Planète surdoués | Un espace d'information et de recherche sur la douance

Témoignages d’adultes – page 6

Les adultes surdoués

J’ai créé cette page 6 pour que ce soit plus lisible, car la page 5 est assez longue. Merci à tous pour vos témoignages qui rendent ce site si vivant.  Continuons ce feuillet virtuel ! Même si je ne répond pas à tous , par manque de temps, sachez que je lis tout évidemment pour approuver les commentaires, je tâche de corriger toutes les fautes d’orthographe, ne craignez pas d’en faire (je dis cela pour les dyslexiques). Il me semble que les interactions sont aussi importantes que les réponses que je peux apporter. Ce sont les témoignages , nombreux, qui permettront d’avancer et de faire comprendre aux incrédules que oui, nous existons ! et que nous sommes , somme toute assez normaux…avec quelques caractéristiques en plus, ou en moins, comme tout le monde finalement.

Les adultes à haut potentiel sont peu étudiés. Peu d’études relatent le devenir des enfants doués. Dans ce site je relate des témoignages d’adultes et j’en cherche toujours pour pouvoir mieux comprendre les adultes surdoués.

Je vais donner quelques pistes de réflexion dans lesquelles les personnes en questionnement peuvent  s’y retrouver. Tout en sachant qu’il faut se diriger  vers les psychologues compétents spécialistes de la question. Les psychologues peuvent vous faire passer un test pour adultes , le WAIS. Mais, comme pour les enfants, ce test est un paramètre, et un entretien clinique très approfondi avec un professionnel averti au sujet du haut potentiel sera indispensable pour bien tenir compte de tous les indices. Si vous rencontrez des professionnels qui ne vous proposent que de passer un test sans entretien, il vaut mieux chercher ailleurs.

Voici quelques caractéristiques qui correspondent aux adultes, c’est une liste non exhaustive et toutes ne sont pas forcément présentes.

Les adultes doués se présentent souvent comme des personnes que l’on remarque, que ce soit parce qu’elles sont très brillantes ou alors parce qu’elles sont très introverties, éteintes si on les compare à ce qu’elles étaient lorsqu’ils étaient enfants.. Ils ont quelque chose de spécial, mal défini mais présent.

Ils ou elles se questionnent sans cesse, ne sont jamais satisfaits, très exigeants pour eux-mêmes et pour leur entourage. Ils ou elles ont besoin de challenge.

Ils ou elles ont une grande mémoire.

Ils ou elles ont une grande sensibilité, une grande compréhension des autres, de la compassion, ou au contraire ils paraissent froids et distants.

Ils ou elles montrent une très grande susceptibilité.

Ils ou elles ont un caractère entier, pas de demi-mesure. Ils sont passionnés.

Ils ou elles ont un humour décalé, ils peuvent avoir des réflexions à côté de la plaque.

Ils ou elles présentent une grande curiosité, parfois dans des domaines étonnants.

Ils ou elles sont un peu « trop » en tout, dans des domaines très variés.ils sont caractérisés par leurs excès. Ils ou elles sont plus facilement dépendants , à l’alcool, aux drogues.

Ils ou elles peuvent se concentrer sur quelque chose avec une ténacité hors du commun jusqu’à ce qu’ils obtiennent ce à quoi ils croient intensément. La persévérance est une des grandes caractéristiques de ces adultes, ils ou elles sont sur motivés dans un projet s’ils ou elles sont sûrs d’avoir la bonne idée.

Ils ou elles développent une hyperesthésie (très réactifs au niveau des cinq sens, que ce soit l’ouïe, la vue, le toucher, l’odorat et le goût).

Ils ou elles ont une naïveté, un enthousiasme déconcertants parfois, qui peuvent  être pris à tort pour de l’immaturité.

Ce sont de très grands lecteurs, un ou plusieurs livres par semaine. Ce qui les rend très cultivés. Ils ou elles ont un langage, une façon de parler peu commune. Ils ou elles ont parfois appris à lire très jeunes, avant le CP.

Ils ou elles aiment apprendre les langues étrangères et les apprennent facilement.

Ils ou elles ont une grande imagination, une grande capacité de travail et de raisonnement.

Ils ou elles ne tolèrent  pas l’injustice, pour eux et pour les autres.

Ils ou elles s’adaptent rapidement dans le monde professionnel, mais s’y ennuient rapidement. En conséquence ils changent souvent de travail, d’où une certaine instabilité et insatisfaction permanente.

Ils ou elles ont souvent de bonnes intuitions mais en même temps peuvent douter de tout et surtout d’eux-mêmes, car ils ont une grande lucidité sur tout.

Ils font preuve d’une grande créativité.

Ils ou elles sont en réussite malgré une adversité flagrante.

Ils ou elles somatisent à l’extrême face aux difficultés de la vie.

Ils ou elles ressentent un ennui profond.

Dans leur vie, ils ou elles ont vécu des histoires peu banales, hors des sentiers battus, ceci dû à leur extrême curiosité.

Ils ou elles manifestent  peu d’importance aux différences d’âges dans leur relations et leurs amitiés.

