Planète surdoués | Un espace d'information et de recherche sur la douance

Fonctionnement cognitif

Je crée cette étude pour comprendre mieux le fonctionnement cognitif des personnes à haut potentiel à travers des témoignages. Le fonctionnement cognitif englobe la ou les façons de penser, les façons différentes d’envisager et de résoudre les problèmes,  d’interpréter les différentes situations, les processus de lecture et de compréhension d’un texte, comprendre les questions et y répondre, les différents processus d’action .

La recherche en fonctionnement cognitif en est  à ses débuts , et elle concerne  encore peu les personnes à haut potentiel, enfants ou adultes. 

Merci pour vos témoignages nombreux (enfants et adultes ) sur cette question  !

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44 Comments pour Fonctionnement cognitif

anibal | 21 octobre 2012 à 15 h 12 min

bonjour
Je trouve que cette étude est une bonne idée. J’espère que ma participation vous sera utile à vos travaux.

Je vais donc me présenter à partir d’avril 2012 date de mon entrée dans l’univers à haut potentiel. Pour la petite histoire (il me semble important de vous raconter cette découverte. Cela me permet de me livrer un peu après tous ces mois de recherche d’analyse d’émotions …
En 2012, un matin avant de quitte mon domicile j’ai été interpelé par la présentation d’un sujet d’une future émission télé. Un reportage sur les adultes surdoués. Par nature curieux j’ai fait quelques recherches sur le web. J’étais intrigué et inquiet.
Le lendemain, j’étais chez mon médecin à qui je fis part de mes questionnements, tout en m’effondrant psychologiquement. Il m’a conseillé de faire le test. Vu le coût, il m’a dit d’aller voir un psychiatre pour éventuellement me faire rembourser. Deux mois d’attente ! (comme dab !)
A partir de ce jour, en attendant le test je me suis mis à explorer le sujet. Pendant 15 jours, j’ai fouillé, découvert, analysé …Du diagnostic aux caractéristiques et du cerveau à la myéline … Je ne pouvais plus attendre, plus je cherchais et plus le malaise s’installait, le doute.
Après 15 jours, j’ai cassé ma tirelire et suis allé chez une psychologue. Encore beaucoup d’émotions et de questionnements. Résultat positif au WAIS. Elle m’a orienté vers sa collègue avec laquelle je ne me suis senti complètement incompris ! Je n‘y suis jamais retourné. Le test a révélé mon potentiel mais je n’ai pas réussi à comprendre les résultats dans le détails.
J’avais RV chez le psychiatre, j’y suis allé (un spécialiste de la schizophrénie). Résultat, « pas de problème Monsieur, vous m’avez l’air heureux et en bonne santé, vivez comme vous le sentez ! je ne pense pas que nous nous reverrons ». A la fois j’étais inquiet et soulagé. Il avait sûrement raison.
J’ai aussi retrouvé et relu le début d’un roman (30 pages) écrit en 1998 et qui m’a interpelé. Le héros de l’histoire ressemblait étrangement à un surdoué du point de vue des sens. Coïncidence !
J’ai donc rencontré (par hasard !?) un écrivain d’histoire de vie thérapeute et HP, quelle aubaine ! Lui m’a rassuré et confirmé le résultat du test. Mais cela ne m’a pas suffi. J’en ai parlé à des proches et des amis, sans conséquences. Certains m’ont recommandé la méditation, le yoga.
Depuis, six mois après, le doute s’estompe, mais chaque matin un léger brouillard s’installe et disparait dans la journée.

En ce qui concerne votre étude, je ne sais pas par quoi commencer. Une chose est sûre je suis :

Autodidacte, j’aime travailler seul et je suis passionné par la création et l’innovation.

J’ai réalisé depuis la découverte de ma douance que :

Petit je lisais tout et beaucoup. La collection complète « Les malheurs de sophie », une bonne partie des Jules Vernes, tous les Agatha Christie, encyclopédie « Tout l’univers », des tonnes de livres sur les animaux…
Je me rappelle avoir pris conscience d’un décalage durant l’année scolaire. Je me souviens de mon niveau en anglais en 6ème, nul! j’étais terrorisé par ma professeur. Elle était très sévère. Et comme par enchantement, l’année suivante avec une autre enseignante, que j’aimais bien, j’avais la meilleure moyenne de la classe (tous les cours étudiés avec l’autre prof, que je ne savais pas étaient acquis l’année suivante).
J’ai aussi besoin de visuel, d’écrire, de faire des listes pour apprendre.
J’ai beaucoup d’images mentales. Lorsque je lis et désire retrouver une phrase ou un mot, je connais son emplacement presque exact sur la page.

Au quotidien aussi je fais beaucoup de notes que je perd ou laisse traîner. J’en ai besoin.

J’ai vraiment appris l’anglais en Angleterre, j’y allais souvent. Mes parents sont italiens mais nous ne parlions pas l’italien à la maison, je l’ai appris en Italie avec mes cousins. Jusqu’à l’âge de 17 ans j’ai passé les vacances d’été complètes en Italie. Je parle italien et le patois du Friuli. Plus tard à 35 ans j’ai passé un deug d’italien par correspondance. Je voulais l’écrire et connaître les rêgles de la langue.

Pour le reste j’ai fait énormément de formations et diplômes. Avec beaucoup de bachotage » je l’avoue.

Dans le désordre:
Carrelage appris avec mon père
Aménagement Intérieur
Architecture intérieur
PIZZAIOLO sur le tas
Web Designer
D.E.F.A « Agent de Développement » Diplôme d’Etat relatif à la Fonction d’Animation
DEUG Italien
BAFA « Le jeu et l’enfant»
ESEU (Examen Spécial d’entrée à l’Université)
CAP B.P Coiffure mixte

Pour le principal, j’en oublie certainement.

J’ai réussi tous les permis
Auto moto poids lourd bateau mer et fluvial.

Pour bien comprendre et apprendre il me faut:
Tous les éléments à étudier pour apprendre seul à mon rythme et à ma manière. Ou avec un quelqu’un avec qui j’ai une relation agréable.

Quand je lis des revues scientifiques, j’ai du mal. Mon esprit et ma vue auraient tendance à lire la fin et remonter jusqu’au début de l’article. C’est handicapant.

CV dans le désordre :
Coordinateur de formation
Coordinateur de chantier d’insertion
Directeur de centre social et d’animation
Formateur Pré Qualification animation
Evénementiel organisation concerts
Chargé de mission commune de Rillieux la Pape
Coordinateur logistique d’un séjour culturel en Italie
Animateur de quartier
Médiateur de quartier
Agent administratif – CAISSE D’EPARGNE DE LYON
Coiffeur mixte
Administrateur de société – GK ARMATURE
Educateur sportif
Agent commercial – AIR FRANCE
Propriétaire d’une paillote, 5 année en guadeloupe
Missions dans tout les secteurs d’activité dans de nombreuses agences intérimaires.

Quelques années de chômage de glandage …

Actuellement je me qualifie d’Artiste Artisan Commerçant. Je fais les marchés et j’ai une boutique
http://artnaturel.fr/

Côté Hors Job, quasi tout me passionne et m’occupe l’’esprit et le temps. Je pratique la peinture sculpture écriture …

Voilà globalement mon parcours. J’ai 52 ans.

Si vous avez des questions plus précises, je suis à votre disposition

Merci de m’avoir lu. Cela me permet aussi de faire le point sur ma vie passée.

Nadine Kirchgessner | 24 octobre 2012 à 11 h 07 min

Merci beaucoup d’avoir démarré cette étude qui va être très intéressante. Vous avez un profil assez atypique mais typique des personnes à haut potentiel qui s’intéressent à tout. Vous êtes autodidacte , cela implique que vous avez arrêté vos études tôt ? Le décalage durant l’année scolaire , de quelle année parlez-vous ? Vous aimez apprendre à votre rythme et à votre manière, c’est ce qui est important pour vous.
Avez-vous avancé plus vite dans le système scolaire plus vite, sauté des classes ou non ?
racontez-nous comment vous avez appris à lire et à compter, si vous voulez bien.

Gizmo | 30 octobre 2012 à 3 h 27 min

Bonjour,

Je suis étonné du peu de réponses à cet appel. Je vais donc tenter d’apporter ma pierre à l’édifice, si tant est q’il y en ait un… vous m’excuserez si je ne suis pas toujours clair, mais il est tard .

Bref. Tout comme Annibal, il me semble indispensable de commencer par une petite présentation. Je me suis découvert surdoué (ou HPI ou HQI ou etc… le mot importe peu, aucun n’est correct) il y a quelques mois à l’âge de 35 ans. Après deux bon mois à me documenter et à lire livres et documents, j’ai dû me rendre à l’évidence. J’en suis. Le bonheur de découvrir l’explication à toute ma vie passée, l’horreur de découvrir à 35 ans que tout ce contre quoi je lutte depuis toujours, c’est juste moi…

Rebref, pour ce qui est du fonctionnement cognitif. Ce terme me laisse encore perplexe. Mais je sais que j’apprends bien mieux (plus vite et plus en profondeur) tout seul. Lorsque j’apprends quelque chose de nouveau, ça peut devenir une obsession. Mais lorsque j’ai saisi le principe ou le système, je me lasse subitement et change de thème ou de matière. Comprendre comment ça marche. Je crois que ça me suffit…

Depuis quelques moi que « j’arrive à voir comment je pense », je dirais ceci : Les idées et les pensées sont comme des images, insaisissables, uniques, représentant chacune un ensemble d’images mais complètement inexplicables (dans le sens ou aucun mot ou suite de mots ne peuvent les représenter). Chacune de ces images ouvre sur une autre, qui elle-même… etc.
Je ne vois pas cela comme une pensée en arborescence, mais plutôt comme une galaxie, qui s’élargit, dans tous les sens, à grande vitesse. Partant de là, impossible de saisir la bonne idée. Mais peu importe la bonne, seule compte l’idée 😉
C’est comme quand j’ai un débat avec quelqu’un. Peu m’importe d’avoir raison, seule compte l’avancée dans les idées. C’est ainsi que je change souvent de cape, défendant une fois cette idée, une fois celle-ci, dans le simple but d’explorer l’idée, la pensée.

Je note quand même que la majorité du temps, tout cela se passe « en sous-marin », en arrière plan. C’est incontrôlable mais très rapide et puissant. Je m’amuse parfois à essayer d’observer le phénomène. Très marrant d’observer sa pensée, flippant parfois.

J’ai récemment découvert une personne surdouée avec qui je passe beaucoup de temps et avec qui nous nous amusons à chercher nos différences avec « les autres ». Ils nous apparaît que nous allons beaucoup plus vite,que sur un problème ou une question donné nous visualisons presqu’instantanément toutes les options possibles. Notre problème, est qu’il est alors très difficile de faire un choix. Et notre vision acérée et réaliste du monde, couplée à notre grande sensibilité nous pousse souvent vers les réponses les plus noires et les plus négatives….

Désolé, je m’arrête là car je commence à fatiguer. Je finirai là-dessus. Être surdoué c’est une plaie, mais je ne l’échangerai pour rien au monde. Ça fait mal, mais voir et ressentir le monde comme ça m’est permis n’a pas de prix… heureux les simples d’esprits. Je leur laisse le loisir de croire au bonheur.

Je reste dispo par mail, je n’aime pas parler de ça en public en fait…. bonne soirée.

Nadine Kirchgessner | 30 octobre 2012 à 12 h 55 min

Merci beaucoup Gizmo pour votre commentaire à cette étude qui sera passionnante. Il faut un peu de temps pour que les témoignages affluent.

William | 19 novembre 2012 à 11 h 57 min

Bonjour à tous !

J’ai découvert ce site aujourd’hui. J’ai 21 ans et j’ai découvert (par le biais de tests qui ont confirmé mes documentations) que j’étais « surdoué ».

Moi aussi je suis plutôt autodidacte dans mes démarches d’apprentissage. Surtout que j’ai tendance à retenir très vite tout type d’information (visuelle et auditive essentiellement). Là-dessus j’ai une mémoire quasi instantanée. Toutefois je ne peux apprendre correctement que si la matière m’intéresse. Pendant ma scolarité, j’ai été dégoûté des maths, à cause de mes mésententes avec le professeur j’étais bloqué dans l’apprentissage.

