Planète surdoués | Un espace d'information et de recherche sur la douance

Emma

 

Je reçois le témoignage que Emma a écrit et je le dépose sur le site. Elle me fait des compliments et je voudrais en faire aussi car dans cette histoire, elle a été et est une maman attentive, capable  de décrire ce que faisait son fils  très précisément. Il en faisait des choses à trois ans …  Il avait compris la notion du zéro à 2 ans. j’ai vite compris qu’il fallait absolument le faire tester. J’ai dû insister un peu d’ailleurs et répondre aux «  vous croyez ? vous êtes sûre ? »…

Alors je dis bravo à Emma et bonne route à G.

Voici :

 

« Bonjour,

 Je lis très régulièrement  ce magnifique blog et voudrais à présent écrire mon propre témoignage de mère d’enfant surdoué.

 Je suis la maman d’un petit garçon de 6 ans, G…, que nous avons fait tester vers l’âge de 5 ans, par un psychologue spécialisé dans les enfants précoces.

 Dès sa naissance, notre entourage nous fit remarquer combien il se montrait particulièrement éveillé. Cependant, comme  il s’agissait de notre premier  enfant (et qu’il y a d’autres surdoués dans la  famille),  nous n’avions pas vraiment de comparatifs.

 Il est vrai que je fus déjà étonnée à la maternité. A peine posé sur mon ventre, il se redressait déjà sur  ses bras. Il me regarda très  intensément puis tourna la tête autour de lui,  semblant se demander « Mais où suis-je ? »

 Sa première phrase, vers 1 an, fût « C’est quoi ça, maman? . A partir de ce moment, G… ne cessa de nous poser des questions.

 Notre petit garçon  s’intéressa très rapidement aux chiffres et aux lettres (à 16 mois, il avait assimilé son alphabet) mais ce qui le distinguait, c’était son insatiable curiosité : un véritable moulin à questions !

 Un jour, j’en comptai 70 en une seule journée ! En outre, il disposait (toujours d’ailleurs) d’un sens du détail impressionnant tout en observant le monde avec une acuité extraordinaire.

 On eût dit qu’il scrutait le monde au microscope électronique.

 

 A 3 ans, il se posait  déjà  pléthore de questions techniques,philosophiques, politiques et religieuses.

 Je me disais en mon for intérieur : « il  va être à l’aise à l’école » mais c’est là je déchantai très vite !!!

 Une semaine après la rentrée, la maitresse me fit remarquer que G… était souvent « dans la lune ». 

J’en fus  fort étonnée. Pour moi, G… était tout le contraire d’un enfant rêveur.

 C »était même le contraire :  il observait tout, méthodiquement, rapidement et de façon maniaque. 

 Il remarquait les moindres détails, s’agaçant même de certaines anomalies, que ce soit dans les livres ou lors de nos sorties. Il était capable de rester concentré pendant des heures sur des jeux de construction compliqués… 

 

La maîtresse ne se trompait-elle pas d’enfant ?

 

De surcroît, G… réussissait étonnamment toutes ses évaluations et possédait en petite section un vocabulaire beaucoup plus étendu que la moyenne (dixit la maitresse). Jamais, il n’y eut de « parler bébé ».

 Mais il était dans les nuages et cela semblait profondément agacer sa maitresse.

 Je pris donc plusieurs rendez-vous avec elle et l’un d’eux se passa particulièrement mal. 

 On  me décrivait un enfant pataud, quasiment stupide et ne semblant pas  comprendre des consignes pourtant simples.

 Un jour, G… se cacha dans la cour de récréation, refusant de rentrer en classe avec les autres ! Soit-disant, il n’avait pas entendu la cloche…

 L’enseignante me fit remarquer que ses problèmes de concentration poseraient certainement des soucis au CP !

 Mais n’avait-elle donc pas remarqué qu’il commençait un peu à lire, qu’il s’intéressait à  des formes géométriques complexes (hexagones, octogones, pentagones, paraboles, hyperboles etc.)  et qu’il était doté d’une mémoire d’éléphant, capable d’identifier une cinquantaine de chants d’oiseaux après ne les avoir écoutés que quelques fois ?

 

Non, son institutrice ne semblait voir que les points négatifs et elle minimisait même ses performances. Tout ce qu’il faisait était normal (!) et elle prenait, me semblait-il,  un malin plaisir à vouloir le piéger en lui posant des questions de plus en plus difficiles.

 

Un jour, devant moi, elle le testa sur des formes géométriques en disant « mais tu ne connais pas ça tout de même !  » Mais si,  il connaissait la réponse. Elle continua néanmoins  à monter sciemment le niveau  pour le mettre face à son « niveau d’incompétence ».

 Je me souviens être sortie en pleurs d’un rendez- vous particulièrement agressif.  

 Et moi qui naïvement, avait pensé qu’elle voulait lui faire sauter une classe. En effet, il en avait été question lors d’un entretien  avant qu’il ne fasse sa rentrée en petite section (elle n’avait pas encore d’à priori à ce moment) !

 Je commençais à   me demander si mon fils n’avait pas un problème finalement…

 J’en fut si triste car G… avait été tellement heureux de rentrer à l’école au mois de septembre et  il en attendait tellement…

 Pour la moyenne section, nous décidâmes de le changer d’école.

 Les deux maitresses qui le suivirent pendant ce temps-là furent épatantes. Elles comprirent assez rapidement sa manière de fonctionner.

 G… se retrouva en double-niveau MS/GS. ll  s’avéra assez rapidement qu’il était capable de suivre les programmes de grande section et de moyenne section.