 

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18 Comments pour Témoignages d’adultes – page 6

France | 25 mai 2016 à 11 h 48 min

Bonjour à vous,
J’ai 57 ans et je viens d’être diagnostiquée HP par mon psychothérapeute. cet « état » explique en lui-même beaucoup de mes comportements de jeunesse et cette insatiabilité à questionner le monde. En allant chercher des infos complémentaires auprès de sources écrites et autres, j’ai maintenant la quasi certitude qu’est cloné à ce statut de HP le TSA, avec tout ce qu’il comporte : repli sur soi, nécessité de maintenir une « bulle » intérieure, difficulté à toucher l’autre, indifférenciation sexuelle pour créer des liens amoureux, j’en passe et des meilleures… Pour se faire diagnostiquer TSA, c’est la croix et la bannière, les CRA étant surchargés et la liste d’attente est conséquente… Aujourd’hui, forte de cette connaissance de moi, j’aspire à me réaliser entièrement, à laisser libre cours à mon imagination et à ma créativité pour me lancer dans l’écriture (ce que j’ai toujours fait d’une manière très secrète). Les textes sont écrits, revus mille fois et prêts à être envoyés aux éditeurs qui seraient susceptibles de me publier. Seul hic, je n’ai aucune compétence en logistique et je reste toujours bloquée sur ce final pour formaliser mes réalisations dans le concret. Un conseil peut être ?
Merci à vous.
France.

Nadine Kirchgessner | 30 mai 2016 à 23 h 00 min

Merci France. Je ne sais trop vous conseiller, si ce n’est de persévérer jusqu’au final, mais au risque de dire des banalités. Vous pouvez lire mon premier livre « Des femmes surdouées », il y a un témoignage d’une femme asperger.

Emilie | 31 mai 2016 à 16 h 11 min

Bonjour,
Je me sens bien jeune parmi tous ces commentaires « d’adultes surdoués » ; je n’ai en effet que 19 ans. Pourtant à bien des égards je me sens proche de toutes les personnes qui ont communiqué ici leur expérience.
Je n’ai découvert que récemment que j’étais, peut-être, ce qu’on appelle surdouée. Je consultais au hasard une page Wikipédia sur les surdoués, et, à ma grande surprise, je possédais absolument tous les critères. Autant vous avouer que je suis tombée de haut ! Ne considérant pas Wikipédia comme une source de renseignements absolue, j’ai poursuivi mes recherches sur le sujet, jusqu’à parvenir à ce blog, et il semblerait que cela se confirme.
Je suis consciente que je devrais passer les tests adéquats pour en savoir plus, mais pourtant, je ne souhaite pas le faire. Peut-être Est-ce un acte de lâcheté de ma part ? Mais je ne me vois pas expliquer à mon entourage ce qui se déroule dans mon esprit. Beaucoup ne me comprennent pas, et malgré tous mes essais, les personnes qui comptent pour moi ne parviennent pas à comprendre ce que je suis. Je sais que si je leur expliquais dans le détail, leur regard sur moi changerait, et je ne le souhaite pas.
Ceci s’explique peut-être par mon histoire : j’ai été harcelée au lycée, et j’ai dû interrompre mon année d’études. Il ne s’agissait pas d’élèves, car j’en avais malheureusement l’habitude, mais plutôt de professeurs. Durant la période où je suis restée chez moi, mes proches et notamment mes parents ont pu découvrir un peu plus de ce qui se déroulait dans mon esprit; j’ai eu l’impression, à ces moments, de devenir une étrangère pour eux. Bien sûr, ils savent depuis longtemps que je ne suis pas comme les autres, mais manifestement, je ne parviens pas à faire comprendre certaines choses de ce que je suis : de quelle façon je réfléchis, ce qui me paraît important et ce qui, au contraire, ne me le paraît pas.
Ne croyez pas qu’il s’agisse d’un témoignage pessimiste ! Je suis heureuse d’avoir découvert ce que je suis probablement. Non pas quelqu’un de différent par soi-même, d’inférieur, d’anormal, simplement quelqu’un dont le cerveau est construit un peu différemment. Ce n’est pas un handicap, ce que je pensais auparavant. Il s’agit juste de comprendre et de s’en accommoder (j’ai toujours été quelqu’un qui avait besoin de comprendre pour accepter).
Par exemple, à l’école, je suis une excellente élève (je ne dis pas cela par vantardise, loin de là ; je ne crois pas qu’il y ait de la fierté à retirer de cet état de fait) ; en revanche, je m’ennuie rapidement, et je demeure stupéfaite quand mes camarades ne comprennent pas ce qui me semble simple et même évident. Mon entourage m’a souvent avancé des hypothèses du genre : « ils sont très lents » ou « tu es bien plus intelligente », mais j’avais honte de pouvoir supposer vrai ce qui constitue une insulte pour les autres. Je comprends et j’aime la philosophie (encore que mon cours de philo m’ennuie profondément, puisque j’avais déjà réfléchi à toutes ces questions et que, par voie de fait, j’avais déjà abouti à une conclusion), la politique, l’astronomie, la littérature… En revanche les choses les plus simples m’échappent !
Ce n’est ni que je suis intelligente ni qu’ils sont lents, simplement que je suis un peu différente, branchée sur un câblage différent, en quelque sorte. Je ne crois pas que ce soit ni bien ni mal en soit, ni un don ni une malédiction ; tout dépend de la façon dont on le vit.
Je suis contente à présent, je me connais un peu mieux, je suis soulagée et je peux aborder mon avenir plus sereinement.
Merci à vous,
Emilie

