Planète surdoués | Un espace d'information et de recherche sur la douance

vrais et faux surdoués

Voici une émission de France 5  le magazine allo docteur du 14 mai 2009.

Entretien entre Arielle Adda, spécialiste des enfants surdoués , auteur de « Le livre de l’enfant doué » et « L’enfant doué- l’intelligence réconciliée »

et Didier Pleux, auteur de notamment  « De l’enfant roi à l’enfant tyran »  et  « Peut mieux faire « .

Débat entre A. Adda et D. Pleux.

La vidéo semble ne pas fonctionner. si quelqu’un l’a…je suis preneuse.

 

Réflexions au sujet de ce débat  :

Le débat entre Arielle Adda et Didier Pleux était des plus intéressants, et je vous engage à l’écouter attentivement .  Didier Pleux considère que le surdoué doit être en réussite . Sur ce point , on ne peut qu’être d’accord, mais malheureusement ce n’est pas la réalité pour une part d’entre eux.  Les surdoués   qui ont justement une très grande intelligence relationnelle cachent leurs talents, surtout lorsqu’ils sont jeunes, pour avoir des amis !   Ce faisant ils régressent et ne peuvent réussir, et c’est dans ce cadre que la situation est difficile pour eux .  Ils ne comprennent pas ce qu’il se passe.

Didier Pleux pense que le passage de QI se fait sans conversation avec le ou la  psychologue.

J’ai l’expérience  de passage de QI avec  le RASED  pour mon fils aîné et avec  Arielle Adda, pour ma fille.    En plus du QI,  les différents facteurs de l’intelligence ont été évalués lors de nombreuses conversations avec les parents et l’enfant, afin de connaître le fonctionnement de l’enfant.

Didier Pleux pense que les surdoués s’intéressent  au scolaire pur, ce n’est pas forcément vrai, ce n’était pas vrai pour mes enfants.

Par contre je suis d’accord  pour les classes spéciales, il vaut mieux les éviter et les considérer comme un dernier recours. Dans cette optique, je suis d’accord également au sujet de l’apprentissage à la frustration qui est quasiment obligatoire.   Ils ne peuvent faire et apprendre que ce qu’ils veulent sous prétexte qu’ils sont surdoués.

 

Extrait  Aaron Coriat  « Les enfants surdoués, approche psychodynamique et théorique » editions du centurion 1987.

Page 85 : L’identification précoce.

« Faut-il prendre en charge les surdoués à un très jeune âge ? Avant même la scolarisation ?

De nombreux éducateurs et psychologues répondent par l’affirmative…

Ponjart, de l’université libre de Bruxelles estime que l’on peut déjà parler de surdoué à propos d’un enfant de 13 mois. Si, selon la théorie piagécienne, dit-il, 18 mois est l’âge de transition entre le stade sensorimoteur et le stade de pensée pré opérationnel (période marquée par la performance des objets), pour un surdoué cet âge 18 mois peut être amené a 13. De même, l’âge de 7 ans ou se réalise le passage de la pensée pré opératoire a la pensé opératoire, devrait-être amené à 5 ans si on veut admettre qu’un enfant est surdoué…

Bien que l’âge de passation des tests (13 mois) appelle quelques réserves, l’idée de concevoir la précocité, non tellement sur la base des acquisitions ou des performances ni même sur la motivation et le niveau d’inspiration, mais principalement sur la capacité de structurer l’environnement, est une idée séduisante.

 

Page 86 :

le jugement des parents sur leurs enfants peut être un excellent indice, du fait qu’ils peuvent observer à loisir les petits dans leurs activités quotidiennes et sous une variété de conditions. On peut leur demander de rapporter des exemples précis de comportements qui les ont convaincus de la précocité de leur enfant. »

Share

Laissez un commentaire!

Pour éviter les spams, merci de donner la réponse au calcul suivant: Le délai maximum de validité du CAPTCHA est dépassé, merci de le relancer.