Actuellement je suis en licence pro d’assurance, j’ai passé mon BTS Assurance l’année dernière. Sinon j’ai mon diplôme de Maître Nageur, j’ai effectué 3 mois de préparation militaire. Je pratique beaucoup de sports différents, ça me vide la tête, on ne pense qu’à ce qu’on fait.

A cause de mon côté autodidacte, je n’ai pu entrer au Conservatoire en guitare. Pourtant les jurés m’ont dit que j’allais certainement « m’ennuyer » sur le niveau pratique, mais qu’ils ne pouvaient m’accepter car je n’avais pas de diplôme officiel de solfège ….

Voilà je ne sais pas si ce que j’ai écris aidera. C’est quelque peu décousu et je m’en excuse.
S’il vous avez des questions, n’hésitez pas ^^.

anibal | 30 janvier 2013 à 19 h 39 min

Désolé du retard, peut-être est-ce trop tard. Je viens rarement sur le site.

J’ai arrêté mes études après la première année d’une classe dans le lycée technique « La martinière monplaisir de Lyon » j’avais la moyenne à peu près partout (10,5 sauf en anglais où j’avais 18/20 de moyenne), sans avoir ouvert un livre)ils m’ont viré à cause de la discipline. Je me souviens d’un élève avec les mêmes résultats qui est passé dans la classe supérieure. Il faut dire que c’était notre délégué de classe. Je ne lui en ai pas voulu, c’était d’ailleurs un copain.

Le décalage c’est en 6ème, vu que j’étais très turbulent, mes parents m’ont mis chez les « curés » pensant qu’ils allaient me dresser. C’est surtout avec l’anglais que j’ai ressenti cela.

Je n’ai pas sauté de classe.
Merci
à bientôt

Mon apprentissage de la lecture, je ne me souviens pas vraiment. Je lisais et dessinais beaucoup. J’ai de vague souvenirs, des questionnements à ma soeur pour qu’elle me traduise des mots français en anglais. Des mots qu’elle même ne connaissait pas, et de mon insistance. Je ne comprenais pas qu’on ne peut traduire un mot syllabes par syllabes.

Vous pouvez me contacté au 06 74 63 35 73 pour plus d’infos.

Cevek | 30 janvier 2013 à 22 h 31 min

Bonjour à tous,

J’ai lu les témoignages précédents et … Dieu que c’est bon de lire des semblables !! …des mots que l’on comprend, des témoignages que l’on « sent»… A s’éprouver si différents pendant si longtemps… on finit par désespérer d’être un jour vraiment compris…

Je me présente, j’ai 29 ans, je suis architecte d’intérieur et je me suis faite tester il y a 3 ans.
Ma maman travaille dans le domaine de la gestion mentale et à suivi plusieurs formations. Il y a trois ans, alors que j’étais dans une mauvaise passe, elle m’a « offert » le test, sans m’en dire plus, hormis que peut être ça me donnerait des réponses…
Je n’y connaissais pas grand chose, j’y suis allée par curiosité, mais sans AUCUNE suspicion de résultat.. et encore moins de ce résultat là…
Et là tout devient clair… On m’apporte LA clef que je cherchais depuis tant d’années sans le savoir. Une émotion innommable m’a envahie, une euphorie, une reconnaissance immense, une compassion pour moi même… bref… j’étais enfin reconnue. J’ai pu dire « Je le savais ! » … Comment dire.. (j’aime les métaphore) je savais que j’étais différente, je ressentais qu’au fond de moi il y avait de l’or… mais que je n’apparaissais que papier. J’ai toujours su que j’avais « un truc en plus »… mais ça c’était mon petit secret… et ma raison me ramenait bien trop souvent à la dure réalité…

Ma scolarité a été moyenne, je me suis toujours arrangée pour passer tout juste. J’ai été tellement malheureuse affectivement durant ma scolarité, qu’il fallait juste que je m’arrange pour ne surtout pas redoubler et passer au plus vite ce calvaire.
Je pensais toujours que plus tard les gens seraient plus matures. Je souffrais trop de ce décalage. Ma vie personnelle m’ayant faire mûrir encore plus vite. J’avais hâte de grandir pour côtoyer des gens plus « adultes ».
J’ai commencé à être beaucoup plus douée quand j’ai commencé mes études supérieures, en école d’archi, dans mon domaine de prédilection… mais mes notes fluctuaient toujours en fonction des professeurs et de mon intérêt en la matière.

Je suis autodidacte, comme la plupart d’entre vous d’après ce que j’ai pu lire. Musique, peinture, danse, écriture… Je « sens » les choses… Comme si je n’avais pas besoin de penser pour exécuter tout cela…
On avait un piano à la maison. Je me suis mise à écouter des morceaux que j’aimais et à les rejouer derrière. A 9 ans ma maman m’a proposé de m’offrir la poupée de mes rêves si en une semaine je jouais la marche turque… J’ai eu ma poupée 🙂

Ce qui me caractérise le plus, ce serait mon trop plein d’émotions. Je prends les choses à cœur, je pense avec le cœur. J’ai la larme facile, je suis à fleur de peau mais très solide et… très important… je prends la vie côté humour, j’ai énormément de dérision… et surtout d’auto-dérision.
Je vis les choses à 200%. Je peux m’émouvoir en regardant le ciel, chaque jour depuis les bouchons de la rocade. (eh oui… ce soir j’avoue tout…)
J’éprouve une sincère admiration pour la nature et pour l’humain (j’entends l’humain plutôt du genre civilisé et solidaire bien sûr).

Et puis je peins, je dessine. Je n’ai jamais appris, c’est « sorti » comme ça de moi.
Voici mon site pour vous faire une idée : http://cvek.wifeo.com/
Quand je crée, je laisse juste mes émotions prendre le contrôle. Je me laisse aller à ma sensibilité, et dans ces moments là je suis en paix. Pas de jugement, pas de contrôle pour ne pas tout ressentir de mon entourage, je me laisse juste aller à mon essence, je me laisse être moi.
Et quand je finis ma peinture, je me dis « woooow c’est moi qui ai fait ça ??!! » Je suis toujours étonnée de ce que je suis capable de faire. Parce qu’à m’être sentie différente toute ma vie, j’ai développé un sacré manque de confiance en moi.
Et forcément j’ai pensé qu’au résultat de ce test, je déploierais mes ailes et reprendrais confiance en moi ! Vers l’aventure et delà !!!
Ben oui, mais… ça ne s’est pas tout à fait passé comme ça…
On m’a donné une clé en effet… Mais elle ouvre quelle porte ?
Je sais le pourquoi, je suis rassurée.. mais maintenant j’en fais quoi ?
Je trouve vraiment super que les HPI sortent doucement de leur terrier pour parler d’eux. C’est une façon de fonctionner, c’est une façon de penser… et je pense que plus cela rentrera dans la « normalité », plus on adaptera certains systèmes… et ça évitera beaucoup de castration mentale.
A quand le « haut potentiel intellectuel » indiqué en haut du CV ?

Être surdoué c’est un handicap… mais aussi une bénédiction… Il faudrait arriver à une ère ou on ne se doive plus de le cacher. Mais de pouvoir dire « alors moi je suis surdoué », comme on peut dire aujourd’hui « je suis gaucher» sans passer pour un présomptueux…

Je me suis totalement emballée, et j’ai rédigé un roman… désolée pour ceux qui ont décroché… Félicitation pour ceux qui ont tenu jusqu’au bout ^^
Si vous avez des questions, je suis à votre disposition.
Bonne soirée à vous

oneother | 3 mars 2013 à 5 h 50 min

Bonjour,

Pour cette étude, voici mon expérience, espérant qu’elle puisse être utile.

Au début de mon enfance, rien à signaler, j’ai appris à lire au cp, enfant doué sans sortir de la norme.

A l’arrivée en CE2, mes parents et moi ayant déménagé je me retrouve dans un petit village. Mes premières difficultés d’intégration. Cela s’accentue à l’entrée au collège.
En 6e pour pallier au manque relationnel dû à l’absence d’entourage (et sans doute l’absence du père), je commence à lire en masse, commençant par de la littérature jeunesse (club des 5 …), puis rapidement évoluant.

En 3e, devenu le leader du groupe des rejetés, je lis freud, Bourdieu (leçon sur la leçon, un très bon souvenir ^^), Kant … Mes moyennes sont entre 15 et 18, je ne prends pas les leçons où m’en débarrasse à la sortie du cours, je n’y porte aucun intérêt, les trouvant trop lents et ennuyants.

Durant les années de lycée (5 au total, soit 2 redoublements), j’approfondis mes connaissances de mon côté tout en rejetant l’autorité parentale et du lycée. C’est à cette période que l’évidence s’impose, je suis différent de mes camarades, un écart de maturité et de connaissance important est déjà présent.

Pour pallier au problème relationnel, je fais du théâtre, du cinéma et multiplie les « petites copines ». Cela me permet d’étudier les différents comportements et de m’intégrer par mimêsis. Bien que je me trouverai par la suite toujours entouré, il restera un écart entre ce que je suis et ce que je dois montrer pour être accepté, générateur de sentiment de solitude et d’exclusion.

Suite au divorce de mes parents et de la découverte du droit et de l’institution juridique, je pars dans une faculté de renom, espérant y trouver des personnes plus « évoluées ». Grosse désillusion.

Par chance le hasard m’a amené à rencontrer une personne comme moi. Celle-ci m’a amené à poser les choses, ma conclusion est simple : C’est juste un choix à faire, je peux :
– être intégré socialement avec des personnes lambda, paraître bête et toujours garder cette distance
– être solitaire et l’accepter
– être intégré avec des personnes comme moi et être moi-même.
Dis de cette façon, la réponse est évidente !! Et pourtant la troisième solution n’est pas la plus facile. En effet, comme être « surdoué » n’est pas bien vu, nous avons tous des apparences et il est difficile de se reconnaître.

Aujourd’hui j’ai 23 ans, grâce à une collaboration internationale d’amis surdoués, nous avons déposé plusieurs brevets et monté une entreprise de consulting en sécurité informatique. Ma compagne et mes amis seuls ont connaissance de mon état.

Pour finir, comme nous le savons il y a différents « types » de surdoués. Lequel suis-je.
Je suis logique, grandes facilités en sciences, difficulté en art ,à exprimer des émotions. Mémorisation à la simple écoute ou lecture si je suis intéressé. On me compare parfois à Dexter (la série), sans les cadavres dans le placard ^^.Je ne parle si j’ai quelque chose à dire.

Cordialement.

Nadine Kirchgessner | 3 mars 2013 à 12 h 47 min

Merci beaucoup pour ce témoignage dans cette rubrique. Bien sûr cela est utile, et on peut constater à quel point il n’est pas courant de lire freud Bourdieu et Kant en 3 e. Ravie que vous soyez en réussite affective et professionnelle !

Gaëlle | 24 mars 2013 à 23 h 28 min

Bonjour,
Moi j’ai 33 ans et j’ai découvert récemment mon appartenance au 2%! Alors sur conseil de ma Psy, je me suis mise à chercher d’autres surdoués autour de moi. Et je remarque qu’il y en beaucoup ! Des diagnostiqués et d’autres largement soupçonnés de l’être. Ce qui est étonnant dans cette histoire c’est que toutes ces personnes sont dans le même village, nous nous connaissons tous ? En peu comme si il y avait un nid de cerveau droit dans mon village!
A part cela pour ce qui est de l’apprentissage je suis en train d’inventer un système d’apprentissage du piano par flash et couleur un peu dur à expliquer encore tout ce que je sais c’est que cela marche:)
Gaëlle

Abdallah | 25 septembre 2015 à 15 h 52 min

Bonjour Gaëlle,
Je suis actuellement à apprendre le saxo et suis dys de tous bord avec en plus une memoire à court terme extrêmement limité. Peux tu m’en dire plus sur les couleurs.

tréponème pâle | 21 avril 2013 à 2 h 06 min

Bonjour.
Je veux bien participer à cette étude si ça peut aider.

De quelles informations vous avez besoin exactement quand vous dîtes « fonctionnement cognitif »? (oui, quand une personne me demande des informations abstraites, j’ai peur de répondre à côté de la plaque, c’est mon fonctionnement cognitif à moi)

Nadine Kirchgessner | 23 avril 2013 à 7 h 40 min

merci pour votre commentaire. Comme je l’ai écrit au début de la page , le fonctionnement cognitif englobe la ou les façons de penser, les façons différentes d’envisager et de résoudre les problèmes, d’interpréter les différentes situations, les processus de lecture et de compréhension d’un texte, comprendre les questions et y répondre, les différents processus d’action .Vous pouvez nous décrire si possible votre façon de résoudre les problèmes intellectuels ou d’actions.

tréponème pâle | 23 avril 2013 à 14 h 39 min

Alors tout d’abord, j’ai 23 ans, et je suis un homme, si ça peut avoir une utilité.

