Planète surdoués | Un espace d'information et de recherche sur la douance

Nov/16

30

Le déficit d’inhibition latente

On lit parfois des choses étonnantes concernant la douance, preuve s’il en est que les explications sont insuffisantes ou largement tronquées.

On lit par exemple, que les surdoués ne sauraient pas faire de « synthèse » !!!!!

Aussi, on peut lire beaucoup de fausses croyances dans les médias, et sur le net …

J’ai repéré souvent que certaines personnes parlaient de déficit d’inhibition latente sans connaître vraiment ce que cela veut dire. Une personne disait par exemple sur un forum qu’elle était fatiguée à cause de « l’hyperesthésie et du déficit d’inhibition latente ».

Je voudrais faire une courte explication de texte, « scientifique » de ces termes un peu abscons.

 L’hyperesthésie est la grande sensibilité des 5 sens qui sont : le toucher, la vue, l’ouïe, l’odorat et le goût. C’est parfois une pathologie si elle entraîne de la douleur, comme tout ce qui est « hyper ». Mais pas forcément ! On peut être par exemple hyper sympa sans que cela soit pathologique ! Mais l’hyperesthésie ce n’est pas une caractéristique des personnes surdouées seulement. Il existe des personnes surdouées sensibles et il existe des personnes sensibles voire très sensibles qui ne sont pas surdouées. Il existe aussi des personnes surdouées qui ne sont pas hypersensibles !

Donc définir le haut potentiel avec l’hypersensibilité n’est pas scientifique. On voit des parents qui croient que leur enfant  est surdoué parce qu’il est sensible ou hyperémotif. Ce n’est pas la définition du haut potentiel.

Le deuxième point sur lequel je voudrais insister, c’est Le déficit d’inhibition latente

Depuis le début de cet article, j’ai pensé à beaucoup de choses (il faut que je téléphone à mes enfants, je dois prendre un RV, qu’est-ce que je vais manger à midi ? etc…). Et comme je n’ai pas de « déficit d’inhibition latente » je me concentre sur cet article et je vais l’écrire. Je réfléchis en quelque sorte. Ce qui veut dire que j’ai quand même une « pensée convergente » qui fonctionne bien, tout en ayant une « pensée divergente » qui marche à plein régime. Mais je sais me concentrer !

Je rappelle les définitions de ces deux modes de pensée que tout le monde a.    pensée divergente / pensée convergente

Vous avez compris mon explication sommaire et humoristique, ce « déficit d’inhibition latente » des surdoués est une erreur !

Alors qu’est-ce que c’est exactement ?

Dans le cerveau, une quantité d’informations arrivent dans le cortex préfrontal, qui est une sorte de trieur d’informations : il faut que je téléphone à mes enfants, je dois prendre un RV, qu’est-ce que je vais manger à midi ? etc…) et MON ARTICLE !

Merveilleux est mon cerveau, je peux « inhiber » les informations non pertinentes (pour le moment) qui sont je téléphone à mes enfants, je dois prendre un RV, qu’est-ce que je vais manger à midi ? etc …et me concentrer sur cet article ! Je peux aussi chercher dans ma mémoire à long terme (j’ai une bonne mémoire)  l’article de Pascale Planche et l’expérience de Stroop.

Je me souviens bien de ce résumé et surtout de cette phrase de l’article de Pascale Planche :  « Les précoces mettent en œuvre des capacités de transfert et de généralisation d’un mode de réponse ainsi que des processus d’inhibition et d’activation de schèmes qui révèlent un fonctionnement particulièrement mobile caractérisé par un contrôle de l’activité cognitive soutenu, une base de connaissances métacognitives riche et une tendance à privilégier un mode de traitement analogique

Une base de connaissances métacognitives riche dans mon petit cerveau fait que non seulement je me souviens bien que j’ai déjà lu cela quelque part et qu’en plus je sais le retrouver.

D’après    :   Le fonctionnement et le développement cognitifs de l’enfant  intellectuellement précoce

In: L’année psychologique. 2000 vol. 100, n°3. pp. 503-525.

Résumé

« Cet article propose une lecture critique de la littérature existante sur le fonctionnement et le développement cognitifs de l’enfant intellectuellement précoce. Les travaux rapportés montrent que la genèse cognitive de ce type d’enfants est marquée d’aspects irréguliers et dyssynchroniques. Par ailleurs, en situation de résolution de problèmes, les précoces mettent en œuvre des capacités de transfert et de généralisation d’un mode de réponse ainsi que des processus d’inhibition et d’activation de schèmes qui révèlent un fonctionnement particulièrement mobile caractérisé par un contrôle de l’activité cognitive soutenu, une base de connaissances métacognitives riche et une tendance à privilégier un mode de traitement analogique.