16 Comments pour vrais et faux surdoués

stéph | 12 mars 2010 à 14 h 47 min

J’ai écouté attentivement la vidéo. Je connais Didier Pleux de nom et par le biais de divers articles qu’il a pu écrire. Il est intéressant d’avoir le point de vue de « spécialistes » (en quoi, on peut légitimement se poser la question peut-être…), surtout lorsque ceux-ci affirment qu’un vrai surdoué ne connait pas d’échec. Je dois dire que si c’était vrai, nous viverions alors dans un monde merveilleux. Surdouée, je ne l’ai su qu’une fois mariée avec des enfants… surdoués! Mon parcours scolaire fut sans embûches – apparemment- jusqu’à la classe de quatrième. Ce fut ensuite une véritable descente aux enfers pour finalement atteindre un généreux 3 de moyenne générale en fin de seconde. A l’époque, je trouvais cela tellement incroyable que cela me faisait rire (je cherchais alors à obtenir désespérément les résultats les plus bas)! Bien sûr, les profs qui rencontraient ma mère la plaignaient sans doute, ne m’imaginant même pas capable d’obtenir un BEP. Elle a tenu bon pourtant, me trouvant mille excuses – sauf celle d’un surdouement – et elle a réussi à me faire intégrer une deuxième seconde ailleurs. J’ai finalement passé mon bac, ai fait une licence puis à trente ans passés, j’ai repris des études pour finalement obtenir un master… en sciences de l’éducation. Oui, comme dirait Monsieur Pleux, je suis une surdouée, preuve en est ma brillante réussite! J’aurai en tout cas suffisamment de vécu pour envisager une thèse sur l’échec scolaire des… surdoués, peut-être… Voici en quelques mots de quoi alimenter la démarche de ce site et peut-être donner réflexion à Monsieur Pleux!

LE TALLEC | 22 avril 2010 à 20 h 29 min

Cliché, méconnaissance, bétise, prétention à connaitre ce qu’ils ne maîtrisent pas.
Et pendant ce temps, il y a un océan de souffrances qui monte au ciel chaque jour.
Ecoutez et lisez Jeanne Siaud Facchin, au moins elle, elle maitrise un peu son sujet.

Nadine Kirchgessner | 25 avril 2010 à 9 h 37 min

Que voulez-vous dire ? pouvez-vous préciser ?

CHIVRACmarc | 25 avril 2012 à 22 h 38 min

le rôle de la famille dans la détection d’un surdoué est primordiale,le contraire mène à l’échec.

JeChanteSouvent | 23 octobre 2013 à 19 h 54 min

Malheureusement, le 23 oct 2013, cette vidéo est introuvable, quelqu’un l’a-t-il ?