J’ai besoin de précision. Lorsque quelqu’un me pose une question, ou me demande de faire quelque chose de vague, je n’arrive pas à me décider pour savoir quoi faire ou quoi répondre (ou en tout cas, j’y arrive, mais très difficilement). J’ai toujours peur de ne pas avoir vraiment compris parfaitement de quoi on me parle. Sûrement grâce à mes frères qui n’ont jamais su me demander de faire quelque chose vraiment clairement et qui au final se sont toujours moqués de moi pour ne même pas avoir compris de quoi ils parlaient… Et comme je n’aime pas qu’on se moque de moi, aujourd’hui je suis devenu un maniaque de la précision.

J’ai aussi besoin de connaître le plus de points de vue différents. Par exemple, le jour où on m’apprend comment faire un massage, j’ai besoin de savoir quoi faire, mais aussi ce que doit ressentir la personne qui se fait masser, l’anatomie (les muscles, les tendons et tout le reste, même les points d’acupuncture). Mais vu que j’ai aussi appris à faire de l’hypnose, si c’est un massage de quelqu’un qui a mal, et vu qu’on peut faire des anesthésies avec l’hypnose, j’ai aussi besoin de connaître ce point de vue là. Je cherche tellement en permanence à voir les choses de toutes les façons possibles que je suis devenu très doué pour faire de l’humour absurde, en voyant les choses d’un point de vue décalé, voire totalement à côté de la plaque. Bref, j’interprète toujours une situation de plusieurs points de vue à la fois.

A chaque fois que j’apprends quelque chose de nouveau, je vois tout de suite les liens avec tout ce que je connais déjà. Ce n’est donc pas rare que je fasse des parallèles avec des sujets qui n’ont rien à voir quand j’explique quelque chose à quelqu’un. Et comme j’ai tendance à oublier que tout le monde ne réfléchit pas comme moi, j’arrive souvent à perdre les gens en leur expliquant quelque chose sur les arts martiaux en faisant des parallèles avec l’hypnose, la musique, et bien entendu, en les abreuvant avec trop de détails et de subtilités que les autres ne trouvent pas important… hier encore, j’ai pu passer pour un extra-terrestre devant des amis en leur expliquant comment donner un coup de pied spectaculaire… au moins je les ai fait rire, c’est déjà ça.

Face à un problème, je cherche à le comprendre le plus précisément possible, puis si ça ressemble à quelque chose que je sais déjà faire, je m’inspire de ce que je connais déjà, sinon, je tourne le problème dans ma tête pour trouver la meilleure façon de voir les choses pour les réussir correctement.
Par exemple, un test sur la mémoire sur internet, il fallait mémoriser plein d’objets dessinés pendant une minute, puis l’image réapparaissait avec des modifications et il fallait trouver les modifications. J’ai juste regardé les objets, et j’ai cherché à les mémoriser les uns avec les autres. Par exemple, un éléphant sous un parapluie, avec un fer à repasser à gauche, des pinceaux à droite et une table à repasser en dessous, j’ai vu un éléphant Marie Poppins, qui fait du surf sur une planche à repasser avec le fer à repasser dans la main droite et qui repeignait l’océan avec les pinceaux de sa main gauche (oui, j’ai une imagination bizarre) ça doit faire 2 semaines que j’ai fait le test, et je m’en souviens encore…

Je ne sais pas si ça vous convient comme réponse.

Nadine Kirchgessner | 24 avril 2013 à 11 h 40 min

merci beaucoup pour votre témoignage. cela éclaire bien les différentes façons de penser même si bien sûr elles vous sont personnelles. on ne peut les généraliser à tous. Chaque personne est unique.

cynthia | 10 mai 2013 à 20 h 27 min

bonjour, je ne sais pas trop par où commencer. Bref je n ai jamais subi de tests hp mais il y a beaucoup de choses en moi qui m interpellent. Exemple : j ai beaucoup de difficultés à m endormir le soir, je n arrive jamais à stopper le flot de mes pensées.même la méditation n y change rien! Je suis autodidacte, j apprends vite mais toute seule j ai l impression de perdre mon temps. J ai du mal à ne pas me disperser, rêvasser. Enfin j ai une maîtrise quasi parfaite de l anglais et l espagnol . J aime apprendre les langues, j aime beaucoup la psychologie et j aime faire mes propres recherches personnelles. Sinon je suis émotive, je perçois les non dits..etc, très intuitive . Et j ai tendance à réussir des pbs complexes quand je rate les plus simples ce que je ne m explique tjrs pas.Qu en pensez vous?

Nadine Kirchgessner | 23 mai 2013 à 7 h 08 min

Bonjour Cynthia
le mieux serait de passer les tests, si vous voulez avoir plus de précisions.

Djoleen | 15 juin 2013 à 10 h 25 min

Bonjour, votre étude m’intéresse.
Je ne sais pas si mon expérience peux vous servir.
J’ai appris être hp grâce à des tests lors de ma tentative d’entrer à l’armée et souhaite faire un test avec un psy afin de pouvoir connaître de façon précise le résultat (les militaires aiment expliquer les choses de manière vague)

Alors j’ai appris à lire très tôt (environ 2 ans) et mes parents voyant cela m’ont « aidée » dans mon apprentissage de ce fait j’étais largement en avance lors de mon entrée en maternelle (lecture, écriture , mathématiques étaient mes occupations générales). Les professeurs plutôt que de me faire passer une classe (trop jeune selon eux) m’ont gardé avec eux pendant 1 an pour aider les classes plus jeunes pour reprendre une scolarité classique après.

En primaire, j’étais la « je-sais-tout » de la classe de ce fait j’étais rejetée. Même expérience lors du collège. J’obtenais de bon résultats en tout sans travailler ailleurs qu’en classe, préférant m’intéresser à d’autres sujets que ceux abordés en cours.

Suite au rejet des autres, j’ai commencé par obtenir des résultats moyens pour abandonner cette stature d’intello (je hais ce mot) puis suite à ma vie familiale peu commune à abandonner mes études. Des professeurs bienveillants m’ont fait travailler le programme non vu 2 semaines avant les examens du baccalauréat (que j’obtiens avec un petite mention).

Aujourd’hui j’ai décidé d’abandonner mes études supérieures car trop théoriques pour moi et qui du coup me frustrent énormément.

Je m’ennuie de tout très rapidement. Donc pour combler cet état je continue sans cesse de rechercher de nouvelles choses qui captent mon attention, et une fois les domaines « compris » je m’en détourne et cherche constamment autre chose à faire.

Au passage si vous aviez des conseils pour réduire cet ennui je suis preneuse. Car à 19 ans, avoir l’impression de survivre plus que de vivre c’est pas très seyant malgré un optimisme très prononcé =)

Merci pour ceux/ celles qui auront eu le courage de lire ce pavé et pour peut-être une future réponse.

Nes | 15 juin 2013 à 20 h 00 min

Bonjour,
Je n’ai pas très bien compris en quoi consistait l’étude, s’il y avait des questions auxquelles répondre ou des points particuliers à aborder. J’ai observé les témoignages ci-dessus et j’ai pensé qu’il s’agissait d’une étude portant sur des témoignages. Dites-moi si je suis hors sujet.
Bon, je vais commencer comme si j’avais compris la consigne.

Voilà, je sais que j’ai des rayures officiellement depuis un an, après plusieurs mois de recherches et tergiversations et 37 années d’errance et de sentiments de décalage. Il faut dire que j’ai commencé à exister environ à l’âge de 18 ans. Après une enfance entre vie réelle faite de rejet de la part de ma famille (c’est difficile d’avoir quelqu’un qui sent le mensonge dans une famille basée sur la perversion. Donc on lui fait sentir qu’il n’est pas normal, voire fou, ou en tout cas pas aimable au sens propre du terme) et une vie imaginaire dans laquelle je m’endormais dans les bras de quelqu’un qui me disait qu’il m’aimait et que tout s’arrangerait. A 18 ans, j’ai rencontré un garçon très particulier et charismatique qui aimait philosopher, et, alors que ma sœur était le garant que ma non expression, ce garçon m’a demandé mon avis sur un sujet. J’étais très surprise déjà que quelqu’un me voit (je me croyais plus ou moins invisible) et d’autant plus qu’il me demande mon avis. Et il m’a fait comprendre que j’avais une objectivité surprenante et une « tolérance » (compréhension et acceptation de l’autre) hors du commun.
Mon premier souvenir est l’entrée à la maternelle de ma sœur âgée de deux ans de plus que mois. J’avais donc moins de 3 ans. Elle pleurait pour ne pas y aller et moi je pleurais pour y aller. Résultat j’y suis entrée plus tôt que prévu. Mais j’ai fait 4 ans de maternelle, non en raison de mes capacités mais parce que j’étais une toute petite sauterelle et les adultes avaient peur pour moi.
Je n’ai jamais travaillé à l’école, je cachais un bouquin sous mes cahiers pour donner l’illusion à ma mère qui surveillait d’un œil très distrait. Quelques années un peu litigieuses au niveau de la réussite, je n’ai rien fait pendant la préparation du bac (scientifique), et la semaine qui a précédé, j’ai trouvé un livre où les cours étaient résumés (une page par matière). La seule chose que j’ai faite c’est de lire ce livre. Bac au rattrapage mais c’était suffisant pour moi.
Puis fac où j’ai dû trouver quelques stratégies pour mémoriser par cœur des pages entière de classification animales et végétales. Mémoire photographique. Je faisais des fiches avec 8 planches et lors de l’examen je visualisais ces fiches et zoo mais sur les infos recherchées. Idem, concours de professeur des écoles réussi sans ouvrir un bouquin, par correspondance en ne faisant que renvoyer les devoirs aux correcteurs.
Pendant certains examens, j’ai vécu des sensations étranges : face à un problème que je ne comprenais pas, il arrivait que ça se mette à « fouiller » dans tous les tiroirs de mon cerveau. Cela donnait la sensation d’un énorme brouhaha perturbant et incontrôlable. Et là, dans ce flot continu d’information, pof, comme en un éclair, la solution. Sans comprendre le procédé de résolution, comment d’un coup, une situation embrouillée devenait claire comme de l’eau de roche
Parallèlement à cette « facilité » dans les études, une grande facilité pour apprendre le crochet, la couture (création de patrons personnels et techniques de couture) par de simples tuto sur internet en un temps très court. Jamais satisfaite mais aujourd’hui j’ai compris que mon niveau d’exigence était très élevé.
D’un point de vue artistique, j’ai toujours eu un regard esthétique sur les choses, les harmonies, les couleurs qui vibrent. Je suis synesthète, c’est peut-être lié. J’ai écrit très tôt des poèmes. En CE2, j’ai été très touchée par Victor Hugo et j’ai commencé à être assez prolifique. C’est comme si je me connectais à une source et que les mots défiaient sous ma plume. Je suis souvent surprise des sens profonds, des assonances et allitérations que j’ai pu donner à mes mots sans y avoir réfléchi.
J’ai également eu des expériences de méditation (j’ai identifié cela à posteriori, je ne savais pas ce que c’était mais ça me plaisait bien) et de magnétisme.

En conclusion, j’ai toujours su que j’étais différente, avec des choses précieuses dans mes mains qui me faisaient un peu penser à des dons de fées, mais j’ai sans cesse cherché à me conformer aux autres pour être acceptée, ce qui n’a jamais vraiment fonctionné. Je me suis torturée, contorsionnée pour entrer dans une boîte trop petite pour moi. Aujourd’hui j’apprends à assumer qui je suis et à être en adéquation avec les besoins de mon organisme, car après autant de maltraitance, je souffre de fibromyalgie. Mais je n’ai pas l’intention de la laisser gagner la maîtrise de mon corps. Et je vais me battre. Je me sens plus vivante que jamais depuis que j’ai compris pourquoi je ne comprenais pas le monde, les lieux communs, les expressions telles que « salut, ça va ? » non suivies d’une écoute de la réponse.

Bon, désolée de ce long discours, je ne sais pas vraiment faire les choses à moitié. Soit je ne dis rien, soit j’ouvre les vannes et cela s’échappe dans tous les sens. J’ai essayé de me restreindre, si, si, je vous assure.