Les évaluations de MS et de GS réussies brillamment, un saut de classe lui fut proposé pour passer directement au CP à la rentrée de septembre.

 Mais il fallait être bien sûre et je ne l’étais pas. Comment l’être d’ailleurs ?

On m’avait tellement dit de choses négatives sur G lorsqu’il était en petite section…

 

Et si par hasard, les maitresses se trompaient ?

 

G… savait déjà lire mais il était heureux avec ses institutrices qui enrichissaient son programme au maximum.

 Je fis alors beaucoup de recherches sur internet et je tombai sur le site très intéressant de Nadine sur la surdouance.

 Il était clair, riche et très bien structuré. Exactement ce qu’il me fallait.

 En outre, le blog était étayé de nombreux témoignages, édifiants et pour certains, très poignants.

 Je me suis tout de suite identifiée aux nombreuses mamans et à leurs déboires.

 Après avoir l’avoir parcouru en détail, j’osai enfin envoyer un mail à Nadine pour lui faire part de mon désarroi.

 Je fus agréablement surprise de recevoir une réponse rapide et très détaillée.

 Nadine, très compétente et expérimentée car elle même maman de 3 surdoués, me rassura vite. Avec beaucoup de tact et diplomatie, elle me guida intelligemment et patiemment. Puis, elle m’invita à faire tester mon enfant (sans faire pression sur moi).

 Cela me fit tellement de bien de me sentir accompagnée. Je me sentais bien seule et son soutien à ce moment là fût décisif.

 Il faut savoir que le regard d’autrui n’est pas toujours bienveillant. Même la famille et les meilleurs amis ne sont pas toujours compréhensifs…

 J’eu même des remarques du style « Mais tu vas le mettre en échec en lui faisant sauter une classe , ne fais pas cela !« .

 J’entamai alors des démarches pour trouver un psychologue par le biais d’une association. Mon mari et moi fîmes enfin tester notre enfant. Les séances se déroulèrent  bien et à la fin, on nous annonça qu’il était THQI !

 Dès ce moment là, je ressentis  un énorme soulagement. Enfin, j’avais une explication sur le comportement de mon fils. Non, il n’y avait pas de problèmes de concentration, non, il n’était pas idiot… 

 A partir de ce moment là, nous  pûmes accélérer les choses et un saut de classe fut assez rapidement mis en place. Heureusement que G…  avait su se montrer brillant à ce moment là car je sais que d’aucuns cachent leurs compétences !

 Au cours préparatoire, G… commence à se sentir mieux et la motivation revient pendant un an, c’est à dire jusqu’à la fin du premier trimestre de CE1.

 Hélas, depuis janvier de cette année (CE1), les problèmes semblent  refaire surface.

 Notre enfant, pourtant excellent (évaluations brillantes) ne veut plus, selon ses propres termes,  «  aller dans cette école »(sic).

 Il ne veut plus finir ses travaux ou traîne terriblement quand c’est trop facile. « J’en ai marre de faire des trucs de bébé, j’ai trop de choses dans la tête, je préfère penser à l’invention de mes machines. Ce qui est demandé est nul, nul,nul ».

 De nouveau,  rendez-vous avec la maitresse … Elle me dit que G… est brillant mais qu’il se déconcentre dès lors que les choses deviennent « répétitives et ennuyeuses ».

 Je recommence donc à m’inquiéter… Rien n’est donc jamais acquis !!

 J’explique à G…, que dans la vie, il y a des devoirs, des choses pénibles à faire, que c’est la vie et que la répétition a parfois son utilité pour la mémoire pour automatiser certains processus.

 Je lui conseille de mettre son cerveau sur « pause », de faire d’abord les travaux rébarbatifs puis de le remettre sur « on » pour rêver ENSUITE à ses machines mais il me répond : « Oui, maman je veux bien essayer mais comment je fais pour mettre mon cerveau sur pause ? » .

 Et là, je n’ai pas de réponse à lui donner… je cherche encore…

 Je lui promets des cadeaux et il accepte de temps en temps d’effectuer plus vite un travail ennuyeux mais pour combien de temps ?

 Allons-nous tenir ainsi jusqu’en Terminale ?

 Pour l’heure, G… refuse de sauter une deuxième classe et l’institutrice n’est pas chaude non plus. Notre petit bonhomme veut de l’enrichissement dans ses cours mais l’Education Nationale ne propose évidemment pas d’ enseignement à la carte !

 La maitresse essaie de fournir de la matière mais cela semble insuffisant pour le motiver sur le long terme… 

 Notre petit garçon fait beaucoup d’activités extra-scolaires (échecs, petits débrouillards, natation, bricolage), lit une quinzaine de livres par semaine mais j’en suis à me demander si ces sollicitations extra-scolaires ne lui nuisent pas car il ne cesse de penser à celles-ci en classe …

 Le parcours de G… est  loin d’être terminé !

 Elever un enfant surdoué est passionnant mais loin de tout repos…

 Heureusement, il existe des personnes expérimentées, positives et généreuses comme Nadine pour nous guider et nous conseiller… nous les parents en début de parcours… car même si le chemin est difficile, nous savons maintenant quoi faire et restons positifs sur l’avenir de notre enfant.

 

Merci à elle !»

 

 

 

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Un commentaire pour Emma

mumen | 1 décembre 2014 à 22 h 09 min

On ne ressemble à personne et il faudrait ressembler à tous ! pauvre de nous ! Victimes du gâchis ! lisez Papoutsaki !