Lechalote | 3 janvier 2015 à 10 h 37 min

Tout a commencé pour le bien être de ma fille, jugée trop sensible par l’institutrice de maternelle.
Ma première réaction a été « Ah non! Pas elle! Ca ne va pas recommencer! »
J’étais le « jean qui rit jean qui pleure » comme disait mon père, il n’était pas question que ma fille soit stigmatisée avec sa sensibilité (je savais qu’elle était « harcelée » psychologiquement par une autre enfant à l’école, et d’où venait le problème).
Direction la psy, et les entendais rire aux éclats toutes les deux, j’ai vu la psy ressortir et s’exclamer : « Mais elle est géniale votre fille! ». Je ne l’ai pas pris au pied de la lettre, j’étais si heureuse de la voir bien, c’était tout ce qui comptait.
J’ai cherché partout sur internet (quand j’ai une question, je ne lâche jamais rien avant d’avoir la réponse, quitte à y passer mes nuits), et tout convergeait vers la douance.
Puis la révélation avec le livre « trop intelligent pour être heureux », comme beaucoup. Comme ce titre m’attirait depuis longtemps! Acheté honteusement en cachant la couverture, puis chez moi, j’ai tout surligné en ayant l’impression qu’on parlait de moi pour la première fois de ma vie, j’en pleurais de joie, de rire, le puzzle se mettait en place, je n’étais ni folle, ni inadaptée, si seule!
Puis événement au travail harcèlement, mais grosse réussite malgré tout dans mon job. Et je constate enfin qu’en effet, malgré des résultats toujours en dents de scie, je n’ai jamais échoué…Bac bossé à la dernière minute certes, mais scientifique obtenu avec mention, prépa en un an, sortie bas+5 à 21, et réussite dans mes jobs, notamment le dernier, 250% d’objectif avec 3 ans d’expérience face des gens qui en avaient 15 sur un sujet que je découvrais.
Pourtant j’avais traîné toute ma vie ce sentiment d’échec, mais cette année là, j’ai bien dû me rendre compte avec l’aide de ma psy qui voulait remettre mon estime de moi d’aplomb que ce sentiment était injustifié (« Mais pourquoi tu n’as pas confiance en toi »? J’ai entendu cette phrase pendant 35 ans tétanisée de ne pouvoir y répondre avant de lire des livres sur la douance).
J’ai pu dire à ma fille : « Tu veux pleurer parce que tu trouves certaines choses trop dures à l’école? Pleure ne ne te justifie pas, tu en as le droit ».
De ce jour, elle s’est sentie mieux, elle pleurait moins! Autorisée à être elle même…
Je me souviens qu’elle m’avait dit « Regarde maman, elles sont sensibles ces feuilles, elles se déchirent toutes seules ».
J’en aurais pleuré, je lui ai dit « Sensible n’est pas fragile ma douce, tu as un grand don de Harry Potter, on va t’aider à l’apprivoiser ».
En CE1, elle se recroquevillait dans son lit en larmes, disant qu’elle était nulle, qu’elle n’y arriverait jamais. Son père, sans emploi à l’époque, l’a aidée (et elle aussi l’a aidé!!!) et en fin de CE1, elle faisait partie des 10% des meilleurs résultats aux évaluations nationales…
C’est elle qui répondait aux questions du Mensa en ligne que je lisais à voix haute, tout en jouant à la tablette avec son père, elle a même corrigé nos erreurs, à 7 ou 8 ans je crois.
Pourtant, ses résultats aux tests n’ont pas révélé de douance…je ne m’y suis pas fiée. Psy désagréable, cabinet glacial, ma Choups était toute stressée…tant pis pour les résultats chiffrés.
J’ai passé les tests pour aller au bout du raisonnement, hyper stressée, QI très hétérogène, mais douance sans aucun doute.
Mon mari, qui a une CPU incroyable et une mémoire d’éléphant ne veut pas passer les tests, il refuse « d’être bizarre ». Mais les lectures que je lui faisais à voix haute ont débloqué quelque chose (il a redoublé sa première mais a fait sa prépa tout en préparant une licence de droit, en gardant le sentiment d’être un peu nul aussi toute sa vie) .
On s’est acceptés. On a accepté d’être nous, différents, mais heureux ensemble.
Dernière partie sur ma fille cadette. L’année dernière, c’est moi qui fais une pause, congé sabbatique. Et je découvre avec stupeur qu’elle ne fait rien depuis deux ans, rêve en classe en jouant avec ses stylos, voire s’endort carrément alors qu’elle est couchée tous les soirs à 20h30! Ses devoirs étaient faits en 10 mn, ses cahiers étaient pleins de bravo (qui se sont avérés être des encouragements, j’en suis restée bouche bée!), je n’avais donc rien perçu, et eu aucune alerte de l’instit! Quand elle m’a décrit ma fille, hyper sage, dans la lune, ne bougeant pas, je me suis demandé si on parlait de la même!
Je me suis rendu compte que quelque chose clochait parce qu’elle avait des maux de ventre à répétition, vomissements, sans cause médicale.
Cours à la maison, bonheur de travailler avec elle une fois passée la terreur des exercices et de l’écriture (elle se cachait sous la table). Remise en confiance, PC pour passer outre le graphisme, elle saute partout, on peint, on fait des tas de matières, on va au musée qu’elle a vu avec sa maîtresse et c’est elle qui me commente la visite intégralement!
J’ai failli la retirer de l’école pour de bon, je ne décolérais pas, sentiment qu’elle se restreint exprès, ça me rend dingue.
Face à ce qu’on peut appeler une vraie souffrance (même si contrairement à sa sœur, elle ne veut rien montrer), je l’emmène passer des tests.
Mais pourquoi est-ce que je choisis mes psys sur les pages jaunes…
Elle ressort de là éteinte, mutique. Et finit par lâcher :
– La prochaine fois que tu me laisses seule avec une dame, tu devras l’avoir vue au mois trois fois avant pour être sûre, d’accord?
J’éclate de rire, je la prends dans mes bras, et je promets de ne pas recommencer. Évidemment, résultats très moyens, pas de précocité d’après la psy, sauf deux ou trois trucs où elle aurait, à 8 ans, 14 ans d’âge mental!
Je n’ai rien compris, et pourtant, je décortique les sujets des tests depuis 3 ans. Je les ai jetés.
Cette année, elle a commencé la batterie. Stupéfaction du prof, il n’avait jamais vu ça, il est venu nous en parler sidéré. Jamais vu une telle aptitude chez une enfant de cet âge sans notion de solfège ni d’instrument. Bien, j’ai bien fait de ne pas laisser lui coller un trouble psychomoteur donc…

