Planète surdoués | Un espace d'information et de recherche sur la douance

Témoignages d’adultes – Page 4

Les adultes surdoués

J’ai créé cette page 4 pour que ce soit plus lisible, car la page 3 est assez longue. Merci à tous pour vos témoignages qui rendent ce site si vivant.  Continuons ce feuillet virtuel ! Même si je ne répond pas à tous , par manque de temps, sachez que je lis tout évidemment pour approuver les commentaires, je tâche de corriger toutes les fautes d’orthographe, ne craignez pas d’en faire (je dis cela pour les dyslexiques). Il me semble que les interactions sont aussi importantes que les réponses que je peux apporter. Ce sont les témoignages , nombreux, qui permettront d’avancer et de faire comprendre aux incrédules que oui, nous existons ! et que nous sommes , somme toute assez normaux…avec quelques caractéristiques en plus, ou en moins, comme tout le monde finalement.

Les adultes à haut potentiel sont peu étudiés. Peu d’études relatent le devenir des enfants doués. Dans ce site je relate des témoignages d’adultes et j’en cherche toujours pour pouvoir mieux comprendre les adultes surdoués.

Je vais donner quelques pistes de réflexion dans lesquelles les personnes en questionnement peuvent  s’y retrouver. Tout en sachant qu’il faut se diriger  vers les psychologues compétents spécialistes de la question. Les psychologues peuvent vous faire passer un test pour adultes , le WAIS. Mais, comme pour les enfants, ce test est un paramètre, et un entretien clinique très approfondi avec un professionnel averti au sujet du haut potentiel sera indispensable pour bien tenir compte de tous les indices. Si vous rencontrez des professionnels qui ne vous proposent que de passer un test sans entretien, il vaut mieux chercher ailleurs.

Voici quelques caractéristiques qui correspondent aux adultes, c’est une liste non exhaustive et toutes ne sont pas forcément présentes.

Les adultes doués se présentent souvent comme des personnes que l’on remarque, que ce soit parce qu’elles sont très brillantes ou alors parce qu’elles sont très introverties, éteintes si on les compare à ce qu’elles étaient lorsqu’ils étaient enfants.. Ils ont quelque chose de spécial, mal défini mais présent.

Ils ou elles se questionnent sans cesse, ne sont jamais satisfaits, très exigeants pour eux-mêmes et pour leur entourage. Ils ou elles ont besoin de challenge.

Ils ou elles ont une grande mémoire.

Ils ou elles ont une grande sensibilité, une grande compréhension des autres, de la compassion, ou au contraire ils paraissent froids et distants.

Ils ou elles montrent une très grande susceptibilité.

Ils ou elles ont un caractère entier, pas de demi-mesure. Ils sont passionnés.

Ils ou elles ont un humour décalé, ils peuvent avoir des réflexions à côté de la plaque.

Ils ou elles présentent une grande curiosité, parfois dans des domaines étonnants.

Ils ou elles sont un peu « trop » en tout, dans des domaines très variés.ils sont caractérisés par leurs excès. Ils ou elles sont plus facilement dépendants , à l’alcool, aux drogues.

Ils ou elles peuvent se concentrer sur quelque chose avec une ténacité hors du commun jusqu’à ce qu’ils obtiennent ce à quoi ils croient intensément. La persévérance est une des grandes caractéristiques de ces adultes, ils ou elles sont sur motivés dans un projet s’ils ou elles sont sûrs d’avoir la bonne idée.

Ils ou elles développent une hyperesthésie (très réactifs au niveau des cinq sens, que ce soit l’ouïe, la vue, le toucher, l’odorat et le goût).

Ils ou elles ont une naïveté, un enthousiasme déconcertants parfois, qui peuvent  être pris à tort pour de l’immaturité.

Ce sont de très grands lecteurs, un ou plusieurs livres par semaine. Ce qui les rend très cultivés. Ils ou elles ont un langage, une façon de parler peu commune. Ils ou elles ont parfois appris à lire très jeunes, avant le CP.

Ils ou elles aiment apprendre les langues étrangères et les apprennent facilement.

Ils ou elles ont une grande imagination, une grande capacité de travail et de raisonnement.

Ils ou elles ne tolèrent  pas l’injustice, pour eux et pour les autres.

Ils ou elles s’adaptent rapidement dans le monde professionnel, mais s’y ennuient rapidement. En conséquence ils changent souvent de travail, d’où une certaine instabilité et insatisfaction permanente.

Ils ou elles ont souvent de bonnes intuitions mais en même temps peuvent douter de tout et surtout d’eux-mêmes, car ils ont une grande lucidité sur tout.

Ils font preuve d’une grande créativité.

Ils ou elles sont en réussite malgré une adversité flagrante.

Ils ou elles somatisent à l’extrême face aux difficultés de la vie.

Ils ou elles ressentent un ennui profond.

Dans leur vie, ils ou elles ont vécu des histoires peu banales, hors des sentiers battus, ceci dû à leur extrême curiosité.

Ils ou elles manifestent  peu d’importance aux différences d’âges dans leur relations et leurs amitiés.

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43 Comments pour Témoignages d’adultes – Page 4

jean-françois | 11 septembre 2013 à 11 h 15 min

Bonjour,
Mon message s’adresse à l’ensemble et surtout à Guillaume. Je n’ai, bien sûr aucun remède pour vaincre la solitude de l’adulte surdoué, seulement un conseil tout simple.
Tout bêtement, surtout quand le relationnel marche mal, il ne faut pas perdre le contact avec la nature, c’est essentiel pour ne pas se laisser envahir par les idées dépressives.
Il y a toujours un moyen de faire marcher ses connaissances dans le milieu naturel, mycologie, recherche des morilles, pêche, voire chasse…
Quant à moi, (j’ai 57 ans)tout ça va devenir du passé, car j’habite dans une région tellement polluée (Isère), que tout est en train de mourir petit à petit, arbres, plantes, oiseaux, insectes, champignons, sans que jamais personne n’en parle…

Pierre | 14 septembre 2013 à 2 h 11 min

J’ai lu avec attention l’ensemble de vos commentaires. Vous décrivez tous à votre manière ce qui ressemble à un même monde que je ne connais pas. C’est étrange de vous entendre dire vous sentir différents alors que vous semblez être si semblables.

J’ai partagé la vie pendant 17 ans d’une femme que j’ai aimée et admirée. Elle est la mère de mes trois enfants. Je n’ai pas su voir sa souffrance intérieure, peut-être aveuglé que j’étais pas toutes ses « qualités », son intelligence, son caractère entier, son humour, son besoin incessant de changement, sa mémoire..

Sa souffrance m’a explosé au visage fin juillet quand elle m’a annoncé qu’elle souhaitait divorcer.

Elle s’est découverte surdouée, il y a quelques semaines. J’espère que cette prise de conscience lui permettra de trouver ou de construire un chemin vers le bonheur.

Je sais qu’il n’y aura pas de retour en arrière possible. Je sais aussi que cette épreuve sera surmontée car c’est la vie.

On en aurait parlé, ce serait différent. J’aurai pu soulager une partie de ses souffrances par un comportement plus adapté. On en serait peut-être au même point mais elle aurait mieux vécu.

Je l’aimerai toute ma vie. Je saurai vivre sans elle comme on sait vivre sans des amis ou des parents disparus. On finit, avec le temps, par vivre sans amertume, on peut alors connaitre des amours supplémentaires même si ce n’est pas une fin en soi.

Avant de vous souhaiter la plus jolie vie possible, je peux vous dire ce que j’ai découvert sur moi depuis que je sais que ma vie sera différente de celle que j’espérais avec elle. Depuis ce jour, j’essaye de comprendre pourquoi j’ai la chance d’être heureux chaque jour. J’ai compris que j’éprouvais une satisfaction dans les choses les insignifiantes: le sourire de l’autre, le salut du piéton à qui on laisse traverser la route, la bêtise d’un collègue au bureau, les commentaires racistes entendus dans un bar, un gateau au chocolat cuit à la perfection, une nouvelle paire de chaussures.. Pour moi, c’était cela la vie et ça le sera à nouveau prochainement. Il y a des éléments sur lesquels on n’a pas prise, il faut vivre avec … pour le reste il suffit de faire les moins mauvais choix et partager comme vous le faites vos difficultés. C’est ma recette pour vivre sans regrets.

Je suis l’homme le plus chanceux du monde, j’ai eu une femme exceptionnelle.

Bon courage à vous.

Pierre Yakafaucon

Pierre | 15 septembre 2013 à 5 h 30 min

(suite)
Pour compléter mon propos et afin d’éviter toute mauvaise interprétation, je ne souhaitais pas faire de lien direct entre mon divorce et la douance. Même si je pense, en lisant vos témoignages, que les facultés d’un surdoué ne semblent pas favoriser la perception de ses propres sentiments et a fortiori de ceux des autres, je ne juge pas des sentiments ou de l’absence de sentiments de l’autre.

Je voulais simplement relever le fait que se sentir différent me semble être un sentiment partagé par tous et que cela ne devrait pas être un frein au bonheur si l’on parvient à s’accepter.

Enfin il est bien entendu que dans les propos racistes qui me font sourire, je me délecte de la bêtise humaine et des croyances.

Nous sommes tous différents, nous devrions essayer de l’apprécier.

Yapluka.

Pierre

Spikette | 21 septembre 2013 à 18 h 08 min

Bonjour,

Je n’ai pas lu tout le site, mais comme beaucoup de gens, je me reconnais dans de nombreux posts ici.
Je viens de finir « trop intelligent pour être heureux » (acheté hier soi)et je ne vais pas faire étalage de tous les points qui racontent ma vie.
J’ai 32 ans, un parcours professionnel et personnel chaotique (je suis au chômage et sur le point de démarrer un bilan de compétence pour changer complètement d’orientation), et je n’ai pas été diagnostiquée (si tant est qu’on puisse parler d’une maladie, ce à quoi je n’adhère pas trop). Je souhaite passer le WAIS et un bilan pour arrêter de douter ( j’ai tout de même aussi peur d’un résultat positif que négatif) mais ne sait pas ou m’adresser. J’ai pensé à Cogito’z, forcément, mais les nombreux avis défavorables m’ont refroidie et je ne trouve pas d’adresse sur internet. Ma psychanalyste n’est pas très favorable au projet et ne m’aide donc pas (« pourquoi avoir besoin d’une confirmation, vous savez être intelligente » bah voyons, non Mme, ça fait 13 ans que je vous répète que je n’arrive à rien et que je suis idiote!).
Je ne veux pas faire l’annuaire (trop aléatoire), MENSA vous fait passer des tests d’admission avant de vous dire quoi que ce soit.
Si quelqu’un connait une adresse en région parisienne, ou un endroit qui pourrait m’en donner, je vous en remercie d’avance beaucoup.
Merci en tous cas pour ce site et tous ces témoignages qui font se sentir moins seul et surtout qui redonnent un peu confiance.