En espérant quand même avoir répondu à vos attentes et contribuer à vos recherches.

etc... | 19 juin 2013 à 23 h 42 min

Bonsoir.

Je vais être banale mais « il est tard » donc je ne serais pas extrêmement prolifique ni même structurée… Je vous prie de bien vouloir m’en excuser.
Voila, le formules de politesse sont dites.
J’ai 27 ans, je n’ai pas passé de tests mais ai lu depuis plus de 3 semaines nombres de livres et d’études portant sur le sujet des adultes à haut potentiel etc..

Pour la petite histoire, j’ai acheté le livre de Christel Petitcollin dont le titre ne m’a pas inspiré mais j’ai quand-même ouvert le bouquin, par curiosité*, seuls quelques mots lus en diagonale m’ont dicté de l’acheter. J’ai dû le lire en 2 heures et passé par au moins 8 phases sur le spectre des émotions.

Je crois, je redoute, j’espère, je hais et j’aime l’idée d’être AHP, si cela peut expliquer ne serait-ce qu’1/10ème de ce que peuvent être les questions qui me taraudent à ce sujet.
Mais comme je ne suis pas là pour écrire un roman même si ça en a tout l’air, je vais me ranger.

Je n’ai pas de capacités qui se sont montrées en décalage réel avec le monde jusqu’à maintenant, jusqu’à ce que je lise toutes ces études. Hors, depuis, j’ai des centaines de souvenirs de moments, d’images, de situations qui ressurgissent et mettent en exergue ma potentielle appartenance (je n’aime pas ce mot mais n’en trouve pas de plus approprié à cette heure).

Supposons que je sois bien AHP, je suis curieuse mais le principal est que je suis « trop ». Je parle trop, je parle trop fort, une madame « je sais tout » et « oui mais… »
d’aucuns croient que je cherche à me faire l’avocat du diable ou à contredire pour contredire mais je cherche tout simplement à expliquer tous les angles de vue pour avoir une connaissance complète des tenants et aboutissants dans une discussion.
Et là les gens décrochent, please, follow me just a bit more….
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, telle a été la devise qu’on m’a toujours attribuée. Parce qu’on s’ennuie, bordel! Et oui, je regorge d’énergie, et oui j’ai besoin de me dépenser pour me sentir bien, et oui j’ai besoin d’un pétard le soir pour ne pas trop penser, et oui je suis super joyeuse et une éternelle optimiste, et oui je m’émerveille chaque jour quand le soleil fait son apparition et nous fait scintiller de bonheur, et oui, et oui!
Je crois que ce qui m’a permis de ne jamais perdre espoir, ce fut et c’est d’avoir toujours comme objectif de ne rien regretter et d’assumer ce que je suis car j’ai fait la simple conclusion, pour les normo-pensant, que si je ne faisais pas ca, je sombrerais.
Qui m’aime me suive et ca me réussit bien.
*J’ai 27 ans et je ne sais pas ce que je veux faire de ma vie car je voudrais tout faire!
J’ai été non-exhaustivement et non chronoligiquement stratifieuse en chantier de haute technologie, vendeuse en boulangerie, serveuse, femme de ménage, communicante, j’ai traversé l’atlantique à la voile.
J’aime, je vis et je crois en la vie quand on me demande ce qu’est ma philosophie, ou apparenté.
j’ai lu Freud en seconde, je deviens addict quand une histoitre me passionne (série ou livre ou auteur ou personne)
Et j’aime et je donne, à n’en plus pouvoir, à me faire du mal car je ne peux m’en empêcher, j’ai besoin de donner, d’apporter, d’échanger, j’écris depuis le premier texte que j’ai étudié au collège, j’ai fait 8 ans de théatre, je fais de la photo

Bon je vais m’arrêter là même si j’ai un énorme besoin de communiquer en ce moment mais pas assez de temps et d’argent pour aller voir un psy(chiatre, ologue..?) et de faire un test car je finis la saison et veut m’envoler pour la nouvelle zélande pour assouvir ce besoin de nature, d’instinctif, d’intuitif, de dépassement de soi et me sentir en osmose avec le monde, seule!!

En espérant n’avoir pas été trop rébarbative, voire avoir apporté un gravier à l’édifice. Naturellement vôtre, Axelle.

Nadine Kirchgessner | 20 juin 2013 à 23 h 48 min

merci beaucoup pour tous ces commentaires passionnants. cette étude est intéressante dans le sens où on ressent des similitudes dans les témoignages , tout en observant des particularités pour chacun. J’ai peu de choses à ajouter tant ils sont bien explicités. C’est bien une étude qui contient des témoignages et en cela vous contribuez à une meilleure compréhension du fonctionnement cognitif hors-norme des personnes à haut potentiel.

Victor | 18 juillet 2013 à 15 h 29 min

Bonjour,

Après avoir lu tous ces témoignages intéressants, je vais essayer de vous donner le mien:

Tout d’abord je m’appelle Victor et j’ai 20 ans.
J’ai été diagnostiqué surdoué à l’age de 8 ans (on utilisait ce mot à l’époque) et on m’a fait passer du CP au CE1.
J’ai eu bcp de mal à m’intégrer et n’avais que très peu d’amis. De plus, je détestais l’école, le lieu où on souffre, où on s’ennuie.
En 6ème, moqué par tous mes camarades et rejeté sans aucune raison autre que la différence : je n’étais pas solitaire ni antipathique, j’avais juste des sujets de préoccupation plus « matures »: la vie après la mort, le fonctionnement de tout et n’importe quoi, dieu … (j’en garde une haine tenace pour tous les racistes, homophobes, mysogines et autres propagateurs de haine) j’ai décidé de redoubler et de chercher par tous les moyens à m’intégrer.
L’école m’ennuyant profondément, il a été facile d’arrêter tout travail pour devenir le cancre de la classe et j’ai petit à petit réussi à m’intégrer même si je sentais que la différence restait et qu’à chaque fois les gens la ressentaient.
Arrivé en 3ème, j’ai commencé à fumer des pétards, pour être « cool » d’abord, ensuite tout seul pour arrêter de penser, je pense que ce fut une grosse erreur (je vais expliquer pourquoi).
Après 4 années à rien foutre, j’ai fini par redoubler ma 3ème sans grand regret à part le fait de perdre les copains.
Et en fait c’est cette idée que je m’en foutais qui m’a peu à peu détruit : si l’école m’a toujours ennuyé, jusque la 4 ème 3 ème, ça importait toujours pour moi, j’essayais de réussir les évaluations, j’étais mal quand je n’avais pas fait mes devoirs …
Et puis après xx devoirs non rendus, xxxxxx évalutations pour lesquelles je n’avais rien révisé j’ai fini par me convaincre que je m’en foutais.
Après tout, des professeurs nuls et inintéressants m’ont saqué, dévalorisé pendant des années, j’ai eu le droit aussi aux réflexions suspicieuses de mes camarades : pourquoi t’as des notes pourries si t’est surdoué hein ?
Je pense que c’est ça qui m’a tué, un si grand écart entre ce que je savais de mon intelligence et l’image qu’on me renvoyait. J’ai fini par décider que le système scolaire était pourri et que ça irait mieux après le lycée, que ce serait « intéressant », après avoir cru ça pour le collège puis le lycée.
J’ai fait une première année de FAC que j’ai abandonnée car je n’étais pas intéressé, puis un bts de commerce international en alternance que j’ai aussi arrêté en raison de l’inutilité de certains cours selon moi (culture générale par exemple), de la formation très scolaire et plus simplement parce que je n’ai JAMAIS APPRIS A APPRENDRE, vu que c’est toujours rentré tout seul.
J’ai décidé il y a un mois d’arrêter mes études et c’est un grand soulagement car vraiment je déteste ça.

Alors maintenant, je cherche du boulot, comme commercial et j’essaye de comprendre pourquoi. Pourquoi, alors que j’étais (et suis toujours) d’une curiosité IN-SA-TIA-BLE (j’étais capable de passer les 5 heures d’un trajet de voiture avec mon père à lui demander comment marchent les voitures les avions, comment on nait …) d’une bonne mémoire et d’une compréhension rapide je m’en suis aussi mal sorti.

Je dirais qu’il y a plusieurs facteurs :
Le cannabis a eu un effet démotivant me désintéréssant de l’école, que je détestais déja
L’école est, je pense le premier facteur : l’ennui mortel qu’il procure est destructeur pour les enfants comme je l’étais
La pression de l’entourage, inconsciente qui m’a poussé par exemple à dire a tout le monde que je voulais être médecin et à penser pour la première fois à autre chose qu’un parcours prestigieux vers l’âge de 17 ans.

Voilà, je sais que mon témoignage part un peu dans tous les sens mais c’est ainsi qu’est ma pensée.
N’hésitez pas si vous avez des questions

Augusto | 26 juillet 2013 à 18 h 48 min

Bonjour à tous
Sam, 30 ans, mâle, en parfaite santé, Hp aussi, sinon quel intérêt de vous dévoiler mon cognitif ?
Pour la partie apprentissage : J’assimile par le sommeil. Je me gave à en saturer d’informations, quitte à en perdre le contrôle du « thread » (le fil de pensée continu), je dors, hop l’ensemble est digéré, rangé, assimilé, et quand j’y fais appel, je m’efforce d’optimiser la base de données pour simplifier au maximum que ce soit la transmission ou l’application. Gain de temps, gain d’énergie, plus de temps cerveau disponible pour l’onanisme.
Pour la partie analyse et sensation : Fil direct entre ce que les gens normaux appellent le subconscient, auquel les gens comme nous ont en partie accès, d’où notre « surintuition » et le côté « Jedi » de certaines de nos réactions. Eh bien cela se maitrise avec un peu d’entrainement et une fois qu’on a vaincu la peur d’y mettre un pied. Et un paquet d’années de cauchemars à la Geiger aussi…
Voilà pour la partie cognitive. Meilleurs vœux à nous tous.

Dal | 14 septembre 2013 à 18 h 26 min

Bonjour,
Et bien en lisant tous ces commentaires, je me dis que j’aurais très bien pu tous les avoir écrit surtout celui d’Anibal. Donc je ne rajoute que ce qui n’est pas présent.
Je viens d’avoir 37 ans et ça fait 3 semaines que j’ai découvert le monde des HPs.

Comment ?
Et bien tout simplement un matin à 5h. J’avais déjà du mal a dormir car je pensais trop. Tout en dormant, je réalisais même que j’étais en train de dormir. C’était trop bizarre. Finalement, à 5h du matin (j’avais regardé l’heure) je me réveil et je commence a chercher sur internet « Je pense trop » et « arrêter de trop réfléchir « . J’ai donc lu jusqu’à 7h30. Pendant tout ce temps, je suis tombé sur la douance et sur les caractéristiques d’un HP. Tout en lisant, je me suis mise à pleurer (même en écrivant maintenant, je retient mes larmes) car ENFIN, je me disais que je ne suis pas la seule et qu’on peut me comprendre. Toute ma vie j’ai senti ce décalage. J’ai compris ma vie différemment après ça. Tout avais un sens. Pendant mes années collège, chez moi sur la table du salon, je faisais des mots fléchés et croisés avec un dictionnaire. Du primaire jusqu’à la fac, je n’ai pas eu d’amis fixes. Au début car je n’aimais pas les groupes, je me disais que c’était pas bien d’exclure. Je sentais que je ne pensais pas comme eux et donc j’errais au milieu.

A la fac pareil.
Toutes mes études il a fallu lire beaucoup de livres. Je détestait lire des livres que l’on m’obligeait à lire. Je ne lisais que les résumés. Je ne sais pas comment j’ai fait pour le bac et pour mon DEUG science du langage d’ailleurs. A la fac je n’allais qu’à 4/16h de cours. Je n’aimais pas ce que je faisais mais comme j’avais réussi la première année, j’ai fait la deuxième. Je me rappelle qu’à la bibliothèque ma sœur qui révisait son droit, arrivait à se concentrer tandis que moi, j’avais la musique dans les oreilles (la musique m’aide a me concentrer)et je dormais sur mes fiches. Je suis très gênée par les mouvements autour de moi, la lumière forte, les petits bruits, j’ai du mal à me concentrer. C’est même impossible.

