, angoissée, oui… intelligente pas plus que la moyenne… et souvent gauche et à côté de la plaque ça oui… ce qui ne me donne pas franchement confiance en moi… je ne me sens pas particulièrement douée dans le regard des autres quoi 😉
Pour mon fils, il a 7 ans maintenant, c’est pareil, je le reconnais dans la plupart des signes de reconnaissance que l’on trouve sur les différents sites sur le sujet, mais il n’a pas su lire avant le CP, et je n’ai pas l’impression que ça l’intéresse plus que ça. Par contre il est très curieux, très en décalage, il s’exprime très bien depuis bébé, très sensible,… je me fais du souci pour lui, il a du mal à se faire des amis lui qui allait facilement vers les autres, il commence à avoir des tics (cligne des paupières et racle sa gorge par épisode)…
Bref, je suis preneuse de conseils… pour lui, et pour moi aussi… en recherche de bien être… de moi même…
Merci de m’avoir lue.

Nadine Kirchgessner | 28 août 2015 à 23 h 00 min

lili si je puis me permettre , vous pouvez passer des tests tous les deux et vous saurez, tout simplement. Tous les enfants à haut potentiel n’apprennent pas à lire avant le CP.

Lili28 | 28 août 2015 à 23 h 53 min

Comment presenter les choses au papa ? Les relations entre lui et son fils sont de plus en plus difficiles. Il le trouve trop sensible et ne le comprend pas. J’ai essayé de lui parler d’une possible précocité… mais il ne m’entend pas. Avez vous des conseils ?

Cyclobearnais | 30 août 2015 à 21 h 13 min

Si je peux me permettre: il n’ « entend » pas, ou bien il n’ « écoute » pas? Si mon commentaire paraît déplacé, c’est parce que cette question a eu (et a toujours) son importance dans mon cas (et est toujours d’actualité pour beaucoup de sujets, même banaux).

lili | 2 septembre 2015 à 18 h 10 min

Bonjour Cyclobearnais,

Le papa a accepté de lire quelques articles, dans lesquels il ne reconnaît pas spécialement son fils… Maintenant, il ne comprend pas les réactions émotionnelles en général, là où je vois de la sensibilité, il voit de la faiblesse, là où je vois de l’angoisse, il voit de la faiblesse, là ou je vois de l’excitation, il voit un comportement inadapté. Il oublie souvent que son fils n’a que 7 ans, et ne le comprend pas dans ses attitudes. R. passe du rire aux larmes assez facilement, et vice versa, il s’attache aux souvenirs en tout genre, et parfois tellement dans son monde qu’il ne nous entend plus,…
Je suis vraiment preneuse de conseils, je ne pense pas aller faire le test. La psy que l’on a vue l’an dernier me dit que ce n’est pas nécessaire tant que ça ne le gêne pas dans ses apprentissages…

stef'd'anie | 5 octobre 2015 à 10 h 13 min

Bonjour,
Je suis en pleine découverte de ce que je peux être et je vis un rêve.
Quand cette possibilité a été évoquée, j’ai eu l’impression qu’un voile se déchirait devant mes yeux et que j’avais enfin compris ce que je faisais sur terre.
Je suis heureuse même si du chemin reste à parcourir.

Nadine Kirchgessner | 8 octobre 2015 à 11 h 57 min

Heureuse pour vous stef’d’anie ! Le chemin est beau même s’il ne sera pas toujours forcément facile. Mais quand c’est trop facile…ce n’est pas forcément intéressant ! Lisez les autres témoignages si vous voulez.

isabelle | 20 octobre 2015 à 22 h 53 min

Bonjour,
Je viens d’être diagnostiquée HP à l’âge de 50 ans; Cette description correspond vraiment et je dois dire que cela me fait beaucoup de bien de pouvoir mettre un nom sur mon atypie
Merci à vous

Nadine Kirchgessner | 24 octobre 2015 à 18 h 18 min

merci beaucoup Isabelle !

Lila | 26 octobre 2015 à 4 h 57 min

Bonjour

Je n’ai pas eu le courage de lire tous les commentaires. Je le ferai. J’avais néanmoins envie/besoin de faire part de mes doutes.

J’ai eu une scolarité assez facile. Même à la fac j’ai obtenu de bonnes notes sans forcer j’ai frôlé la mention bien, dommage. J’ai réussi le CAPES de SVT «par hasard» j’avais arrêté la prépa quelques mois avant et ai passé l’écrit de peur qu’on me demande de restituer la bourse versée. Et puis j’ai eu l’oral. Mal classée. Genre 638ème sur 650 admis cette année là.
J’ai démissionné au bout de 2 ans. Depuis j’ai enchaîné les petits boulots alimentaires et les reprises d’étude. D’abord un DEA de paléontologie à 25 ans. Obtenu mais mal classée. 10ème sur 15, pas le droit de postuler à une bourse dans mon école doctorale. J’ai mis des années à cesser les regrets. Ma seule consolation étant qu’en fait je n’avais certainement pas les capacités de travail pour y arriver.
Ensuite un master gestion des eaux à 32 ans. Je redoutais que ce soit difficile, d’être perdue, ramolie face aux jeunes aiguisés par la fac. J’ai donc travaillé beaucoup et fini major.
Puis 4 ans dans une association d’éducation à l’environnement, mon plus long travail. J’ai réalisé que je n’étais pas faite pour travailler avec les autres. Alors me voici une fois encore sur les bancs de l’école pour être agricultrice.

Mes relations aux autres sont assez complexes depuis toujours. Comme pour le travail, l’enthousiasme des débuts fait place à l’ennui et à la déception. Je supporte assez mal le manque de finesse général. Dans mon dernier travail je supportais de plus en plus mal l’espèce de petit chef au dessus de moi. Incompétente selon mes critères et pourtant si sûre d’elle et de sa valeur professionnelle. J’ai choisi de garder certains amis que j’apprécie même si je n’ai pas vraiment grand chose à dire. C’est plus facile avec ceux qui parlent tout le temps, il suffit de les écouter.

Mon couple a explosé. 7 ans, la plus longue relation. Nous avons vu une psy pendant un an et demi. Une femme géniale, fine, intelligente, percutante.
J’avais vu des psys déjà. Aucun comme elle. Elle m’a dit plus d’une fois que jamais dans son cabinet les gens ne saisissent si vite. Parfois j’allais trop vite et je la perdais. En parallèle au détour d’une conversation une amie d’enfance retrouvée m’a dit être haut potentiel sans expliquer car son propos était ailleurs. Cette info m’a marquée. J’ai lu «Trop intelligent pour être heureux» j’ai reconnu certaines choses et pas d’autres. Notamment cette pensée en arborescence. J’ai amené cette idée à la psy plusieurs fois (victime d’un pervers narcissique je voyais la une piste) elle a un peu botté en touche. Me confirmant juste que j’ai une sensibilité peu commune et me parlant de zebra l’association a Marseille.

J’ai un peu continué à creuser. Les gens auxquels j’en ai parlé pensent que c’est possible, très possible. Pour ma part j’y crois de moins en moins. Notamment cette pensée en arborescence. J’ai récemment questionné sur ce point le blog du petit zèbre et je confirme que je ne suis pas comme ça.