Nadine Kirchgessner | 24 septembre 2013 à 8 h 00 min

Pierre vous avez écrit un commentaire exceptionnel dans le sens qu’il explique pourquoi il faut parler au sein du couple. La communication c’est le secret. Et vous répondez magnifiquement à tous ceux qui se questionnent au sujet de « le dire ou ne pas le dire » à la personne aimée. Notamment à cycloparisien .Tout votre texte montre que vous avez aimé votre femme et que vous l’avez comprise. Simplement , et malheureusement, la douance n’était pas connue de vous, de vous deux. Vous pouvez observer vos enfants également et avec un tout autre regard, et peut-être même , vous-même !

Spikette
La psychanalyse n’est pas adaptée aux personnes surdouées, à mon sens. Une preuve de plus s’il en fallait une…

Cyclo_parisien | 2 octobre 2013 à 15 h 37 min

Bonjour,

Je me sentais obligé de rectifier ce que j’avais écrit à l’époque, car la réponse de Pierre m’a fait froid dans le dos, et j’en suis vraiment désolé pour lui.

Effectivement, être confronté à cette réalité des faits m’a fait prendre conscience que l’imagination n’a aucune valeur comparé à la réalité des faits.

Surtout que les situations imaginées n’apparaissent que dans l’esprit (les projections) et n’existent tout simplement pas.

Mille excuses, et bon courage pour la suite à vous.

Flo | 2 octobre 2013 à 20 h 01 min

Bonsoir,

J’ai 29 ans. En général, le sourire aux lèvres je me dis que la vie est un challenge permanent. Je me dis qu’on a de la chance. Adulte surdoué, on réunit tous les contraires en une personne. On est imprévisible. On peut nous faire confiance, dans le même temps on est insaisissable, espiègle, un peu fou. Capable d’être plein d’énergie, d’entrain, d’espoir. Et également de broyer du noir comme personne. On monte à bord d’un ascenseur émotionnel quand les autres prennent les escaliers ou même plus souvent nous attendent juste en bas.

On donne tout ce qu’on a, énormément. Partout. En amour, en entreprise, au quotidien dans nos passions. On fait ça avant tout pour nous, on est tout de même déçu de recevoir si peu des autres. Si peu à nos yeux. C’est vrai on veut l’absolu, on veut tout. Mais ils en font toujours moins que nous et nous demandent pourtant toujours d’en faire plus. Incohérence. Alors on la perçoit toujours plus l’inégalité, l’injustice. On se sent trop seul pour sauver le monde. Pourquoi sauver le monde ? On est comme ça, on voit trop grand. Trop beau. Pour se lancer en duo, on veut tomber amoureux fou. Rencontrer la bonne personne. La bonne entreprise qui nous dira t’es fabuleux. La personne qui croira en nos créations et nous dira il faut que tu vives de ta passion, avec toi la vie a vraiment trop de couleurs.

Ca ne nous fait pas peur, on sourit devant ces défis, on aime trop la vie, on veut voir grand. Donc on continuera toujours à voir les choses en grand. A tout donner. Et plus on donnera, plus l’écart avec ce que les autres nous donneront sera patent. On le sait, il ne faut pas attendre le regard de tous ces gens, pour s’aimer. Mais incompris depuis tant d’années, on veut voir partout de l’estime, de l’amour.

C’est trop complexe. Trop contradictoire. Du coup je viens souvent ici quand je broie du noir, je vous lis et je me dis que vous, vous êtes moi. Et quand vous me lirez, vous vous direz que moi je suis vous. Vous me suivez ?

Je vous embrasse. Bon courage. Soyez fou. Fantastique. Grandiose. Extérioriser la beauté de toute une âme. L’humanité n’attend que ça.

Pierre | 3 octobre 2013 à 12 h 32 min

Cyclo_parisien n’a pas à s’excuser. Je suis d’avis qu’il n’y a pas de différence entre ce qu’il appelle la « réalité » et la « situation imaginée ».

Ma « réalité » est la conséquence des choix successifs que j’ai fait et mes choix sont le fruit de mes « pensées ». On peut donc se représenter la « réalité » et la « situation imaginée » comme le résultat d’une même action, la pensée.

Si on admet que ces deux phénomènes ne font qu’un, alors il n’y a pas de raison de créer une hierarchie entre la souffrance d’une situation « réelle » et d’une « situation imaginée ». L’une et l’autre peuvent faire souffrir de la même façon.

Et donc Cyclo-parisien n’a pas à s’excuser. 🙂

Ma réalité et mes pensées vont chaque jour mieux car j’ai pris conscience que j’en suis le seul responsable et … que j’en ai le potentiel… 😉

L’amertume ne fait pas progresser. S’en débarasser est un travail sur soi passionnant et apaisant.

J’ai eu une femme exceptionnelle qui a eu le privilège d’avoir un mari hors du commun.

Yfaucon

Pierre

Cyclo_parisien | 3 octobre 2013 à 23 h 13 min

Bonjour Pierre,

La différence est peut-être dans l’orientation des projections que l’on fait. Tout dépend donc de l’état (positif ou négatif) dans lequel on se trouve.

Dans l’antéprécédent message, je parlais d’idées plus négatives que positives (c’est le fameux bas, avant un nouveau haut émotionnel positif). Allié à une imagination allant un peu trop loin et une certaine crainte des réactions des gens, mes projections de situations sont donc plutôt négatives, et me renforcent dans l’idée de continuer à faire des projections plutôt qu’à affronter la réalité (le bon cercle vicieux que cela :-)). Le rappel de la réalité peut donc permettre d’en sortir.

Pour les excuses, j’exagère peut-être (le côté « trop », il faut dire que je suis souvent désolé pour tout :-)), mais j’apprécie de reconnaître mes « erreurs », surtout quand têtu, j’étais persuadé de ma position. Ca me permet d’avancer.

Le raisonnement est un peu bizarre, mais c’est à peu près comme cela que je le ressens. La lecture de votre commentaire a un peu résonné comme une « baffe » (façon de parler, bien sûr :-D).

Bien cordialement, bonne suite à vous, et gardez votre bonne attitude positive.

christophe | 24 octobre 2013 à 22 h 12 min

bonsoir,

je ne sais par ou commencer, je me lance…
je n’ai pas passé de test mais je suis convaincu de « ma douance » grâce à cette epoque formidable qui nous laisse un instrument excellent qu’est le net…

escusez moi pour les photes d’aurtograffes car je ne suis pas allé loin dans les études et pour dire je me suis sauvé avant la fin de l’année de la seconde : une préparation au bep de magasinage et messagerie… y’a de quoi en rire… cela n’existe plus…

il y aurait long à dire sur ma vie : j’ai quarante ans et ai vécu deux vies…

je suis passé à travers les mailles et en ai grandement souffert…
encore aujourd’hui car je suis très seul, je ne peux plus travailler, je me croyais malade genre cas limite , borderline…

cela fait un an que je fais ma propre therapie via les bouquins, le net… et je viens recemment de trouver… cela fait une joie mais une grave tristesse et cela a repondu quazi a toutes mes angoisses…

je ne vais pas raconter toutes mes experiences car c’est impossible d’écrive 2 vie tres mouvementées
j’ai tout d’abord été baillonné et maltraité à l’ecole car ils prenaient cela pour de l’arrogance…
je n’avais pas le cadre familial car les parents étaient très toxiques et ai fini mon enfance à la dass
imaginez la dass il y a trente ans… donc double discrimination a l’école…

je ne comprennais pas les explications et étais obligé de mimer…
je n’ai jamais fai mes devoirs et devais trouver les solutions par moi meme… j’étais un cancre intelligent mais n’embêtais pas mes camarades.
j’etais souvent seul etant petit, ne comprenant pas le monde qui m’entourait et toujours dans la lune.

en rentrant en bep tertiaire, il m’ont fait une batterie de tests : deux semaines en tout et 2 fautes d’inattention : le reste de la classe a mis deux ans pour corriger leur lacunes 4 h chaque lundi matin… pas une fois ils m’ont detecté!!

un jour je me suis dit (à 20 ans) je veux me cultiver!
et c’est là que la musique me sauva : je suis actuellement contrebassiste mais ne sais pas lire la musique… (certainement le syndrome de l’imposteur)

pour vous donner une idée, j’avais passé à cette epoque un test psychotechnique pour une formation d’electrothec : ils m’ont dit que j’étais suffisamment intelligent pour passer avec les qualifiés alors que je ne connaissait rien à rien à l’électricité… imaginez la torture! je me suis accroché 3 mois… et depression!

ma vie sentimentale je n’en parlerais pas non que je sois pudique mais trop bordelique et toxique…

alors ce que je ressens aujourd’hui est une bonne nouvelle car je suis avec un cerveau et cela me reconcilie avec moi meme car la douance est surtout et avant tout emotionnelle et inconciente.

je suis aussi en colère! je cherchais a savoir ce qui clochait chez moi pour avoir de meilleurs relations humaines… il est tres important de se proteger des gens toxiques manipulateurs… j’ai dû lire sur le sujet pour me proteger car au bout d’un moment ils vous font croire que vous êtes incompétent et cela est grave pour nous qui manquant d’assurance sur nous meme et nos capacités… et cela ne nous fait pas avancer…
et notre altruisme legendaire porte ouverte à tout!
un livre : de madame petit colin « échapper aux manipulateurs » un livre tres bien fait et complet que je conseille à lire pour tout le monde mais surtout pour vous personnes tres intéressantes!

mais personnelement j’ai besoin d’aide
je n’ai pas assez d’argent pour consulter un psychologue. en meme temps est ce utile?
j’en suis là : dans un village de schtroumfs qui ont besoin d’un grand schtroumf… au secours!!!!!

merci de votre aide pour me conseiller un pro remboursé par la sécu (avec son cerveau intégral)

cordialement, christophe.

