Planète surdoués | Un espace d'information et de recherche sur la douance

Steph

Steph, son histoire.

 Témoignage de Steph, une jeune femme de 40 ans.

Steph  pour quelle raison as-tu pensé récemment à te faire tester à 40 ans ?

J’ai entendu parler de la douance il y a 2 ans  par Jeanne Siaud Facchin sur France inter, au moment de la promotion de son livre sur les adultes surdoués.  Je me posais des questions sur mon fils qui était en GS à l’époque.  Suite à ça, deux mois après, j’ai cherché à faire un bilan pour mon fils, je me suis renseignée à l’afep qui m’a donné le nom d’une psychologue. Il a été testé en juin il y a un an et demi. A ce moment là, j’ai surtout pensé à mon frère en fait, je ne me suis pas vraiment posé de questions sur moi mais ça me parlait. Mon fils avait des comportements qui me rappelaient les miens.  Un peu après, j’ai cherché à me faire tester mais lorsque j’en ai parlé, j’ai obtenu des réponses abruptes de l’afep et de la  psy de mon fils.

Ah bon, comment ça ?

On m’a dit que l’on ne voyait pas pourquoi je voulais me faire tester, que ce n’était pas la peine, que si j’étais satisfaite de ma vie, eh bien, ce n’était pas une bonne idée. J’ai senti un déni, mais comme personne ne voulait m’indiquer de psychologue dans la région qui pouvait me tester, j’ai bien été obligée de laisser tomber. Je me suis occupée de mon fils. Il est passé au CE1 sans faire de CP,  il a changé  d’école. Il a fallu fournir des efforts, l’aider. Ensuite il a fait un début de CE2, mais j’ai du le faire passer au CM1 en cours d’année car il dépérissait, il s’ennuyait trop.

Après tout ça, je me suis mise à chercher du travail, et, très vite, j’ai ressenti l’envie et le besoin d’être testée, de faire un vrai bilan. L’année dernière, j’ai écrit un roman. C’était quelque chose que je voulais faire depuis longtemps et que je n’avais jamais osé jusqu’ici. Je veux à présent un travail qui m’intéresse…  A la mesure de mes diplômes, j’ai eu un master en sciences de l’éducation avec mention. J’ai une expérience aussi, j’ai  40 ans… Je voulais faire autre chose que du secrétariat.

J’ai cherché sur le net,  un mois et demi,  j’ai cherché des infos sur les adultes surdoués, je voulais quelqu’un de sérieux, je me méfie des psys en règle générale, il y en a des bons, des mauvais aussi.  Ne trouvant rien d’autre, je me suis mise sur une longue liste attente sur Cogito’z, un peu par dépit, et je suis tombée  sur planète surdouée, ton site, j’ai vu que tu faisais un master à Paris8 (!) et je t’ai demandé conseil pour avoir les coordonnées d’une  personne vraiment fiable. Tu m’as obtenu les coordonnées d’une psychologue sur Paris, par le biais d’Arielle Adda que j’avais lue. Je suis allée me faire tester il y a un mois à Paris : j’ai été un peu prise de cours, j’ai eu un rendez-vous très vite. J’étais en même temps très contente, soulagée que ma demande soit prise en compte, avec une petite appréhension quand même. Les enjeux d’un test sont importants,

mais la psy m’a mise en confiance. Je voulais un bilan, car je ne me sentais pas en confiance, en regardant ma vie, j’avais la sensation de ne jamais avoir été au fond des choses,  j’avais cette impression de m’être laissée porter par des événements, des rencontres, de ne pas avoir mené ma barque, comme a dit la psy. Il y avait aussi ce décalage que je ressentais par rapport aux autres mères que je côtoyais à l’école ou près de chez moi. Je ressens des difficultés avec les codes sociaux, j’ai la plupart du temps l’impression de jouer un rôle, d’être confinée, de ne jamais être vraiment moi…

J’avais rendez-vous un vendredi, à 13 heures, dans une rue où j’avais travaillé pour une personne très désagréable. J’ai décidé de me faire plaisir, j’ai poussé la porte d’un restaurant de quartier avant de m’y rendre. J’ai discuté un peu avec la psychologue, puis on a commencé le test. C’était étonnant parce que j’ai dit d’emblée que j’étais nulle en maths et en logique, on a démarré par les cubes. J’étais étonnée de me sentir agacée lorsque je n’y arrivais pas, et ça m’a rappelé mon fils. En fait, je ne me suis pas trop mal débrouillée avec les cubes. Et puis, on a continué avec les exercices de logique que je redoute, ça m’a vraiment agacée, et je disais sans cesse « mais, qu’est-ce que je suis nulle ! ».   La suite a été assez facile, j’étais même assez déconcertée par la facilité, ce n’était pas si difficile.  J’ai eu les résultats de suite, elle m’a dit mon QI global, 134. Sur le coup, je me suis dit que ce n’était pas énorme mais que cela voulait dire que j’étais effectivement surdouée. Au début, lorsque que j’en ai parlé à certains proches – ils m’ont tous demandé mon QI!- j’ai dit que j’étais une « petite surdouée ». Mais, cela ne veut rien dire « petite surdouée », ça veut simplement dire que je suis surdouée, c’est tout ce que ça veut dire…  J’ai eu les larmes aux yeux quand la psychologue m’a parlé après le résultat.