Merci si vous m’avez lue jusqu’au bout (désolée pour le « roman!) car j’avais envie de partager notre expérience de la réussite et des échecs, et aussi des tests.
J’ai une petite famille de terrestres extras que je compte bien ne pas se laisser laminer par le système scolaire, même si ça me cause quelques belles crises de rage par moment, et que ça me demande de l’énergie pour suivre et accompagner mes enfants en plus de mon job.
Depuis que j’ai passé les tests, je me suis enfin autorisée à suivre une formation dans une voie qui me passionne (après avoir lu depuis mes 15 ans des centaines de livres de psychologie et tous genres), pour devenir professeur de yoga, en 4 ans. J’avais besoin de sens, de connaissance, je l’ai trouvé là.

Mon objectif est de permettre aux gens, adultes et enfants, de trouver un espace de partage respectueux des différences, qui leur permette de progresser, de respirer, d’apprendre à s’écouter et surtout à se respecter (encore, mais je garde le mot).
Puis j’aimerais apprendre les vraies techniques de massages que je fais déjà à ma famille, et la CNV.

Encore merci si vous m’avez lue jusqu’au bout, je vous embrasse!

Chris D | 26 août 2016 à 23 h 03 min

Bonjour Lechalotte,
Je vous ai lu jusqu’au bout vous tenez en alerte avec des petits riens vous devriez ecrire aussi !
En souhaitant que votre petite famille se porte bien. Amities.

Nadine Kirchgessner | 7 janvier 2015 à 11 h 50 min

Merci Lechalote pour votre long témoignage. J’aime bien votre « Sensible n’est pas fragile » c’est exactement ce que je pense. Je ne vais pas trop le commenter, car il est si explicite, comme votre « petite famille de terrestres extras »
Vous avez deux filles, l’une qui montre, l’autre pas. Et les tests, oui, on peut les louper à cause du stress. Mais c’est le psychologue qui doit savoir les interpréter.