Nadine Kirchgessner | 10 juin 2016 à 11 h 18 min

Bonjour Emilie
Vous pouvez passer les tests sans en parler à votre entourage, puisque vous avez 19 ans. Mais les tests sont assez chers, alors évidemment… chacun fait comme il le veut, comme il le peut.
Lisez les articles du site et surtout cet article
http://planetesurdoues.fr/index.php/2012/09/17/penser-differemment-a-manier-avec-precaution/
Et mes livres si vous voulez. Si vous avez été harcelée au point de stopper une année d’études, il ne faut pas le minimiser, et prendre conscience que cela constitue un traumatisme (petit ou grand , c’est à étudier) . Mais vous êtes optimiste ! Bonne suite à vous.

Amandine.g | 23 juin 2016 à 23 h 24 min

Salut à vous.

Hmm je ne sais pas trop comment exprimer mon problème, en fait je ne sais pas si je suis surdouée, ou autre chose, disons que je sais juste que je fonctionne différemment d’autrui, en dehors de ce qu’on considère généralement comme normal. Je n’ai jamais été diagnostiquée surdouée, et n’ai jamais rien fait pour (dans le sens ou je n’ai pas fait de démarche auprès d’une psychiatre, ou d’un psychologue).
Vraiment j’ai du mal à mettre les mots, mais commençons par l’enfance, j’ai appris à lire avant le CP, à mes 5ans je lisais parfaitement, à 4ans je commençais le piano et 6mois plus tard je jouais la lettre à élise, que je trouvais plus pertinente, profonde, intéressante, que les petites comptines dont on se sert pour les débuts (j’ai du bon tabac dans ma tabatière et j’en passe..). Je me souviens avoir été une enfant curieuse, posant des questions qui n’étaient « pas de mon âge », ayant pour sujet d’intérêt la mort, les religions (que j’ai rejeté très rapidement, ni trouvant pas de mélodie suffisamment envoutante pour leur offrir ma conscience), les règles de la poésie, qui me passionnait, les légendes et les mythes… J’avais déjà très tôt et je l’ai encore, cette interrogation, au sujet de la pensée des autres, un être humain peut se révéler totalement différent de ce qu’il semble être, et cela se constate par sa pensée, qui n’appartient qu’à lui et dans laquelle il se libère, cette dernière transparait quelque fois comme une fulgurance au travers de ce que l’on nomme un lapsus, ou autre manifestation fugace. Cependant, on ne peut être dans la tête d’autrui, petite je rêvais d’apprendre à lire dans les pensées, tout en étant terrorisée qu’on puisse lire les miennes.
J’ai un rapport particulier aux autres, à la société plus généralement, aux codes qui la régissent et qui ne résonnent pas à mes oreilles comme ils le devraient, il y a une sorte de dissonance, que je constate tant à l’échelle de la société, qu’à l’échelle individuelle. Je comprends les gens sans les comprendre, mon intuition me dit que « ça » c’est la clé, la bonne réponse, mais mon cerveau n’a de cesse de me rappeler les multiples autres possibilités que ce petit détail peut engendrer (une expression, une mimique, un geste…). Je suis angoissée, je surveille quasiment tout le temps ce que je dis fait, et lorsque je ne le fait pas je me repasse tout en mémoire après coup pour m’assurer que je n’ai pas fait une boulette. A la fois je me sens à l’aise et à la fois non, je ne sais pas véritablement comment le décrire.
J’ai toujours adoré la lecture, ces mondes imaginaire ou l’on peut s’échapper, ou bien ces livres de sciences, d’histoire qui nous enseignent des choses. J’ai en horreur les concepts et les règles préétablies car à mon sens ils n’ont pas la bonne logique, disons que j’entends la pensée qui a mené à tel ou tel concept, à son aboutissement, mais je ne la trouve pas logique, elle ne fait pas sens pour moi. La musique, la poésie, la peinture, le dessin me bouleversent, ils expriment des choses oubliées, créés, dévoilent, enjolivent, détruisent, explorent et bien d’autre choses encore, une seule note peut avoir plus de sens qu’un long discours, mais je m’égare je crois.. Je pars facilement dans des rêves éveillés, je me construit des mondes, en plein cours parfois, tout en ayant la capacité d’enregistrer simultanément le dit cours expliqué par le/la prof. Mes notes en cours ont toujours basculé d’excellentes à médiocres sans corrélation particulière, parfois dans une seule et même matière, en fonction de mon entente avec le professeur, mon intérêt pour la matière, ou le chapitre étudié, mais le plus souvent, par peur de l’échec, un perfectionnisme tel que paradoxalement je préfère échouer lamentablement sans rien essayer, que de m’efforcer à réaliser quelque chose donc je suis persuadée que ce sera un torchon lamentable.
Je ne me comprends pas, car je ne sais pas à qui m’identifier, cela peut paraître stupide et superficiel, mais je ne me retrouve pas ou très peu chez les autres, je me sens seule, bien que j’ai une vie sociale bien remplie, j’ai parfois l’impression d’avoir un problème que quelque chose ne tourne pas rond là haut (et c’est peut être le cas, ahah). Mais concrètement je vis pauvrement (les lois de la vie étudiante n’est ce pas..) et n’ai pas les moyens d’aller voir un psychologue, alors je ne sais pas si c’est le meilleur endroit pour poster cet espèce d’appel à l’aide totalement désordonné et sans queue ni tête, mais si vous avez des conseils ou un quelconque moyen de m’éclairer sur tout ceci, ce serait vraiment très gentil. Ah et je tiens à préciser que je n’ai aucune prétention en écrivant ces lignes, je ne pense pas être supérieure en quoi que ce soit, ou à qui que ce soit, en quelque domaine que ce soit, c’est juste que j’ai l’impression de fonctionner et de voir les choses différemment de mon entourage, comme une espèce de réseaux étrange, et que j’aimerais comprendre tout ceci, je n’ai pas tout écrit ici, ce serait très long, et pour être honnête, je n’ai pas les mots pour tout retranscrire, enfin bref, merci d’avoir lu.