Dans tous mes emplois, j’ai eu du mal avec la hiérarchie. A chaque fois que l’on me disait de faire quelque chose, j’avais besoin de savoir pourquoi. Je donnais mon avis pour améliorer les choses mais c’était toujours mal pris. Je répondais avant que la question soit finie. J’avais toujours besoin de justifier une décision différente même si mes patrons ne voulaient pas l’entendre.
Je me lasse vite quand je pense avoir fait le tour.
Quand je me pose une question et que je cherche sur internet, je finie toujours par une 20aine, voire plus, d’onglets ouvert sur l’ordi. Je pars dans tous les sens.
Et enfin pour réussir à m’endormir, souvent je m’invente une jolie histoire. Mais dès que je me réveille, hop mon cerveau redémarre comme un hamster sur une roue.
C’est la première fois que j’écris ce que je ressens. J’ai toujours essayé de cacher mes sentiments. Personne ne sait que j’ai mal vécu mes années scolaires. Mon entourage m’a donné plusieurs noms depuis petite « la boudeuse » « la cascadeuse » « la susceptible »  » la vagabonde » « la nomade » « la voyageuse ». On dit de moi que je suis instable, naïve, anormale. En plus célibataire ça n’arrange rien à leur vision de moi. Nous somme 9 enfants.

En ce moment je cherche une nouvelle formation pour me convertir mais tout m’intéresse donc j’ai du mal. Je suis au chômage.
Je suis autodidacte car je déteste la théorie et les cours magistraux.

Trop long je sais ! Merci si vous m’avez lu jusqu’au bout 😉 et encore j’ai coupé lol
Je suis sûrement hors-sujet au final. Désolée si oui.

Je suis sur Grenoble et Lyon, alors si ça interesse quelqu’un pour discuter, ça me plairait bien car difficile d’en parler autour de moi sans le prendre à la rigolade.
J’ai pris rdv avec un psy pour savoir qui je suis vraiment. Un test serait difficile pour moi car même pendant les tests, je me pose pleins de questions qui n’ont rien à voir avec et je panique même avec le temps. Je finis toujours par me dire  » et si je ne finis pas à temps etc. En plus je fais tout quand c’est presque la fin.
Merci

Nadine Kirchgessner | 24 septembre 2013 à 8 h 00 min

Merci Dal , je vous conseille de passer les tests avec une personne très pro. Ainsi vous auriez plus d’assurance pour votre nouvelle profession.

Céline | 9 novembre 2013 à 17 h 10 min

Bonjour;
J’ose enfin franchir le cap, me confier dans un espace compréhensif et accueillant.
Il y a trois ans, une psychiatre/psychologue, a affirmé que je suis « sur douée ». J’ai écouté ce qualificatif avec attention et grande surprise pour enfouir cette information dans une petite boîte hermétique et opaque de mon cerveau.
Cette nouvelle a resurgi en début d’année lorsqu’un ami a été découvert sur doué lui aussi.
J’avais quasiment oublié ce fait et je le redécouvrais. Après avoir lu tout ce qu’il était possible de lire, avoir fait une multitude de recherches, je me suis retrouvée dans les explications, les témoignages…
Mais je doute toujours de la véracité de ce fait.
Comment être sûr de sa « douance » il y a-t-il des erreurs de diagnostic ?
Êtes-vous en mesure de m’indiquer des spécialistes par message privés ?
Je ne sais pas si je pose mes questions au bon endroit mais j’espère que vous pourrez me diriger si ce n’est pas le bon lieu.

Cordialement votre,
Sur doué ?

Nadine Kirchgessner | 15 novembre 2013 à 11 h 11 min

Merci pour l’espace compréhensif et accueillant. Non, il n’y a aucune raison de ne pas croire le diagnostic d’il y a trois ans et même pas besoin de repasser les tests, a priori. Vous pouvez m’écrire, si vous voulez.

Marion | 8 février 2014 à 16 h 02 min

Bonjour,
J’ignore si votre besoin de témoignages est toujours d’actualité, mais j’ai été interpelée par votre étude en tombant sur le site, alors je me décide à poster un petit commentaire.
Je m’appelle Marion, j’ai 21 ans, et j’ai fait la découverte de ma douance il y a trois mois. Mon petit frère de 15 ans a été diagnostiqué avant moi, et ma maman était persuadée que s’il l’était je l’étais aussi. Alors je suis allée passer les tests, à reculons, en étant sûre que je n’étais pas « surdouée » (trouvant d’ailleurs ce mot mal choisi et arrogant). J’avais très peur d’avoir un QI à 2 (ce qui n’est pas vraiment possible). Après plusieurs mois passés à éviter la question j’ai appelé ma mère pour lui demander de me prendre un rendez vous, et quelques semaines plus tard on me lâchait cette bombe en pleine figure. Je sortais du rendez vous avec l’impression d’être totalement vidée, anesthésiée. Pendant trois mois j’ai en quelque sorte pété les plombs. Je suis passée par une phase de profonde haine contre le système scolaire français que je juge des plus merdiques, mais également contre le système de fac dans lequel j’ai mis les pieds il y a trois ans. J’ai détesté mes profs de collège et lycée qui me traitaient de fégnasse, qui semblaient déceler en mois de grandes capacités intellectuelles, mais n’essayaient pas pour autant de m’aider à les exploiter.
Toute ma scolarité a été un véritable enfer. J’alternais entre les colles le mercredi et les passages furtifs mais hebdomadaires dans les bureaux de mes proviseurs. Je perturbais mes classes en faisant le pitre, je n’écoutais rien de ce que racontaient les professeurs, et je m’ennuyais profondément. Ainsi j’ai été sujette à plusieurs dépressions au cours de mes années de lycée. Je ne me levais plus le matin pour aller en cours, je ne trouvais plus aucune raison de le faire. Ma mère était totalement désemparée. J’ai raté mon bac d’un seul point (la mention « bilan catastrophique » sur mon bulletin de terminale n’ayant pas aidé les professeurs à me repêcher à la fin des rattrapages). Les gens commençaient alors à me dire « te prendre un mur en pleine poire va t’aider à te réveiller, à murir, à comprendre que tu joues ta vie ». « Jouer ma vie » en passant des contrôles sur des matières communes à toutes les fourmis du système scolaire, en passant des heures à assimiler des absurdités et des cours inintéressants… Ca ne me paraissait pas vrai. J’ai eu mon bac l’année suivante, en ne foutant rien, une fois de plus. Et je me suis aussitôt retrouvée sur les bancs de la fac, et pour le coup, il n’y a pas pire comme fourmilière. J’ai redoublé ma première année de droit, suite à une dépression assommante le premier semestre. J’ai redoublé et obtenu ma deuxième année avec mention, sans véritable effort, surtout grâce à une mémoire titanesque. Cette année je suis en deuxième année de droit, et je déteste ça. Je trouve que tout est critiquable dans le droit. Une matière qui se veut profondément établie et carrée mais qui pourtant peut être interprétée à la guise des juges français. Je n’aime pas aller en cours et remarquer que je suis dépouillée de mon identité au profit de la masse que constituent les quelques centaines d’étudiants de l’amphithéâtre.

Pour ce qui est de mon rapport avec les autres, je me suis toujours sentie en décalage. Mes proches ne voyaient pas ce décalage parce que je m’étais forgée une autre moi, qui correspondait à la norme et qui me faisait passer pour une personne joviale et surtout normale. Etant sans arrêt en train de jouer un personnage, je n’étais pas vraie, et j’ai eu un déclic, je ne sais plus à quel moment de ma vie. J’ai alors éjecté tous mes amis, amis avec qui je passais le plus clair de mon temps. Je me suis renfermée, j’ai arrêté toutes mes activités extrascolaires (notamment mes cours de dessin auxquels j’avais consacré neuf années de ma vie). Mon besoin de reconnaissance n’était pas satisfait, je n’étais jamais contente de moi, de ce que je faisais. Lors des tests le psy m’a demandé de noter mon bonheur sur une échelle de 0 à 10, j’ai dit 3 (ce qui pour moi n’est pas trop mal).
Ce qui me différencie des autres:
Je me fixe une éthique morale personnelle. Si cette éthique n’est pas respectée à un moment donné, par un de mes proches ou une connaissance, cette personne ne fait plus partie de ma vie. Je me rend compte qu’il y a des comportements humains, que les autres trouvent anodins, qui me sont totalement intolérables, injustes, mesquins et gratuits. Je suis très intuitive et sais déceler le bon et le mal chez n’importe quelle personne que je suis amenée à rencontrer. Et il paraît que je me trompe rarement.
Je me passionne très vite pour les choses, je savais lire deux ans avant les autres enfants, compter aussi. Mes proches disent que je fascinais par un vocabulaire très riche et en totale contradiction avec mon âge.
Je ne sais pas du tout comment gérer cette différence, et pourtant elle est très présente. Depuis les tests je ne cesse de voir de nouveaux indices, et j’ai peur de me renfermer encore plus, d’en vouloir aux gens qui m’entourent, de les blâmer d’être différents de moi, de ne pas me comprendre quand je pleure, quand je ris. Je ne veux pas être une éternelle écorchée vive.
Savez vous s’il existe des groupes où il est possible d’échanger, entre personnes de la même espèce. Il me faut discuter avec des gens qui me comprennent
Depuis que je le sais, j’ai l’impression d’avoir un poids constant, une voix dans ma tête qui me dit qu’avec ces capacités je me dois de réussir ma vie, de faire quelque chose d’important de ma vie.
Selon moi, je serai heureuse, véritablement heureuse, lorsque j’aurais été utile à quelqu’un, à quelque chose.
Comme vous pouvez le voir je ne suis pas très ordonnée, mes idées partent dans tous les sens et j’ai un profond dégoût pour la synthèse. Je m’excuse par avance d’avoir pondu ce roman autobiographique.
Merci d’être là.