sam | 19 février 2015 à 16 h 25 min

Bonjour,

J’ai découvert le livre « trop intelligent pour être heureux » il y a deux semaines et ce blog la semaine dernière (merci de l’avoir créé et de l’animer avec autant de sincérité). Depuis je dévore, tout ce que je peux trouver sur ces questions de douance, d’abord pour ma fille cadette, puis par ricochet pour moi.
J’ai consulté un psychiatre pendant 7 ans, qui m’avait diagnostiquée bipolaire, ce qui avec du recul m’a fait beaucoup de mal. En plus de me sentir différente et très seule, j’ai vu mon angoisse de finir folle se concrétiser … avant de décider qu’il y avait erreur, que ce n’était pas le bon diagnostic.
Tout ça parce que mon cerveau ne s’arrête jamais de réfléchir, qu’à force de déductions instantanées, je suis capable de prévoir des événements ou des tendances (parfois de grande portée politique ou économique) sans vraiment m’y intéresser plus que ça, aussi parce que je ressens ce que pensent les gens autour de moi (en fonction de leur respiration, leur gestuelle, leurs mots, ou quelque chose de détecté comme inhabituel ou incohérent dans leur comportement), ce qui n’est pas souvent très bon pour ma tranquillité d’esprit d’ailleurs, que j’ai du mal à subir une hiérarchie surtout quand ses décisions sont inappropriées …
Bref, je me suis reconnue dans au moins 80% des critères énoncés de douance pourtant je n’ai pas vraiment l’impression d’être quelqu’un de brillant, c’est même plutôt le contraire. Je passe plus pour être exubérante et plutôt superficielle. Quant à l’école, j’ai un parcours plutôt sage, avec saut de classe (mais bon la première année de maternelle alors ça ne compte pas) et bons résultats mais que j’attribue plus à beaucoup de travail qu’à une forme de douance (c’est là essentiellement que je doute).
Tout ça pour dire que j’en suis à me demander de passer les tests ou pas, essentiellement pour ma fille, mais tout en redoutant le mal qui peut-être fait. C’est en ce sens que le témoignage de Lechalote m’a beaucoup touchée. D’ailleurs, si vous acceptez d’entrer en contact avec moi, ce serait avec plaisir Mme Lechalote pour échanger sur ces questions.
Quant à Nadine, votre avis sur ces questions m’intéresse aussi beaucoup. Un pronostic de douance serait pour moi une réponse à ce sentiment si fort d’être asociale, toujours en décalage avec la société, et pourtant tellement en recherche de bienveillance. Pour ma fille, ce serait plutôt une source d’angoisse, qu’elle vive ce que j’ai vécu, même si bien sûr, j’essaierais de l’accompagner comme je peux.
Au plaisir de vous lire,

Bien à vous, Sam

Nadine Kirchgessner | 20 février 2015 à 8 h 48 min

Il vaut mieux savoir pour vous et pour votre fille que d’être dans cette incertitude. Passez les tests chez un professionnel averti. Beaucoup de professionnels de santé ne connaissent pas le haut potentiel…et certains prétendent le connaître en déformant ou pathologisant ce qu’ils nomment les symptômes ou troubles.

Phoque | 26 février 2015 à 14 h 36 min

Salut Sam,
c’est vrai, certains psy ont étudié un type de pathologie en particulier et essaient de la coller à leurs patients.
j’ai également fait un test de QI il y a 3 ans de cela, poussée par ma soeur (elle n’a pas lâché, durant plusieurs mois).
Une psy, vue une seule fois m’a balancé que mon comportement semblait borderline (sa spécialité), même si je lui avais parlé du test. Plus tard, une autre m’a confirmé que non, je n’étais pas effectivement une « personnalité Limite »
Après, si le test doit se révéler non concluant ce n’est pas « grave », vous aurez au moins compris où se situent vos forces, en fonction de vos aptitudes naturelles!
Cela coûte cher, certes, mais ce n’est pas une perte de temps -à mon humble avis-