Elodie | 25 octobre 2013 à 15 h 27 min

Bonjour,

Je découvre ce site par hasard (je suis une grande fan d’internet qui un lieu magique pour tout ceux dont la curiosité est insatiable) et j’avoue beaucoup me reconnaitre dans cette description mais aussi beaucoup douter, n’est ce pas un peu prétentieux de se prendre pour un adulte surdoué.
Je ne m’étais jamais posé la question bien que j’ai toujours vécu en décalage avec mon entourage, mais il y a deux ans, ma fille commençait à se déscolariser. J’ai donc consulté une psy qui lui a fait passer le fameux test avec entretien par la suite. Elle (ma fille) s’est avérée être une grande précoce et pendant l’entretien, la psy me montrait le test et notamment une question soit-disant difficile que personne chez elle avait encore résolu (je me demande encore si c’était la vérité ou juste un test pour voir ma réaction), ce qui a piqué ma curiosité et je lui ai donc donné la réponse. La psy m’a donc dit que la précocité était souvent héréditaire et je pouvais peut être me poser la question sur ma « surdouance? ».
Mais comme le décrit cet article, lorsqu’on a trouvé une place qui nous convient, est ce bien utile de mettre une étiquette. La question me poursuit pourtant, puisque je prends le temps de lire les articles sur les « surdoués ».
Mais depuis que je me pose la question, j’ai l’impression d’identifier beaucoup de surdoués autour de moi (plusieurs de mes collègues ont des enfants identifiés comme précoces), c’est donc peut être plutôt répandu ou avons nous tendance à nous regrouper car nous nous comprenons plus facilement?

Inès | 28 octobre 2013 à 11 h 51 min

Bonjour à tous,

Ce matin, il faut que je me décide, que je parle. Depuis environ six mois, j’ai « la puce à l’oreille », depuis quelques semaines, je lis tout ce que je trouve sur le Net sur la douance, depuis deux ou trois jours, je lis vos messages ici, sur le site créé par Nadine que je remercie d’emblée ainsi que vous tous qui avez laissé vos témoignages, puisque enfin je trouve.. le courage, la motivation, le déclic pour parler à mon tour.
Voilà, je pense que je devrais peut-être passer aller voir un psychologue spécialisé pour avoir son avis et sans doute passer ce fichu test, mais je ne parviens pas à sauter le pas.
Parce que j’ai beau me reconnaître dans pas mal de caractéristiques des HP, me reconnaître dans vos questionnements à tous, je ne parviens pas à me croire appartenir à ces 2%. Très bonne élève jusqu’au Bac, j’ai toujours considéré que j’avais une intelligence normale, rien de plus. Mais en Terminale déjà, je n’avais plus d’envie. J’ai fait une licence dans la foulée, parce que dans mon milieu, c’était normal de continuer. Point. Je n’ai pas l’impression d’avoir été une enfant précoce, même si quelques mots d’enfants dont je me souviens pourraient y faire penser. J’ai vécu dans une famille où l’une des valeurs importantes était la « norme ». Et le modus vivendi le silence sur tout ce qui serait susceptible d’engendrer la contradiction, le conflit.
Aujourd’hui, j’ai 54 ans, je ne me suis sentie heureuse dans ma vie que quelques jours. Toujours décalée, toujours en attente, toujours en quête de relations vraies, toujours en questionnement. J’ai l’impression de ne faire que continuer, pas vivre, seulement continuer un truc ( la vie) qui n’a pas de sens. Plusieurs dépressions m’ont obligée à « avancer » sur certains points au travers de psychothérapies, mais j’ai l’impression que ce travail ne m’aide pas en ce qui concerne ce qui me fait le plus souffrir qui est le manque d’envie de quoi que ce soit, d’élan, d’envie de demain, ce sentiment de solitude si douloureux, et beaucoup plus en société que seule. L’impression qu’il y a quelque part ce principe vital au fond de moi, mais qu’il est bloqué. J’ai un travail qui ne me satisfait pas vraiment, mais il m’est infiniment utile car il me permet d’écarter un moment le foisonnement constant de mes pensées qui m’épuise. En réalité, je travaille ( intellectuellement) pour me reposer l’esprit. Un comble.
Je n’ose parler de cela à personne – enfin, j’en ai parlé à mon psychiatre quand même, et ça n’a pas semblé l’interpeler-; cela me parait à moi-même tellement improbable ( et pourtant, et pourtant… ) et puis la plupart des gens ne retiennent de la douance que le Qi élevé et ne savent pas qu’il s’agit surtout d’un fonctionnement différent: cette empathie, cette hypersensibilité, ce foisonnement de la pensée… alors on n’ose pas de peur de paraître prétentieux…
Le mieux sûrement serait de faire le test pour soit détecter cette possible douance, et à partir de là, chercher dans de nouvelles directions, revisiter le passé avec cet angle de vue pour comprendre autrement, retrouver peut-être des forces, de l’énergie, gagner de la confiance; soit éliminer cette possibilité.
Mais voilà, c’est effrayant, car si cette possibilité est éliminée, alors vais-je continuer à vivre ces dépressions sans trouver de chemin de guérison, comme c’est le cas depuis trente ans? Et il y a aussi que ne pouvant y croire vraiment, je me sens coupable de dépenser tout cet argent ( car je me suis laissée dire que c’était cher ) pour moi, comme si je n’en avais pas le droit, personne je crois autour de moi ne le comprendrait. Alors le passer en secret? , et vivre cette chose difficile seule? Il y a toujours cette culpabilité à aller mal quand aux yeux des autres rien dans ma vie n’est susceptible d’expliquer un tel malaise.
Peut-être mon propos manque-t-il un peu de clarté, j’ai l’esprit en ébullition et de l’émotion à me décider à écrire. Merci encore de vos témoignages.

Inès.

NB J’ajoute que je crois que mes enfants sont HP.

Nadine Kirchgessner | 30 octobre 2013 à 12 h 50 min

Merci pour vos commentaires. Plusieurs questionnements : passer les tests ? Oui, si vous en ressentez vraiment le besoin, mais les passer uniquement avec des professionnels compétents en douance. Les psychologues ne sont pas remboursés…les tests sont chers, oui, les psychologues doivent les acheter, ils doivent faire tourner un bureau ou des bureaux, etc…
La douance n’est pas très répandue (2,5 % de la population), mais en général on parle et discute avec des gens avec qui on a des affinités. Il est logique d’en trouver dans ses amis ou entourage. Inès, ne soyez pas effrayée, ne soyez pas seule dans cette quête. Et si vous ne pouvez en parler à personne de confiance dans votre entourage, vous pouvez en parler sur ce site. Vous avez aussi vu en vos enfants de la douance, peut-être en discutant avec leur père, vous trouverez aussi quelque chose ? Je conseille de ne pas en parler à trop de monde, mais un peu quand même à une personne de très grande confiance, car cela peut-être un moment difficile. Quant à la culpabilité, l’auriez-vous si vous aviez une jambe cassée ? Vous feriez une radio, vous auriez un plâtre pour vous réparer. Et si ce n’était pas cassé, au moins vous saurez ! même chose pour les tests !

LE GUERN Isabelle | 5 novembre 2013 à 19 h 27 min

Bonsoir à toutes et tous,
que dire qui n’ait pas déjà été dit par vous tous? Sinon que c’est la 1ere fois de toute mon existence que j’entends des personnes parler d’elles dans les mêmes termes que moi, avoir vécu ou vivre encore des difficultés, des situations, des décalages similaires aux miens. Des raisonnements pour « survivre » identiques. Autant de correspondances me laissent éberluée. Je n’ose imaginer être douée. Cela irait tellement à l’encontre de ma perception et de ce qu’ont dû penser mes parents et mon entourage jusqu’alors. Parfois dégourdie sans plus. Je déplore souvent de n’être pas plus « intelligente ». Je ne vais pas entrer dans les détails. Pas maintenant.
Je n’ose pas aller faire le test WAIS. Trop peur d’être ridicule, présomptueuse et m’avérer parfaitement stupide. Que le psychologue me rétorque: « Ok vos états d’âmes, vos difficultés, votre entièreté, etc…sont similaires aux gens dits surdoués mais pour vous il ne s’agit que d’un concours de circonstances. » En gros passez votre chemin, il n’y a rien à voir. Que faire alors?
Et pourtant j’ai l’impression aujourd’hui d’entrevoir une aide possible pour trouver une petite place à moi sans conflits intérieurs permanents. Etre heureuse simplement, humblement, être en paix. Reconnaître officiellement à mes yeux(sans aucune prétention) que je suis différente de mon entourage mais néanmoins normale (une autre normalité, puisque vous êtes si nombreux à écrire sur ce site, c’est merveilleux!), m’accepter et mieux aimer ceux qui m’entourent. Pardonnez la syntaxe et l’articulation déplorables de mon mail. Je suis un peu émue et excitée à la fois. J’adorerais échanger de vive voix ou par mail avec vous si certains le souhaitent, et ce même si je ne suis jamais diagnostiquée surdouée. J’ai 32 ans et je m’appelle Isabelle. Merci à tous et merci à Nadine pour cet incroyable site, phare dans l’isolement. Cordialement

philou | 5 novembre 2013 à 22 h 10 min

Bonsoir Isabelle

Si cela peux te rassurer, il m’a fallu 2 ans avant de me décider à me faire tester.
Et encore, j’ai passé le test en plein burn out …
Mais il y a un avant et un après.
C’est une chose d’avoir un doute, une autre une certitude.
Je ne prétends pas que ma vie est plus facile depuis le test.
En fait, savoir m’a permis d’entamer une démarche très particulière avec une coach, dans un contexte personnel et professionnel très agité.
Cela m’a permis de me poser et aussi de ressentir ce dont j’avais réellement besoin pour vivre.
D’une certaine manière, avoir passé le test m’a sauvé la vie.
Alors et même si cela peut te paraître ridicule (procrastination plutôt peut-être) je pense qu’il vaut mieux savoir.
Prends ton courage à 2 mains et fais le …
Je t’y encourage de toutes mes forces.
Philou

Maxine | 5 novembre 2013 à 23 h 35 min

Bonsoir…
Cela doit bien faire 15 fois que je réécris ce message avant de l’effacer: je n’y arrive pas, je ne sais pas par où commencer.
J’ai réécris ce message un nombre incalculable de fois de peur de faire trop long, de vous assommer d’ennui ou de vous noyer sous les détails (qui sont tellement difficiles à sélectionner dans une juste mesure quand on est perfectionniste à ce point). Donc je vous prie de m’excuser d’avance si malgré cela c’est tout de même le cas…

Tout d’abord je voulais vous remercier , Nadine ainsi que l’ensemble des personnes qui participent à la vie de ce site… C’est suite à une dispute avec ma soeur que je ne comprendrais décidément jamais que j’ai atterri ici par hasard, à la recherche d’une réponse à l’absurdité ambiante de mon quotidien. J’ai dévoré la première page ainsi que les commentaires, et finit les larmes aux yeux et la boule au ventre suite à cette lecture. Les personnes regroupées sur cette page ont été qualifiées de « famille » et sans même vous avoir parlé auparavant c’est exactement ce que je ressens: c’est parmi vous que se trouve ma place, vous partagez les mêmes préoccupations, les mêmes angoisses, les mêmes souffrances inexplicables et incompréhensibles pour les autres. Alors c’est vers vous que je me tourne, dans l’espoir que peut-être quelqu’un de plus expérimenté que moi dans ce parcours du combattant puisse me guider…

J’ai peur que personne ne me réponde… Donc je vais faire court, et j’expliquerai plus amplement si quelqu’un a le temps de répondre.