Chloé87 | 25 février 2014 à 14 h 49 min

Bonjour à tous,
Tous ces témoignages ne font que renforcer mes certitudes : je suis probablement surdouée.
J’ai su parler très tôt (avant un an) , je connaissais mon alphabet par coeur à 3 ans et j’avais un vocabulaire très développé pour mon âge qui a souvent étonné ma famille. En revanche je n’ai pas appris à lire en avance. Depuis toute petite je me passionnais pour les animaux et les dinosaures, puis à 6 ans, j’ai découvert la beauté de l’astronomie. Au niveau des résultats scolaires tout allait bien, seules difficultés, je suis très souvent dans la lune, plongée dans mes pensées et du coup, je faisais beaucoup d’erreurs d’inattention sur mes copies (et j’en fait toujours actuellement, un peu moins quand même ^^) et en plus j’ai une écriture horrible, illisible, le pire c’est quand je suis en devoir de français pour faire des commentaires ou des dissertations, ma pensée va tellement vite, j’ai tellement d’idées que je suis obligée d’écrire très vite et donc très mal pour pouvoir suive ^^.
Quand j’avais 8 ans, j’ai déménagé dans un petit village et donc dans une nouvelle école. Et là, ce fut sans doute l’une des pires périodes de ma vie… J’étais complètement rejetée de mes camarades, ils m’insultaient et se moquaient de moi. En plus, je n’osais pas en parler à mes parents et ça a fini par me rendre malade, j’avais mal au ventre et envie de vomir à chaque fois qu’il fallait aller à l’école et je fondais en larmes sur le chemin qui y menait. J’ai donc fini par avouer, puis ma mère en a parlé à la maîtresse qui n’a pas fait grand chose. Bref, une primaire pourrie passée dans la solitude. Mes résultats eux, étaient toujours bons. Entre temps je m’étais passionnée pour la préhistoire.
Ensuite vint le collège. En 6 ème, je n’avais toujours pas d’amis, sauf une surveillante avec qui je discutais et me confiais beaucoup. Ma passion de la préhistoire a laissé place à l’Égypte (j’avais appris tous les noms des plus grands pharaons et à lire les hiéroglyphes), je me suis aussi beaucoup intéressée à l’espagnol. En 5 ème, j’ai enfin eu mes premiers amis (que j’ai toujours actuellement =) ) et avec qui j’ai passé des moments inoubliables. C’est aussi l’année où j’ai découvert la physique et pour laquelle je me suis passionnée et tout particulièrement l’astrophysique. Je dévorais les livres d’Hubert Reeves. J’ai découvert également la philosophie au travers des livres de Nietzsche et d’Epicure. La 4 ème fut la période où j’appris le grec ancien qui me plut beaucoup et grâce à ma passion de la physique, j’ai découvert celle des mathématiques. J’avais également de très bon enseignants avec qui j’ai beaucoup discuté de physique ou de philosophie. C’était pour moi un moyen de m’exprimer.
Actuellement, j’ai 15 ans et je suis en 2nde. Je suis toujours passionnée de physique (la branche de la physique qui me passionne le plus et dont je veux faire mon métier est la mécanique quantique). C’est ma professeur principale qui m’a mis la puce à l’oreille sur l’hypothèse de mon surdouement. Le fait que en 2nde j’ai 17,5 de moyenne en travaillant peu (je me contente juste de faire mes exos et de relire mon cours la veille d’un devoir) et que j’ai des passions si particulières pour mon âge l’a interpelée. Depuis le jour où elle m’a parlé de ça, le fait que je sois surdouée m’est apparu comme une évidence, comme la chose enfouie au plus profond de moi que je cherchais depuis de nombreuses années sans arriver à mettre le doigt dessus. Grâce à cela, il y a plein d’éléments sur mon fonctionnement personnel que je peux expliquer : ma mémoire qui me permet de retenir un cours dans son intégralité rien qu’en écoutant le prof parler ou encore en le lisant juste une fois et qui a beaucoup impressionné mon entourage, mon envie constante d’apprendre, d’acquérir des connaissances, mais aussi le fait que je sois toujours anxieuse, toujours sur mes gardes sans jamais savoir trop pourquoi…
Et moi qui croyais que j’étais folle, qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas là haut, qui ne tournait pas rond. Depuis longtemps, j’ai toujours pensé que je fonctionnais à l’envers par rapport à mes camarades.J’aime comprendre et pas eux, je suis active et eux passifs, je m’ennuie car l’école ne m’apporte pas assez de connaissances et eux s’ ennuient parce qu’il y en a trop, j’arrive à faire plusieurs choses à la fois et eux n’y arrivent pas (je peux, par exemple, suivre un cours tout en dessinant et en discutant ou encore lire un livre et écouter la radio simultanément). Mais mon trait le plus caractéristique est que je suis très autodidacte (toutes mes passions dont j’ai parlé plus haut, je les ai apprise de moi même et sans aucune aide, avec comme seul appui ma curiosité et la détermination).
J’ai lu que 1/3 des surdoués sont en échec scolaire. Je pense que si ce n’est pas mon cas, c’est avant tout grâce à mes parents qui m’ont toujours obligée depuis petite à relire mes leçons même lorsque je les connaissais déjà, à faire des exercices très répétitifs et donc très chiants sur une notion même lorsque je l’avais comprise. En clair ils m’ont forcée à travailler dès mon plus jeune âge malgré mes facilités apparentes. Cela m’a permis d’acquérir des méthodes de travail dont je me sert très peu actuellement mais qui me seront sûrement utiles à un moment ou à un autre. C’est pourquoi j’aimerais dire à tous ceux qui me lisent que si vous avez des facilités, et bien il faut les en-tre-te-nir ! Et cela quoiqu’il arrive ! Si vous naissez avec quelque chose de plus, faîtes en sorte que ce quelque chose reste ! 😉
Voilà.

En tout cas merci à ceux qui m’ont lue (c’était très long je sais ^^ mais ça l’a soulagée d’écrire). Et j’espère en avoir réconforté certains quant à l’hypothèse d’un surdouement ou à d’autres de voir qu’il est possible même quand on est différent, de se faire des amis, de s’épanouir grâce à ses passions, bref d’être heureux !
Il est vrai que j’aurais bien aimé être « dans la norme », cela m’aurait évité bien des critiques, bien des moqueries et donc bien des souffrances. Mais quel plaisir c’est tout de même d’avoir une pensée qui permet d’évaluer toutes les solutions d’une situation, de donner une importance particulière au moindre petit détail ou d’explorer les recoins les plus insoupçonnés de la réalité ! (en tout cas, c’est comme ça qu’est ma pensée ^^).
Ne perdez jamais espoir, suivez votre intuition et faîtes de vos dons des qualités !

Cordialement
Chloé87.

Nadine Kirchgessner | 27 février 2014 à 18 h 57 min

Bonjour
J’ai du retard dans mes réponses mais c’était à cause de mon livre !
@ Marion, Votre témoignage aurait pu y être car vous êtes très représentative des jeunes filles. La bombe est-elle un peu désamorcée ? Il faut un peu de temps pour s’habituer à votre douance, après cela ira. Mais vous le sentiez depuis longtemps le décalage. Ne vous mettez pas la pression. Votre témoignage est utile, je vous assure, que vous serez utile à quelqu’un ou quelqu’une.
@ Chloé, votre prof principale a bien fait son travail d’enseignante, si vous voulez savoir vous pourrez passer les tests, ou pas, Vous semblez bien dans vos baskets.
Vous pouvez lire mon livre, vous comprendrez beaucoup de choses.je l’ai écrit avec précision, en pensant qu’il aidera de nombreuses personnes comme vous.
Josée, votre témoignage est incroyable. Combien de personnes surdouées sont démolies par des psys qui ne connaissent pas la douance ?…
merci pour vos commentaires.

Séléna | 16 avril 2014 à 14 h 19 min

Bonjour,

Par où commencer ?
J’ai su lire écrire et compter à 3 ans, par « imprégnation » (j’étais dans la classe de ma mère institutrice qui comportait plusieurs niveaux : cp, ce1 et ce2) et j’ai rapidement su lire les ouvrages scolaires des trois niveaux de cette classe. C’était très stimulant. Ca fonctionnait tout seul, j’ouvrais un livre et je comprenais instantanément. On m’a fait « redoubler » deux fois mon CP par peur de créer trop de décalage entre moi et les autres élèves. Lors du 3ème CP, à 5 ans, je m’ennuyais tellement que j’aidais les autres à apprendre à lire pour passer le temps. J’avais un instit compréhensif !
Ensuite, tout n’a été qu’une formalité jusqu’en classe de seconde où j’ai détesté mes profs et ils me le rendaient bien… je n’ai pas été déscolarisée pour autant, j’ai passé mon bac « à l’économie » : c’est à dire en en faisant le moins possible mais assez pour remplir cette formalité et avoir la possibilité de poursuivre mes études dans un registre que j’imaginais moins scolaire… j’ai été déçue sur ce plan.
En tout état de cause, j’ai été diagnostiquée en classe de 3ème à 13 ans. QI = 148 plus autres tests dont je ne me souviens plus du nom. Il n’en a pas été tenu compte par ma famille ni par les enseignants. A l’épreuve de français du Bac, j’ai terminé en 1h30 mon commentaire composé (sans avoir étudié l’auteur en classe) et j’ai dû attendre pour pouvoir sortir de la salle d’examen que le temps réglementaire soit passé. J’ai eu la 2ème meilleure note de France. Mais je suis loin d’être la seule dans ce cas.
En terme de perception, le sentiment de décalage évoqué sur le site m’est très familier. Et ce qui m’insupporte le plus est le « prêt à penser » dans lequel les autres fonctionnent souvent : ils mettent les gens dans des cases en fonction des modes du moment, comme si la réalité leur faisait peur. Cela génère chez moi le sentiment d’être monstrueuse parfois, totalement étrangère aux autres, incomprise. Mais je persévère et de plus en plus je rencontre des gens fins et « intelligents » au sens où ils nuancent leur pensée et sont reliés à ce qu’ils ressentent.
Il y aurait encore beaucoup à dire mais je ne sais pas exactement ce qui vous intéresse par rapport à la fonction cognitive.
Merci pour cet espace d’expression en tout cas.

Nadine Kirchgessner | 17 avril 2014 à 17 h 07 min

merci beaucoup pour ce témoignage. cela est touchant car vous avez été freinée comme ce n’est pas possible ! je pourrais vous demander si vous vous souvenez du comment vous avez appris à lire ? (méthode syllabique ?)

Lily | 15 juillet 2014 à 19 h 38 min

Bonsoir,

Pour le fonctionnement cognitif je ne sais pas ou commencer… Déjà petite j’étais très curieuse, et surtout de tout. J’ai eu beaucoup de chance de ce côté je pense, mes parents m’ont très tôt emmenée dans des muséums en tout genre (histoire, science, arts, etc). Ils m’expliquaient presque tout et répondaient comme ils pouvaient à mes questions.
Je me suis mise très tôt à la musique. Je jouais du piano et savait « lire » une partition avant de savoir lire une phrase en français. Je n’ai pas eu de leçon de solfège pour cela, j’ai eu un professeur particulier qui m’appris les notes sur les touches du piano. Connaissant les touches et les sons surtout, je pus aussi jouer d’autre instruments. Je me souviens, mes parents et moi allions aux États-unis et nous étions chez des amis. Les enfants de nos amis jouaient différents instruments. Il y avait un piano mais aussi une harpe et un xylophone. Je n’avais jamais jouer aucun de ses instruments. Mais après quelques minutes seulement j’ai su retrouver mes bases et je jouais des morceaux que je connaissais du piano sur le xylophone. Le tout à l’oreille.

Les problèmes se sont surtout faits à l’école… Les professeurs reconnaissaient mon intelligence mais me jugeaient trop imprécise… Pour vous dire, les question vastes c’est vraiment pas mon fort. J’ai l’impression que ma pensée s’emmêle. Je pense certes vite mais à trop de choses. Pour une seule question je peux avoir jusqu’à 4 réponses possibles. Et je ne sais pas toujours laquelle choisir. Il m’arrive dès lors de ne pas répondre. Pas que je ne sache pas. Mais je ne sais pas quelle réponse le professeur veut. Et sur 3 lignes mettre 4 réponses possibles, je doute qu’ils acceptent.
Alors que les questions plus précises (QCM par exemple) j’ai moins ce problème.

J’ai le même problème pour le sens de certaines phrases quand un mot est mal utilisé ou que la phrase lui donne un sens nouveau. Il me faut quelques secondes pour savoir le sens précis du mot dans la phrase. C’est assez gênant parfois.

C’est pareil pour les consignes. Si ce n’est pas assez précis je ne sais pas quoi faire et pose alors des questions pour savoir ce qu’on attend de moi. Mes parents s’énervent souvent à cause cela.

Nathalie | 27 septembre 2014 à 14 h 22 min

Bonjour,
Je vous poste mon commentaire alors même que je ne sais pas encore si je suis surdouée ou pas….beaucoup de questions, de recherches, de ressentis, de réflexions de proches me font penser que oui….je finirai par sauter le pas et aller voir des professionnels pour m’apporter les réponses.
J’ai parlé d’un seul coup, vers 1 an et demi. Quand je dis d’un seul coup, c’est vraiment ça (dixit ma mère), c’est à dire que je ne disais rien, absolument rien, j’écoutais simplement et ouvrais grand les oreilles et les yeux. Ma sœur plus âgée, déjà scolarisée, récitait ses leçons, ses poésies, et un jour, j’ai tout sorti, d’un coup, la poésie qu’elle apprenait, papa, maman, tout quoi ! A la grande surprise de mon entourage, sans une faute de français, de prononciation ou autre et avec un vocabulaire assez riche.
Je ne me souviens pas de la maternelle mais du CP et CE1. 2 années terribles et terrifiantes pour moi, je devais être la dernière de la classe, écrivais mal, savais à peine lire….passage au CE2 de justesse et là ! Révélation totale avec une institutrice que j’ai adorée. Je suis passée de la dernière à la 1ère place avec étonnement et ravissement, je découvrais enfin à quoi pouvait servir l’école. Jusqu’en 3e, j’ai aimé tout apprendre,toutes les matières, j’occupais toujours la 1ère ou 2e place de la classe, tout me plaisait, l’histoire, le latin, les maths, tout ! La lecture surtout, je dévorais des tonnes de livres le soir, la nuit, le jour, plus rien n’existait, je n’entendais plus rien,, ne voyais plus rien, j’étais dans mon histoire !
Les années lycées, l’adolescence m’ont fait largement du tort, rien ne m’intéressait, à part la philo, j’ai recommencé à « végéter », toujours très curieuse malgré tout.
Aujourd’hui, j’ai 48 ans, un pseudo BAC + 2 et une carrière en dent de scie peu glorieuse ou épanouissante. J’ai gardé l’amour des livres, j’adore les mots, les belles écritures, les belles phrases, l’orthographe. Je suis curieuse de tout, tout le temps, je peux me plonger à fond dans un nouveau domaine et tout apprendre si cela me plait. Je peux passer du droit à l’urbanisme, en passant par les sciences, la politique ou une langue étrangère.
Je me lasse par contre très vite une fois que j’en ai fait le tour. J’ai aussi l’impression de comprendre très rapidement les notions de chaque domaine sans qu’on m’explique longtemps. J’ai ce ressenti profond que « ça y est, tout est logique, j’ai tout compris » (un fonctionnement, une logique comme la compta par exemple, une idée philosophique ou autre).Et je m’énerve d’ailleurs que les autres ne comprennent pas plus vite !
J’ai toujours eu des amis plus âgés que moi, je m’ennuyais moins avec eux qu’avec les personnes de mon âge. Mon mari avait d’ailleurs 20 ans de plus que moi….mais c’est une autre histoire…
Mon cerveau fonctionne 24h sur 24. Je suis toujours dans la réflexion…en permanence, ce qui me fait douter, tout le temps, je n’ai aucune estime de moi puisque j’ai du mal, entre autre, à prendre une décision (forcément puisque je n’arrête jamais de réfléchir sur le sujet). Je n’ai bien sûr aucune confiance en moi, me trouve nulle, bête, etc.
Je suis aujourd’hui en bilan de compétences, j’aurai les résultats des tests lundi….c’est un début 😉
A côté de ça, je suis très empathique, j’aime aussi la justice, l’ordre et la morale, d’un naturel ouvert, je pratique beaucoup l’humour, surtout vis à vis de moi. Je me sens néanmoins souvent en décalage avec les autres, jamais sur la même longueur d’ondes, je n’ose souvent pas donner mes ressentis ou mes avis de peur de choquer…