Elle m’a dit qu’au moment du test, j’avais dit sans arrêt  « je suis nulle »,  elle m’a expliqué : «  Vous êtes brillante, vous avez un simplement un décalage entre la logique – dans la moyenne – et le reste, notamment la capacité de raisonnement. » En logique j’ai eu 10, et en capacité de raisonnement  17, le décalage est énorme… Ça m’a fait pleurer, je me suis dit effectivement, je ne suis pas nulle, c’est juste un gros blocage !   » Quel gâchis ! », c’est ce qui m’est venu. Le test de la mémoire des nombres a donné 14, je me suis dit comment ça se fait que j’ai été bloquée comme ça sur les maths et la logique au cours de ma scolarité?

J’ai repensé à ce qu’écrit Arielle Adda, que lorsque des personnes ne sont pas reconnues, qu’elles se trouvent  bloquées dans leur apprentissage, eh bien,  que leurs capacités peuvent se détériorer…  Je me suis dit que c’était ce qui m’était arrivé, que ce qui m’avait fait décrocher en 4 e.

On peut parler de ta scolarité…

Je regarde  ma scolarité, je remonte le temps,  en maternelle je me souviens de la petite section, les jeux, les poupées, la dinette. Il y avait aussi  le poisson rouge – je m’en souviens peut-être parce que la maitresse s’appelait  Mademoiselle Poisson !  J’avais aussi mon coussin chouette pour la sieste. De la moyenne section, je ne me rappelle rien.

En  Grande section, je me rappelle que je suis devant les lettres avec les autres enfants. Je me souviens de cette petite fille qui avait du être un peu turbulente : la maîtresse lui avait mis du scotch sur la bouche. C’était horrible, j’avais peur, je redoutais qu’il puisse m’arriver la même chose. Je crois que cela m’a forcée à me mettre dans le cadre, tout de suite. Je faisais attention.

En primaire, j’ai adoré le Cp parce qu’on lisait, on écrivait, c’était extraordinaire. J’ai des souvenirs très clairs du CE1 aussi, des bureaux, du porte-plume qu’on utilisait, de la grammaire qui me fascinait .C’était fantastique. La maitresse était une vieille femme, en fin de carrière, autoritaire.  A 7 ans,  au CE1,  j’ai commencé la danse classique, en dehors de l’école, le mercredi puis le lundi soir et ensuite un troisième cours. A  8 ans,  je faisais 10 h de danse par semaine, et je n’ai aucun souvenir des devoirs que je pouvais faire, que je devais faire (?) : la danse était une passion. Cela a été la découverte du corps, de ses possibilités, ma prof de danse était très rigide mais d’une exigence qui ne me pesait pas. C’est pour cela que l’école était pour moi une grande cour de recréation, à l’école, je pouvais jouer avec des enfants de mon âge : je me souviens surtout des loups, des billes, des osselets… J’étais à part des autres à cause de la danse mais j’étais  bien.

En danse on a fait un ballet  en cm2  ou 6e je ne sais plus, en cm2 je crois : « Emilie jolie »   J’ai été choisie pour jouer Emilie : Emilie, c’est une petite fille qui rêve. Dans ce ballet, il y a un conteur qui accompagne la petite fille. Ma prof m’a fait un cadeau, elle était le conteur, c’était extraordinaire, elle ne m’avait rien dit, jusqu’au bout… En danse, j’étais avec des plus âgées.

Tu t’entendais bien avec les plus âgées?

Oui, il y avait un bon climat, pas de jalousie. Je les admirais plutôt, comme elles étaient plus âgées, elles avaient plus de technique que moi et c’était moteur.

CE2, CM1, CM2, aucun souvenir particulier.

En 6e, je faisais toujours de la danse, je me souviens que j’étais vraiment en décalage avec les autres enfants, et les filles. Il y a cette histoire de chaussures : je voulais des chaussures à talons compensées, c’était à la mode. Ma mère avait bien voulu me faire plaisir, j’avais donc ces chaussures, je les revois, roses à fines rayures blanches, je les trouvais belles, les talons pour moi qui faisais des pointes ne me paraissaient pas hauts mais, j’étais la seule au collège à avoir des chaussures comme ça. Je me suis toujours sentie en délaçage avec les filles de mon âge.