Mots-clés : fonctionnement cognitif développement, enfant intellectuellement précoce. »

http://www.persee.fr/doc/psy_0003-5033_2000_num_100_3_28657

 

Et je me souviens bien également de l’expérience de Stroop.

L’expérience de Stroop met en œuvre ce que l’on appelle l’effet STROOP.  les enfants précoces sont plus efficaces dans cette expérience.

Le test d’attention sélective de STROOP a été adapté en France chez les enfants âgés de 7à 15 ans par ALBARET et MIGLIORE 1999, ECPA.

Une tâche simple met bien en évidence le caractère irrépressible du traitement sémantique. Lorsqu’on présente à des individus un mot renvoyant à une couleur, et cela dans une couleur d’encre non congruente avec celle qui est désignée (le mot vert en bleu, ou le mot rouge est en jaune), et qu’on leur demande de nommer la couleur de l’encre, ils semblent déstabilisés par la situation, comme l’indiquent les temps de réponse longs et les nombreuses erreurs : les participants donnent parfois le nom de la couleur, et non pas celle de l’encre. Que se passe-t-il sur le plan cognitif ? Deux réponses entrent en compétition : premièrement répondre à la demande de l’expérimentateur et donner la couleur de l’encre, et deuxièmement, mener à bien une tache par ailleurs familière : accéder à la signification du mot. Ce second traitement l’emporte sur le respect des consignes. Le traitement qui vise l’accès à la signification du mot est automatique, plus rapide que le traitement qui vise à donner la couleur de l’encre, il est nécessaire de l’inhiber pour mener la première tâche à bien. D’où des temps de réponse plus longs, et, si le contrôle inhibiteur est mis en défaut, des erreurs.

 

En conclusion et je pense que je l’ai bien démontré (succinctement) le déficit d’inhibition latente des surdoués est bel et bien un déficit qui n’existe pas , bien au contraire.

Les personnes à haut potentiel sont plutôt bien et très réactives et rapides lors de la résolution de problèmes. Si certains semblent ne pas pouvoir inhiber les pensées parasites, il faut plutôt rechercher d’autres problèmes que le seul haut potentiel pour l’expliquer. Dans le texte de Pascale Planche que j’ai cité , il est clairement écrit que les précoces inhibent mieux les distracteurs !  (p509 ). Ils auraient également une capacité d’apprentissage supérieure. Ils ont également une haute capacité d’attention et un haut contrôle de l’activité cognitive, une flexibilité et une mobilité cognitive plus marquée…  (je ne peux pas tout recopier ce texte pasionnnant !)

On peut comprendre facilement que les « freiner » dans leur développement peut nuire gravement à ce développement.  P. Planche souligne l’importante de la métacognition et de la métamémoire.

Chez les enfants, cela peut être un simple manque de méthode, dû au fait que l’on a freiné l’enfant, dans ses jeunes années, et qui fait qu’il n’a jamais appris à travailler par exemple.

Cela peut-être un autre trouble , psychologique passager ou  neurologique latent (DYS, TDAH) , mais certainement pas le haut potentiel qu’il faut incriminer !

Je développe ces thèmes dans le premier chapitre des mes livres , ayant étudié les auteurs néopiagétiens  Case et Pascual-Leone  pour le fonctionnement cognitif.

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3 Comments pour Le déficit d’inhibition latente

Sandrine | 30 novembre 2016 à 18 h 17 min

Merci pour cet article.
Par contre, quand on est surdoué ET qu’on a un déficit d’inhibition latente, on doit assez souvent finir chez le psy, ce qui explique peut-être que les psy cliniciens en voient passer beaucoup et en proportions supérieures à la réalité….

J | 5 septembre 2017 à 0 h 22 min

Par contre le déficit d’inhibition latente c’est en rapport avec les 5 sens
Quand on n’arrive pas a faire abstraction des bruits, que l’on est ébloui par des néons, que l’on ne supporte pas des odeurs qui nous envahissent etc.

Nadine Kirchgessner | 5 septembre 2017 à 14 h 57 min

Non pas du tout. il s’agit d’ « inhiber » les informations non pertinentes, mais en termes de « pensée » ou d’informations. Vous parlez sans doute de l’hyper sensorialité , ce qui est très différent ! Ou L’hyperesthésie, comme je l’ai expliqué dans l’article.

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