Pour terminer, je souhaiterais simplement compléter mon profil en disant que je sors tout juste d’une relation toxique avec un pervers narcissique (mariée depuis 20 ans, en couple depuis 25 ans). Ma quête de réponses m’a conduite ici, les surdoués étant des proies désignées pour ce genre de personnes…
Merci de m’avoir lue,

Alex | 18 novembre 2014 à 16 h 28 min

Bonjour,
j’ai 47 ans et je sais depuis 3 ans que je fais partie de ce petit pourcentage de gens au QI plus élevé que la moyenne (140) et au raisonnement atypique.
j’ai beaucoup souffert de cet état (et j’en souffre encore). même si ça va mieux, je pense que j’en souffrirai toute ma vie. Comme pour un handicap, je fais avec!
Voici 2 anecdotes personnelles qui apporteront un peu de lumière sur les difficultés qu’on rencontre quand on possède un mode de raisonnement global.
La 1ere remonte à mon enfance.
Il s’agit d’une discussion avec ma mère sur mon travail scolaire que je ne veux pas faire.
au cours de la discussion, poussé dans mes derniers retranchements,je lui explique, en pleurs, que je suis nul à l’école, que je n’aime pas ça, que je n’y arriverai jamais, que je ne comprends rien…etc.
Ma mère, considérant mes résultats scolaires (qui étaient relativement bons) m’interpelle et me faisant remarquer que je comprends forcément puisque j’ai des bonnes notes.
et moi de répondre en hurlant du tac au tac: « … mais Non ! je ne comprends pas ! je devine !!!… »
Ma mère a levé les yeux au ciel et a soupiré. fin de la discussion. ce fut un moment de déception pour elle qui pensait que j’essayais de lui faire avaler des couleuvres, et un moment de solitude de plus pour moi… alors que je n’avais jamais été aussi sincère…
j’avais 8 ans, c’est dur à 8 ans. je m’en souviens encore.

La 2eme histoire se passe il y a 10 ans environ, lors d’une réunion dans le cadre de mon travail. il s’agit de gérer un problème important survenu dans l’usine. tous les protagonistes de l’affaire sont là. (chef de prod, directeur technique, responsable procédé, maintenance…). chacun y va de son commentaire, chacun en fait détient un morceau du puzzle qui se met en place dans ma tête au fur et à mesure que le tour de table avance. une fois le problème posé, alors que tous pataugent de concert devant ce problème insoluble, la solution m’apparait d’un coup, d’un bloc, évidente.
je prends la parole et énonce ce qui me semble être la meilleure façon de s’en sortir.
silence autour de la table.
je vois dans leurs regards beaucoup d’incompréhension.
je m’écrase, j’ai encore dit une connerie, pourtant, ça me paraissait logique…
au bout de 10mn je m’aperçois que petit à petit ils arrivent doucement à la même conclusion que moi.
et là, quelqu’un sort MA solution, celle que j’avais donnée un quart d’heure plus tôt, la même, avec des mots différents… et tout le monde approuve !!!!
ce genre de chose m’est arrivé souvent. et à chaque fois j’ai cru qu’on se foutait de ma gueule.

voila, des anecdotes de ce genre, j’en ai plein. ma psy les fait sortir les unes après les autres. vous rajoutez à ça le fait que je sois gaucher, que je n’échappe pas à l’hyper-sensibilité, et que j’ai en permanence une conscience aigue du temps qui passe et de l’aspect inéluctable de la vie et vous comprendrez peut-être, la souffrance, la mauvaise image de moi, l’envie de solitude qui me prends souvent.
en espérant avoir apporté une contribution utile.

Nadine Kirchgessner | 18 novembre 2014 à 17 h 07 min

merci beaucoup pour ces explications très utiles. On comprend progressivement que les personnes à haut potentiel qui apprennent leur potentiel tard dans leur vie ont certaines difficultés. Mais vous semblez les surmonter.

ours | 27 septembre 2015 à 9 h 43 min

Bonjour, j’ai 53 ans avec un potentiel entre 130 et 145 de QI. Je suis actuellement expert technique. J’ai un diplôme d’ingénieur, avec un potentiel de docteur (ce n’est pas moi qui le dis mais différents tests de psychologues professionnels).

Mais cela n’a rien à voir avec mon fonctionnement cognitif, qui est le suivant : j’ai une approche « globale » car mon cerveau est capable d’être synthétique ou analytique, alors que la plupart des gens sont soit l’un soit l’autre.

Au final, cela se traduit par 80% du temps à faire le tour d’un problème sous tous ses angles et 20% du temps à résoudre le problème en pratique. Alors que la plupart des gens font l’inverse et n’arrivant pas ou partiellement à la solution.

Cela a de nombreuses conséquences, que ce soit professionnelles ou vie privée : on remettra systématiquement en cause mes choix et démarches … voire ma période d’analyse est perçue comme de la lenteur et de l’inefficacité … voire de la jalousie ! Voire les collègues de travail ont le temps de saper ma mission durant ma longue période d’analyse … voire les objectifs entre temps varient ce qui remet tout en question au niveau de mon analyse … voire on m’utilise comme « faire-valoir » car les personnes à haut potentiel sont toujours un peu naïves et idéalistes.

Avec l’âge on s’en accommode et on adopte une stratégie positive … on reste frustré et parfois même certains HP se suicident.

Egalement : lors de mon dernier entretien professionnel je me suis entendu dire que je suis surqualifié pour le poste ! ! ! Tout cela parce que embaucher un haut potentiel peut mettre la panique dans une équipe de travail et surtout est mal supporté par la direction (lorsque la direction ne possède pas elle même un haut potentiel).

Ma façon de penser ma amené très jeune à être excellent stratège et même un peu « mentaliste ».

Je fonctionne de façon inconsciente par « défits » et ne m’attaque pas à un défit que je trouve idiot ou inutile (puisque déjà de mon niveau). J’ai mis toute ma vie à m’en apercevoir.

Je suis très logique et m’intéresse depuis 16 ans à la philosophie, à la dialectique et aux langues, mais je n’en ai pas fait mon métier (je suis technicien avant tout et aime aider mon prochain).

Je n’en dis pas plus sur mon métier afin de conserver l’anonymat, car j’applique des règles (j’en ai de nombreuses qui sont hiérarchisées strictement au fin fond de ma petite tête) : « pour vivre heureux vivons caché »

Je pourrai vous en dire plus si cela vous intéresse, il vous suffit de me contacter avec mon adresse mail.

Bien cordialement.

ours | 27 septembre 2015 à 10 h 18 min

bonjour,

(je mets en ligne de second « post » car je ne sais pas si le premier a bien été pris en compte).

j’ai 53 ans avec un potentiel QI entre 130 et 145 (validé par différents tests psycologiques de professionnels).
Actuellement ingénieur, j’ai un potentiel de « docteur ». J’exerce le métier d’expert technique.
J’ai appris par moi-même y compris pour ma douance, que j’ai moi-même découverte à l’âge de 14 ans.
Au fil du temps et des expériences, je me suis autoformé et j’ai passé tous mes diplômes progressivement pas cours du soir et par validation des acquis professionnels.

Pour en venir au mode de fonctionnement cognitif : je raisonne à la fois de façon synthétique et/ou analytique. Alors que la plupart des gens on une seule capacité et rarement les deux.
Cela se traduit par une lenteur apparente au travail :je passe 80% de mon temps à faire le tour d’un problème, puis seulement 20% de mon temps à le résoudre en pratique.
Encore faut-il avoir la patience de me voir à l’oeuvre … car cela passer souvent pour de la lenteur, de l’incompétence, voire les collègues jalouc ont le temps de saper mon travail, voire la mission évolue ce qui remet tout en cause au niveau de mon analyse …

Il m’est facile de faire au moins 4 à 5 choses à la fois. Avec le défaut d’en commercer certaines et de ne pas les terminer !
Je peux suivre plusieurs conversations à la fois. Ce qui peut donnerl’impression de superfialité et de « papillonnage ».

Mes capacités d’analyses documentaires sont importantes : un ouvrage de 200 pages ne me fait pas peur et le travail de comparaison de deux normes est dans mes cordes.
Je peux lire en accéléré, et retrouver rapidement un chiffre dans une page remplie de nombres.
dans certains métiers et parfois sous tableur Excel cela m’est utile. Cela m’a beaucoup aidé en comptabilité.

Je ne parle pas de mes métiers car j’en ai eu plusieurs et je n’aime pas me vanter.

Dans le domaine technique mon don est maximal en dépannage : je peux analyser un système rapidement et en trouver la panne avec des méthodes parfois peu conventionnelles.
J’ai donc une capacité pragmatique et opérationnelle qui me valorisent lorsque je suis dans l’action.
C’est donc tout maturellement que mes dons s’exercent dans mes milieux où il y a de l’action : j’ai donc un caractère « expert de terrain » !

A l’inverse, je peux entrer en dépression lorsque mon cerveau est « sous alimenté ». J’ai déjà été « placardisé » dans certaines entreprises et je l’ai mal vécu.
Mais à plus de 50 ans j’ai appris à me connaître et à connaître ma valeur, donc je ne m’en formalise désormais plus.
Mon mode de fonctionenment est décormais de rebondir … et avec l’expérience j’ai acquis un bon niveau de « résilience ».

Bref, être haut potentil n’est pas facile à vivre ! Cela peut être frustrant et certains finissent même par se suicider.
En ce qui me concerne, j’ai eu des hauts et des bas y compris dans mes métiers, mais je m’en sors pas mal, car je suis un excellent stratège et j’ai un don inné pour la philosophie.
(j’ai eu le bac avec plus de 14 en philo et moins de 9 en maths).
J’ai donc appris à m’en sortir et à rester anonyme par la dialectique, la sagesse et la stratégie.

Je suis très logique : je raisonne en appliquant des règles de vie que j’ai (insconsciemment) hiérachisées.
La pricipale est « pour vivre heureux vivons caché ».

C’est la raison pour laquelle je n’en dirai pas plus sur ce blog.
Vous pourrez me contacter par mon adresse mail, si mon expérience de vie vous intéresse.
Mais ce sera toujours avec plaisir que je pourrai aider mon prochain à évoluer ou faire évoluer des méthodes, ou même (un peu) la science pourquoi pas.

Bien cordialement

Nadine Kirchgessner | 5 octobre 2015 à 20 h 05 min

Merci ours pour votre témoignage. On ne sait pas comment les gens « pensent ». Les recherches ne sont pas terminées en fonctionnement cognitif, loin de là.