En 6e, je me souviens de trois choses, quatre exactement. D’abord,  l’Anglais, je trouvais ça génial  mais au 2e cours, il a fallu choisir un prénom, j’ai choisi le prénom de ma mère Caroline. Quand le prof l’a prononcé en anglais, c’était affreux, je détestais la sonorité du prénom en anglais, j’ai voulu en changer mais ça n’a pas été possible et je l’ai eu toute l’année! Pourquoi j’ai souvent voulu changer de prénom ? Ca je ne sais pas. En tout cas, ça m’est arrivé plusieurs fois jusque tard. Maintenant, j’aime mon prénom et je ne souhaite pas en changer.

Au niveau de l’apparence physique, j’étais une petite fille modèle, à 8 ans j’ai eu des lunettes. Je m’étais aperçue que les phares des voitures m’éblouissaient. On est allé voir un ophtalmo, un horrible bonhomme. Il avait dit devant moi « Elle est myope, ya rien à faire, sa vue va continuer de baisser »… Je me sentais bien quand je dansais, mais j’avais peur de ne pas être en harmonie avec les choses, avec les autres, avec moi-même, de perdre une partie de moi.

En Histoire, j’ai un souvenir ambivalent, on répétait toujours les mêmes choses. Je ne comprenais pas trop pourquoi on revoyait des choses qu’on avait déjà vues  mais j’adorais l’Egypte ancienne, c’était l’ailleurs et le différent. J’aimais aussi le cours de musique, il y avait la flute et Brassens : j’adorais ce vocabulaire… Il y avait aussi les sciences Nat avec les microscopes – d’ailleurs, pour Noël, j’avais demandé un microscope et je m’amusais à observer plein de choses avec. J’ai ce souvenir (extraordinaire) des pelotes de rejet de la chouette-effraie. On les avait ramassées dans les bois et puis on les avait observées. On retirait les petits os des rongeurs qu’on devait essayer de reconstituer…, ça m’a vraiment marqué.

5 e aucun souvenir. Fin de 5 e : grosse rupture à tous les niveaux ! Mes parents depuis la fin de 5e s’étaient séparés. Finalement, mon père a été muté et ils ont décidé de se remettre ensemble. Une année plus tard, ils se séparaient définitivement.

4e  on a déménagé, juste avant la 4e.  J’allais perdre la danse, on est allés habiter en ville alors que j’habitais à la campagne jusque là. La danse s’est trouvée réduite, en classique, j’ai fait moins d’heures. C’était douloureux mais en même temps, j’ai rencontré le modern jazz. J’ai découvert qu’on pouvait bouger les épaules et le bassin sur des chansons de Michael Jackson… Mes premiers disques, j’avais du me les acheter vers en cm2 ou en 6e, je ne me souviens plus exactement. Je me souviens, j’en avais acheté deux – je gagnais de l’argent en vendant des boucles d’oreilles que je faisais et que ma mère exposait dans sa boutique, d’ailleurs, c’est comme ça que je me suis acheté un magnéto. Les disques. J’avais acheté Casse-Noisette de Tchaïkovski et  « Antisocial » du groupe Trust. Je m’entrainais à faire des ronds de jambe sur le rythme scandé d’anti-social – ça va de plus en plus vite… mais je ne savais pas me dandinner, d’ailleurs je ne disais à personne aux cours de danse que je dansais sur ce genre de musique… Ma prof aurait fait une drôle de tête!

Oui, en 4e, c’était vraiment dur. Je me suis sentie trahie. J’avais perdu la danse. J’en voulais à mes parents et aussi à ma nouvelle prof de danse. Avec elle, en cumulant les cours de classique et de modern jazz, je n’arrivais pas à faire dix heures par semaine. J’étais donc allée au conservatoire pour faire plus de classique. J’avais été prise mais quand la prof l’a su, surtout quand les autres élèves l’ont appris, elle m’a alors demandé de choisir entre elle et le conservatoire. Je faisais plus d’heures avec elle et donc j’ai choisi  ses cours à elle plutôt que le conservatoire.

4e, j’avais pris  latin et allemand parce que c’était ce que ma mère avait fait et que c’était considéré comme des bonnes classes. J’ai commencé à être dissipée. En maths, il y avait  les équations et je n’ai rien compris, je ne voyais pas du tout à quoi ça rimait, au début j’ai fait les exercices mais j’ai très vite décroché. Je pense que je ne travaillais pas beaucoup, j’avais rencontré une fille,  adoptée, noire élevée seule par sa mère. Avec elle, on dansait. On s’amusait à faire des chorégraphies sur Michael Jackson.  En  Allemand, la prof était une femme, petite, frêle, fragile, j’ai été odieuse, je m’amusais à la faire craquer, je jouais à faire des tâches avec de l’encre magique qui disparaissaient presque aussitôt… J’ai commencé  à m’installer en cancre en ayant des résultats scolaires corrects mais sans plus.

En fin de 4 e séparation définitive de mes parents, j’ai vécu avec ma mère  (3 enfants), cela n’a pas été facile. On a déménagé, ma mère s’est retrouvée un temps sans travail.