Nadayella | 1 mars 2015 à 14 h 08 min

Bonjour,
Je n’avais pas trouvé la fore jusqu’ici de laisser un commentaire. A la faveur d’une recherche d’information sur la douance pour mon fils de 7 ans, je suis « tombée » sur le dernier ouvrage du Dr Adda et depuis, je me retrouve dans presque chaque ligne e c’est très troublant. Idem pour les témoignages d’internautes sur ce site très utile. Certains points font tilt. Scolarité de très bonne élève, mais mes parents ne me laissaient pas le choix de ne pas travailler énormément.Alors aurais-je réussi mes études sans travail ? Je ne le sais pas. Total mal-être dès l’adolescence, proie pour les harceleurs « en herbe » à l’école, « violence perverse au quotidien » exercée par ma mère. Je consulte des psys depuis plus de 17 ans, on a pu me dire mono-polaire, ma mère me croit bipolaire. Je ne comprenais pas ce qui se passait: ayant réussi à être ingénieur contre mon gré, j’alternais arrêt maladie et reprise du travail. Et là, en lisant ce livre, et les témoignages sur ce site, je retrouve ce que dit Lechalote : c’est comme si les pièces du puzzle s’imbriquaient les unes dans les autres. Tout prenait sens. Passer des tests ? Je ne sais pas car j’ai quelques antidépresseurs. Mon psychiatre » me dit que c’est encore une étiquette (celle de surdouée, haut potentiel,…) que je « veux » me coller, pour me dédouaner de ma responsabilité à être ce que je suis. Et du coup, je suis perdue : il a réactivé ma tendance à me reprocher tout et son contraire. Je me sens accusée de rechercher la facilité à me coller cette nouvelle « étiquette », que je considère seulement comme une hypothèse pour l’instant, et je me reproche d’avoir pu y croire une bonne semaine, non pas pour me glorifier et l’arborer comme une distinction, mais plutôt pour trouver un peu de cohérence dans mon parcours et de la sérennité. Que faire ? Croire mon psychiatre, qui ne semble pas être un « charlatan », ou suivre mon intuition, ou les 2, mais comment ? Merci pour votre aide.

Nadine Kirchgessner | 3 mars 2015 à 12 h 08 min

Merci pour votre commentaire Nadayella. Pour vous aider, voici un article de Lynne Azpetia et de Mary Rocamora publié dans le bulletin de Mensa en 1994
Misdiagnosis of the gifted
Pour résumer, il explique que les personnes surdouées réagissent vivement, et parfois surréagissent émotionnellement. Les thérapeutes non informés confondent souvent ces caractéristiques du haut potentiel avec des pathologies, comme borderline, dysthimiques etc. Ils leur prescrivent des médicaments à tort, ne sachant pas qu’ils sont simplement à haut potentiel. Cela inflige des dommages psychologiques supplémentaires. C’est dramatique. Il faut juste que vous trouviez le bon professionnel qui saura détecter si vous êtes à haut potentiel ou non. Le dernier livre d’Arielle Adda « Adultes sensibles et doués » qu’elle a co écrit avec Thierry Brunel va vous aider également. http://planetesurdoues.fr/index.php/2015/02/04/adultes-sensibles-et-doues-de-arielle-adda-et-thierry-brunel/
Vous avez sur le site des témoignages comme le vôtre. Je ne sais pas si cela est rassurant,(je pense que non ) mais vous n’êtes pas seule, malheureusement…
http://web.archive.org/web/20130420120947/http://www.gifted-adults.com/content/view/34/93

Chris D | 26 août 2016 à 22 h 54 min

Bonsoir a tous en esperant ce site toujours frequente.
Pour ma part il me semble qu’il y a enormement de personnes traitees pour des troubles psys qui avaient surtout des profils HPI.
Et on en rencontre tous les jours je pense.
Des sensibilites etouffees.
Souvent je le pense la frontiere est mince.
De meme je pense qu’un HPI est plus a meme de reconnaitre un autre HPI par les similitudes meme si les formes peuvent extremement variees dans l’expression.

Nadine Kirchgessner | 30 août 2016 à 12 h 18 min

bonjour Chris D, vous avez peut-être raison , mais l’un n’empêche pas l’autre. On peut être surdoué et avoir des troubles psys. Et certains ont de mauvais diagnostics, cela arrive aussi, malheureusement.
pourquoi pensez-vous que ce site n’est pas fréquenté ? Il l’est et beaucoup. Je peux vous montrer les stats !

Virginie Bosque | 7 septembre 2016 à 23 h 12 min

Bonjour

C’est avec bonheur que je viens de découvrir cette rubrique et ce site, et suis particulièrement touchée par la bienveillance avec lequel il est administré.

La lecture de ces témoignages m’amène à partager mon expérience, en particulier à témoigner de cette difficulté quasi existentielle à vivre sa différence dans une société qui n’est pas paramétrée pour l’accueillir. Je précise que je ne sais pas et ne saurai sans doute jamais si j’entre dans la case surdouée ou non, mais peu importe, l’essentiel étant d’être en adéquation avec ce que je ressens de moi, et de rester en lien avec ma manière de fonctionner.