DOnc pas de pensée en arborescente, pas la moindre trace de «génie» dans un domaine. Touche à tout, je réussis un peu tout ce que je fais, mais je ne vais jamais loin. La certitude d’être intelligente mais pour quoi faire ?Juste le sentiment d’un énorme gâchis. Je suis capable de tout faire mais je n’ai rien réussi.
Et puis ce mal être quasi-permanent. Ce léger décalage qui fait qu’on ne se sent pas comme il faut. Toujours douter de ses capacités quand ceux qui font moins bien sont sûrs d’eux. Cette hypersensibilité qui fait vivre très mal les événements difficile. Cette sensibilité longtemps cachée (pas question qu’on me voit pleurer pendant un film par exemple) finit par déborder depuis 3 ans que je suis maman.

Alors voilà de plus en plus convaincue d’être juste normale et pas très heureuse, je ne peux pourtant pas me sortir cette idée de la tête depuis deux ans : et si… ?
Sans y croire j’ai juste l’espoir d’être sauvée par un diagnostic extérieur qui viendra me dire que c’était pas vraiment de ma faute. Et quelle peur face à ça. Si «j’echoue», non seulement je ne suis qu’une personne légèrement dépressive, mais en plus j’ai eu la présomption de croire en cette intelligence qui ne serait «que» normale.
Je crois pourtant qu’il faudra que je passe le test bientôt. Car j’ai beau trouver tous les preuves que je ne suis pas surdouée, je suis incapable d’oublier l’idée. Et surtout pour mon fils qu’une amie trouve terriblement ressemblant au sien, récemment diagnostiqué, quand il avait son âge !

Mon témoignage (trop long) n’apportera rien sur la douance (puisqu’on ne sait pas si je le suis) mais ça m’a fait du bien de trouver ici un espace où formuler enfin tous ces doutes.

Nadine Kirchgessner | 27 octobre 2015 à 23 h 08 min

Merci Lila pour votre témoignage et votre confiance. Je suis stupéfaite que vous puissiez penser ne pas être à haut potentiel à cause de la pensée en arborescence que vous n’auriez pas… L’arborescence n’est pas un concept scientifique…les concepts scientifiques sont la pensée divergente et la pensée convergente. Vous pouvez envisager de passer les tests car vous en avez certaines caractéristiques, mais il vaut mieux rencontrer un psychologue qui connaît la douance.
quelques articles :
http://planetesurdoues.fr/index.php/2014/11/30/pensee-divergente-pensee-convergente/
http://planetesurdoues.fr/index.php/2015/05/05/raisonnement-divergent-et-raisonnement-convergent/
http://planetesurdoues.fr/index.php/2014/04/30/arbore-sens/

Lila | 13 avril 2016 à 21 h 51 min

Bonjour Nadine

Grâce à vos encouragements j’ai enfin passé les tests la semaine dernière. J’ai eu les résultats aujourd’hui. Je suis donc un adulte HP. Avec un QI très élevé. Là tout de suite je suis un peu perdue. En fait c’est une confirmation de ce que je ressentais sans vouloir ou oser y croire.
J’imagine qu’il va bien falloir que je trouve que faire de cette info.
En attendant je voulais juste vous remercier. Et venir éclairer mon témoignage précédent par cette confirmation.

Lila

Cam's | 6 novembre 2015 à 3 h 35 min

Bonjour,

J’ai découvert par une de mes tantes qui m’a offert en 2009 le fameux livre qu’on ne présente plus « trop intelligent pour être heureux » ce que suggère « le profil général » d’un adulte HP . Voila la réponse, ou plutôt l’excuse sur laquelle je peux dorénavant me glisser pour dénoncer ma situation actuelle : 25 ans, solitaire, terriblement angoissé sur à peu près tout, le corps, les battements de mon coeur, l’obscurité du sommeil, les milliards de pixels se culbutant lorsque je ferme les yeux, l’avenir du monde, du mien, les mystères de la physique, l’origine de « l’univers » et de ce semblant de réalité qui défile de manière inexplicable, les relations humaines etc etc… Je suis différent c’est pour ça que je n’y arrive pas ! STUPIDE ! je suis fou? Certainement… différent? On l’est tous pas vrai? alors pourquoi plus qu’un autre? pourquoi à 2h du mat’ je crois que poster un ridicule assemblage de mots qui ne définit rien d’autre que ce qu’il me passe par la tête à cet instant ( et les mots ne suffisent jamais on le sait tous…) me soulagera de cette nouvelle douloureuse insomnie?

Je suppose que chaque « HP » a ses propres particularités, plus ou moins prononcées, ( j’ai fait le WAIS en Mars dernier, le test hors de prix pour adulte en perdition, et il a été établi que j’avais un « profil HP » QI > ou = à 130 soit 2% de la population selon la répartition normal blabla on s’en branle) je ne considère pas par exemple posséder une mémoire hors norme, ou une capacité à raisonner génialissime, mais je suis certain d’être constamment foudroyé par ce qui se passe autour de moi, par chaque son, chaque regard, mot, expression, odeur etc… les informations déferlent à une telle vitesse que bien qu’ayant parfaitement analysé la situation, je reste un simple observateur submergé et rêveur, affecté par chaque détail. Et lorsque le moment est venu pour moi d’agir, de m’intégrer à ce monde de finesse : les détails sont trop nombreux, les imperfections trop compliquées à enduire de vérité (ma vérité, qui n’est pas la vérité, qui ne veut rien dire mais qui s’apparente à ce que me dicte mes instincts). C’est ainsi qu’établir des relations a toujours été pour moi une difficulté immonde, pas par simple manque de confiance en moi, timidité naturelle (bien que ce soit aussi effectivement le cas) ou tempérament solitaire, non, par ce problème d’analyse, de précision dans l’attitude, de sensibilité à respecter, et ce souci de montrer tout sauf ce que je suis, car j’admets par vanité que ce que je perçois du monde n’affecte pas autrui avec autant puissance que cela me transperce. Par « ce que je suis » je ne parle pas d’un univers infréquentable de talents innés, de connaissances fantastiques que je ne révèlerai jamais par modestie, « ce que je suis » est simplement un capteur biologique sensoriel submergé d’informations qui ne sait comment les traiter, autrement dit pas grand chose.

J’ai le sentiment que le problème majeur sur la « précocité » (et ce que je dis est purement subjectif (bien entendu) puisque cela fait référence à mon vécu) est la structuration de la personnalité lors des premières années de la vie. Cette hyper sensibilité qui me conduit jusqu’à l’angoisse physique et l’hyper vigilance est la conséquence de ma structuration d’Homme et amplifié par ma personnalité « haut potentiel ». Je ne suis pas sur un divan et ce serait trop prétentieux et inutile d’expliquer en quelques lignes ce que je crois être dans mon vécu les explications cohérentes qui ont déterminé ce que je suis aujourd’hui, mais tout ça pour dire qu’il y a une chose qui me semble (et que je n’ai pas malheureusement) primordiale, vitale, peu importe l’adjectif, pour vivre un minimum correctement ou au moins mener à bien en toute sobriété des projets, des loisirs, des rencontres etc… : la confiance en soi, et dieu sait qu’un HP doute de tout puisque extrêmement lucide, mais je pense que la lucidité ne devrait pas être immanquablement une route qui conduit à l’angoisse (et par angoisse je ne parle pas de sueur, de gorge nouée ou de connerie de stressé hypochondriaque, je parle de terreur, de noir, d’impasse infranchissable), elle s’acquiert à mon avis soit par un travail de résilience (mais comment bordel de merde?), soit par autorité et bienveillance transmise d’une figure parentale (dans l’enfance/ pré adolescence) qui amène à un sentiment de sécurité, et ce sentiment de sécurité permet d’être inconsciemment persuadé pour la suite que la tranquillité existe, donc que nos efforts ne sont pas toujours vains, donc on est plus amené à avoir confiance en ce l’on fait… blabla je pars un peu loin dans mes explications d’homme torturé, qui sont sans doute erronées héhé, mais bon on est ici pour ça?