3e je ne me souviens de rien sauf du prof de latin, il ressemblait à Gainsbourg, fumait des brunes pendant les cours… des cours de Français aussi, la grammaire j’adorais toujours, le prof était un peu à part, les autres ne l’aimaient pas, ils trouvaient qu’il faisait un peu lubrique. Je crois qu’il m’aimait bien parce que je devais être l’une des rares à aimer la grammaire. Un jour il a demandé une rédaction : il fallait faire la description d’une personne, et j’ai fait la description d’une prostituée, j’ai eu 17 ! Un peu provocatrice, j’avais besoin de bousculer les cadres sans doute.

2e  Des résultats nettement moins bons. Déjà, en 3e, sur mes bulletins était écrit : élève dilettante – la première fois que j’ai vu ce mot, je l’ai trouvé exotique, je ne connaissais pas son sens et je me souviens je l’avais cherché dans le dictionnaire…,  il y avait aussi « devrait plus travailler », « dissipée », « en bavardage continu »dans presque tous les cours. Au Lycée, j’ai eu des amies filles qui avaient une mobylette moi non, je n’avais pas de mobylette, je n’étais pas dans les mêmes trucs qu’elles, les boums, là j’ai commencé à sécher les cours, il y avait des colles, j’étais convoquée, etc. Je me suis mise à faire de la mobylette, du flipper…

Je n’aimais que le Français, je ne me souviens de rien d’autre, et encore!, je trouvais ridicule que le prof nous fasse venir sur l’estrade pour qu’on récite des vers entiers de Racine ou de Corneille… 3 de moyenne générale, c’est ce que j’ai du avoir en fin d’année…Je voulais savoir jusqu’à quel niveau le plus bas je pouvais aller, j’en avais rien à faire. J’étais même étonnée qu’on puisse encore avoir 3 en ne faisant rien… Fin de 2e  on a redéménagé,  les profs ont dit à ma mère, « Elle ne pourra même pas faire un BEP ! »

Ma mère a réagi, elle ne m’a jamais lâchée, elle pensait que c’était lié au divorce, elle a dit « ça suffit ma fille, tu vas te mettre à travailler! », on a été en privé parce qu’au lycée public, ils ne voulaient pas me prendre, j’ai dit que j’allais travailler, mais, finalement j’ai été acceptée en public, dans un grand lycée, personne ne me connaissait, je me suis mise à travailler, en maths notamment. J’ai eu des amies, mes premières amies qui étaient bosseuses et qui rigolaient en même temps, ce qui me plaisait. J’ai récupéré en  maths (8 ou 9 de moyenne en fin d’année), et donc première littéraire, toujours la haine des Maths. J’ai suivi les sciences Nat en option, le prof était vraiment extraordinaire, on a travaillé sur la douleur. J’ai repris la danse, classique, mais sans faire de pointes. Je ne voulais plus faire de pointes..

En 1ère, j’ai eu un prof de Français extraordinaire, il nous a appris la littérature, on a étudié la figure du monstre, il nous a ouvert l’esprit… J’avais du mal avec les disserts, mais au bac je ne me suis pas trop mal débrouillée, 11 ou 12 à l’écrit, 14 à l’oral. La philo j’ai adoré, j’étais considérée comme une originale, je n’ai jamais vraiment compris pourquoi mais j’étais la muse de deux garçons qui étaient artistes, peintre et poète. J’arrivais en retard aux cours du matin, je m’habillais en pyjama des années soixante, je me faisais des palmiers sur la tête, toujours ce besoin d’être autre… mais les profs me laissait tranquille, peut-être parce que je m’exprimais à l’oral, que je participais aux cours…   Ce n’était jamais une corvée d’aller au lycée en 1e et terminale, mais je ne travaillais pas vraiment.

Université

Je rêvais d’entrer dans une école de journalisme ou bien de tourisme, mais c’était payant. Je me suis  inscrite en LEA,à la fac, j’étais bonne en langues, mais ça ne m’a pas plu. Quand je suis arrivée dans l’amphi, bondé, avec des profs français, j’ai arrêté. Ma mère m’a encore portée, j’avais envie de cours plus rigides.  J’ai passé une année en Angleterre, chez des amis à elle très excentriques et très cultivés, 3 mois à Londres, 3 mois en Allemagne, chez une de ses autres amies. D’ailleurs, j’ai fait du flamenco et du classique avec un prof polonais. En fin de terminale, j’avais  rencontré un garçon toxicomane de 12 ans de plus que moi, très cultivé avec lequel j’ai du rester un an et demi…La drogue, ça ne m’a jamais tentée…

J’ai toujours eu ce besoin d’aller au fond de quelque chose que je n’arrivais pas à trouver…