J’ai 17 ans, bientôt 18, je suis en école de commerce, je suis instable sur un plan émotionnel et je m’ennuie. Mais pas n’importe quelle sorte d’ennui, le vrai, l’ennui métaphysique, le spleen… Je ne sais pas ce que je fais là alors que j’étais absolument ravie en début d’année. J’ai une peur tenace de passer à côté de mon existence, et je suis absolument terrifiée par le monde dans lequel nous vivons. La superficialité, l’hypocrisie, le manque de profondeur, l’absence d’empathie de la majorité des gens je déplore. Je ne sais plus qui je suis ni ce que je veux et notre société est tellement à la dérive que je n’y trouve aucun secours. Je me demande si je devrais changer complètement de voie (sur un plan scolaire) et en même temps j’ai l’impression que cette démotivation qui me met dans un état léthargique me suivra partout.
En fait, j’ai 17 ans et j’ai l’impression d’être une claustrophobe enfermée dans une pièce aux dimensions irraisonnablement petite: je me sens oppressée, j’ai envie d’hurler sans pouvoir dire vraiment pourquoi et j’ai peur, tellement peur, que cela ne fasse qu’empirer. Je me sens mal et ne pas pouvoir mettre le doigt sur la raison de ce mal-être me fait culpabiliser et ré-alimente ainsi ce cercle vicieux: au secours!
Je tiens à préciser que j’ai été diagnostiquée « précoce » il y a 3 ans, sans autre information sur ce pauvre mot qui est tombé aux oubliettes peu de temps après.
C’est seulement l’année dernière, après qu’une autre psy m’ait envoyée chez une collègue qu’on m’a laissé entre-apercevoir ce que cela impliquait.
Bref, entre-temps j’ai lu de nombreux ouvrages sur le sujet, qui m’ont fait passé par l’euphorie la plus totale jusqu’au désespoir et comme par hasard, la plupart des personnes qui sont très importantes pour moi correspondent parfaitement à cette description.
Un exemple: en ce qui concerne mes deux petites soeurs, j’ai toujours dit de l’une d’elle que je ne la comprenais pas, de l’autre que c’était une mini-moi (ce qui ne m’empêche pas de les aimer très fort toutes les deux) . Sans pouvoir expliquer ces différences, jusqu’au jour où j’ai compris ce qu’étais une personne hp… Sans surprise la mini-moi, qui a passé les tests elle aussi suite à cela, est effectivement hp. Et je suis persuadée que l’autre ne l’est pas -ce qui en soi est loin d’être négatif mais qui explique l’incompréhension mutuelle qui règne entre nous.

J’ai trois amies proches, dont deux sont à mon avis hp elles aussi. Parmi elles, ma meilleure amie, mon alter ego amical, la seule qui me comprend aussi bien que je la comprend habite … en Australie. Et oui… pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, n’est-ce pas?!

A part elles, la seule personne de ma tranche d’âge vraiment importante c’est le frère de ma meilleur amie. On est tombés (très) amoureux l’un de l’autre. Quand je suis avec lui j’ai enfin la sensation d’être parfaitement à ma place. C’est magique, indescriptible… On a passé un mois ensemble cet été et chaque instant était irremplaçable, hors du temps. Fini le mal-être et le spleen, les questions existentielles sont toujours là mais partagées pour une fois, et c’est tellement rassurant. On se tient la main fort, si fort; après tant d’errance c’est comme si nos doigts entrelacés étaient là pour dire « ça va aller maintenant, on s’est enfin trouvés et ensemble rien n’est insurmontable ».
Avec lui, je me sens enfin vivante. Le problème c’est qu’après cette grande parenthèse à la morosité quotidienne, le retour à la réalité a été des plus abrupts.
C’est ça le vrai problème: avant mes relations avec les autres étaient teintées d’un soupçon de frustration mais je m’en accommodais pcq je n’avais pas le choix: je savais que j’étais différente des autres et à mon grand regret, je ne pensais pas pouvoir en attendre davantage. Or, depuis que je connais ma meilleure amie et son frère; je ressens de plus en plus amèrement cette frustration: je sais ce qui me rend heureuse mais j’en suis séparée et devoir me contenter d’une « survie » sur le plan humain devient de plus en plus pénible; et je pense que chacun d’entre vous, avec qui je partage une même hypersensibilité, peut se faire une idée de la douleur causée par cet éloignement. De plus j’ai peur que lorsque je pourrais enfin être avec eux -avec un peu de chance- et après être restée en « apnée » tellement longtemps, l’intensité de nos relations finissent par les détruire…

Du coup je vis dans l’attente de les revoir mais aussi dans la crainte de les perdre.
Dans l’indécision aussi: partir ou rester en école de commerce?
Tout plaquer et partir dans un pays où je puisse apprendre l’espagnol..
Trouver enfin quelque chose qui me sorte durablement de cet état et qui me redonne enfin une joie de vivre ancrée au plus profond de moi-même. Parce que c’est triste, de n’être même pas majeure et aussi effrayée, pessimiste devant l’avenir…

Je viens de me rappeler qu’initialement je voulais faire court. Hum. Les mots ont coulé tout seul à la pensée de trouver un lecteur qui enfin me comprendra; donc encore une fois je vous prie de m’excuser pour cet interminable message.

Je vous souhaite dans tous cas d’être heureux, donc bonne nuit ou bonne journée à vous; selon l’heure à laquelle vous lisez ces mots!

Léa | 5 novembre 2013 à 23 h 43 min

Isabelle Le Guern, je n’ai pas osé demander à quiconque mais j’en mourrais d’envie moi aussi, donc je serai ravie d’échanger avec toi!

LE GUERN Isabelle | 6 novembre 2013 à 10 h 50 min

Bonjour à toutes et tous,

merci infiniment Philou pour votre soutien et vos encouragements. En effet je pense que ma vie ne sera pas plus facile si je suis un jour diagnostiquée. En revanche je pense comme vous qu’entreprendre enfin un travail avec un thérapeute capable de saisir mes « singularités » comportementales à la différence de tous ceux que j’ai déjà vu en vain, ne pourra que m’aider à aller mieux en acceptant cette différence. Je ne désire que cela mais j’ai si peur de faire fausse route à la fois!

Je suis heureuse d’avoir découvert ce blog, cette grande famille comme le dit à juste titre Maxine. Car j’ai beau avoir 14 ans de plus que toi je ressens toujours cette détresse indicible et irraisonnée qui nous assaille sans crier gare et je partage ton sentiment de bien être et de sécurité à avoir enfin « rencontré » tous ces gens qui nous ressemblent et qui donc nous comprennent naturellement, spontanément.
Il ne faut plus désespérer Maxine, nous ne sommes plus seules. Et nous sommes normales selon une autre normalité, si toutefois ce mot signifie quelque chose.

Merci à tous, merci à Léa aussi pour son acceptation. Comment souhaites tu que nous échangions, mail, réseau sociaux, tchat….?

Je vous souhaite à tous une excellente journée, je me sens toute regonflée grâce à vous tous.

Isa*

supernova | 6 novembre 2013 à 16 h 18 min

Bonjour à toutes et à tous.

Maxine, Je crois vous comprendre. J’ai 42 ans, et ai découvert que je suis surdoué il y a à peine un an. Vous n’avez pas encore 18 ans et en avez conscience : çà c’est déjà pas mal !
Moi aussi j’avais tendance à « tomber amoureux » très vite. Trop vite pour certains – ou plutôt certaines :-). J’ai rencontré ma femme il y a 8 ans. Pourtant cela a failli se terminer prématurément et dramatiquement car je lui avais déclaré trop vite ma flamme, le lendemain de notre rencontre ( !!!) et elle avait pris peur sur le moment (comment peut –on se savoir amoureux aussi vite ?). D’ailleurs plus jeune je m’étais pris de douloureux revers en annonçant trop vite ma flamme. J’en ai beaucoup souffert.
Vous êtes jeune. A votre âge – j’ai l’impression d’être vieux … euh… ce n’est pas qu’une impression ? … – je croyais que la personne dont je tombais amoureux était celle que j’aimerais toute ma vie. Ce n’est pas forcément le cas. Je ne veux surtout pas vous faire peur, je souhaite simplement essayer de vous signifier que même si on « perd » la personne dont on est passionnément amoureux, ce n’est pas pour autant qu’on a perdu l’unique personne au monde dont on pouvait tomber amoureux. J’ai énormément souffert en amour (car en décalage… trop vite éperdument amoureux), notamment lorsque j’avais votre âge, cela m’a laissé des cicatrices parfois encore douloureuses quand j’y repense, même si cela ne remet nullement en cause l’amour profond que j’ai envers ma femme.
Je vous parle de ce sujet très personnel parce que c’est ce qui me saute le plus aux yeux dans votre message… Depuis combien de temps connaissez-vous votre meilleure ami, son frère avec lequel vous partagez une passion amoureuse ? Ont-ils toujours été aussi éloignés ? La personne que vous aimez serait-elle prête à tout laisser pour vous retrouver là où vous vivez ? Ce que vous nous avez livré ici, en avez-vous parlé avec la personne que vous aimez ?
Quant à la carrière, le domaine commercial n’est pas simple – ni sain – selon moi. En ce qui me concerne, je comprends maintenant pourquoi je ne pourrais jamais être dans ce domaine (parce que à une époque, j’aurais voulu ardemment être dans ce domaine, peut-être pour faire comme mon père ou pour avoir un métier lucratif…). Je ne sais pas faire semblant, du moins pas dans la vraie vie. Je suis d’après ce qu’on m’a dit un bon comédien, et j’aime jouer la comédie, mais sur une scène de Théâtre. Pas dans la vraie vie. Et le domaine commercial me donne l’impression d’un panier de crabes, où se mêlent hypocrisie, mensonge, faux-semblants, le paraître étant bien plus important que l’être, l’absence de scrupule… Enfin, c’est comme cela que je le ressens.
En faisant abstraction des aspects financiers et autres induits par les études (une année d’étude, cela coûte parfois très cher), je vous conseillerais tout simplement de choisir ce qui vous convient. Choisissez un domaine qui vous passionne, pour vous-même. C’est votre vie, vivez la d’abord pour vous et non pour les autres !
Prenez ma réponse comme une petite lueur de bougie au milieu de tant d’autres, je ne vous connais pas, et je suis donc très mal placé pour vous conseiller quoi que ce soit. Au fait je n’ai pas compris : on parle espagnol en Australie 😉 ?

