Planète surdoués | Un espace d'information et de recherche sur la douance

Etude

je recherche vos témoignages.

Je cherche à démontrer à quel point il est important de s’occuper des très jeunes enfants, et qu’il ne faut pas attendre que les problèmes surviennent.

Si vous êtes surdoué et que vous avez terminé votre scolarité, votre témoignage est important . 

Vous avez peut-être eu  la chance de rencontrer des enseignants compréhensifs et d’évoluer dans un environnement adapté . Ce n’est pas le cas de tous.

Vous êtes surdoué et vous n’avez pu réussir comme vous auriez dû. Racontez-nous comment cela s’est passé pour vous dans les petites classes, la maternelle et le CP, notamment.

Il faut absolument avancer sur ce sujet et expliquer pourquoi une trop grande proportion des personnes surdouées ne réussissent pas.

Vous êtes parents de surdoués et  vous avez rencontré des problèmes d’intégration pour votre enfant, ou vous avez eu des difficultés pour qu’ils sautent une ou deux classes,  et que cela a eu des conséquences négatives sur sa scolarité.

 Racontez-nous votre parcours, votre réussite ou votre parcours chaotique. Décrivez les situations et les rencontres qui vous ont fait réussir ou au contraire déraper. Avec le recul, analysez les incompréhensions et les tensions occasionnées par votre avance dans l’entourage ou dans l’institution scolaire. 

Racontez-nous.

Le net a l’avantage de l’anonymat. vous pouvez employer un pseudo. Vous  pouvez, si vous le voulez, écrire votre témoignage dans l’espace  « commentaires », et je l’intègrerai dans cette page.

je remercie les personnes qui ont déposé les premiers témoignages.

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3 Comments pour Etude

Sarah | 10 janvier 2010 à 11 h 28 min

Bonjour,
Je commence la page étude, j’espère lancer une vague de témoignages, cela m’intéresse. Je pense pouvoir apporter un témoignage positif : on peut être surdoué et arriver à en faire quelque chose de bien malgré les difficultés. En lisant ce site, cela me donne envie de partager mon expérience pour que ce sujet soit mieux connu et étudié. Je connais des jeunes qui ont presque tout raté, bien que très surdoués. Je considère que j’ai eu de la chance, je vais expliquer pourquoi.

J’ai 21 ans, je viens de terminer une grande école de commerce et je commence tout juste mon premier emploi. Avec un calcul rapide, on peut donc comprendre que j’ai sauté des classes, 2 exactement. Pour résumer, j’ai sauté la grande maternelle car je commençais à savoir lire, et j’ai ensuite sauté le CE2, car je m’ennuyais à l’école.

Je peux raconter qu’un jour en CE1, je me suis un jour enfuie de l’école à la récré, à 6 ans, et je suis rentrée en pleurant chez moi en disant « la maitresse elle s’occupe que de ceux qui savent pas lire!!! ». Il y avait donc quelque chose d’insuffisant à l’école, et j’avais envie simplement d’aller plus vite.

Et je pense que le saut de classe est une bonne solution pour des enfants qui manifestent un réel ennui, et une grande déception de ne pas apprendre suffisamment. Et il est important de noter qu’il est beaucoup plus facile de sauter une classe de maternelle ou de primaire, car l’adaptation sociale est plus facile. Les enfants deviennent plus méchants entre eux au collège…Mais il y a pas de solution miracle, tout dépend de la façon dont on le vit.

Je trouve toujours des gens qui me font des grands yeux lorsqu’ils l’apprennent, car cela ne se voit pas du tout aujourd’hui. Le saut de classe a en effet un grand impact lorsqu’on est petit, car le décalage physique avec les autres enfants est visible. Ce n’est pas toujours facile, car il faut savoir s’adapter très vite. Mais je pense que le saut de classe est réussi lorsqu’on arrive à vivre comme si de rien n’était. Il faut être prêt à se sentir un peu à part, car on est longtemps connu comme celui ou celle qui a sauté deux classes. Pour ma part, je savais que c’était quelque chose de sous- entendu pour tout le monde jusqu’en terminale, alors qu’il n‘y avait ni un écart physique ni une différence intellectuelle avec les personnes de ma classe.
Mais généralement on est déjà différent à cause des quelques caractéristiques des surdoués. Il faut donc assumer ! Il y a des stratégies différentes face à ce problème: certains jouent le petit rigolo de la classe pour que tout le monde l’aime bien, certains font le cancre pour faire oublier qu’ils sont bons… Moi je me faisais surtout assez discrète, en essayant de me fondre dans la masse.