Après mes séjours en Angleterre et en Allemagne, j’ai passé le concours d’entrée à la Catho. Leur programme me convenait, il y avait des profs compétents et aussi, 35 heures de cours par semaine. 3 années d’études à la Catho donc, anglais et allemand. Au début de l’année, il nous fallait une troisième langue, je voulais prendre espagnol – j’ai toujours voulu faire de l’espagnol – mais ce n’était pas possible. Je suis donc allée à un cours de présentation de japonais et j’ai adoré la prof, une femme rigolote, énergique, j’ai aimé aussi cette langue bizarre, cette structure à l’envers…, je ne connaissais rien du Japon. J’avais envie de découvrir ce système de pensée qui me paraissait déconnecté d’un système de pensée occidental, je me rappelle que je me suis dit que cela allait me faire du bien, alléger la rigidité de l’enseignement à la Catho. Mon grand père m’avait inscrit à des magasines d’actualité – à chaque anniversaire, j’aimais avoir des points de vue, lire des faits de société et il y avait cette rubrique « Japon » de Courrier International. Les articles dépeignaient toujours un côté farfelu du pays, cela me paraissait toujours extravagant, et je me disais qu’il devait malgré tout il y a avoir une cohérence dans cette culture, quelque chose qui jusque là m’avait échappé.

Le japon me fascinait, m’intriguait. Arrivée en quatrième année, l’année spécifique de la catho qui permet d’obtenir le diplôme de traduction, j’ai voulu abandonner l’allemand qui ne me réussissait pas et prendre japonais en 2e langue. Ce n’était pas possible. Je me suis donc inscrite en maitrise d’anglais, j’avais même mon sujet de maitrise, je voulais étudier « la servante écarlate » de Magaret Atwwod, une féministe canadienne. J’étais sur le point de partir au Canada quand ma prof de japonais qui savait que je voulais partir m’a proposé un poste au Japon en tant que lectrice de français, j’ai posé ma candidature, j’ai été prise et j’ai passé 3 ans  à Nagasaki.

 

Pourquoi parler de gâchis ?

Oui, comme ça, mon parcours a l’air bien… On a l’impression que, finalement, j’ai réussi mais il est si accidenté ! Je me suis dit que si cela avait été décelé avant…Bon, on ne sait pas ce qui se serait passé mais j’ai énormément souffert. Je suis une combative, c’est vrai, et ma mère a toujours cru en moi. Mais quel gâchis… Quand j’étais avec cet ami toxicomane, j’ai bu de l’alcool, (la drogue je me suis toujours méfiée, j’ai pris une fois du cannabis, j’ai vraiment eu peur de tout ce qu’il se passait dans ma tête), sans arrêt, j’ai cherché des limites, des biais au travers desquels j’aurais pu me sentir à l’aise…je me suis cherchée en permanence…

Avec tes frères et sœurs, c’était comment ?

Pour mon frère, ce fut une vraie catastrophe. Quand j’ai commencé ma deuxième 2nde, mon frère était en 4e . Il s’est retrouvé en échec scolaire presque tout de suite, ma mère s’est battue, comme elle avait fait avec moi, mais ça n’a pas marché avec mon frère. Il a décroché, en seconde, elle l’a inscrit dans un lycée expérimental, il est allé jusqu’en 1ère, a même passé son bac blanc de français, il avait eu 14 mais, au moment de passer l’examen, il a arrêté. Il n’a jamais pu passer un examen, sauf récemment, il y a quatre ans il a passé un examen de bucheron! Maintenant, cela fait trois ans, il a un cabinet de shiastu avec d’autres en Suisse, il avait fait sa formation jusqu’au bout, sans passer son examen n’avait pas voulu s’installer mais il est bon et en Suisse, il a finalement décidé de s’installer… Je pense qu’il est surdoué, avec cette incapacité d’aller au bout des choses, du fait que ce n’est pas reconnu… et il en a souffert. Cela fait 3 ans seulement qu’il arrive à vraiment vivre sa vie.

Ma sœur est plus dans les rails. J’ai 7 ans d’écart avec elle, elle est plus petite. J’étais au lycée, elle était encore en primaire. Je n’ai pas tellement suivi sa scolarité. On était très indépendants. Ma mère travaillait beaucoup, de 7 h le matin à 7 h le soir. Il y avait la femme de ménage, des amies de ma mère qui s’occupaient de nous. Mais on se débrouillait, le midi par exemple, je rentrais manger à la maison, j’allais à la charcuterie en bas acheter quelque chose ou bien on mangeait les restes. Elle nous faisait confiance et elle avait raison, d’ailleurs. Avec ma soeur, les souvenirs que j’ai, c’est plutôt les promenades dans les rues, les glaces qu’on pouvait manger quand il faisait beau…Elle est allée jusqu’en seconde puis elle a décidé que les études longues, ce n’était pas pour elle, alors, avec ma mère, elle est allée se renseigner… ma soeur est très douée, manuellement, elle a décidé de finir sa seconde et d’intégrer un CAP de prothésiste dentaire en alternance. Elle a toujours aimé ça. Elle s’est bien débrouillée, depuis 10 ans, elle est chez le même patron, a été promue… Mon père ne s’est jamais vraiment occupé de notre scolarité.