Nadine Kirchgessner | 27 juin 2016 à 23 h 57 min

Bonjour Amandine
Merci pour votre long témoignage .Vous avez beaucoup de caractéristiques. Quand vous ne serez plus étudiante, vous pourrez penser à passer des tests. C’est vrai qu’ils sont assez chers. Si vous n’avez pas trop de problèmes , il n’y a aucune urgence.
profitez de la vie et de toutes vos capacités et tâchez de les exploiter et d’en faire un atout !

hubert | 28 juin 2016 à 14 h 13 min

Bonjour,

J’ai 54 ans. J’ai toujours su que mon QI était élevé mais je n’avais jusqu’à présent que de la méfiance envers le terme de surdoué qui m’a toujours paru prétentieux. Je sais depuis toujours que je suis différent et que me faire comprendre par les autres est pratiquement mission impossible.

J’ai été pendant une longue partie de ma vie étouffé par un excès de timidité et ce n’est qu’en luttant contre celle-ci que j’ai pu année après année me rapprocher des autres, avec prudence, et dans des cadres clairs, d’abord les jeux de stratégie puis les jeux de rôles où le cadre est plus souple puis enfin la danse qui aujourd’hui est pour moi une passion.

J’ai découvert brutalement, à la lecture du livre de Jeanne Siaud-Facchin, « Trop intelligent pour être heureux » que ma belle-fille, la fille de ma femme (qui en pleine quête existentielle a lu l’ouvrage la première) était surdouée, que ma femme était surdouée et que finalement, j’étais surdoué. Moi qui croyais qu’on avait des modes de fonctionnement radicalement différents (c’est d’ailleurs le cas car nous avons tous les trois développé des mécanismes différents pour faire face à notre émotivité.)

Imaginez un bouddha assis sur un volcan, c’est ainsi que je me voie, le paysage su rempli de fumerolles un peu partout !

A tous ceux qui souffrent, qui se sentent déphasés, décalés, angoissés, qui découvrent la cause de leur état et passent par ce site je dirai ceci :

Courage ! Le jeu en vaut la chandelle. Ce mal qui vous ronge, c’est aussi la force qui vous permet de vivre vos passions. Ce feu qui vous anime et qui vous angoisse, il dévore encore mieux l’ennui qui vous guette à chaque instant.

Nadine Kirchgessner | 7 juillet 2016 à 11 h 10 min

Bonjour Hubert
Merci pour votre témoignage. Comme vous le savez certainement, il faut faire plus que lire un livre pour déceler le haut potentiel. La douance n’est pas de l’émotivité. Les modes de fonctionnement des surdoués décrits dans le livre que vous citez ne sont pas décrits dans la littérature internationale qui concerne les personnes « gifted » (surdouées).

Je vous conseille de lire
ces articles :
http://planetesurdoues.fr/index.php/2016/06/14/lhypersensibilite-supposee-des-surdoues/
la page définition :
http://planetesurdoues.fr/index.php/definition/
et mon deuxième livre : les surdoués atteints de haut potentiel
http://planetesurdoues.fr/index.php/2016/05/23/auto-promotion/
http://planetesurdoues.fr/index.php/2016/06/09/atteints-de-haut-potentiel/

Submarine | 16 août 2016 à 13 h 27 min

Au détour de ma souffrance, j’ai eu parfois ces réflexions… Si les uns et les autres étaient plus éclairés et moins peureux, ils auraient eu le désir de tirer avantage de la douance. Ils se seraient dits :
« Quelle chance! Quelle chance que vive si près de moi, au sein de ma propre famille, une personne qui a un regard différent, capable d’animer le quotidien d’une bonne dose de fantaisie, de comprendre les enfants comme si elle en était encore, de se poser des questions, d’être lucide dans de nombreuses situations ! Profitons de son esprit critique, écoutons son intuition, sa sensibilité à la beauté des choses.
Quelle chance d’avoir dans la classe un enfant surdoué, imaginatif et curieux, capable de tourner un sujet rébarbatif en amusement, faisons une classe expérimentale avec des méthodes nouvelles, qui profitent à tous, y compris les moins doués.
Quelle chance d’avoir dans notre organisation, notre entreprise, quelqu’un doué de vision, de créativité, qui aborde les choses sous un angle inhabituel ! Donnons-lui une mission spéciale, prenons des risques, créons un poste où il pourra s’épanouir et nous aider à évoluer dans le bon sens.
Quelle chance d’avoir dans la société ces 2,5% de consciences aptes à nous faire voir que nos conventions, nos systèmes étriqués sont les causes de nos plus grands maux ! Ouvrons-leur des espaces d’expression, et même s’ils sont jeunes, donnons-leur des responsabilités habituellement réservées à la hiérarchie. »