bref je m’arrête là !

ps 1 : merci à vos commentaires qui ont rendu pour une fois plus cool ma solide insomnie

ps 2 : désolé pour l’orthographe, contrairement à ce qui est dit des « surdoués » en haut de cette page, non je ne suis pas un grand lecteur, bien qu’extrêmement curieux donc les deux ne sont pas incompatibles, donc mon manque de lecture me fait écrire souvent des énormités par manque de connaissance.

ps 3 : j’ai bien peur que mon mal de vivre, comme celui de Barbara, ne disparaisse que justement le jour de ma disparition, hélas…

alicebyss | 26 novembre 2015 à 13 h 10 min

Je ne pense pas écrire quoi que ce soit qui n’ait pas déjà été dit, je me poserai ce soir pour tout lire.
Je me sens moins seule…mais où êtes vous tous :(?
En ce moment je me sens si décalée que du haut de mes 38 ans j’ai arrêté de lire arrêté de me cultiver bloqué toutes ces parties de moi car avec qui échanger? avec qui en parler?
Avant j’en parlais à mon (maintenant ex) mari mais depuis notre séparation, c’est simple, je n’ai aucun échange réellement intellectuel de façon continue, assez constant pour m’aider…..
Je me demande à quoi ça sert d’être surdouée si c’est pour avoir un travail moyen, une vie moyenne, et d’être seul….sûrement on pourrait faire qqch de mieux de ces capacités? Au lieu de ça je ne vois que la souffrance que cela m’apporte, surtout au niveau de mon empathie qui est ingérable (humains et animaux).
Merci de m’avoir lue…

Nadine Kirchgessner | 5 décembre 2015 à 8 h 50 min

Merci Alicebyss, vous pouvez peut-être rejoindre un groupe de surdoués sur des fora, ou intégrer une association comme Mensa pour échanger avec d’autres. Mais ne cessez pas de vous cultiver ! Etre surdouée va vous aider à remonter la pente. Sachez que vous avez en vous de grandes capacités de résilience.

@ Cam’s , le « fameux livre qu’on ne présente plus « trop intelligent pour être heureux » comme vous dîtes, vous a donné des pistes pour croire qu’être surdoué est une catastrophe. J’en suis désolée pour vous…Il faut savoir que ce n’est pas tout à fait la vérité. les données scientifiques remettent en cause ces fausses croyances. Ce n’est qu’un livre, et ce n’est pas l’évangile (même l’évangile n’est pas la vérité)… Il vaut mieux lire plusieurs livres. Vous l’énoncez très bien d’ailleurs : « Voilà la réponse, ou plutôt l’excuse sur laquelle je peux dorénavant me glisser pour dénoncer ma situation actuelle… » Votre assemblage de mots n’est pas ridicule et les mots suffisent parfois à expliquer et à aller mieux. Je vous suggère d’intégrer votre douance en POSITIF. Même si vous avez « raté » entre guillemets vos premières années de vie car ne sachant pas votre particularité, (mais n’est-ce dû qu’à cela ? ) vous le savez aujourd’hui et il ne tient qu’à vous d’en faire quelque chose de POSITIF. Je sais, ce n’est pas facile. Croyez-moi, il n’y a aucune raison pour que vous n’ayez pas confiance en vous, surtout en sachant aujourd’hui que vous avez de grandes capacités. Votre sensibilité ne doit pas être un moins mais un plus, à vous d’en faire quelque chose ! Je vous suggère de lire de la littérature si vous avez des insomnies et de lire tout mon site et surtout cet article :
http://planetesurdoues.fr/index.php/2012/09/17/penser-differemment-a-manier-avec-precaution/
bien à vous
j’ajoute ces publications , vous aurez plus d’informations…observez les dates…
http://planetesurdoues.fr/index.php/publications-scientifiques/que-sont-les-enfants-doues-devenus-1996/ (1989 première parution)
http://planetesurdoues.fr/index.php/publications-scientifiques/itineraire-de-ladulte-doue-une-indicible-desolation-interieure-a-adda-2003/

Laure | 2 mars 2016 à 22 h 21 min

Bonjour.
J’ai 35. Je suis suivie en psychiatrie depuis 2001, reconnue adulte handicapé et travaillant avec la RQTH. « Coupée » du monde réel entre 2003 et 2010: hospitalisations (psy) et foyer de vie. Sous traitements neuroleptiques, mais aucun diagnostic posé: je présente des symptômes d’un peu toutes les maladies psy. En couple depuis 4 ans (mon compagnon n’a aucun trouble psy), nous voulions un enfant. Traitements arrêtés, « la grossesse protège », j’ai refusé la reprise préventive des traitements sur les dernières semaines de la grossesse. Ma fille a 7 mois, je n’ai AUCUN symptôme d’une quelconque pathologie.
Je dis que depuis la naissance de ma fille, « j’ai acquis des certitudes, des assurances en la vie et en moi, mais que pour l’instant je ne sais pas encore vivre avec ça ». Avec pas mal de « dommages collatéraux » dans mon entourage, et aussi dans mon travail (reprise après 8 mois d’absence, je travaille en milieu ordinaire). Je vis dans un bouillonnement perpétuel de pensées, je m’empêtre dans mes mots, je veux être sur tous les fronts, j’analyse mes paroles et mes actes pendant les conversations, analysant les mots/propos/gestes… de mes interlocuteurs, « j’interprète », bref les journées sont épuisantes, le soir je me couche et j’appuie sur le bouton off pour dormir. Je vis surtout avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête: est-ce que je perds pied avec la réalité? Est-ce que je ne suis pas vraiement malade? est-ce qu’il va me falloir de nouveau des traitements? Et ma fille? Et mon compagnon?
Il y a quelques jours, à force de circonvolutions internes, une idée: « et si j’étais surdouée? » Je me renseigne sur Internet, et j’ai l’impression de correspondre aux descriptions des « adultes surdoués ». Je n’ai pas encore parlé de cette hypothèse à ma psy. Ceci dit, partant de cette hypothèse, depuis quelques jours je me positionne différemment face à mon entourage. Et comme par magie, ça va mieux.
C’est comme si, depuis l’arrêt des neuroleptiques, je conduisais une voiture avec un brutal turbo, sans que j’y sois préparée, un booster ultra puissant, qui me fait causer bcp d’accidents; j’arrive peu à peu à maitriser la voiture, j’ai encore des accrochages et des dérapages par-ci par-là.