 

 

Tu aurais aimé le savoir plus tôt que tu étais surdouée ?

 

Les gens se disent, c’est bien comme parcours, pour moi, c’est un vrai gâchis.

J’ai passé mon temps à me chercher, à me demander ce qui clochait chez moi. Quand j’ai entendu parler de surdouement, je ne savais même pas que cela existait ! Cela a été un vrai déclic, ah ça existe ! J’ai pensé à mon frère, tout de suite, à son échec, je ne savais pas que j’étais douée, c’est pour cela que je soutiens ta recherche !  C’est important de le savoir tôt. Mon fils, s’il n’avait pas sauté de classe, il aurait été dissipé, dès la 6e, il aurait été en échec!   En CE2, je voyais bien que cela clochait et il est passé au  CM1, au collège, si ça n’avait pas été détecté, cela aurait été une cata, il aurait été mal aussi, comme moi. Alors que c’est un enfant plein de vie, bien dans sa peau, content, curieux…. Il aurait tout perdu…

Si on s’en était aperçu avant pour moi, je ne sais pas …J’étais heureuse jusque ça ne ça n’aille plus, je lisais beaucoup, des livres qui n’étaient pas de mon âge, tout m’intéressait, alors quel échec, de se retrouver sans désir, de se raccrocher comme on peut…j’ai vraiment souffert. Ce côté heureux, cette gaité, elle en a pris un coup même si je suis retombée sur mes pattes même si j’ai toujours en moi une grande force de vie. Si on avait su, je ne sais pas ce que j’aurais fait, il y a toujours les partisans du « vive les échecs, c’est au travers les échecs qu’on apprend! »…mais est ce qu’on est obligé de tomber tout le temps, comme un enfant qui commence à marcher et qui ne fait que tomber, alors qu’il ne demande qu’une chose, de bientôt courir et de jouer avec les autres!!!

Je vois bien que je ne colle pas au cadre, même si j’ai eu un master avec mention Tb ou si on publie mon roman un jour peut-être. On voit dans le bilan, que je n’ai pas confiance en moi, que je cherche des réponses. Il y a ce désir de savoir, d’être, de savoir qu’on peut très bien être « doué », oui. Pour moi, le fait de savoir a été libérateur, j’ai besoin de m’assumer comme je suis, cela t’aide dans ton rapport aux autres, cela t’aide à te construire. Cette reconnaissance, c’est nécessaire. J’ai besoin d’être moi, de me dire que  mon fonctionnement n’a rien d’anormal, que c’est simplement ma façon d’être. Je me suis toujours battue pour m’affirmer tant bien que mal, oui, c’est libérateur de savoir qu’on est doué. Là, c’est récent, d’accord, mais pour la première fois depuis bien longtemps, j’ai envie de douceur… C’est faux de s’imaginer le surdoué comme un combattant combattif, toujours à pied d’oeuvre, sans égard pour les autres, et qu’on a tendance à prendre pour un dur, un arriviste, d’oublier cette sensibilité, cette délicatesse. Moi, j’ai une sensibilité exacerbée, contrairement à l’image que les autres peuvent avoir de moi, ceux qui ne me connaissent pas. On peut être sensible et intelligent à la fois, c’est possible, et avoir besoin de douceur. Tu vois, je fais du tango argentin, j’ai découvert le tango quand j’étais à la catho, il y avait une porte ouverte dans une école de danse, je m’étais toujours dit depuis, que lorsque j’habiterai Paris, un jour, j’apprendrai le tango. J’ai fait 3 ans de tango, j’ai arrêté quand j’ai retrouvé mon mari, je me suis remise au contemporain. Eh, bien, cette année, j’ai eu envie de reprendre des cours. Je suis des stages aussi. Là, je viens de danser  9 heures ce week-end. Les profs étaient argentins, fantastiques, eh, bien, le prof, Ricardo a dit quelque chose de fondamental en début de stage : il y a autant de tangos qu’il y a de personnes. 

Je sais pourquoi le tango me plait tant, il y a la maîtrise de son corps mais une maitrise souple, ce n’est pas quelque chose qui va contre, pour la femme, c’est la possibilité de s’exprimer vraiment, de s’affirmer, d’aller au bout de ses gestes, de les sentir jusque dans le détail, d’allonger ses jambes, de se mouvoir dans l’espace, de donner de l’amplitude et de la grâce, voilà, eh, bien, je veux dessiner ma vie comme au tango !

Cela change le rapport à toi de savoir que l’on est douée, je n’osais pas m’affirmer.