Pour ma part, le changement total d’environnement en prépa m’a été très bénéfique. J’ai habité seule dans une petite chambre à coté de mon lycée à 16 ans, cette indépendance m’a plu. La prépa est aussi une période de stimulation intellectuelle, et donc très intéressante (je m’ennuyais encore, notamment en maths, jusqu’en terminale). Et c’était l’occasion de changer de milieu social où l’information « elle a deux ans d’avance » avait presque disparu. D’ailleurs nous étions trois dans la même classe à avoir deux ans d’avance, c’était presque banal !

Et c’est dès ce moment qu’on apprécie pleinement d’avoir sauté des classes. Cela vaut la peine de faire ces efforts pour s’adapter, cela permet de réaliser ses ambitions et de ne pas se laisser détruire par l’école, les copains de classes, la société… On peut utiliser ses capacités intellectuelles au rythme où on le souhaite et notamment en profiter pour faire de bonnes études. On se positionne plus facilement socialement car on a appris depuis des années à s’adapter à la complexité des relations sociales. Et on est équilibré personnellement.

Et ce qui est assez amusant, c’est que tous les anciens sceptiques deviennent subitement admiratifs…

Dorémi | 9 février 2010 à 14 h 02 min

Bonjour,
Votre message m’interpelle, et je crois que c’est à mon tour de partager mon expérience. Mais au-delà, de la simple gestion de la capacité de « surdoué », je voudrais insister sur la gestion de la « différence », primordiale. Ainsi dans le cas du surdoué, je pense qu’il est important pour lui avant tout qu’il se reconnaisse comme tel.

Voici mon temoignage. Actuellement, je suis encore intégrée dans le cursus scolaire : A 21 ans, je prépare le concours d’orthophonie.
Mon parcours est un peu atypique.
J’ai appris à lire avant ma soeur âgée d’un an de plus que moi. En maternelle, la maîtresse me laissait tranquille. Je ne m’ennuyais que très peu : quand j’avais fini, je pouvais ouvrir un livre/dessiner dans mon coin. Je faisais profiter de mes chefs-d’oeuvre à tout mon entourage qui, je suis certaine en était ravi.

période : apogée et décadence.

C’est arrivée au CP, que ça s’est corsé. La maîtresse que j’appellerais Mlle X, ne m’appréciait guère, me jugeant sans doute irreverencieuse, hautaine… A cette époque, je lisais beaucoup (« J’aime lire »/ »Je lis des histoires vraies »). A la récréation, je restais donc seule dans mon coin à bouquiner. Mlle X. exigea à mon insu qu’une camarade de la classe s’occupe de moi et ensuite, m’interdit d’emporter mes livres hors de la classe ( car j’allais les abîmer). De plus, elle m’envoya faire un petit tour chez la pedopsychiatre. Cette brave dame psychologue de son état, ne décela pas de personnalité névrotique mais me recommanda de la voir aux prochaines récéations. Quand mes parents (père rééducateur, mère fonctionnaire) apprirent que j’avais été consulter une psy sans leur accord, ils mirent fin à ces séances. Je dus retourner jouer avec les autres enfants, ce qui m’agaçait plutôt. Heureusement, à la fin de l’année je mis au point un petit stratagème qui perdura jusqu au collège : je jouais à l’elastique/billes/pugs 2 minutes (le temps que la maîtresse en rejoignant ses collègues nous voit jouer), puis je me rendais dans un coin calme lire tranquillement. J’étais dans les meilleures de la classe à cette époque mais n’avais qu’une envie : passer au collège où je ne m’ennuyerai plus. J’étais bien optimiste ! Car au collège et au lycée, aucun changement. J’avais pas un tempéramment spécialement solitaire (même si je passais ma vie à la bibliothèque) mais je n’arrivais pas à m’intégrer et m’intéresser aux sujets d’un goupe. Mes notes, sans être catastrophiques baissaient régulièrement pendant cette période. Mes amitiés se résumaient aussi à ma soeur, et à quelques camarades de 2-3 ans plus âgés que moi au club d’échec (pour éviter de se retrouver avec des gamins, je me rajoutais 2 ans…comme je suis assez grande, ça passait). Mais mes relations avec mes aïeux se dégradaient. Quand je devais avoir 8 ans ma grand-mère après une semaine de vacances chez elle refusa de me garder plus longtemps. Je pense qu’elle a dit que je la rendais folle et qu’une paire de claque ne me ferait pas de mal. Actuellement nous nous entendons bien. Plus latent, avec ma mère je lui en voulais d’être trop dépendante de mon père. Pour mon père, je lui reprochais d’être plus avec les enfants handicapés qu’avec moi. De même, j’ai eu un petit frère, que j’adore, mais que j’ai eu du mal à accepter.  » Ainsi donc je ne leur suffisais pas ! ». Je suis passé avec 11 de moyenne à ma plus mouvementée année de scolarité : la 4eme.