Léa | 7 novembre 2013 à 20 h 57 min

Isa tout me convient, voici mon mail: lea.planetesurdoues@orange.fr
Je suis disponible quand tu veux!

Isabelle LE GUERN | 8 novembre 2013 à 10 h 34 min

C’est noté Léa, merci beaucoup.
Voici mon adresse mail: isa.styl@free.fr.
Idem, dispo quand tu veux.

A très bientôt. 😀

Isa*

Maxine | 19 novembre 2013 à 21 h 58 min

Bonsoir Supernova,

Merci beaucoup pour votre réponse qui m’a vraiment apporté du réconfort! Je suis d’ailleurs désolée de ne pas avoir répondu plutôt, mais j’étais en pleine période d’examens et de présentations…
Exact, vous avez tout à fait raison: c’est une grande chance de l’avoir appris relativement tôt! J’ai toujours été « un coeur d’artichaut » mais ça ne m’a pas tant porté préjudice que cela parce que je me gardais bien de le leur dire. Eh bien, c’est ce que l’on appelle un coup de foudre! En tout cas votre histoire m’a fait sourire, c’est formidable que vous ayez fini ensemble et ça donne de l’espoir pour l’avenir un tel « happy ending ». Et quant au fait de tomber amoureux « aussi vite », je suis persuadée que les personnes surdouées sont dotées d’une intuition qui accélère tout le processus, je ne sais pas si c’est très clair?
Par peur de ces revers justement, et par manque de confiance en moi; je n’ai jamais ‘ »déclaré ma flamme ». J’affectionne particulièrement les histoires d’amour qui se déroulent comme d’elle-même, il me semble qu’elles sont (en ce qui me concerne) les plus naturelles, et donc les plus justifiées.
Mais non, vous êtes loin d’être vieux!!
C’est ce que je pensais aussi en ce qui concerne mon premier petit ami, d’autant plus que contrairement à mes amies je souhaitais attendre de rencontrer le « bon », et non pas enchaîner les petits copains pour le fun. Après plus de trois ans passés ensemble, des disputes innombrables et la sensation de dépérir à petit feu; je l’ai finalement quitté et je ne regrette ni cette décision, ni le temps passé ensemble car cette relation toxique m’a fait murir. D’autant plus que sur les trois ans passés ensemble, j’en aurais passé deux à essayer de toutes mes forces d’oublier le garçon dont je suis toujours amoureuse aujourd’hui.
Alors certes, je souhaite de tout coeur ne pas le perdre: j’aurais l’impression que tout s’écroule autour de moi; et n’ayant pas réussi à l’oublier en deux ans malgré toute la bonne volonté du monde, je ne préfère même pas imaginer devoir tirer un trait définitif sur notre histoire. Pour autant, je suis maintenant consciente que le sentiment amoureux est on-ne-peut-plus fragile, et par conséquent que ce n’est pas forcément avec lui que je finirai ma vie.
Merci pour votre gentillesse, votre compréhension et la délicatesse avec laquelle vous vous exprimez sur ce sujet qui apparaît donc pour vous aussi très sensible.
Je comprend tout à fait ce que vous voulez dire en parlant de « cicatrices », et cela me rassure d’autant plus de voir à quel point vous aimez votre femme: encore une fois, c’est un rappel qu’il y a toujours de l’espoir!
Merci de vous être confié sur ce sujet, ça met toujours du baume au coeur et le sourire aux lèvres de voir que d’autres personnes qui ont traversé les même épreuves s’en sortent bien!
Je les connais tous les deux depuis maintenant presque 2 ans et demi. Nous nous sommes rencontrés dans le cadre d’un échange scolaire proposé par nos lycées respectifs. (je vivais avec leur famille) Ma vie en France était assez cauchemardesque à cette période, et cet échappatoire est arrivé à point nommé. L’histoire avec son frère a débuté dès la première semaine, alors que nous étions pourtant tous les deux en couple (mais malheureux). Ma meilleure amie est venue en France l’année suivante, et je les ai tous revus (ce qui inclut leur mère) cet été.
Oui, ils ont toujours vécu là-bas! Il est plus jeune que moi et est encore au lycée, et je ne sais pas encore où je vais continuer mes études; donc pour l’instant nous cherchons surtout un moyen de nous voir avant les deux ans à venir! Et d’ailleurs je songe parfois à aller vivre là-bas, donc pour l’instant c’est assez flou…
Oui, sauf du fait que j’ai peur que l’intensité de notre relation ne la détruise!

Je partage un peu votre point de vue, raison pour laquelle je suis assez perdue… Paraît-il que le théâtre est un bon échappatoire sentimental, qu’en pensez-vous?
J’alterne entre ce même opinion et quelque chose de plus enthousiaste, qui m’est communiqué par certains de mes profs, qui sont de vrais passionnés! Je me suis justement tourné vers le commerce parce que c’est vaste et que je n’étais pas sûre de ce que je voulais faire…
Effectivement, c’est aussi pour cela qu’il me semble important que je me sente à ma place. Merci pour vos conseils, soyez sûr que je les garderai dans un coin de ma tête bien au chaud! Quelle plus belle philosophie de vie que celle-ci, en effet? Heureusement que des adultes comme vous sont là pour nous redonner du courage, j’ai passé mes années lycée à écouter mes profs nous dire que l’on était tout simplement… dans la m*rde.

Merci pour cette lueur de bougie qui m’aura permis de relever la tête; vous avez beau ne pas me connaître, vous m’aurez apporté une aide certaine rien que par votre écoute attentive et l’effort de m’avoir répondu!

Haha non, c’est simplement que j’aimerais beaucoup apprendre l’espagnol parce que je trouve que c’est une très belle langue, et aussi pour renouer avec mes origines!

Passez une très bonne soirée, et je vous souhaite beaucoup de bonheur avec votre femme 😉

Claire | 27 novembre 2013 à 3 h 03 min

Bonsoir a tous, je m’excuse de m’imposer mais tous vos commentaires m’ont extrêmement touchés et je me suis complètement retrouvée dans la description qui a pu être faite au début de cette page.

Tombée un peu par hasard sur ce site je me reconnais fort aisément dans vos commentaires, et, me sentant extrêmement seule, c’est un vrai plaisir que de vous lire. Merci, merci infiniment.

Je recherche éperdument des gens pouvant me comprendre et vous semblez exprimer parfaitement les pensées que je me pensais seule a retourner.
Je vous avoue être trop intimidée pour expliquer plus précisément mon histoire et ce qui m’a amenée ici mais ce serait un vrai plaisir d’échanger avec vous.
Ainsi, si i l’idée vous prend de m’écrire, je vous lirai avec beaucoup d’attention et vous répondrai avec beaucoup d’enthousiasme.
Pour la première fois, j’ai la sensation que non seulement je vous comprends mais qu’en plus vous pourriez me comprendre,

Bien à vous,
Claire

Isabelle LE GUERN | 28 novembre 2013 à 13 h 59 min

Bonjour Claire, pour avoir découvert ce site à une heure tardive de la nuit un petit peu comme vous et éprouvé beaucoup d’émotions à lire les témoignages des internautes si proches de mes propres expériences et à même de me « secourir », j’aurai plaisir à échanger avec vous si le coeur vous en dit. Je suis très occupée ces jours-ci et parfois je réponds avec quelques jours de retard mais ce sera avec plaisir vraiment que je vous lirai et répondrai. Voici mon adresse isa.styl@free.fr A bientôt peut-être.Cordialement Isabelle*

Cyrille | 19 décembre 2013 à 20 h 54 min

Bonsoir,

Est-ce qu’il y a une échelle qui établit des degrés de surdouance?

Je me reconnais bien sûr dans tous vos commentaires, cependant je ne peux pas exposer tout ce que j’ai à dire car j’ai écrit ma vie, mais tout est en manuscrit encore à ce jour.

Dans ma commune, je ne trouve pas un psychologue qui puisse m’aider, et je n’ai pas les moyens financiers pour « tester » des psychologues en permanence.

Que dois-je faire?

Je vais avoir 41 ans et je me suis toujours posé des questions sur moi et sur le monde, et j’ai appris par diverses lectures et par le contact de diverses personnes, que je suis sans doute un zèbre.

Cordialement.

Cyrille

Edith | 20 décembre 2013 à 13 h 43 min

Bonjour,
J’ai lu les commentaires des uns et des autres, pas tous, mais avec intérêt.
Je crois que je suis aussi atteinte de cette « maladie ».
J’emploie ce mot car ma vie est simplement une suite d’échecs, et que je suis au bout du rouleau.
J’ai vu un psy, spécialisée, hier, notre conversation nous a confirmé à toutes les deux, que j’étais ce que vous appelez tous HP.
Mais pour moi, cela a toujours été source de problèmes en tous genres.
Dernier en date : jetée dehors au bout de 5 mois de période d’essai durant laquelle j’ai travaillé 10 heures par jour pour décrocher un sous-job sous-payé en CDI…

J’ai 44 ans, et j’ai juste l’impression que je subis ma vie et que j’en mérite une plus jolie.
Et je n’arrive pas à trouver comment la rendre moins moche.
Je ne vais pas m’étendre, parce que là, je pleure devant mon écran en tapant ces mots.
Mais je voulais juste insister sur le fait que pour moi c’est juste une malédiction.
Voilà…

Cyclo_parisien | 26 janvier 2014 à 1 h 09 min

Bonjour Edith,

J’aurais voulu savoir si vous avez commencé à voir de nouvelles voies ou portes à votre situation, ou bien si le psy vous a donné de nouvelles voies à suivre? Est-ce que vous voyez un changement vis-à-vis de la découverte de cette « maladie »? (depuis un mois, y a-t-il eu des changements, même minimes, dans votre vie?)

En quelque sorte, mettre un nom sur cette « maladie » peut aider à voir une sortie aux problèmes que l’on connaît habituellement si l’on n’est pas diagnostiqué?