Si vraiment je suis « sur-stimulée », je m’interroge:
1/ Comment savoir vraiment? Qui consulter?
2/ Comment aborder la question avec mon compagnon?
3/ avec ma famille (ils sont très impliqués depuis la découverte de mes « problèmes », j’ai peur qu’ils vivent mal de n’avoir pas su « le voir »
4/ j’ai lu que c’était héréditaire: je m’interroge sur plusieurs personnes dans mon entourage proche (1 ado, 1 enfant 6 ans, entre autres, qui souffrent actuellement)
5/ Et bien sûr ma fille. Elle n’a que 7 mois, mais elle a des comportements depuis sa naissance qui m’interpellent. Une capacité d’observation, d’adaptation, de communication(ou non d’ailleurs)… qui me semblent trop précoces. D’ailleurs tout le monde la trouve précoce, plus elle grandit plus les personnes extérieures le remarquent aussi. Ça me fait peur, pour elle plus tard bien sûr (je sais comment j’ai souffert avec les autres enfants). Si c’est le cas, j’aimerais savoir/pouvoir l’accompagner d’une manière adéquate pour tous.
Voilà, je ne sais pas si je peux trouver ici des réponses à ces interrogations, mais ça fait du bien de le partager.
Merci

Nadine Kirchgessner | 7 mars 2016 à 12 h 20 min

je vous conseille de consulter un médecin psy qui connaisse le haut potentiel. il y en a peu , interrogez les associations pour avoir des adresses.
des hauts potentiels sont mal diagnostiqués, parfois.

Amandine | 25 mars 2016 à 5 h 16 min

Bonjour Nadine, cet article est visiblement assez ancien, mais je ne peux pas m’empêcher d’y réagir. Je viens à peine de tomber dessus et j’ai fondu en larmes à la lecture des caractéristiques que vous décrivez. Elles me correspondent presque toutes (à part l’adversité flagrante, car j’ai eu la chance de naître dans un environnement non-défavorable), mais c’est bien la première qui m’a le plus touchée. J’ai eu un éclair de lucidité et soudainement toute ma vivacité, ma joie et mon exubérance de quand j’étais enfant me sont revenues. Je pense pouvoir dire sans trop me tromper que j’étais une enfant solaire, je suis désormais une jeune adulte éteinte. Introvertie au maximum. C’est assez simple, malgré mon excellence académique et « ma finesse d’analyse » louée par mes professeurs, je n’arrive tout simplement pas à interagir avec les autres -comme si il me manquait des clés de lecture que tout le monde aurait acquises il y a bien longtemps, mais que je n’ai jamais réussi à intégrer. Pour résumer, je parle couramment trois langues et en apprend deux autres en ce moment, mais je ne comprends pas l’humain. Je reste cependant pas trop mauvaise quand il s’agit de « faire semblant » et de reprendre des codes d’interaction pour être normale, mais c’est un déguisement qui devient parfois bien trop lourd à porter…
Le pire, c’est que ma réussite académique est perçue comme une obligation au bonheur par de nombreuses personnes -si je suis si « intelligente », de quoi je me plains? Je dois être forcément heureuse, non? Ce qu’ils ne semblent pas comprendre, c’est que si on me disait que pour décrocher une petite amie j’avais le choix entre écrire un essay en anglais et aller à une fête pour flirter, je choisirai largement l’essay.
Autrement, hyperesthésie, curiosité, créativité, ténacité, mémoire, (hyper)sensibilité, somatisation, ennui, tout y est (et encore je ne parle pas de questionnement et de doute, je pense que ça paraît évident à la lecture des lignes précédentes). Je n’ai jamais été testée en revanche: la possibilité que je sois surdouée est quelque chose que j’ai toujours enterré au plus profond de moi-même, et démenti quand mes proches me décrivaient comme telle. C’est une différence dont je ne voulais pas, et que je ne suis toujours pas sûre de vouloir. Je sais qu’au contraire je devrais essayer de l’embrasser et d’en tirer parti, mais ce serait tellement plus simple si je pouvais fonctionner comme tout le monde.

Nadine Kirchgessner | 1 avril 2016 à 12 h 47 min

Bonjour Amandine, je suis touchée par ce que vous écrivez. Il me semble que vous ne pouvez pas « vous changer » et il n’y a qu’une seule chose à faire, selon moi, vous acceptez, acceptez qui vous êtes. Vous verrez, cela améliorera toute votre vie et vos relations aux autres. Dirigez-vous vers des gens qui vous ressemblent ou qui vous accepteront telle que vous êtes ! Et apparemment, si j’en crois ce que vous nous écrivez, vous avez d’énormes qualités. Ne cherchez pas à être comme tout le monde ! Chacun est unique ! retrouvez votre exubérance d’enfant !

Nadine Kirchgessner | 14 avril 2016 à 11 h 01 min

Merci Lila, votre témoignage est super, et j’espère que vous allez doucement intégrer ce nouveau paramètre. Lisez tous les commentaires et mon livre aussi « Des femmes surdouées » ! Votre témoignage est hyper intéressant. On voit bien comment cette invention de l’arborescence trouble les esprits. Il était évident, au vu de votre récit de vie que vous aviez de grandes capacités. On voit bien aussi qu’il faut lire les informations pertinentes, et pas forcément celles qui sont sur-médiatisées. Aujourd’hui, vous ne douterez plus, et c’est déjà énorme. Vous avez un sentiment de gâchis, je le comprends, mais objectivement, relisez votre histoire, et vous verrez que vous êtes un peu pessimiste, non ? Avec tout ce que vous avez réalisé, et avec une meilleure confiance en vous grâce à ces tests, vous verrez que cela ira mieux. Mais il faudra un peu de temps pour bien les comprendre et en faire quelque chose de positif. Et trouver peut-être votre moitié. je vois que vous avez un enfant de 3 ans , observez-le bien . Déjà, votre témoignage est ultra positif pour tous mes lecteurs et lectrices ! Et cela me rebooste pour ma journée !

http://planetesurdoues.fr/index.php/biblio/
http://planetesurdoues.fr/index.php/2015/12/15/uberisation-de-la-psychologie/
http://planetesurdoues.fr/index.php/2014/04/30/arbore-sens/

Vincent | 17 avril 2016 à 0 h 39 min

Bonjour à toutes et à tous,

Ma tête grouille grouille tellement j’ai de choses à en sortir..

Effectivement comme bon nombre de personnes ici présentes, l’introduction sera la même. Ce désir de prouver à soi ou aux autres que nous sommes surdoués est- il la question la plus existentielle qui soit ?

Moi-même ayant une seule peur dans la vie, qui se résume à un mot :
« La mort » (représentée par le néant)

La question est simple, le plus important est dans l’image de soi ou l’essence de soi ?

Bref, une chose qui me freine tant à faire un test de QI est la suivante :
– Je pars du Postulat que personne n’est meilleure qu’une autre, toute personne a ses qualité et ses défauts, il n’y a pas de personnes meilleures ou moins bonnes qu’une autre, tout est une question d’expérience et de volonté.
– En clair, le pouvoir de l’évolution est plus fort que notre matière première.
– On en revient toujours à se poser la question, qui est le plus fort « pouvoir » ou « vouloir » ?

A cause de cela, je ne souhaite pas faire de test car je ne souhaite pas me comparer et pouvoir me distinguer des autres.

Maintenant que je l’écris moi-même, je me rends compte que c’est finalement une second peur que j’ai et qui nous anime tous dans ce monde « la peur de l’abandon ». Nous souhaitons tous appartenir à un groupe, raison pour laquelle nous sommes ici en train de nous regrouper sur ce site pour se retrouver avec des personnes semblables à nous.

La question plus existentielle qui me semble en ressort, le plus important est l’union ou l’originalité.
La réponse est évidente quand on l’a dit, l’union dans notre originalité. Mais où s’arrête ou commence l’union, ou s’arrête et comme l’originalité. Question bien souvent décrite dans les commentaires précédents.