Aussi loin que mes souvenirs me portent, j’ai toujours éprouvé un sentiment de décalage, une sensation de ne pas me trouver à ma place, et de ne jamais « convenir ». Cette sensation d’étrangeté discriminante, familière depuis ma petite enfance, s’est accentuée et a eu un effet dévastateur pendant mes premières années de maternelle, au point de développer des TOC et un bégaiement prononcé. Mon mal être allait en grandissant jusqu’au jour où, à 5 ans et demi, mes parents durent quitter la France pour des raisons professionnelles.

Ce fut une libération.

Mises au contact d’autres cultures, et d’autres modes de vies, j’ai découvert qu’il était possible de s’épanouir hors des cadres qui m’avaient été proposés jusque-là. J’ai ainsi eu le bonheur de suivre une grande partie de ma scolarité à l’étranger, dans différents pays, en suivant les cours du CNED, à mon rythme. J’ai pu cumuler plusieurs années d’avance mais surtout, je n’ai pas eu à supporter le carcan scolaire français. Lorsque nous rentrions en France, ces expatriations constituaient un alibi, un passeport extrêmement efficace pour le droit à la différence, face à ceux qui souhaitaient m’imposer rigidité, organisation, assiduité, rigueur, méthode, « effort »…et toutes ses choses qui allaient à l’encontre de ce qui constituait mon essence même. C’était un argument imparable lorsqu’il s’agissait de justifier mon mode de fonctionnement, toujours profondément différent de celui que j’observais et observe encore autour de moi, et qui encore aujourd’hui peut me mettre en souffrance.

Je réalise en lisant certains témoignages à quel point être sortie du cadre si tôt m’a donné la force et la liberté d’assumer qui j’étais, sans jamais éprouver le besoin de le nommer …

Munie de cette foi et de cette forme d’irrévérence qui ont été mes armures à chaque retour en France, j’ai pu réussir sans états d’âme, et avec ma différence, les études dans lesquelles je me suis engagée sans trop me contraindre ni m’enfermer dans les codes imposés, et sans me laisser parasiter par les prédiction du type : « A force de ne rien faire, tu vas te planter », « pour l’instant, c’est facile, mais tu verras dans un an, dans 2 ans, dans 3 ans. Tu n’auras plus le niveau, il sera trop tard », « Tu vas te gâcher» etc… Ces phrases toxiques ont jalonnées toute mon adolescence. Elles m’ont contraintes à m’inscrire à certains concours d’admissibilité en cachette, afin de ne pas m’exposer à ces discours destructeurs, qui m’annulaient et me plongeaient dans une tristesse et une rage difficile à gérer à l’époque. Curieusement, les « facilités » dont je faisais preuve ont été plus facilement acceptées par le monde enseignant que dans mon entourage familial. Elles m’ont valu les insultes et la violence répétées de mon père, qui n’a jamais accepté que je réussisse sans ce qu’il considérait être « le moindre effort » et qui m’a fait quitter le domicile familial très tôt.

J’ai pourtant toujours réussi en appliquant mes règles autant qu’il m’était possible de le faire et en me respectant, et, même si ce respect consistait à ne pas assister aux cours imposés, source insondable d’ennui. Ne supportant pas d’être enfermée dans une salle, j’assistais rarement aux cours et ne m’intéressais au programme que quelques jours avant les examens. Quelques soient les études abordées, je n’ai jamais su réviser, ni « travailler » au sens où l’envisage le corps enseignant. Tout devait être fait dans l’urgence, sans quoi il m’était impossible de mobiliser mon attention. Souvent j’achetais les œuvres abordées dans l’année la veille des examens, et parfois même sur le chemin qui menait à l’amphi, car j’en découvrais la liste par hasard, en discutant avec un étudiant. Cette manière de travailler a souvent été confondue avec du « je m’en foutisme » mais en vérité, je n’avais pas le choix, je ne pouvais pas fonctionner autrement. C’était même une condition à ma réussite. Je préférais me positionner en dilettante plutôt que d’avoir à expliquer à mes détracteurs comment mon cerveau fonctionnait. De toute façon, à quelques exceptions près, réussir un examen signifiait pour moi contenter le corps professoral, et lui servant un contenu connu et ressassé, sans joie ni originalité. Rien de bien motivant, mais je m’y astreignais sans colère. Je considérais que c’était le deal et le minimum à livrer dans cet accord tacite. J’avais fait le deuil très tôt. J’acceptais de vivre ma scolarité et les études avec la sensation de n’exploiter qu’une partie de mon potentiel. J’ai ainsi obtenu une licence de Lettres Modernes avec mention, un diplôme d’ingénieur (en admission parallèle) et une école de communication.