Est-ce que c’est parce que je suis une femme, dans notre société, quand même, les femmes sont surtout là pour s’occuper des enfants si elles en ont, pour gérer le matériel, il y en a qui y sont excellentes d’ailleurs, il faut être une épouse souriante, un peu cultivée mais pas trop. Qui connaisse les règles du savoir vivre. L’intelligence, ce n’est pas en général ce qui est le plus valorisé, c’est peut-être pour ça que je préfère m’effacer. J’ai remarqué que j’ai souvent peur de me montrer arrogante, par exemple, pour mon roman je ne l’avais pas dit à certains de mes amis.

Lorsque j’ai lu mon bilan, j’ai vraiment pleuré de voir écrit noir sur blanc, ce manque de confiance que je ressens de manière assez confuse, comme le dit Arielle Adda « On ne sait pas qu’on est intelligent ». Chez moi, malgré mon apparente « réussite », avant de passer les tests je disais très lucidement que j’avais raté ma vie, ça n’a pas été très bien perçu d’ailleurs. De ne pas être reconnue comme étant douée, cela a entrainé une « image dévalorisée de moi même » et l’incroyable c’est que malgré toutes ces ressources que j’ai en moi, je le sais maintenant, eh bien, je n’arrive pas à y croire totalement… mais, je compte bien danser!

Est-ce que tu es d’accord avec J.S.Facchin lorsqu’elle parle d’un « autre rapport au monde » ?

Un autre rapport au monde? Je trouve ça bizarre comme question, c’est mon rapport au monde c’est tout. Ce qui m’a vraiment étonnée quand j’ai su après les tests que j’étais surdouée, c’était de penser que les autres ne fonctionnaient pas tous comme moi. Ca, ça a été une révélation. Jusqu’ici, je pensais qu’on fonctionnait tous à peu près de la même manière. Je ne sais pas comment l’exprimer mais pour moi, c’était difficile d’imaginer que mon rapport au monde était différent des autres que je peux croiser au jour le jour.  J’ai toujours fonctionné comme je fonctionne et je me disais qu’en fait, j’avais un problème, que quelque chose clochait, que je n’arrivais pas à gérer, et que de fait, c’était parce que j’étais défaillante, parce que je me débrouillais mal. Depuis que je sais que je suis surdouée, je suis un peu rassurée, cela explique quelques décalages, aussi dans la vie courante. En fait, c’est vrai que je fonctionne d’une certaine manière mais j’ai toujours fonctionné comme ça, c’est donc le seul rapport au monde que je connaisse. Quand j’ai découvert que la douance existait, j’ai lu beaucoup d’écrits de différents spécialistes, je me retrouvais dans la sensibilité, je croyais avoir compris cette notion d’effort dont ils parlent presque tous, mais cela reste encore abstrait pour moi, en fait, je commence seulement à comprendre certaines choses. Alors, mon rapport au  monde : c’est une posture très complète, je suis toujours en mouvement, pour moi, le monde n’est pas fixe et définitif, autant au niveau de mes sens, (la vue, l’odorat, le gustatif, le toucher, l’ouïe, tous les sens quoi) que de mon activité de réflexion, mon cérébral si on veut qui sont toujours sollicités. Ca bouge tout le temps. Tout ça fonctionne sur un mode de vitesse assez rapide, moins rapide si je suis au repos, en train de rêvasser, très rapide, si je suis dans l’action physique ou intellectuelle d’ailleurs. Au passage, j’adore la vitesse mais j’apprends à goûter la lenteur. Dans ces éléments qui m’entourent et que je traite en informations, tout est présent, le plus petit comme le plus grand. Bien sûr, je dois louper des choses mais bon, j’ai tout de suite, une vue d’ensemble, un tableau complet. Je suis très observatrice. Ca peut paraître fouillis comme ça, mais toutes ces informations sont en fait très structurées, cela a du se structurer au fil du temps, certainement… ça ne veut pas dire qu’elles fonctionnent forcément ensemble, qu’elles vont dans le même sens, mais elles sont toutes présentes. C’est pour ça que j’ai adoré la multiréférentialité dont parle Jacques Ardoino en sciences de l’éducation et qu’Edgar Morin m’intéresse, évidemment. Je peux aussi zoomer sur un détail qui me parle à un moment, parce que c’est agréable ou désagréable, revenir à une vue d’ensemble. La vue d’ensemble peut évoluer aussi. Quand je suis fatiguée ou bien contrariée, j’ai plus de mal à faire les va-et-vient. Je peux aussi à certains moments, ne penser à rien, disons être en totale harmonie avec ce que je ressens (ça, j’avais d’ailleurs tenté de l’expliquer à mon prof de philo, cela avait surtout fait rire la classe…). Je ne suis pas dans la sensation pure, ni dans l’intellect pur – dans l’intellectualisation, tout ça marche ensemble. Je crois que c’est ce qui m’a plu au Japon, l’autre est toujours présent, on est dans le groupe sans y être tout à fait, on est seul sans être vraiment seul, et puis, il y a la nature prégnante, même dans le béton et ça, ça me parle : je fais partie du monde qui m’entoure et, au Japon, je peux avoir des visages différents, ce n’est pas un problème, je ne suis pas obligée de me présenter toujours de la même manière, enfin, c’est ce que j’ai ressenti, même si il y a des codes bien sûr. J’ai des sentiments, évidemment, ils s’expriment de manière assez simple, quand je suis contente, je suis vraiment contente, quand je suis triste, je suis triste, quand je suis énervée, je suis énervée… et je suis très sensible aux émotions et aux angoisses que je perçois chez les autres. Ce n’est pas toujours agréable mais ça peut aider à se positionner et, d’ailleurs, je n’imagine pas une vie dans laquelle je ne pourrais rien ressentir.