Utopie… La réalité est tout autre, même si certains ont pu ou su trouver leur place. La majorité écrasante, avec sa machine à formater, ne perd pas son temps avec ces réflexions. Pourtant, à de rares moments de clémence, elle nous fait la faveur de nous apprécier à notre juste valeur : une idée originale, une critique juste, une plaisanterie décalée, un texte ou une œuvre d’art qui lui a procuré un instant d’émotion… Et nous, en mal de reconnaissance, on s’engouffre dedans pour majorer cet instant de ce qu’on a de meilleur. Après on a presqu’envie de s’excuser d’avoir pris tant d’importance. Ça passe comme une fièvre, le lendemain on retrouve sa bonne vieille solitude, avec une pointe d’amertume, quand ce n’est pas de la colère. Parce que ça fait longtemps qu’on a des choses à donner. En quantité! On adore et on déteste ce bref moment où quelque chose s’est passé ; il rend plus palpable encore le gâchis qu’on avait déjà plus ou moins formulé pour résumer sa vie. Cette colère se tourne vers soi-même (et il paraît que la colère est toujours contre soi-même) : tu t’y es mal pris(e), c’était si simple de réussir.

Je me dis que l’intelligence devrait être un peu démystifiée. A travers ce que je lis je vois combien il est délicat d’en parler « au dehors » ; il s’est formé une sorte de clandestinité. On se dit qu’on pourrait faire équipe avec les « autres ». Et puis non, faire équipe avec tous ces gens qui ne m’ont pas écoutée, pas comprise, tous ces censeurs ? qu’ils aillent au diable ! Je suis souvent dans l’adversité alors que ma nature profonde, bien que rebelle, tendait vers la conciliation et l’harmonie.
Avez-vous vécu ou ressenti des choses similaires ?

Merci pour tous ces témoignages, ils m’aident à assumer mes différences. Merci pour votre blog Nadine, tout en nuances dans vos analyses, si bien documenté et si accueillant. Il est comme un petit maquis où les résistants se reconnaissent et s’entraident. Parmi tous les livres conseillés, je crois que je devrais lire « Des Femmes surdouées ».

Nadine Kirchgessner | 25 août 2016 à 17 h 08 min

Merci pour votre si beau témoignage et vos réflexions imagées. Certains ne veulent voir que le mauvais côté des choses, de la douance
en l’occurence. J’ai essayé dès le début de ce blog d’être positive, cela m’a valu et me vaut d’être souvent « mise à l’écart »
par les tenants de la pathologisation du haut potentiel. Mais quand je lis votre témoignage, je sais que je suis sur le bon chemin !
D’ailleurs, ils (elles) commencent à me suivre (et me copier à l’occasion )
si vous lisez « Des femmes surdouées », venez ensuite nous donner votre ressenti! et vous pouvez lire aussi mon deuxième livre
qui parle de l’intelligence malmenée. Je parie qu’il vous plaira aussi !

Virginie Bosque | 7 septembre 2016 à 23 h 10 min

Bonjour

C’est avec bonheur que je viens de découvrir cette rubrique et ce site, et suis particulièrement touchée par la bienveillance avec lequel il est administré.

La lecture de ces témoignages m’amène à partager mon expérience, en particulier à témoigner de cette difficulté quasi existentielle à vivre sa différence dans une société qui n’est pas paramétrée pour l’accueillir. Je précise que je ne sais pas et ne saurai sans doute jamais si j’entre dans la case surdouée ou non, mais peu importe, l’essentiel étant d’être en adéquation avec ce que je ressens de moi, et de rester en lien avec ma manière de fonctionner.

Aussi loin que mes souvenirs me portent, j’ai toujours éprouvé un sentiment de décalage, une sensation de ne pas me trouver à ma place, et de ne jamais « convenir ». Cette sensation d’étrangeté discriminante, familière depuis ma petite enfance, s’est accentuée et a eu un effet dévastateur pendant mes premières années de maternelle, au point de développer des TOC et un bégaiement prononcé. Mon mal être allait en grandissant jusqu’au jour où, à 5 ans et demi, mes parents durent quitter la France pour des raisons professionnelles.

Ce fut une libération.

Mises au contact d’autres cultures, et d’autres modes de vies, j’ai découvert qu’il était possible de s’épanouir hors des cadres qui m’avaient été proposés jusque-là. J’ai ainsi eu le bonheur de suivre une grande partie de ma scolarité à l’étranger, dans différents pays, en suivant les cours du CNED, à mon rythme. J’ai pu cumuler plusieurs années d’avance mais surtout, je n’ai pas eu à supporter le carcan scolaire français. Lorsque nous rentrions en France, ces expatriations constituaient un alibi, un passeport extrêmement efficace pour le droit à la différence, face à ceux qui souhaitaient m’imposer rigidité, organisation, assiduité, rigueur, méthode, « effort »…et toutes ses choses qui allaient à l’encontre de ce qui constituait mon essence même. C’était un argument imparable lorsqu’il s’agissait de justifier mon mode de fonctionnement, toujours profondément différent de celui que j’observais et observe encore autour de moi, et qui encore aujourd’hui peut me mettre en souffrance.