4eme, ma période Hannibal Lecteur.

J’ai assez honte de cette période. Je vous assure : j ai beaucoup changé.
Deux jours apres la rentrée, mon père est décédé dans un accident de la route.
Ca paraît égoïste mais je lui en ai voulu, de m’avoir abandonnée moi et ma famille, de ne pas avoir pu lui reprocher tout ce que j’avais sur le coeur et paradoxalement d’avoir été aussi critique envers lui juste avant son décès. Je l’ai appris en cours. Le lendemain, tout le monde, s’enquérant de ma disparition, connu la tragédie. Dès lors, j’ai dû subir de la pitié de la part des camarades et des professeurs. Je me suis mise à les détester. Ma haine s’est surtout acharnée contre une professeur (Mlle Y.) qui était elle-même mal intégrée, avait peu confiance en elle mais qui s’était quand même permis par gentillesse de me proposer son soutien. J’entreprenais pour me venger en réaction une campagne de dévalorisation de sa matière et d’elle auprès de mes petits camarades et des professeurs.
Oui, j’ai profité bassement de la situation pour mon désir de nuire. Je me suis rendue coupable de manipulation dont voici les 2 exemples les plus frappants :
Au debut d’année, je me suis fait élire délégué de classe, je me suis arrangée pour avoir beaucoup d’amis. En subtilisant des clefs du bâtiment à Mlle Y., je les ai mis à portée de deux camarades afin qu’ils les trouvent (c’etait prémédité : ces deux gamins m’appelaient « Dodo » depuis la 6eme car je dormais en classe). Pour leur donner des idées, je discutais avec eux sur ma peur du redoublement, et je relançais que je serais prête à avoir à n’importe quel prix le devoir de demain. Après, j’ai parlé avec une amie (dont le père est professeur de ce collège), lui informant que je croyais que 2 individus allaient commettre une effraction ce soir. Je le savais grâce à une conversation que j’avais prétendument entendue. Le lendemain, on apprit que ces garçons avaient été renvoyés pour délit. Le jour même, j’intervenais publiquement dans le cours de Mlle Y appuyant sur les failles de son analyse et l’associant à ce travail « deplorable », qualifié de « bâclé » et de « nul ». Elle est partie en larmes. Etrangement, je n’étais pas fière d’avoir fait cesser ce regard de pitié. Je fus convoquée le lundi dans le bureau du proviseur. Mlle Y. avait fait une tentative de suicide et était en dépression. Il me soupçonnait de l’avoir manipulée comme il me soupçonnait d’avoir manipulé deux de mes camarades (mon nom selon lui revenait un peu trop souvent). Cette histoire plus, des petits cas d’insolence (quand je dis que je n’étais pas tendre à cette époque : je disais souvent ce que je pensais…) entraîna au choix : mon renvoi ou ma demission volontaire de cet etablissement. Comme ma mère fut mutée à quelque 500 km de là, je profitais de ce déménagement pour justifier mon changement de collège (même si j’ai loupé au bas mot deux mois de cours. Pour passer le temps, j ai pris de l’avance sur le programme). Je m’en suis voulu de cette histoire et ma mise à pied était plus que méritée. Je remercie actuellement les événements qui ont mis un terme à ma supposée toute puissance. Je ne valais guère mieux que l’enfant qui après avoir été mordu par un hamster décide de l’étrangler.
J’ai donc décidé de rentrer dans le droit chemin.
Quitte à faire des sacrifices pour être normale (manipulation comprise).
j’entrai dans un nouveau collège et, à force de travail, mes notes ont plus que doublé sur ce dernier trimestre, ce qui m’a permis de passer en classe supérieure. Hélas, je n’appréciais toujours pas l’école. En classe, à un exercice de maths, pour le resoudre, j’avais ainsi utilisé Al-Kashi. Le professeur a tout barré et m’a prié de ne plus utiliser de formule que je ne pouvais comprendre. Exit Al-Kashi. Le résultat était pourtant bon et bien plus rapide. Je me suis inserrée parmi mes petits camarades même si j’étais solitaire (je n’avais plus l’hypocrisie d’avoir des amis que je ne comprenais pas forcément). J ai fini ma 4eme avec les excellences et une confortable avance sur les années à venir. Sous recommandation de mon ancien proviseur (celui qui m’a fait partir), j’ai été voir une psychologue. Au bout de 3 séances, cette dernière a annoncé que je n’avais aucun problème, et comble de mes espérances a demandé à ma mère (en mon absence) de moins me materner.