Pour revenir au sujet du test du QI qui me trouble particulièrement, il y a 2 solutions possibles :
– Le test est réussi, nous nous sentons soulagé d’apprendre notre différence sachant qu’elle est connue et qu’on va pouvoir se rapprocher de personnes semblables qui nous permettront de nous sentir moins seules et comprises
– Le test est raté, et nous sommes d’une part « pas différent » grâce à notre intelligence, mais en plus pas si intelligent que cela et toujours « différent » donc c’est qu’on est idiot ? Cette remarque est brute mais c’est mon ressenti personnel

Une grosse pression s’accumule avec cette peur de ne « pas être intelligent » et donc d’expliquer sa différence. Maintenant si je prends du recul sur ce que je viens d’écrire et par conséquent, pour contrôler ses limites il faut d’abord accepter de s’y confronter et pour cela de les reconnaître, donc j’ai moi-même ma réponse à ma question.

Après avoir éluder cette introduction si dure mais nécessaire à transcrire, je pense que je vais vous partager moi-aussi quelques bribes de ma vie qui est un labyrinthe et un abyme de situation peu banales. Moi-même on m’a souvent dit que je pourrai écrire un livre avec tout ce que j’ai pu vivre.

Je ne sais pas par où commencer alors je démarrerai par une différence que je dénote pour ma part avec les autres personnes écrivant ici-présentes.

Je ne manque en aucun cas de confiance en moi, mais je n’appellerai pas cela de la confiance en moi, mais plutôt de l’annihilassement de la portée de la vision d’autrui sur ma personne. En clair, l’impact d’autrui à mon égard s’est envolé avec l’événement le plus marquant de ma vie.

Je suis passé près de la mort. Il y a maintenant plus de 8 ans de cela, et j’en ai aujourd’hui 31.

Ce bouleversement dans ma vie m’a emmené à aller voir une thérapeute.

Moi-même avant cet évènement idiot comme je l’étais, je me pensais assez grand et fier pour être capable de gérer les situations que je pouvais rencontrer dans la vie. (En ayant vécu des moments dans le passé également assez difficiles « abandon », déracinement & solitude, suppression de valeurs, indépendance à très jeune âge, perte d’ami proche du jour au lendemain, soutien de personnes en vivant avec mon ex où sa Maman était atteinte d’un Cancer pendant 2 ans et décédant suite à cela, et on en restera là pour le moment)

J’ai donc été voir cette thérapeute car mon « corps » me lâchait littéralement sur mes capacités à encaisser ce coup dur de la vie.

Je vous explique, je me suis retrouvé devant cet enfant de 10ans qui s’appelait Vincent comme moi… Qui m’a exposé un dilemme qui a changé ma vie à tout jamais. Cette phrase… Nous étions sur le bord de la plage, il est arrivé en pleurant et en disant « J’ai mon Papa, ma sœur et ma cousine qui sont en train de se noyer, pouvez-vous prévenir les secours ? » tout cela en me montrant du doigt la cabane des sauveteurs déjà fermée à la tombée de la nuit, et là j’ai parcouru 200 mètres en courant (sachant que je mettais lever à 6h du matin pour travailler dans une usine avec un travail très dur, ayant fait 2h de route ensuite, et 2h de marche à pied, avant d’arriver à ce moment-là de ma vie) pour aller prévenir les secours dans le restaurant le plus proche. Les personnes ne se pressaient pas en me demandant si c’était d’autres personnes sur le bord de la plage, et j’ai répondu « non ce ne sont pas elles, prévenez les secours je leur ai dit ». Voyons leur manque de réactivité et leur incapacité à comprendre l’ampleur de ce qui se passait devant eux, je suis reparti en courant, arrivant épuisé sur le bord de la plage, et les 2 filles qui m’avaient accompagné pendant les 2h de marche étaient là devant moi tirant le « Papa » hors de l’eau sur le dos avec le petit garçon à côté. Je demandai alors, « Où sont passées les 2 filles ? » et ils m’ont répondu « Elles sont encore à l’eau » A ce moment-là, je ne pourrai jamais expliquer ce qui m’a traversé l’esprit, car finalement « rien », j’ai fais ce que j’étais là pour faire, aucune pensée n’avaient de place à ce moment-là, l’action était la seule et unique réponse à chaque instant qui séparait les filles de la vie ou de la mort. Je suis parti à l’eau et j’ai nagé nagé nagé, jusqu’à me retrouver au milieu de l’océan… Et là, j’ai eu le choc de ma vie…

Jamais au grand jamais, je n’aurais pensé un jour être confronté à cette réalité si implacable et que je pouvais être voué à vouloir entendre un jour. Et cette vérité venue de ma propre bouche…

« Tu as voulu faire le héros, mais maintenant, c’est toi qui va crever. »

Aussi dur soit-il les mots que j’ai employé sont les mêmes que j’ai vécus, l’instinct animal à mon sens est bien ressorti…

Et à ce moment-là, je me suis donc dis plus simplement, il va falloir que tu apprennes à penser à toi… Moi qui avait toujours imaginé, pensé, utiliser toutes mes compétences pour aider mes proches (humains) autour de moi pour aider ce monde à être meilleur… Ces mots que je me suis dit, ils raisonneront à tout jamais dans ma tête…

Car oui, quand je me suis retourné épuisé en regardant le bord de la plage, je ne voyais que l’horizon et plus un grain de sable, les lumières des lampadaires commençaient à s’allumer, les 2 personnes au courant et lucides qui étaient au courant que j’étais parti à l’eau n’avaient pas prévenu les secours pour moi, « moi » j’avais prévenu les secours pour les autres, mais personne ne l’avait fait pour moi… Tellement d’impuissance face à cette triste réalité, que personne moi, viendrait me sauver…

Alors, j’ai tenté de trouver une solution, avec cette mer déchaînée avec des vagues à plus d’un mètre au dessus de ma tête qui me tombaient dessus, plus aucune force et plus que la volonté de survivre…

Et c’est là que le miracle s’est produit, je me suis souvenu qu’un jour dans mon passé, j’avais oublié ma planche de body et que j’avais tenté de faire emporter par les vagues en faisant la planche comme mon body et que cela avait fonctionné… Et voilà la raison qui fait que je vous écris encore aujourd’hui… Grâce à cette unique pensée qui m’a sauvé la vie… Alors j’ai pris mon courage à deux mains et ma détermination et à chaque vague qui arrivait, je plongeais la tête sous l’eau en ayant pris ma respiration avant, et je me laissais emporter par les vagues en me servant de leur force…

Et là, je ne pourrai pas pour vous dire le 2ème miracle que la vie m’a offert… Le plus beau je pense… En revenant sur le bord, j’ai touché une des 2 filles dans l’océan « Marion » (18ans radieuse et adorable dans sa vie de tous les jours, d’après son Papa…) Il faut s’imaginer que j’avais une chance sur un milliard de toucher 1 des 2 filles dans cette océan déchaîné… Et pourtant…

J’ai réussi à la 2ème reprise à l’attraper et à crier qu’elle était là… Et un 3ème miracle s’est produit… J’ai eu pied… 1 sauveteur est arrivé et 2 autres hommes sont venus aider pour la récupérer et la sortir de l’eau, je ne pouvais plus aider, je n’avais plus aucune force… je suis littéralement tombé sur le sable tout en ayant ma tête tournée vers Marion qu’on tentait de ranimer… Car quand je l’ai récupéré, elle était inanimée… La dernière phrase que je me souviens qu’on lui a dit avant qu’on l’a transporte était « Sortez la vite de là, il ne faut pas qu’elle reboive la tasse ».