Dans mes moments de dépit, je calmais ma frustration et me rappelant que ces « facilités » m’offraient beaucoup de liberté et de temps, que c’étaient des biens extrêmement précieux qui me permettaient d’assouvir mes passions du moment, ma soif de lecture, de connaissances, de rencontres, de voyages et toutes ces expériences annexes m’ont permis de mieux me positionner dans ce monde. Car finalement la vraie difficulté résidait là : comment trouver une place appropriée et satisfaisante dans ce monde ? Comment m’ajuster dans le lien aux autres sans me renier ? J’ai beaucoup appris dans ce domaine en me confrontant à mon environnement et en acceptant ce qu’il était et ce que j’étais. En ne me jugeant pas surtout. J’ai également suivi une thérapie pendant un an qui m’a permis d’apprivoiser cette hyper émotivité qui m’envahissait régulièrement aux moments les moins opportuns.

Je n’ai jamais perçu mes « facilités » comme un facteur de supériorité, mais plutôt comme un outil, un outil de liberté un peu divergeant. J’ai beaucoup appris des autres qui, pour la plupart m’ont acceptée comme j’étais (excessive, fatigante, hypersensible) et m’ont aidé à m’intégrer. Je conçois le monde comme assez varié, assez riche pour assouvir ma soif de connaissances et d’expériences, et assez vaste pour contenir et contenter n’importe quel esprit, aussi différent soit-il.

Etre confrontée à d’autres cultures très tôt m’a permis de dédramatiser ce que je percevais de différent en moi, et de valider rapidement l’étape de la reconnaissance et de l’acceptation de soi. Le vivre sans trop de souffrance est un autre défi. Un Eden vers lequel je suis toujours en chemin   , plus ou moins sereinement…

De temps en temps, la vie me remet au contact de cette problématique. L’entrée dans le monde du travail m’a terrorisée un temps, en réactivant certaines appréhensions, ma peur de la lassitude, de l’enfermement, de l’ennui mortel. Mais finalement, j’occupe un poste, qui s’il ne comble pas l’intégralité de mes aspirations, me permet de voyager tout en me donnant la liberté et les moyens financiers de m’épanouir et de me former dans d’autres domaines.

Dernièrement, mon fils ainé, par son développement, ses questionnements incessants, son rapport aux autres, son hyper émotivité, sa dispersion, et sa soif inassouvie de connaissance a fait ressurgir en moi, comme un boomerang, cette incessante dialectique …. A la fin de son année de CP, son institutrice m’a alertée sur sa possible précocité. Aussi étrange que cela puisse apparaître, je n’avais jamais entendu parler de précocité auparavant. Depuis je me suis renseignée. Mon fils va bien, même s’il se sent différent et que ces débuts à l’école ont suscité beaucoup de questionnements et de débats à la maison, il est aujourd’hui bien socialisé et intégré. J’ai pris parti de ne pas aborder sa particularité en terme de précocité, mais plutôt en terme de différence et de l’aider à se connaître et à s’accepter sans jugement. Il pourra passer le test de dépistage plus tard, s’il le souhaite, sans que ce soit une nécessité pour affirmer ce qu’il est. Le test m’a également été proposé, mais je m’y astreindrai uniquement si mon fils me le demande 🙂

Virginie