Bien cordialement,

P.S: ne pas croire que je n’en vois pas de mon côté, mais ils bougent légèrement au bout de deux ans, (c’est long), surtout quand l’entourage proche ne veut pas reconnaître ce changement et ne veut donc pas aider à trouver sa vraie personnalité.

Jonathan | 30 janvier 2014 à 16 h 56 min

Je suis un adulte de 29 ans. J’ai tout récemment été diagnostiqué surdoué. J’ai été diagnostiqué suite à une psychanalyse. Suite à des problèmes sentimentaux, j’ai consulté ( pour la première fois de ma vie) un psychiatre. Au fil des séances il m’a dit que j’avais une manière de voir les choses et de réfléchir différentes (pour résumer) et m’a orienté vers un psy spécialisé. J’ai effectué tous les tests. Mon QIT est élevé.
Pour moi ce fut une révélation : je savais enfin pourquoi j’étais si différent des autres dans ma manière de faire et de penser. Pourquoi je préfère être seul, pourquoi j’ai du mal à comprendre l’humour des autres ou plutôt à m’y conformer, pourquoi j’ai du mal à m’insérer, pourquoi dès mon plus jeune âge je tombais en dépression, pourquoi je me passionne pour des sujets dont tout le monde se fout, pourquoi je me lance dans des réponses sans fin et aussi cette mémoire qui me hante et qui me rappelle sans cesse les détails de mes journées, mois, semaines ….

D’un autre coté je suis triste car j’ai perdu de nombreuses années. Je me suis enfoncé dans la médiocrité pour faire comme tout le monde (au collège, au lycée etc …), je me suis mis à boire pour me libérer et pouvoir rire de tout bref je n’ai jamais été moi ou que très rarement.

Aujourd’hui je suis triste car je me dis que j’aurais pu faire mieux si j’avais su … J’ai un boulot correct et plutôt bien payé dont je me fous royalement, je fais semblant et je me construis une image.
Sans cesse je réfléchis au problème de la vie et je vais au fond des sujets pour connaitre la vérité sur tout je ne peux me contenter simplement des choses.

J’espère que je saurais me faire correctement aider par mon psy pour m’aider à avancer.

Bien à vous.

Camille | 4 février 2014 à 17 h 02 min

Bonjour,

Comme toujours je ne sais par où commencer, tant il y a à dire.
Comme beaucoup ici, je me reconnais dans un grand nombre de témoignages, cependant je n’ai jamais passé de test et pour cause…

Cela fait quelques semaines seulement que j’ai entrepris des recherches sur la douance.

Par contre ne me demandez pas comment cette idée m’est venue, la seule chose que je pourrais vous faire c’est un schéma du type :
-> sentiment de ne pas être comme les autres -> Création d’un Faux moi (je montre un intérêt faux aux conversations, la preuve je ne m’en rappelle pas souvent/ tout est surjoué) -> sentiment que je ne serai jamais comme les autres -> (rappel d’une émission sur les autistes « surdoués » que j’avais vu étant plus jeune) c’est bête mais je ne sais pas pourquoi j’ai mis cela en relation et de là sont parties mes recherches.

Après lecture de plusieurs livres, de plusieurs articles, et de quelques blogs concernant la douance, je me suis très vite dit que j’étais dans cette situation, que moi aussi je vivais cela. Et c’est la 1ère fois qu’une telle prise de conscience fait lumière sur toute ma vie passée (22 ans).

Mais même si ce que je lis sur le sujet semble très très proche de ce que je vis, je me dis que je ne suis pas « surdouée », parce qu’être « surdouée » ce n’est pas être comme moi, c’est être mieux que moi.( c’est toujours comme ça que l’on voit les choses quand on croit ne pas l’être, enfin je suppose).

Et si je l’étais vraiment, et si c’était ça être « surdouée » ?
Alors je ne pourrais jamais m’intégrer réellement dans un groupe (en étant moi même)?
Et si je faisais le test, serai-je soulagée de trouver le chef d’orchestre de mes pensées? Ou alors si celui-ci était négatif cela voudrait-il dire que je suis folle? Peut-être même paranoïaque… Je crois peut être que je suis surdouée mais pas du tout en fait

Les questions apportent la peur, et dans ma tête l’incessant ballet de questions n’attend que son chef d’orchestre …

Cependant quelques faits passés me rassurent, parfois aussi infimes soient-ils.

– J’ai été suivie à l’âge de 7 ans par une psychiatre (diag -> anorexie)

– A l’école je n’en n’ai jamais fait une (comme on dit) et ai toujours eu des résultats autour de 13

– J’ai eu 14 à mon bac en math en ayant lu en entier un livre avec des fiches de révisions toutes faites que j’avais acheté en librairie. J’ai lu le livre la veille de l’exam. Toute l’année, j’avais 5 en math.
Mon prof de math en me revoyant après le bac m’a demandé ce que j’avais pris.

– à 6 ans mes parents m’ont inscrite dans un club de gymnastique artistique ( car j’étais une véritable pile quand je rentrais de l’école)
J’ai été la meilleure du club jusqu’à ce que j’arrête
Quelqu’un m’avait repérée pour entrer en sport étude mais mes parents ont refusé.

– Parcours chaotique après le bac, j’ai mis du temps à trouver ce que je voulais faire et j’ai 18 de moyenne en BTS alors que je ne fous toujours rien chez moi, j’écoute en cours et ça me suffit.

– à l’école primaire et au collège je me suis rendue compte du décalage avec les autres et à partir de la, je n’ai plus jamais été moi même.

– Dès l’école primaire j’avais compris qu’il fallait que je lise 2/3 fois ma poésie pour que je la sache par cœur le lendemain. D’ailleurs lorsque je la récitais c’était un peu comme si je voyais mon cahier et chaque mot que je disais je pouvais le lire sur ce cahier imaginaire à l’emplacement précis où il était inscrit.

– Je suis capable d’une très grande tolérance envers les autres et il n’y à que mon « faux moi » qui se plaint. Mais ce n’est pas réciproque.

-Je pleure pour un oui pour un non ( à un moment je suis même allée faire un test de grossesse), dès que je m’énerve ça coule et ça coule parce que je me retiens tellement. Et puis je ne parle pas des sautes d’humeur, et de la vie que je mène à mon fiancé;;;

Enfin bon, je pense que vous aurez compris que je suis en plein questionnement ET .
Mais je tenais à vous remercier pour toutes les informations ainsi que le nombre impressionnant de témoignages que vous avez réussi à réunir sur ce

Camille | 4 février 2014 à 17 h 05 min

site.

Je pensais pas faire un pavé comme celui-ci lorsque j’ai commencé à écrire, mais comme on dit, l’appétit vient en mangeant…

Je pense que vous aurez de mes nouvelles, et puis bon courage à tous et à toute !

Josée | 26 février 2014 à 7 h 08 min

Bonsoir à vous et tout spécialement à toi, Nadine, qui permet un lieu de rencontre et d’expression ouverte de ce qu’il nous faut toujours taire et camoufler ( en tout cas moi). Je vous partage un peu mon parcours, peut-être que ça pourra en encourager certains.

Divers éléments, dans les derniers mois, ont éveillé mon intérêt « professionnel » au sujet de la douance.

Je suis psychologue au Québec et j’évalue constamment des gens, mais je ne connaissais pas la douance. Et pour cause, ici on la nie en général il paraît. On ne veut surtout pas créer de complexe d’infériorité, alors on met à genoux ceux qui ont de trop longues jambes. En cherchant de l’information pour mieux cerner un profil de client que je vois régulièrement, c’est moi que j’ai découvert! J’ai l’impression qu’un voile se déchire lentement devant mes yeux et qu’un brouillard se dissipe au fur et à mesure de mes recherches sur le sujet.

Comme tout le monde sur ce forum, je suis bouche bée de constater que finalement, non, je ne suis pas extraterrestre. Des dizaines de souvenirs flash défilent dans ma tête, concernant des événements ou situations qui ne trouvent de sens qu’aujourd’hui, à la lumière de ce que je découvre. Je cherche donc « le » spécialiste à qui confier mon évaluation « officielle », mais comme la psycho est tout de même mon domaine, je me permets de penser sérieusement que je fais partie cette communauté.

D’un côté, c’est tellement réparateur pour moi que j’en pleurerais. 54 ans de doutes sur moi-même, de honte, d’un vague sentiment d’être la fautive dans tout ça devant l’hostilité et le bruyant rejet des autres quand je partage une idée, une réussite, une nouvelle perspective, quand ce n’est pas qu’on me juge dérangée et anormale.

D’un autre côté, c’est professionnellement troublant: combien de personnes mes collègues et moi-même recevons-nous qui sont moralement démolies, dépressives, anxieuses ou aux prises avec l’hostilité de leur entourage. Ces personnes sont traitées ( en thérapie ou médicalement) comme si elles avaient une sorte de défaut de fabrication avec lequel elles doivent concilier sans pour autant se déprécier. L’image d’elles-mêmes qu’on renvoie à ces personnes est à elle seule suffisante pour en faire une dépression! Alors que pour plusieurs d’entre elles qui sont, je le comprends aujourd’hui, plutôt trop douées que pas, on est complètement à côté de la plaque.

Pour toutes ces personnes qui tournent peut-être encore en rond dans leur vie comme je l’ai longtemps fait, je dis, « Il n’est jamais trop tard pour commencer à bien faire. »

Personnellement, il y a 20 ans, acculée à un mur, j’ai traîné mon angoisse sur les bancs d’école. Seule avec trois jeunes enfants, morte de trouille, sûre que j’allais échouer, je suis retournée finir mes études et oh surprise, j’ai brillamment réussi! Diplômée en 2000 en psycho, j’ai tentée de faire ma place dans le réseau, mais là encore m’attendaient jalousie, hostilité et harcèlement pour que je m’écrase et me taise. Je faisais de l’ombre à d’autres sans doute. Ça me rappelle le jour où mon aîné, (1.98m) alors dans la vingtaine, m’a dit: J’en ai assez de toujours me mettre derrière tout le monde pour ne pas cacher la vue de personne! Moi aussi je veux voir le spectacle de près! Alors dommage pour les autres, mais moi aussi je paie mon billet au même prix qu’eux et moi aussi je vais profiter du spectacle! Vous aurez deviné qu’aujourd’hui, il se permet de bien réussir sans pour autant être arrogant.