Et la pensée en arborescence ?        C’est le fait d’avoir plein de pensées dans la tête, des associations d’idées en même temps.

Bon, je crois que j’ai répondu à ta question dans ce que je t’ai dit de mon rapport au monde! ou alors j’étais peut-être à côté de la plaque quand j’ai répondu… Non, ce n’est pas tout à fait la même chose en fait. Je t’ai parlé de vue d’ensemble, en fait c’est vraiment une capacité -ah, je commence à positiver mon fonctionnement, une capacité donc d’analyse : je me concentre, mais ça se fait naturellement, je ne force rien. Mais, bon, quelquefois, je me décentre aussi. Par exemple, il y a un détail dans le tableau qui je ne sais pas trop pourquoi m’emmène quelque part, qui m’évoque quelque chose, alors, eh bien, je déroule des émotions, des idées, des couleurs, ça peut être n’importe quoi en fait. Je voyage, quoi, je me laisse porter. Je pense que ça doit être la mémoire qui travaille. Souvent, d’ailleurs, je suis un chemin, sans l’avoir vraiment choisi et puis, ça m’arrive d’arriver à une destination. J’ai une idée ou un souvenir clair, agréable ou désagréable d’ailleurs. Mais, là encore, même si à un moment j’ai l’impression d’être arrivée, eh bien, je fixe mon attention sans me fixer, je laisse souvent des portes ouvertes. Je ne sais pas si c’est très clair… En tout cas, ça n’a rien d’ésotérique, ni de mystique. C’est juste que le monde recèle de possibilités…

Avec tes parents, cela se passait bien ?

Enfant, j’étais avec mes parents sans y être vraiment. J’avais vraiment cette vie avec la danse que je ne partageais pas. Quand je rentrais, on était à table avec mes frères et sœurs et on ne parlait pas de la danse! Mais, je sais que mes parents m’ont beaucoup apporté enfant. Ma mère représentait pour moi l’étrangeté, le farfelu, le surprenant, elle avait été élevée par sa grand-mère en Algérie et il y avait plein de souvenirs matériels de cette vie hors du commun, elle était tisserande. Mon père, lui, était beaucoup plus sobre, il était d’une famille modeste, il est devenu prof de fac très jeune mais il avait un bureau fantastique, un bureau énorme avec des étagères contre le mur, des étagères remplies de livres que j’aimais feuilleter et emprunter. Il y avait aussi souvent de la musique à la maison et puis, la radio qui marchait dans la cuisine. Quand mes parents se sont séparés, mon père est allé faire sa vie avec une autre femme qui ne nous aimait pas et j’ai longtemps perdu ce père avec qui j’aimais discuter, ma mère quant à elle travaillait beaucoup et c’est surtout au moment du lycée que je l’ai retrouvée : on pouvait discuter des heures à table avec ses copines, cultivées et sensibles.

Oui, quand j’ai su que j’étais surdouée, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à mes parents et au fait qu’ils n’aient rien décelé. Cela me pose des questions quand même si je me doute qu’à l’époque, on n’en parlait certainement pas beaucoup. J’ai dit à ma mère que je voulais me faire tester, elle ne comprenait pourquoi, me disant que je me connaissais, que je savais comment je fonctionnais… Et puis, elle a fini par comprendre que j’étais décidée à le faire. Quand je suis rentrée de mes tests, je l’ai eu au téléphone le lendemain, elle m’a dit « c’est super de découvrir à 40 ans qu’on peut faire quelque chose de nouveau de sa vie! »  Depuis, j’ai du mal à lui en parler, mais bon c’est tout récent. Je sens des réticences quand même… Peut-être que ça lui rappelle certaines choses, je ne sais pas… Je n’ai pas encore eu l’occasion de le dire à mon père. Je l’ai vu mais c’était le jour où il a été décidé de faire passer mon fils en cm1 et je ne voulais pas tout mélanger. Mais, je lui dirai quand j’aurai un moment seule avec lui et je compte bien avoir quelques réponses… Je sais qu’il avait essayé de rentrer à la fémis avant de suivre ses études…La grande école de cinéma qui se trouve à paris, dans le 18ème.

Merci  beaucoup Steph pour ce  récit.

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