Donc après cette tragédie, étant totalement traumatisé, j’ai passé 20min à suffoquer pour encaisser le choc. Dans la nuit qui suivit, j’ai fermé les yeux et je me disais, alors c’est à cela que ressemble quand on existe plus… Le néant… Plus rien…

Et j’ai compris une chose essentielle… Quand on naît dans ce monde, on naît PARMI ce monde et on essaye de s’adapter à CE monde. Tant bien que mal on essaye de faire sa place. Alors que quand on passe près de la mort, CE monde, n’est plus LE monde, mais SON monde. Car un fait simple et totalement brut, si nous n’existons plus, ce monde n’existe plus… S’il n’existe plus pour nous, il n’existe plus tout simplement, car la seule et unique conscience importante qui a un lien avec son monde, c’est la sienne… Donc CE monde est lié à SA conscience. A partir de là, j’ai commencé à comprendre également une chose, le grand égoïsme qui régnait dans ce monde. Un exemple très simple que je me suis dit, si demain je me mettais à me promener tout nu dans un supermarché, tout le monde riraient sur le coup, mais le lendemain tout le monde m’auraient oublié… Car c’est leur vie avant tout qui est importante pour eux… Alors pourquoi j’accordais tant d’importances à la vie des autres alors qu’eux même ne m’accordaient que peu d’importance… Finalement, j’ai commencé à penser que tout venait de moi… Que j’étais l’essence de CE monde qui était MON monde. Que toutes les personnes qui m’entouraient sont simplement les réactions de ce que j’impactais à MON monde. Tout action personnelle emmenant une réaction de mon entourage. Choisissant moi-même mon propre entourage dans tout cette vie. Par conséquent les personnes autour de moi n’étaient que des marionnettes par rapport à ce que je souhaitais émettre comme actions et avoir en réactions. Sachant que comme je l’ai lu dans plusieurs commentaires, l’homme est cent fois plus prévisible qu’il peut l’imaginer. Raison pour laquelle beaucoup d’entre nous ne font que répéter les actions que d’autres personnes souhaitent qu’elles fassent et les manipule aisément. D’ailleurs j’ai même appris, que plus l’on croit être libre de penser et « intouchable » et finalement plus on l’est. Disons qu’on est tellement près du poteau rose qu’on fait tout pour ne pas le voir…

Bref, j’ai développé quelque chose qui me caractérise aujourd’hui, cette totale indifférence de la vision des personnes sur moi et ma vie.

En fait, j’ai comparé ce passage de la mort à une étoile qui s’éteint et qui explose en étoile filante. Je m’explique quand une étoile implose jusqu’à fait un trou noir, il n’est censé plus rien rester. Et pourtant de ce vide immense, explose et jaillit une lumière plus brillante que jamais et qui file parmi la galaxie à une allure phénoménale et tellement resplendissante qu’elle éblouit tout le monde.

Et bien, je ressens la même chose, je me suis éteins jusqu’à passer près de la mort, pour comprendre une chose unique. Mon bonheur passe par moi, j’ai trouvé ma voie intérieure pour faire resplendir tout ma lumière intérieure et apprendre à me sentir bien à l’intérieur de moi. A partir de là, maintenant, je peux transmettre toute cette lumière et je file à travers cette vie à une allure phénoménale en éblouissant toutes les personnes qui me croisent.

Car aujourd’hui, je n’ai aucune peur d’accomplir mon destin et de partager toutes mes expériences et ma vie avec CE monde qui est MON monde. Car j’ai compris également une chose très importante.

J’ai vécu toutes ces choses pour comprendre une chose importante dans ma vie. Il faut apprendre à penser à moi, avant de penser ou essayer d’éclairer les autres. Comment voulez –vous faire jaillir la lumière chez l’autre, si vous ne l’avez-vous-même pas fait jaillir en vous ? Trouvez la lumière en vous et ensuite vous pourrez la montrer à ce qui vous entoure.

Mais ce que j’ai compris, c’est surtout que c’est maintenant MA responsabilité que de transmettre ce savoir, cette épanouissement personnel et ce bien être intérieur. Car « Dieu » où vous l’appelez comme vous souhaitez m’a donné la chance de vivre ce moment unique dans ma vie pour me rendre le plus heureux des hommes. Et il est de mon devoir de transmettre tout ce bonheur que j’ai enfin trouvé à l’intérieur de moi et cette sérénité.

Néanmoins, je ne vous cache pas que je suis passé par plusieurs stades avant d’en arriver à cette lucidité et ma thérapeute m’y a bien aidé.

Quand je suis allé la voir, j’étais en colère contre la vie, j’avais la rage. Car selon moi, je n’avais pas eu le choix de me retrouver devant ce petit garçon et d’avoir ce dilemme devant moi. Soit d’aller dans l’eau et d’avoir ma vie changée du tout au tout car plus aucune peur ne m’habitait, soit je n’y allais pas et je serai un lâche toute ma vie ce qui ne pouvait être concevable pour moi. Bref, j’étais en colère que ma vie devait littéralement changer et que je n’avais rien demandé… Pourquoi moi… J’ai toujours fais tout ce que je pouvais pour aider mes semblables, tant de fois à l’écoute des personnes autour de moi et donner de ma personne, et les premières personnes étaient ma Mère et ma Sœur. Bref, pourquoi le sort s’acharnait contre moi… Car il faut dire qu’entre l’événement, et le moment où j’ai décidé d’aller voir la thérapeute bon nombre de choses se sont passées.

Pour commencer la fin de l’histoire, après 2 jours après l’événement je suis parti à l’hôpital pour voir la suite de l’état de santé des 2 filles (dont la 2ème avait été ramenée par les vagues). J’ai toqué à la porte de la 1ère fille et quand la porte s’est ouverte, la famille m’a vu et m’a demandé « vous êtes qui ? » et j’ai dit « je suis la personne qui a appelé les secours » et j’ai refermé la porte… Car mon âme était apaisée, elle était en vie… Et ensuite, je suis parti voir Marion… Où j’ai vu son frère Vincent de 10ans, le père, sa sœur et sa mère qui n’osait même pas me dire « bonjour » tellement elle était traumatisée. Sachant que Marion était en salle de réanimation dans le coma artificiel et que par conséquent, je n’ai pas pu aller la voir. Le reste très brièvement, Marion est décédée 3 semaines plus tard. Mais apparemment, j’ai aidé la famille à ne pas avoir une rupture trop brute avec la mort de leur fille et qu’ils ont eu le temps de faire leur deuil… Et que c’était très important… Moi, j’avais joué mon rôle et je ne pouvais rien faire de plus, ce qui devait arriver arriva. Et j’ai coupé doucement les ponts avec le père qui m’invita aux funérailles mais que je n’ai pu y assister car je ne me sentais pas à ma place…