Donc pour moi, il y a 6 ans, tremblante de peur j’ai plaqué mon travail, encore une fois au pied du mur à cause d’un harcèlement virulent. J’ai démarré ma pratique privée où je ne gênerais personne et à mon grand étonnement, la réussite me sourit tellement que je dois à nouveau la taire ou la minimiser si on me questionne. Mais on s’en fout! Parce que cette fois, c’est dans mes voiles à moi que le vent souffle! 🙂

On a tous le droit d’avoir une place enviable dans la vie, d’exploiter notre potentiel à sa pleine mesure, mais personne ne nous la donnera, surtout si en plus on est doué. Il faudra sans doute la prendre, poliment mais avec une détermination qui n’acceptera plus, cette fois-ci, d’être découragée.

En terminant, je vous fais à tous une promesse solennelle: je vais me former à l’évaluation de la douance chez l’adulte afin de réellement aider comme il se doit ceux qui franchissent la porte de mon bureau.

 » Il n’est jamais trop tard pour bien faire. « 

Mireille | 28 février 2014 à 14 h 54 min

Je n’ai pas tout lu dans les détails, suffisamment toutefois pour avoir une sorte de confirmation d’appartenir à l’univers zébré. C’est en 2011 en écoutant une émission de la « tête au carré » avec Jeanne S F, pensant à mon fils dont un instit m’avait dit qu’il le croyait surdoué, que j’ai réalisé avec stupéfaction que l’émission s’adressait à moi! J’avais l’impression que c’était ma vie qu’on racontait à la radio. Je suis rentrée chez moi dans un état de perturbation cataclysmique. J’ai acheté « l’enfant surdoué » puis en décembre 2013″trop intelligent pour être heureux? » que j’ai eu beaucoup de mal à lire car je pleurais presque à chaque page. Aujourd’hui je voudrais passer les tests, parler avec un psy spécialisé dans ce domaine, car même si je ne crois pas me tromper j’ai néanmoins besoin d’une confirmation officielle. J’ai tellement galéré dans ma vie (avec des périodes absolument cauchemardesques, et d’autres fantastiques), genre montagnes russes, traversées de sentiments résolument contradictoires (un jour je me sens capable d’atteindre des sommets, le lendemain j’ai envie de me foutre en l’air), tout cela m’épuise…J’ai 60 ans, j’en ai marre de ne pas trouver de solution, mon espoir c’est d’être diagnostiquée, j’ai la sensation d’avoir constamment marché sur un terrain mouvant, me demandant à chaque pas si c’était moi qui étais folle ou si je venais d’une autre planète sans le savoir. Le problème est que je suis au RSA, j’habite loin des centres de diagnostic, je ne sais vers qui me tourner. Quelqu’un pourrait-il m’aider à trouver une solution près de chez moi (j’habite en Corrèze)?
J’ai éprouvé un soulagement à la lecture du 2e livre précité, où il est dit que « les blessures silencieuses sont les plus douloureuses » (je me suis toujours sentie illégitime face à mon mal-être) et que « l’homme n’est vraiment heureux que quand il fonctionne à 100% de ses capacités », ça me donne la gnac pour poursuivre mes recherches, je me dis que maintenant que je crois avoir trouvé le début de la pelote qui me mènera à ma vérité il faut absolument que je parvienne à la dévider entièrement. J’aimerais énormément rencontrer d’autres zèbres, en particulier d’un certain âge, pour pouvoir échanger, car bien que je ne sois nullement asociale je suis lasse des relations superficielles qui ne m’apportent plus qu’un douloureux renvoi à ma « différence », et je passe le plus clair de mon temps dans la solitude physique, affective et psychologique. Je vis au fond des bois dans la maison de Blanche Neige, les 7 nains sont mes chats, les oiseaux et les chevreuils, et mon prince charmant (autre E.T. dans le déni) vit à 500 km de chez moi.
Je sais que la solution est en moi, mais dans l’immédiat j’ai besoin d’une main secourable pour sortir du trou où je me suis enfoncée. J’ai des projets d’avenir, malheureusement le temps commence à m’être compté et je voudrais bien en sortir avant d’être définitivement enterrée! Maintenant mon pb est essentiellement matériel, de plus je viens de lire sur un autre site des commentaires assez refroidissants sur JSF et je crains de devoir faire des sacrifices énormes en pure perte.
À tous ceux qui ont eu la patience de me lire je dis ceci : n’attendez pas, n’hésitez pas à vous faire diagnostiquer, donnez-vous toutes les chances de savoir ce que vous êtes vraiment, car passer à côté de soi est une douleur terrible. Et attendre un hypothétique mieux est parfaitement illusoire et dangereux, seule la vérité pourra vous soulager et vous guérir. Et même si comme le dit Josée « il n’est jamais trop tard pour bien faire », ou d’autres « mieux vaut tard que jamais » je soutiens que « mieux vaut maintenant que plus tard » car il n’est jamais trop tôt pour être heureux!

Pétrolette | 3 avril 2014 à 11 h 29 min

Bonjour a tous.
Que d’émotions de vous lire.
Je n’interviens jamais sur les blogs que je consulte, habituellement mais là…
Je suis particulièrement touchée par le témoignage de christophe pour cette page et ceux de Marc (Chivrac et pas Aurèlle)pour la page 1.
En effet je me reconnais dans ces descriptions de vies et de ressentis. Oui vive la nature et les annimaux.
Je résumerais comme suit; qu’il est difficile d’être un adulte HP dans cette société quand personne ne vous à guidé dès l’enfance!
Quelle souffrance!Je rêve depuis toujours de travailler depuis mon domicile non pas que je sois agoraphobe mais incomprise des personnes qui m’entourent. Certes je n’informe pas les autres de ma douance mais en revanche j’essaie de me fondre dans la masse ou je fais vite figure « d’exception qui confirme la règle » ce qui en séduit certains mais en désarme d’autres, puis je deviens celle à qui il faut demander conseil pour les problèmes dont personne ne trouve LA solution, lourde responsabilité lorsqu’au départ vous avez juste voulu donner un petit coup de main, que de se retrouver sur un piédestal, encore plus si vous vous sentez bancale au plus profond de votre « être ».
Ah, si seulement je pouvais leur dire, sans qu’il me regardent soudainement comme une bête curieuse(en plus des bruits qui courent à mon sujet) et changent de comportement à l’annonce de cette nouvelle!
J’arrête là car si je continue, je vais écrire un bouquin(c’est une bonne idée ça!)alors qu’au départ je pensais écrire 3 ou 4 lignes seulement!
Merci à vous d’être là, c’est réconfortant.
A.C

Cyclo_parisien | 4 avril 2014 à 15 h 34 min

Bonjour Pétrolette,

Très bonne idée, je n’y avais pas pensé: comment est-on perçu par l’entourage? Je veux dire mis à part une bête curieuse, comment les gens nous perçoivent-ils réellement? Comprennent-ils qu’il y a quelque chose d’autre derrière tout cela, qu’il y a une gêne, ou bien ils s’en fichent complètement ou ignorent le problème?

Et y a-t-il des gens non HP qui sont capables de comprendre qu’un mode de raisonnement différent existe, ou bien est-ce que seules les personnes souffrantes peuvent comprendre ce mode de raisonnement différent?

J’essaie quelquefois d’imaginer comment doivent raisonner et penser les gens souffrant d’autisme (avec tout le respect que j’ai pour eux), juste pour tenter de comprendre leur problème de par leur point de vue, mais ce n’est vraiment pas évident voire impensable. Est-ce que la situation est assez analogue (pas comparable, mais analogue à un degré bien différent)? Je comprendrais les difficultés.

Pétrolette | 5 avril 2014 à 13 h 05 min

Bonjour Cyclo,
Pour ma part j’évite de me présenter en tant que HP, par contre j’ai parfois des conversations(que je provoque pour sonder « le terrain ») à ce sujet et je suis souvent désolée par ce qui en résulte et forcée de constater que les idées reçues sont bien ancrées dans l’esprit des gens, qui ont comme barrière à la compréhention, une peur,celle de l’inconnu, elle les empêches de chercher plus loin que ce que ces idées toutes faites, leur apporte. Catalogués comme génies,
ils ne s’imagine pas qu’il y a autre chose. c’est triste!

Pour ce qui est de l’autisme, je pense qu’en effet nous pouvons comprendre cette différence, moi aussi je respecte les autistes.
Je dirais même que je les aime sincèrement, j’ai eu l’occasion d’occuper un poste d’encadrant dans un CAT(atelier protégé pour ceux que l’on nommes »grands ados »)…
formidable et émouvante expérience!!! ils ont des critères d’attachement et une sensibilité, qui sont approchants des nôtres, je trouve.
Là encore j’ai pu constater qu’une personne qui pense d’une autre manière est plus à même de gérer les situations délicates.
Sujet passionnant que celui des Autistes!

Pétrolette | 6 avril 2014 à 9 h 26 min

Bonjour,
Et oui me revoici, déjà!
J’ai deux questions aux quelles certains pourront peut être répondre;
Est ce que certains d’entre vous ont été ou sont somnambules ?
Avez vous des souvenirs qui remontent au berceau?
Etes vous ambidextre?
merci.
AC

Pétrolette | 6 avril 2014 à 9 h 28 min

Il y a trois questions finalement.

Cyclo_parisien | 6 avril 2014 à 22 h 12 min

Autant répondre à ta question:
Non, non (le berceau, ça remonte quand même à très loin) et non (je suis plutôt pas trop doué de mes doigts (écriture patte de mouche) 🙂 ). Je ne pense pas que cela sera très utile pour te répondre, mais bon…

Pour ton ancien message: c’est vrai qu’on remet plus facilement en cause un peu tout (voire tout), donc ça permet de toujours chercher autre chose que les idées préconçues et cataloguées.

Ca a pour avantage d’essayer de comprendre la situation des autres avec leur propre point de vue (du moins de faire l’effort), mais comme inconvénient pour ma part de douter de tout et d’être anxieux, car je crois que tout peut être remis en cause. Pour construire une personnalité stable avec une bonne confiance en soi, c’est un peu compliqué 🙂 (je ne peux qu’en sourire, au vu du nombre de gens qui m’ont dit que cela ne sert à rien, que je devrais être plus confiant en moi, etc: avec le temps, cela en devient ironique car ils redoutent d’être remis en question eux-même).