Je réalise en lisant certains témoignages à quel point être sortie du cadre si tôt m’a donné la force et la liberté d’assumer qui j’étais, sans jamais éprouver le besoin de le nommer …

Munie de cette foi et de cette forme d’irrévérence qui ont été mes armures à chaque retour en France, j’ai pu réussir sans états d’âme, et avec ma différence, les études dans lesquelles je me suis engagée sans trop me contraindre ni m’enfermer dans les codes imposés, et sans me laisser parasiter par les prédiction du type : « A force de ne rien faire, tu vas te planter », « pour l’instant, c’est facile, mais tu verras dans un an, dans 2 ans, dans 3 ans. Tu n’auras plus le niveau, il sera trop tard », « Tu vas te gâcher» etc… Ces phrases toxiques ont jalonnées toute mon adolescence. Elles m’ont contraintes à m’inscrire à certains concours d’admissibilité en cachette, afin de ne pas m’exposer à ces discours destructeurs, qui m’annulaient et me plongeaient dans une tristesse et une rage difficile à gérer à l’époque. Curieusement, les « facilités » dont je faisais preuves ont été plus facilement acceptées par le monde enseignant que dans mon entourage familial. Elles m’ont value les insultes et la violence répétées de mon père, qui n’a jamais accepté que je réussisse sans ce qu’il considérait être « le moindre effort » et qui m’a fait quitter le domicile familial très tôt.

J’ai pourtant toujours réussi en appliquant mes règles autant qu’il m’était possible de le faire et en me respectant, et, même si ce respect consistait à ne pas assister aux cours imposés, source insondable d’ennui. Ne supportant pas d’être enfermée dans une salle, j’assistais rarement aux cours et ne m’intéressais au programme que quelques jours avant les examens. Quelques soient les études abordées, je n’ai jamais su réviser, ni « travailler » au sens où l’envisage le corps enseignant. Tout devait être fait dans l’urgence, sans quoi il m’était impossible de mobiliser mon attention. Souvent j’achetais les œuvres abordées dans l’année la veille des examens, et parfois même sur le chemin qui menait à l’amphi, car j’en découvrais la liste par hasard, en discutant avec un étudiant. Cette manière de travailler a souvent été confondue avec du « je m’en foutisme » mais en vérité, je n’avais pas le choix, je ne pouvais pas fonctionner autrement. C’était même une condition à ma réussite. Je préférais me positionner en dilettante plutôt que d’avoir à expliquer à mes détracteurs comment mon cerveau fonctionnait. De toute façon, à quelques exceptions près, réussir un examen signifiait pour moi contenter le corps professoral, et lui servant un contenu connu et ressassé, sans joie ni originalité. Rien de bien motivant, mais je m’y astreignais sans colère. Je considérais que c’était le deal et le minimum à livrer dans cet accord tacite. J’avais fait le deuil très tôt. J’acceptais de vivre ma scolarité et les études avec la sensation de n’exploiter qu’une partie de mon potentiel. J’ai ainsi obtenu une licence de Lettres Modernes avec mention, un diplôme d’ingénieur (en admission parallèle) et une école de communication.

Dans mes moments de dépit, je calmais ma frustration et me rappelant que ces « facilités » m’offraient beaucoup de liberté et de temps, que c’étaient des biens extrêmement précieux qui me permettaient d’assouvir mes passions du moment, ma soif de lecture, de connaissances, de rencontres, de voyages et toutes ces expériences annexes m’ont permis de mieux me positionner dans ce monde. Car finalement la vraie difficulté résidait là : comment trouver une place appropriée et satisfaisante dans ce monde ? Comment m’ajuster dans le lien aux autres sans me renier ? J’ai beaucoup appris dans ce domaine en me confrontant à mon environnement et en acceptant ce qu’il était et ce que j’étais. En ne me jugeant pas surtout. J’ai également suivie une thérapie pendant un an qui m’a permis d’apprivoiser cette hyper émotivité qui m’envahissait régulièrement aux moments les moins opportuns.

Je n’ai jamais perçu mes « facilités » comme un facteur de supériorité, mais plutôt comme un outil, un outil de liberté un peu divergeant. J’ai beaucoup appris des autres qui, pour la plupart m’ont acceptée comme j’étais (excessive, fatigante, hypersensible) et m’ont aidé à m’intégrer. Je conçois le monde comme assez varié, assez riche pour assouvir ma soif de connaissances et d’expériences, et assez vaste pour contenir et contenter n’importe quel esprit, aussi différent soit-il.