Suite à cela, je suis devenu très solitaire dans mon esprit. A ce moment-là, concernant les filles je n’avais plus aucune peur, timidité ou introversion. J’étais totalement désinhibé de l’impact ou des conséquences de leur vision à mon égard. Je ne parlais plus, je ne perdais plus aucun moment à parler ou discuter, j’étais simplement pour « faire » et « agir » sans aucune peur des réactions ou « visions » de ce qu’on pourrait penser à mon égard. Et à cet effet, je me suis rendu compte que j’augmentais par 3 mes chances de succès, je passais de 3 filles sur 10 à avoir du succès à 9 filles sur 10. Car simplement, les femmes étaient attirées par ce qu’elles pensaient appeler le « charisme » par ce que j’appelais « l’indifférence totale du regard d’autrui ». Mais bref, cela fonctionnait, je me suis retrouvé d’ailleurs avec des femmes 2 fois plus âgées que moi tout en maîtrisant totalement les situations. Et quelques mois plus tard, j’ouvrais les yeux en faisant un arrêt sur image, je me retrouvais avec une nouvelle fille en me disant « mais c’est qui encore celle-là » ? Et là, je me suis dit que je me sentais vraiment seul, car celle-ci ne me connaissait pas, et que c’était une de plus, sachant que j’avais 2 copines par semaine en répétant les mêmes actions, en ayant tout ce que je voulais mais que finalement cela n’avait plus aucun « sens »…

A ce moment là, j’ai fais le vide autour de moi… Et j’ai commencé à remettre des barrières, des limites, des peurs…

Je fis une découverte très importante dans cette vie, que rien n’y personne n’a de sens s’il n’a pas d’intensité… De profondeur…

Un cube juste avec le périmètre n’a aucune valeur si on ne le remplit pas… L’espace est vide, si l’on ne remplit pas d’émotions, d’intensité, de source de vie…

J’ai commencé à comprendre que les limites, les peurs et les barrières nous permettent de délimiter une ligne qu’on peut repousser, mais surtout analyser et accepter.

Si nous n’avons pas déterminé de limites, nous ne pouvons pas les travailler… Nos limites sont délimitées par nos peurs… Celles-ci sont nécessaires à notre évolution… Les erreurs (qui sont quand ont atteint nos limites) ne sont pas des accidents mais des ingrédients… (selon Thomas D’asembourg sur sa conférence sur « le Bonheur n’est pas nécessairement confortable »)

Bref après cette période critique j’acceptai d’aller voir une thérapeute pour apprendre à connaître mes limites et contrôler toutes ces forces que je ne connaissais pas encore.

Celle-ci me permit d’apprendre sur moi, plus que jamais je n’en avais appris.

Aujourd’hui, je finirai juste ce commentaire. Je suis heureux de qui je suis, de que j’ai vécu, et de la chance que j’ai d’être parmi ces humains. Mais en même temps, je ne suis en aucun cas touché par la peur de ces derniers, qui leur appartient du fait qu’ils ne se sont pas accomplis personnellement et qui ont peur de montrer qui ils sont. Je n’ai pas peur de montrer qui je suis. Je respecte autrui mais je me respecte avant tout.

Mon but le plus précieux est de partager mon savoir pour permettre au plus grand nombre d’emprunter le chemin de la sagesse car chaque jour mon unique leitmotiv « La seule chose que je sais, c’est que je ne sais pas ».

Je ne sais pas si je suis « doué » mais j’ai une chose qui me caractérise dans ma vie, je n’ai pas peur d’agir et de mettre en application mes pensées.

Raison pour laquelle, je me suis expatrié en Pologne, non sans mal à me couper de ma famille mais pour mon plus grand bien et trouver mon moi intérieur. Je travaille pour moi et monte ma société avec une équipe que j’essaye de manager, mais non sans mal non plus. Car je ne laisserai pas les peurs des autres les arrêter et m’arrêter dans ma détermination de transmettre au plus grand nombre la voie pour s’en sortir dans ce monde où tout est vouée à « l’argent ». Alors pour combattre le fer, j’ai choisi de travailler « le fer » pour le donner au plus grand nombre et de permettre à tous d’y voir plus clair à l’intérieur de celui-ci, s’il est une finalité en soi, ou simplement un passage à un état supérieur de conscience qui est « la spiritualité » et le bonheur « véritable » qui vient de l’intérieur de soi…

Je ne sais pas si mon commentaire sera publié, mais je vous remercie du fond du cœur pour tout ce que vous avez écrit, car effectivement, je me sens moins seul dans ce monde où peu de personnes vont dans le fond des choses… Et tentent d’y trouver des réponses…

Je reviendrai vous parler d’autres signes me caractérisant face à tous les aspects des personnes dotées de « douances » dans lesquels je me retrouve.

La seule chose que je vous dirai pour vous finir.

« Avant de rendre heureux les autres, trouver votre paix intérieure, c’est l’unique source de votre véritable lumière à propager »

Amen, Merci à vous tous d’avoir lu ce message,

Vincent

Nadine Kirchgessner | 27 avril 2016 à 8 h 57 min

merci Vincent, vous avez raison, aucune personne n’est meilleure qu’une autre (quoique…il existe des personnes très malveillantes !…  ). Mais passer le test, ce n’est pas chercher la meilleure personne. Si vous passez le test, il est évident que vous serez « intelligent ». Même s’il existe des personnes surdouées, cela ne veut pas dire que les autres ne sont pas intelligentes. Merci pour ce récit que vous partagez avec nous. Vous en avez retiré une philosophie de vie de cette expérience. Vous dîtes que vous n’aviez pas votre place aux funérailles, mais je crois que vous aviez votre place, car vous avez fait tout ce que vous avez pu. c’est ce que je pense en lisant votre réflexion. Si on fait tout ce que l’on peut, alors on peut être Soi. Merci à vous.

Hilda | 29 avril 2016 à 17 h 50 min

Bonjour,

J’écris ce commentaire car je me pose sérieusement des questions sur le fait que je sois « surdouée ».

En effet, j’ai 20 ans, je suis étudiante sage-femme et je me pose beaucoup de questions par rapport à moi et ma place dans le reste de la société.

Quand j’étais petite, à la maternelle, j’étais dans un petit groupe de copines puis vers 4 ans, sans que je me souvienne pourquoi, je me suis retrouvée toute seule dans la cour pendant la récréation. J’ai longtemps été une petite fille très solitaire, passant 95% de mes récréations seule à vagabonder dans la cour, en pleine rêverie, ou un bouquin à la main. Les autres enfants me demandaient parfois pourquoi j’étais toujours toute seule. Cette question me mettait mal à l’aise et je leur répondais que je restais seule car les jeux, les conversations et les centres d’intérêts de mes camarades ne m’intéressaient pas. Pour ce qui est de ma scolarité j’ai toujours été une excellente élève.
Chez moi je n’avais jamais de mal à m’occuper toute seule. J’adorais faire des constructions en lego ou en kapla, puis prendre des figurines et créer des univers et des histoires imaginaires. J’ai beaucoup dessiné aussi étant petite.

Puis en 5e, je suis rentrée en pension. Pendant ces trois ans, j’ai appris en quelque sorte à m’ouvrir aux autres, à parler avec les gens. Et je me suis rendue compte que j’appréciais cela, que les gens avaient aussi plus ou moins leur histoire et pouvaient être intéressants. Ces trois ans en pension ont été pour moi vraiment décisifs car c’est là où j’ai commencé à aimer les gens en général, et à voir que je pouvais entretenir des relations sociales avec eux.

Pendant cette période, les autres filles me faisaient souvent remarquer que j’étais « originale » et « artiste ». Elles trouvaient ça génial mais je n’appréciais pas beaucoup ces qualificatifs, surtout celui de « fille originale » car j’avais l’impression qu’elle me « discriminaient » sans le vouloir, qu’elle disaient que j’étais l’alien de la classe.

Je ne saurais pas comment qualifier mes années lycée tant il y a eu du bon et du mauvais. Du mauvais surtout parce que je trouvais la plupart des gens particulièrement ennuyeux et superficiels. Mais ces aussi pendant ces années lycée que j’ai rencontré celles qui sont encore mes deux meilleures amies, deux filles très décalées elles aussi mais dans leur genre à elle.