3eme à terminale : periode Dr Jekyll et Mister Hyde

3eme-2nde : Pendant cette période, j’ai voulu coûte que coûte etre heureuse et plus ou moins normale. Je pense que la violence tournée vers les autres, je l’ai retournée contre moi-même Afin d’être tranquille, je jouais l’élève modele en classe). Mais le soir je passais des nuits à pianoter sur l ordinateur (j’etais classée 7eme meilleur joueur mondial à warcraft et ensuite une des premièes à monter son personnage à 60 sur WOW).
Mes notes étaient régulièrement en baisse j ai fini avec « seulement » les encouragements en fin de 3ème. Ce qui m’a permis de rentrer dans un lycée réputé.
2nde-1ere-milieu terminale
C’est en milieu de seconde au bal de Noël, que j ai eu ma 1ere approche avec le milieu de la nuit ou encore avec l’alcool. Je le déconseille à tout le monde. Mon but n’est pas de faire l’apologie des substances psychotropes, mais j’ai remarqué que quand j’étais ivre, que je ressentais la barre du front, mon esprit se mettait sur pause, ou se concentrait sur l’étrange douleur. Vous n’imaginez pas ce que c’est reposant, d’enfin, ne plus penser ! Pour vous dire, je suis insomniaque depuis toute petite, parce que justement je n’arrive pas à me mettre sur pause. Il m’est arrivé des nuits à énumérer la liste des nombres premiers et, même quand je m’obligeais à basculer dans le sommeil, une partie de moi, incontrôlable, calculait le nombre suivant. C’est génial d’être intelligent me dit-on. J’ai tendance à rire jaune. Passez rien qu’une année de nuits presque blanches, et aprés seulement vous pourrez juger ! (bien sûr, j’assimile un peu vite insomnie à intelligence, mais je le ressens personnellement comme ça). Quoi qu’il en soit, je me suis tournée vers l’alcool. J’allais jusqu’à me rendre éméchée en cours. J’arrivais toujours très bien à camoufler les effets. De plus cacher mon état représentait un défi qui rendait tout d’un coup les cours plus attrayants. Seul mon voisin de classe a eu des doutes, je crois. Au vu de ma réputation d’élève modèle, il ne pouvait que se taire. Le soir, je faisais le mur et rentrais souvent tôt le matin. Et je ne manquais pas plus de sommeil que d’habitude. Quand j’étais éméchée j’avais enfin l’impression d’être normale.
Mes notes à cette époque étaient moyennes/bonnes. J’avais des difficultés en histoire, en anglais écrit (ca m’apprendra à télécharger des films en vo !), j’étais moyenne dans les autres matières et excellente en maths et en physiques. Un professeur m’a recommandé de faire un test de QI auprés d’une psychologue. Le verdict : 117. Je serais bien incapable de décrire les questions car j’étais pas mal eméchée quand je l’ai passé.
Cette période a duré jusqu’au milieu de terminale où j’ai rencontré lors d’une soirée un type super : Mr Z.

fin de terminale et etude post-bac : période de résilience

A ce moment, j’étais avec mon copain (je suis incapable de me rappeler de son nom) à une soirée et Mr Z. s’est retrouvé à la même table que nous. Presque en tête-à-tête, dirai-je, avec juste une 10ene de personnes autour. Et il a lancé une vanne d’humour noir, auquel j’ai répondu avec cynisme. Etonnant, d’habitude, c est moi qui lance ce genre d’humour (dont personne ne comprend). Et ce type se permettait de copier mon humour ! Ca m’a donné envie de plus en savoir sur lui.
On est restés en contact… C’est tellement soulageant de pouvoir discuter avec quelqu un ! Bien sûr, on pouvait ne pas être d’accord, mais rien que le fait d’echanger nos idées était formidable. Sa venue m’a permis de me remettre en question, et de me dire que je n’avais plus à faire en sorte d’être normale. J’ai arrêté complétement de boire. Notre relation n’a pas duré, même si nous continuons de discuter régulièrement par téléphone. Pour information, en discutant avec ses parents, j’ai appris qu’il avait 160 de QI et qu’il avait été en centre de désintoxication dans sa jeunesse.

Aprés quelques dérives (un an d’armée/obtention de l equivalence 1ere année de licence en bio et en maths), je me destine à être orthophoniste pour pouvoir prendre en charge et aider à mon tour les personnes différentes.

Voilà, c’est un bien gros pavé que je vous offre là, j’en ai conscience. Mais je serais ravie que mon expérience puisse aider à prendre en charge et à comprendre les enfants différents. Pour moi, le QI importe peu. C’est la façon qu’on le vit qui est importante.

pour vous reposer, un peu d’humour
« on est pas rééllement bourré tant qu on peut s’allonger sur le sol sans chercher à s’y retenir  »
« un clavier azerty en vaut 2 »

Nadine Kirchgessner | 10 février 2010 à 22 h 40 min

Merci Sarah et Doremi pour ces témoignages très intéressants . pas évident de démarrer !

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