Deltaplane | 6 octobre 2015 à 9 h 23 min

Bonjour a tous,

Je n’ai pas la certitude absolue d’etre surdouee. Je n’ai jamais fait de tests de QI officiel (celui proposé par M6 ne compte pas 🙂 ), j’ai simplement fait celui proposé en ligne par Mensa comme pré-évaluation avant leur « test de recrutement »… J’ai commencé à me renseigner sur la question il y a un peu plus d’un an, quand un collègue m’a fait une remarque sur mon « fonctionnement cognitif ». Il m’a demandé si j’avais entendu parler de « pensée arborescente » car il lui semblait que je fonctionnais comme ca. Je me suis renseignée, et je me suis dit « M**** alors, je ne suis pas la seule! C’est génial! » (et en même temps mon cerveau disait : 1/ Comment vérifier que c’est bien ton cas? 2/ Quelle est la validité de cette hypothèse? 3/A quoi ça t’avance?).
Pour le 1/, j’ai fait le test Mensa, qui me disait qu’il etait en effet probable que je réussisse leur test, pour le 2/ je ne sais toujours pas, et pour le 3/ eh bien ca me rassurerait d’être dans une categorie pour une fois…

Comme tout le monde, je vais vous raconter un peu mon parcours et mon raisonnement, et vous aviserez de la pertinence de mon témoignage. Pour info, j’ai 27ans.
Depuis toute petite, je suis très bavarde, souriante, dynamique et TRES curieuse. Ma grand-mère ayant été interpelée par mon tempérament, m’a offert plein de livres (Je dévore les livres à grande vitesse), pas toujours adaptés pour mon âge (J’ai lu Pearl Buck, La Famille Chinoise, à 8ans… Je ne garde pas un très bon souvenirs des scènes de famine. Et je lisais les livres de philo de mon frère en 3eme.). Comme je m’intéressais beaucoup aux cailloux que je ramassais, elle m’a aussi offert une collection de fossiles et un microscope à 10ans. Et pendant des années, on a joué à analyser le comportement humain : on partait d’une remarque ou d’une action de quelqu’un (un proche, un camarade de classe, un de ses amis) et on essayait de comprendre ce que ça révèlait sur cette personne. Un jour en colonie de vacances une copine m’a dit « J’aime bien quand tu parles, je ne comprends pas tout mais on dirait un livre ». Ca m’a frappée, je n’avais jusque là jamais pensé à ce que la lecture m’apportait.
A l’école, je n’ai commencé à travailler qu’en première. Jusque là, tout était simple quand je m’y intéressais, et je snobais allègrement le reste. Mon prof de CM2 m’a dit un jour que je n’étais pas « scolaire », j’ai mis plusieurs années à comprendre que c’était un compliment. En 3eme, j’ai commencé à apprendre l’italien parce que je suis tombée sur une méthode assimil. J’ai arrêté en seconde, car cela n’aiguisait plus ma curiosité. J’ai également commencé une collection de citations vers 10-12 ans, car j’aimais beaucoup les belles phrases (cela m’a notamment servi en philo pour le bac!).
Socialement, à partir de la cinquieme, je me suis sentie osctracisée par mes camarades, et j’ai passé un temps incroyable à la bibliothèque (la bibliothécaire m’appelait son « rat de bibliothèque » et elle m’a donné accès aux rayons du Lycée). Puis, en seconde, je me suis fait la réflexion que les comportements humains étaient faciles à analyser donc à reproduire. J’ai observé les élèves de mon école, et notamment ceux qui etaient populaires. Et à la fin de la seconde, j’ai commencé à les reproduire. Moins d’un an plus tard, j’étais très populaire dans mon Lycée. Ma règle d’or était de ne jamais fumer ou rabaisser quelqu’un pour gagner en popularité. Ce qui fait que j’avais sous mon aile, des gens plus timides.
J’ai redoublé la première, à force de ne pas bosser en maths. Cela m’a vexée. Puis j’ai passé le bac S mention Tres Bien. J’ai fait deux ans de Classes Préparatoires pour intégrer une école d’ingénieur, et j’ai préparé un Master de Recherche en parallèle de la troisième année. L’école m’a également permis de suivre des cours d’anglais, allemand et russe, tandis que j’apprenais le roumain avec un ami.
J’ai toujours trouvé bizarre que la majorité des élèves se plaignent en Prépa, alors qu’intellectuellement, ca a été les deux années les plus intéressantes et épanouissantes de ma vie.
Lorsque j’ai commencé à travailler, mon fonctionnement cognitif a commencé à deranger d’autres personnes que mes profs (mes profs me considéraient soit comme une élève passionéee et brillante, soit comme une insupportable miss-je-sais-tout). Mon ancienne chef trouvait notamment que mes rapports étaient bons, mais ne prenaient pas le problème par le bon bout. C’est notamment de là qu’est venue la remarque de mon collègue. Il a un jour raconté une anecdote devant toute l’équipe… et je suis la seule à l’avoir comprise parce que son propos était decousu, mais pas vide de sens. Ma chef a dit que j’avais un cerveau bizarre puisque je comprenais ce jeune homme, lui en a deduit que j’étais arborescente.

Sinon, de manière générale, j’ai une excellente mémoire, notamment des chiffres et des dates (et je ne peux pas m’empêcher de compter – les danseurs d’un spectable, les stylos sur une table…), j’adore les mots fléchés/sudokus/tests psychotechniques, et on dit souvent de moi que je serais une tres bonne prof car je sais expliquer les choses de facon très structurée, et que j’adapte mon discours à mon interlocuteur. Mon souci principal est que je m’ennuie très vite et que je change en permanence d’activité : j’ai fait du solfège, de la chorale, du piano, de la guitare, de la danse, de la gym, de la natation, du tennis, du karate, du judo, de la danse de salon, du volley, du rugby, de l’escalade, deux formations de secouriste, de la monopalme, du golf et une quantité effroyable d’activites manuelles (peinture gouache, aquarelle, sur soie, sur bois, dessin, patch, perles, origami, scoubidous, rénovation de meubles, miniatures… Des que je finis quelque chose et que je suis satisfaite : je change d’activité). Quand quelque chose ne m’intéresse pas, je n’y arrive pas du tout, c’est très frustrant : je sais que je dois apprendre, mais mon cerveau rechigne, comme un cheval devant un obstacle trop haut (oui, j’utilise énormément de métaphores, depuis toujours, cela agace parfois mes proches). Quand mon cerveau rechigne trop, j’essaie de le piéger en apprenant autrement (avec des schémas, des videos, des jeux…) mais ca ne marche pas toujours.

J’ai également énormément voyagé et je rêvais de vivre dans un autre pays : je suis donc expatriée en Australie depuis un mois et j’en suis ravie et épanouie 🙂 Tout est nouveau et mon boulot n’a pas grand chose à voir avec mes études, alors je ne fais qu’apprendre et cela me réjouis.

Voila, pardon pour le long discours, les idées se sont un peu bousculées dans ma tête. N’hésitez pas à me contacter si vous avez des questions 🙂

karl | 29 octobre 2015 à 23 h 47 min

Le commentaire de votre étude est intéressant, mais, comme vous le sous entendez, certaines personnes n’ont pas ce parcours normatifs, malheureusement j’en suis, et il y à quelques mois j’ai découvert le pourquoi du comment, de ce fait j’ai suivi un cheminement certes chaotique et anarchique aux yeux de l’ensemble de toute communauté, mais je suis mon propre terrain et laboratoire d’expérience, ci cela peu vous être utile je me tiens dans une certaine mesure à vous apporter une aide éventuelle dans vos recherches, selon bien entendu votre conviction véritable d’aider d’autres personnes, et non glorifier votre égo aux yeux de tous…
Cordialement

Coléoptère | 17 septembre 2016 à 12 h 50 min

Bonjour,

Je vais résumer mon fonctionnement: je pense marguerite, entend pissenlit, sens rose et vois bleuet. Voilà, mon cerveau peut fractionner chaque sens. Il est capable aussi, en un quart de seconde, d’associer des choses et de me mettre à côté de la plaque dans les conversations (comment expliquer qu’en causant de l’Égypte antique, j’arrive à l’abolition de la peine de mort à mes interlocuteurs? Jamais ils ne pourront voir le maillage qui m’a fait passer de momie à Mitterand, même si j’explique)
Mon parcours est comme le votre, enfance décalée, scolarité moyenne, impression d’être une extra terrestre… Et aujourd’hui, silence sur ma particularité, ça ne se dit pas, on ne donne pas son QI comme on ne dit pas son salaire. De suite on est prétentieux (si ils savaient les pauvres ce que ça implique!), et puis fusent les réflexions « si tu étais si intelligente, tu ne bosserais pas à l’usine! », et bien si, faire disparaître ce que je suis intrinsèquement est un moyen habile de me fondre dans le décor. Mon « talent » est occupé ailleurs, dans la photographie, ou l’apprentissage de l’homme, l’étude de ses comportements qui me semblent si étranges.
Je cohabite bien avec moi, je reste juste cachée. Sauf pour mon mari. Aujourd’hui, mon fils de 9 ans est mon suiveur, alors je lui parle de ce qui l’attend, en le conjurant de ne pas changer ni de se cacher, même si c’est parfois difficile à l’école, d’être lui quoi qu’il arrive, je ne veux pas qu’il soit une photocopie des autres comme je peux si bien l’être.

guevara | 23 février 2017 à 21 h 05 min

Je m’excuse par avance,mais cette question me triture

Je suis un homme de 36 ans et m’étant séparé de ma compagne (avec qui j’étais depuis 18 ans)j’ai repris contact avec des connaissances laissées de coté depuis des années,et parmis ces personnes,il y a une femme d’à peu près mon âge,avec qui je me suis toujours bien entendu,sans jamais avoir de pensées autres qu’amicales mais j’ai toujours adoré discuter avec elle de longues heures,contrairement aux discussions avec la majorité des gens qui m’ennuient très rapidement!

Au cours d’une discussion,elle m’a parlé de la douance et de tous les problèmes que cela a engendré dans sa vie et à ma grande surprise il y a vraiment énormément de similitudes entre ses ressentis et les miens.

Mon oncle m’avait souvent répété que dans ma petite enfance on m’avait fait passer des tests et que j’avais été diagnostiqué comme « surdoué »,chose à laquelle je n’ai jamais vraiment cru bien au contraire,mais à la lecture de vos expériences personnelles j’avoue être troublé au plus haut point et je commence a comprendre le calvaire qu’a pu endurer ma compagne si c’est vraiment le cas!

Mon parcours scolaire a été plus que chaotique à compter d’un redoublement en primaire dû à une longue absence suite à un accident.
D’énormes facilités à comprendre à l’école mais aucun diplôme (je me suis endormi à l’épreuve du brevet et j’ai sabordé mon cap en patisserie quand j’ai appris que mon patron gagnait quelque chose en cas de réussite)
Mais aussi loin que je remonte dans ma mémoire,j’ai toujours eu un comportement des plus étranges en société (en 6eme je passais mes récréations à lire etc).

Pour en revenir à ma façon de voir les choses et de les comprendre,c’est certain qu’elle ne correspond pas à la majorité des personnes de mon entourage et même loin de là!!!

Je me suis considéré comme dérangé voir complètement fou,ce qui est peut être le cas en fait, mais en parcourant les forums traitant de ce sujet,il y a trop de correspondances avec mon parcours pour que ce ne soit que le fruit du hasard.

-Hypersensibilité (que j’ai longtemps pris pour une homosexualité latente,mais pas du tout)
-Obligation constante d’analyser TOUT et tout le temps du lever au coucher!!
-Humour vraiment étrange et quasiment jamais compris (pourtant moi je trouve cela très drôle!).
-Impossibilité de garder un boulot du moment où je n’apprend plus rien (j’avais un cdi en grande distribution,et quand j’ai atteint le maximum possible dans cette entreprise (au bout de quelques mois)j’ai démissionné),et ceci est récurrent,dès que la routine s’installe je suis vite gavé.
-Intéret et desintéret pour un sujet ou un autre mais dès que j’ai fait le tour de la question je décroche quasi immédiatement.
-Un altruisme poussé à l’extrème et la liste est longue!!

Voilà je ne vais pas continuer plus loin, mais c’est la première fois que j’arrive à aborder ce sujet sans réellement me soucier des commentaires!!!! (j’en ai parlé une fois à mon ex et cela a été pris comme du mépris de ma part à son encontre).

Merci aux courageux qui ont avalé ce pavé clairement décousu.

Nadine Kirchgessner | 8 mars 2017 à 11 h 00 min

Bonjour Guevarra, j’ai laissé passer un peu de temps avant de vous répondre, veuillez m’excuser. Merci pour ce long commentaire, et je pense que vous pourriez penser à passer les tests, si vous en ressentez le besoin.