J’ai passé mon bac S avec mention très bien sans trop d’effort, les mathématiques étant faciles pour moi.

C’est aussi pendant ces années lycée que ma mère a commencé à faire des recherches un peu en cachette sur la douance. Puis un jour elle nous a posé des questions puis elle a nous a avoué qu’elle se demandait si elle, moi et ma soeur n’étions pas surdouées. Ma mère a commencé à faire ces recherches car elle sentait que dans un groupe elle possédait un mode de fonctionnement rapide mais en décalage avec le reste des personnes, qui avaient besoin selon elle, de prendre plus de temps pour parcourir certaines étapes de compréhension intellectuelle. Par ailleurs, elle nous a dit que notre oncle a été diagnostiqué surdoué dans son enfance. En outre, une de mes soeurs ainées a eu un developpement psycho-moteur particulièrement précoce lors de la petite enfance. Puis nous n’avons plus jamais reparlé vraiment de la question par la suite. J’ai le sentiment que la question est en quelque sorte un peu taboue pour ma mère, qu’elle ne souhaite pas être diagnostiquée.

Puis je suis rentrée en PACES après mon bac. J’ai décidé pendant cette année de devenir sage-femme. J’ai eu mon concours à la fin de l’année, en travaillant mais sans l’impression d’en avoir fait des masses et des masses comme beaucoup peuvent en témoigner après cette fameuse première année de médecine, même si un certains travail a été fourni de ma part. Chose étonnante car je suis une fille relativement paresseuse pour ce qui est du travail scolaire surtout. J’ai toujours été une bonne élève car je comprends facilement les concepts intelectuels, mais je déteste le par coeur, d’autant plus s’il n’y a pas de finalité particulière derrière hormis celui de faire de la sélection pure et dure.

Bref à la rentrée dernière j’ai commencé réellement mes études de sage-femme.
Je crois que c’est en me retrouvant dans une petite promo d’une trentaine de fille que j’ai recommencé à me poser des questions sur moi-même, et ma capacité à m’intégrer. En effet, depuis le début de l’année, je n’ai aucune réelle copine au sein de cette promotion. Je ne parle pas beaucoup et je passe la plupart des pauses seule dans mon coin. Les sujets de discussion des autres filles me paraissent souvent futiles. J’ai l’impression que la petite fille solitaire et en décalage existe toujours au fond de moi et que tout le chemin que j’ai parcouru n’existe pas. Mes interventions en cours sont vraiment étranges : j’ai l’impression que celles-ci sont complétement à côté de la plaque ou au contraire extrêmement brillantes au point que j’ai peur que mes camarades pensent que je me la « pète ».
Je me suis néanmoins rapprochée de d’autres étudiants dans d’autres filières en sortant mais malgré la diversité de ces rencontres, j’ai toujours l’impression d’être en décalage avec le monde, que personne ne peut réellement me comprendre ou ne fonctionne comme moi. Paradoxalement les personnes de mon entourage sociale ont l’air de vraiment m’apprécier. Je n’ai pas l’impression d’être rejetée mais je vis mal mon décalage. Je reste assez solitaire mais je l’assume moins qu’étant petite. Je souhaite avant tout faire partie d’un groupe et me sentir inclue dans la communauté humaine, malgré mon décalage. Les gens qui me connaissent disent que je suis extrêmement drôle, que je suis spéciale mais visiblement appréciable. Beaucoup noterons aussi une grande réserve, aussi j’inhibe beaucoup mon humour et les étranges associations que je fais dans ma tête, de peur que celles-ci paraissent trop tordues pour le commun des mortels.
Par ailleurs, je n’ai pas une grande estime de moi-même, j’ai parfois le mauvais sentiment d’être un « déchet » de la société.

Je n’ai jamais été réellement en couple pour l’instant. Il y a bien eu quelques tensions amoureuses avec des garçons ces dernières années mais je ne me sentais pas capable d’être en couple avec eux, pensant que le couple ne durerait pas ou que j’étais trop décalée pour le garçon.

Du coup je me suis rappelée des recherches qu’avait faites ma mère et j’ai également parcouru quelques articles sur la douance sur internet. Même si je ne me reconnais pas à 100% dans toutes les caractéristiques, je me retrouve quand même beaucoup dans les traits et dans tous le reste des témoignages. J’ai fait quelques tests de QI par ci par là sur internet, je fais des scores d’en moyenne 130 mais je sais qu’il faut prendre ces résultats avec des pincettes.

J’hésite à me faire diagnostiquer surdouée. J’ai peur d’une part des coûts financiers que peuvent représenter les consultations. D’autres part je n’en vois pas réellement l’intérêt que ce soit pour ma vie professionnelle ou sociale.

Je ne sais pas si je suis réellement « surdouée » ou pas, mais si c’était le cas, je considérerais cela avant tout comme un handicap social.

Je ne pense pas que je sois réellement malheureuse, je pense qu’il y a infiniment plus de personnes à plaindre que moi, avec des parcours bien plus difficiles. Néanmoins je suis fatiguée de traîner ce boulet de mon sentiment de décalage. J’ai aujourd’hui une vie sociale mais je me sens toujours, voire encore plus isolée que quand j’étais petite…

Nadine Kirchgessner | 3 mai 2016 à 12 h 08 min

Merci Hilda pour votre long témoignage. Je pense que vous devriez songer à passer les tests, comme cela vous saurez ! Vous avez beaucoup de caractéristiques et vous avez quelqu’un de la famille qui est surdoué… Vous devez les faire que si vous en ressentez le besoin, et comme vous dîtes, vous n’êtes pas malheureuse. Vous êtes appréciée mais ressentez un décalage. En tous cas, ce n’est pas un handicap social que d’être surdouée ! Et je me pose une question, pourquoi voulez-vous faire partie d’un groupe ? Vous devez juste être vous-même. Bien à vous

beatrice34 | 15 mai 2016 à 14 h 59 min

es ce un com que je vous fait ou le témoignage d ‘un très long parcours an psychothérapie qui au bout du compte m ‘a permis d me découvrir et de m’accepter telle que je suis ,un passé rempli de traumatismes ce qui ma bien sur mené à une prise en charge thérapeutique,bien sur depuis enfant ce qui ma sauvé je dirais ma vision en 3D mon hypersensibilité et ma solitude , j ‘en suis à bientôt 21 de thérapies donc coté psy j’en est vu défiler ,j ‘en suis à m enrichir le cerveau à travers les conférences que je trouve sur internet ou des livres .le plus dur est de faire comprendre au milieu psychiatrique qui je suis et leur donner ce quil attende de moi c’est a dire une borderline ou tpl , ce qui reste dans leur compétence ,perso je sais qui je suis et à chaque fois ,je m’amuse je les analyses et j’apprend leur métier , et quand je vois leur sensibilité apparaître tout le monde a l abrs je prend la distance car bonjour le transfert .bref sais terrible de vivre avec ce cadeau empoisonné vivre isolé du monde pour éviter d absorber et de ce comporter en bon patient afin de ne pas devoir justifier son intelligence .pour moi je me suis fait une raison, mais sais a tous ses gens mal diagnostiquer ou ces generations futur qui hélas vont devoir subir l ignorance de la psychiatrie , car je souhaite a personne de vivre ou devrais je dire survivre dans un monde qui hélas régresse .merci a tous