Etre confronté à d’autres cultures très tôt m’a permis de dédramatiser ce que je percevais de différent en moi, et de valider rapidement l’étape de la reconnaissance et de l’acceptation de soi. Le vivre sans trop de souffrance est un autre défi. Un Eden vers lequel je suis toujours en chemin   , plus ou moins sereinement…

De temps en temps, la vie me remet au contact de cette problématique. L’entrée dans le monde du travail m’a terrorisée un temps, en réactivant certaines appréhensions, ma peur de la lassitude, de l’enfermement, de l’ennui mortel. Mais finalement, j’occupe un poste, qui s’il ne comble pas l’intégralité de mes aspirations, me permet de voyager tout en me donnant la liberté et les moyens financiers de m’épanouir et de me former dans d’autres domaines.

Dernièrement, mon fils ainé, par son développement, ses questionnements incessants, son rapport aux autres, son hyper émotivité, sa dispersion, et sa soif inassouvie de connaissance a fait ressurgir en moi, comme un boomerang, cette incessante dialectique …. A la fin de son année de CP, son institutrice m’a alertée sur sa possible précocité. Aussi étrange que cela puisse apparaître, je n’avais jamais entendu parler de précocité auparavant. Depuis je me suis renseignée. Mon fils va bien, même s’il se sent différent et que ces débuts à l’école ont suscité beaucoup de questionnements et de débats à la maison, il est aujourd’hui bien socialisé et intégré. J’ai pris parti de ne pas aborder sa particularité en terme de précocité, mais plutôt en terme de différence et de l’aider à se connaître et à s’accepter sans jugement. Il pourra passer le test de dépistage plus tard, s’il le souhaite, sans que ce soit une nécessité pour affirmer ce qu’il est. Le test m’a également été proposé, mais je m’y astreindrai uniquement si mon fils me le demande 🙂

Virginie

Nadine Kirchgessner | 12 septembre 2016 à 12 h 57 min

Merci Virginie pour votre long témoignage, qui, j’en suis sûre, intéressera beaucoup de mes lecteurs. (qui sont toujours plus nombreux, d’ailleurs)
Je voudrais vous alerter sur un phénomène que vous signalez dans la fin de votre récit à propos de votre fils. Vous écrivez : « J’ai pris parti de ne pas aborder sa particularité en terme de précocité, mais plutôt en terme de différence » J’ai longuement analysé cela dans mon deuxième livre : l’intelligence différente en terme de « piège ». Et j’avais écrit cet article en 2012
http://planetesurdoues.fr/index.php/2012/09/17/penser-differemment-a-manier-avec-precaution/

http://www.leseditionsdunet.com/sciences-humaines/4149-les-surdoues-atteints-de-haut-potentiel-nadine-kirchgessner-9782312043296.html

Virginie Bosque | 13 septembre 2016 à 15 h 58 min

Je vous remercie pour votre réponse. La phrase que vous citez ne contient pas l’exigence d’une nécessaire différence mais revendique la liberté d’être accueilli dans sa ou ses particularités, quel qu’elles soient, et sans qu’il soit besoin de se référer à un cadre ou une nomenclature.

Chaque enfant, précoce ou non, est particulier, spécifique, différent et je me questionne sur le besoin d’identifier ou non un haut potentiel. Lorsque mon fils se perçoit différent, l’essentiel pour moi est de l’accueillir avec son ressenti, de répondre à ses interrogations, d’échanger sur sa manière de le vivre…etc.….peu m’importe qu’il soit ou non précoce, je n’ai pas le sentiment que ce diagnostic m’apporterait une lecture nouvelle de ce qu’il est ou de ce qu’il vit. Mais peut-être suis-je dans l’erreur ? Je me pose souvent la question : à partir du moment où un enfant va bien, même s’il présente des caractéristiques laissant présager une éventuelle précocité, à quoi cela sert-il de le « détecter » ? Quel est le bénéfice attendu ?

J’ai peur que tous ces termes : « précoce », « surdoués », « haut potentiel » et tout ce qu’ils concentrent en eux de fantasmes, d’exigences, d’incompréhension ne viennent parasiter ou alourdir son parcours …

J’ai bien conscience que mon fils n’est pas moi et qu’il n’a pas à subir mon appréhension de l’ « étiquette » et des carcans mais il m’est difficile de me positionner face à cette question.

Je me réjouis donc de vous lire car je perçois que ma réflexion sur le sujet est aujourd’hui loin d’être aboutie

Merci encore pour ce Blog 🙂

Virginie

Nadine Kirchgessner | 20 septembre 2016 à 23 h 48 min

Bonjour Virginie, ce que vous évoquez est complexe, mais il me semble que les adultes disent et témoignent beaucoup qu’ils auraient aimé connaître leur potentiel lorsqu’ils étaient jeunes. S’il se perçoit différent, c’est peut-être déjà qu’il se pose des questions, non ? Etre à haut potentiel n’est pas un choix, ni un carcan, mais une chance, et il me semble qu’il est important de connaître son fonctionnement. Si je relis votre témoignage, vous avez vécu, vous, une libération en quittant un environnement qui vous frustrait. Vous auriez peut-être aimé savoir, sinon. Et, dans le terme « différent », il est important de le définir, et ce qui est difficile, c’est de « mettre à l’écart » l’enfant en disant « tu es différent ». Alors que, comme vous le dîtes, chacun est différent, c’est exact. Mais mon article citait le « penser différemment ».