Augusto | 12 avril 2014 à 10 h 23 min

Bonjour,
Je viens sur ce site régulièrement.
Je lis beaucoup de choses qui alimentent chez moi tant un rêve qu’une colère profonde.
J’ai posté un commentaire ici il y a presque un an, que je ne retrouve plus, pas important.
J’en ai lu un sur la première page de cette rubrique qui dit à deux mots près exactement la même chose. Et un sur cette page qui m’agace profondément. Flo, à mon sens, l’humanité n’a pas à avoir grand besoin de notre folie, ne soyons pas grandioses, elle ne nous accepte pas, rendons le lui.
L’intelligence est considérée comme une maladie ? Répondez leur que malheureusement pour eux vous n’êtes pas contagieux.
On vous dit inadapté ? Dites leur que leur espèce est en voie d’extinction, que eux, ne pourront pas s’adapter à nous, alors que nous pouvons très bien faire semblant de le faire, nous.
Lorsque vous rencontrez, intimement ou professionnellement un îlot de tolérance, de paix, nourrissez vous-en, faites le votre, parfois c’est simplement gratuit…
Je sais que mon discours est clairement agressif. Je sais que je suis plus proche de Magneto que de Gandhi. Je sais que si nous ne nous comportons pas comme si la norme était notre ennemie, elle nous fait souffrir.
Assumer d’être différents ? Mais nous sommes meilleurs !!
Pas « trop », juste « plus » !
Laissez tomber les questionnements sur le « pourquoi », songez au « comment ». Que pourriez vous faire, être, créer ou ressentir, si vous ne vous posiez pas ces questions… Imaginez l’espace libre dans votre crâne, imaginez l’amplitude que vous pouvez avoir si vous « passez la seconde ».
Soit, c’est assez destructeur, potentiellement, mais pas tant que ça. Notre sens aigu de ce qui est « bon » (au sens juste, ne nous faisant pas de mal à nous même, ni aux autres ) met à l’abri du dérapage.
Je ne dis pas qu’il faut être mauvais, je dis qu’il faut cesser d’être gentil.
Je ne dis pas qu’il faut être égoïste, je crois qu’il faut être égocentrique.
Ne jamais se sacrifier. Votre intelligence, vos émotions, votre énergie, sont des outils. Qu’en feriez vous, si vous aviez pleinement la possibilité de vous en servir ?

J’ai 30 ans, je suis en passe de finir de me déstructurer socialement, me marginaliser, pour une seule raison : Je suis ce que je suis, pleinement, sans morale, avec des valeurs, et je ne m’adapterai plus à un monde que je dépasse. Je ne le tirerai pas vers le haut.

Je sais que je ne suis pas seul. Vous ne l’êtes pas non plus. Qu’en ferons nous ?

stephlau | 29 avril 2014 à 6 h 54 min

Bonjour à tous,

Tout d’abord je voudrais vous dire que vous faites du bien, cela me fait un bien fou de vous lire, je me sens soulagée et moins seule au monde, donc j’ai souhaité prendre deux minutes avant de commencer mon laïus pour vous dire que c’est vraiment bien ce que vous faites.
Je me suis inscrite sur votre site pour parler car je ne me sens pas seule pour une fois. C’est carrément impressionnant de voir que l’ensemble des caractéristiques décrites, ce qui me faisait dire que j’étais une « anomalie » depuis tout ce temps aurait un nom. Le fait de me lasser très vite, de vouloir apprendre tout le temps, d’avoir fait tellement de métiers différents qu’en entretien on en arrive à me demander quel est mon métier exactement, le fait d’avoir tout le temps besoin de challenge, le fait d’avoir une mémoire d’éléphant (on m’a même demandé si je tenais des fiches sur les gens….car je me souvenais précisément du lieu, de la conversation et de la personne que je rencontrais un an après pour la deuxième fois de ma vie), le fait d’être sensible à la barbe de trois jours de mon mari au point de ne pas la supporter sur ma peau le temps d’un bisou, le fait d’écrire depuis l’âge de 10 ans, d’être tombée amoureuse de Baudelaire à 15 ans…. Toutes ces choses qui font que l’on ne se sent pas pareil.
Du coup j’ai passé mon temps à masquer ces bizarreries voyant que ce n’était pas normal de se poser autant de questions. Ma mère me rappelle encore aujourd’hui la fois où à quatre ans je lui avais demandé à quoi cela servait de vivre si nous devions mourir… (Je médite encore sur le sujet même si j’ai trouvé depuis pas mal de pistes de réflexions)
En grandissant, les personnes m’ont toujours décrite comme une fille brillante mais décalée, c’est ce qui revenait le plus souvent. Je n’ai jamais considéré le côté brillant, je me trouve par contre curieuse c’est vrai et je peux me passionner pour des sujets vraiment divers, il suffit que j’accroche et je vais jusqu’au bout. On m’a déjà reproché d’être exigeante en me demandant d’être plus indulgente (la dernière fois c’était dans le cadre d’une association dans une entreprise, où mon futur-ex associé trouvait que j’allais trop vite, qu’il n’arrivait pas à me suivre, alors qu’il admettait que cela se révélait être positif mais que je devais être indulgente avec lui et prendre le temps d’aller doucement. Or, je déteste perdre mon temps…cela m’a exaspéré !)
J’ai toujours aimé avoir des moments seule pour me retrouver et réfléchir avec moi-même en quelque sorte, besoin de me couper du monde (avec mes amis on dit que j’hiberne). Je somatise comme une folle, je fais ce que j’appelle des « boutons de stress », lorsqu’un film est trop violent pour moi, il m’est déjà arrivé d’aller vomir à la fin tellement j’étais mal…. (il peut s’agir d’un Kill Bill par exemple).
Bref au milieu de tout ça, je me reconnais tellement dans vos anecdotes et commentaires, que je me dis que vous pourriez probablement comprendre ce dont je parle (je n’ai jamais écris avec autant de « je », la sensation n’est pas désagréable pour autant mais un peu bizarre).
Cela fait quelques jours que je m’intéresse au sujet d’abord des hypersensibles, ce qui m’a rapidement menée au site des adultes surdoués. Mon problème initial est venu de la manifestation de ce qui était pour moi de la timidité et qui depuis mes récentes lectures me font entrevoir qu’il s’agirait peut-être d’hypersensibilité si on l’observe avec les autre symptômes (que je ne pensais pas liés).
J’ai donc toujours considéré que j’avais des problèmes de grande timidité (c’est comme cela que ma mère m’a toujours rassurée !), ce qui était en réalité un peu étrange puisqu’en grandissant et en ne cessant de changer d’école, de pays, de boulot etc…j’ai toujours été considérée comme étant plutôt sociable et faisant facilement la conversation à tout le monde. Par contre, il me faut quelques temps pour récupérer de la charge émotionnelle que cela engendre parfois.
Face au handicap de ce qui était pour moi de la timidité, je me suis dit qu’il fallait vraiment que je fasse un travail sur moi-même et que je réfléchisse en particulier à gérer ce problème persistant mais n’apparaissant que dans certaines circonstances et devenant bloquant. Pour résumer, lorsque quelque chose me prend particulièrement à cœur et que je me retrouve à devoir en parler en public (devant une tribune), je peux me figer au point de ne même plus pouvoir dire mon nom, comme un black out. Le trou noir….
Cela n’est pas vivable dans ma vie professionnelle, c’est infernal de ne pas pouvoir se maitriser à ce point, de douter de soi à ce point et que cela se voit à ce point….
Dernier exemple en date ma soutenance de thèse de doctorat, j’ai réussi à lire l’ensemble de ce que j’avais prévu mais lorsqu’il a fallu défendre des points précis et techniques, que je défends sur le papier ou à mes collègues, ou à mon directeur de thèse… black out.
Black out, sur 5 ans de travail approfondi, sur un sujet que je connais par cœur, et ma justification à cela est que je suis timide spécifiquement dans certaines circonstances… Cela n’avait pas de sens.
Après un autre petit incident dans ce style, j’en ai parlé rapidement avec ma mère, en lui racontant ma semaine. C’est là qu’au bout de 33 ans, elle me lâche gentiment ce terme d' »hypersensible introvertie » pour me qualifier et cela avec un naturel tellement déconcertant que je n’ai pu m’empêcher de voir qu’elle s’était clairement posé la question et avait réfléchi au sujet. Voire pour le coup fait des recherches. Cela m’a d’abord fait sourire, car je dois dire que j’associe le terme aux personnes pleurant facilement. Puis curieuse et aimant les définitions claires, je suis allée sur internet et suis tombée sur tout un tas d’articles et d’informations sur le sujet.
Cette petite intervention est un peu longue, mais j’ai tellement de choses à comprendre pour savoir si c’est bien de cela dont je souffre et qui me pourrit la vie par moment.
Si vous pouviez me contacter ou m’aider à comprendre, vraiment, je vous en serais reconnaissante, (à vrai dire je le serais déjà si vous avez réussi à lire l’ensemble de ce message).
Merci et bonne continuation à vous tous.

dansedelapluie | 7 mai 2014 à 12 h 36 min

Stephlau,

Je vous ai lue et vous relis, vous me parlez mais bravo d’aller jusqu’au bout de vos « passions », comme je comprends votre solitude et cette sorte d’impatience face à l’incompréhension des autres, la charge émotionnelle face parfois à une simple conversation , le « black out » face à un sujet connu sur le bout des doigts…

33 ans, c’est votre âge?

ah cette hypersensibilité à gérer, lorsque j’avais 20 ans, au détour d’un voyage en train et d’entremêlée de conversation, quelqu’un soulignait ma capacité à percevoir,voire même à vivre, les émotions des autres et me conseillait d’en faire une sorte de « réserve » où puiser pour l’exprimer non à tout va mais dans le cadre d’une scène de théâtre ( j’avais intégré une formation « l’art comme tremplin »)

Bien à vous

stephlau | 27 mai 2014 à 11 h 35 min

Tout d’abord un grand merci pour votre commentaire dansedelapluie et je suis désolée de ne pas m’être connectée plus tôt quand je vous lis.
Pour vous répondre j’ai en effet 33 ans et en lisant vos témoignages, je me dis que c’est une étrange chose que cette hypersensibilité, ce mal-être, ce malaise cette sorte d’inaptitude que nous pouvons avoir en société.
Je reste songeuse, je ne sais pas vraiment ce que je dois en penser. Sincèrement, je me retrouve tellement dans votre témoignage (notamment sur votre scolarité) ainsi que dans l’ensemble de ceux qui partagent un peu d’eux sur ce site. Cela me renvoie à mes interrogations.
Je ne peux m’empêcher de me dire, c’était donc ça ?!?
Vous me redonnez confiance en moi, vous me faites penser que je suis peut-être étrange mais cela ne m’empêche pas d’être.

Decorte Dominique | 1 juin 2014 à 18 h 46 min

Bonjour Stephlau,

oui, ne nous empêchons pas d’être!

Dominique

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