Virginie Bosque | 27 mars 2017 à 22 h 11 min

Bonsoir,

Je reviens vers vous pour partager la suite de mon parcours. Après des semaines de réflexions que je ne détaillerai pas ici, je me suis décidée à passer le WAIS 4 qui a confirmé l’existence d’un « haut potentiel » me concernant. Cette information m’a finalement permis de revisiter les zones opaques de mon parcours en lui donnant un sens nouveau, que je continue d’explorer…

Mais c’est surtout le parcours de mon fils que j’aimerais relater ici.

Au cours de ces derniers mois, après nous a avoué qu’il n’aimait pas l’école, mon fils de 7 ans s’est montré de moins en moins enclin à retourner en classe, se plaignant régulièrement de maux de ventre et de nausées. J’ai souhaité faire un point avec son instituteur.
Celui-ci, après m’avoir décrit un élève taciturne et sans enthousiasme, bien loin du tempérament vif et curieux que nous lui connaissons, m’a conseillé de le soumettre au WISC 5, afin de vérifier l’existence d’un éventuel trouble de l’attention.

Le bilan cognitif a révélé un QIT > 130 assorti d’une bonne homogénéité entre les indices, infirmant donc la thèse du déficit d’attention mais révélant sa précocité.

A partir de là, toutes mes craintes décrites précédemment sur les pages « témoignages » de ce blog se sont confirmées, jusqu’à me faire regretter ma démarche.

L’enseignant n’a pas voulu reconnaitre ni entendre les conclusions du bilan, qui préconisaient une accélération de sa scolarité. Les résultats ont été interprétés comme la preuve d’un manque de coopération et d’investissement personnel face à l’apprentissage scolaire (en termes de comportement car ses résultats son bons). C’est donc à mon fils de mobiliser les ressources internes qui lui permettront de bien vivre sa scolarité : s’il n’en est pas capable comme le reste de la classe, alors une prise en charge psychologique sera nécessaire, bien plus qu’un aménagement scolaire. Cet enseignant a poursuivi sur ce thème en m’alertant sur l’attitude de mon fils qui, le matin même s’était permis de faire le pitre avec son voisin, lui donnant ainsi la preuve qu’un sentiment de supériorité s’installait depuis les résultats du test.

Je vous laisse juge de cette lecture du bilan qui interdit désormais à mon fils d’être un enfant comme les autres et permettra à l’enseignant de le taxer d’arrogance à chaque écart de conduite. Les conclusions de ce test devaient servir de bases à l’amélioration de son cadre scolaire, elles serviront à le stigmatiser, voire, le sanctionner. Non seulement rien ne sera mis en place pour alléger son mal être, mais il en sera tenu responsable à chaque fois qu’il l’exprimera.

Merci donc à l’Education Nationale, si c’était à refaire, jamais je n’aurais pris le risque de communiquer de tels résultats. J’ai le sentiment d’une double peine. Jusqu’à présent mon fils présentait un début d’une souffrance scolaire : aujourd’hui il devra, en plus, faire face au manque de bienveillance de cet enseignant qui a eu l’air de se sentir personnellement attaqué par les conclusions du test.

Je m’excuse de la tournure indignée que prend ce message mais je suis révoltée par le manque de discernement et l’attitude jugeante de cet instituteur qui nous laisse sans solution à court terme.

Je m’en veux également d’avoir livré mon fils « en pâture » à cet homme pendant les 3 prochains mois de l’année scolaire. J’aurais dû m’y prendre autrement, avancer d’autres arguments, faire preuve de moins de naïveté et surtout, taire sa précocité.

Une maman triste, consternée et très en colère (mais pas découragée)

Virginie Bosque

Nadine Kirchgessner | 4 avril 2017 à 10 h 25 min

Bonjour Virginie, merci pour votre témoignage et bienvenue parmi les hauts potentiels. je vous félicite d’avoir sauté le pas dont vous nous parliez au mois de septembre. Pour votre fils c’est dommage de regretter votre démarche, pour un seul instituteur. Il en aura d’autres et espérons que cela se passe mieux. Mais la démarche est faite et c’est l’essentiel. Ce que vous relatez est bien représentatif de ce pourquoi je me bats sur ce blog.

Si je comprends bien, l’enseignant vous incite à le tester, mais comme il n’y a pas de trouble de l’attention, il ne veut rien faire !
Ne vous découragez pas, et contactez l’académie, le référent, si j’espère, il ne se trouve pas à la MDPH.
(Maison des personnes Handicapées) Je doute que cela plairait à vous et votre fils.

On comprend bien avec votre témoignage incroyable, l’importance de bien définir les problématiques et les caractéristiques du haut potentiel. C’est ce dont je parlais dans le précédent commentaire avec Julien Sélignac.
sur cette page
http://planetesurdoues.fr/index.php/2017/04/02/autisme-asperger-ou-haut-potentiel/comment-page-1/#comment-47770

Gwenn | 26 avril 2017 à 19 h 10 min

Bonjour, Je suis une vieille zèbre de 63 ans qui a découvert son potentiel très récemment. Comme bien d’autres de mes consoeurs et confrères, cela m’a causé un choc et j’ai pensé tout d’abord que je voulais tellement comprendre ma différence que j’aurais fait n’importe quoi, et y compris me coller une étiquette de HP pour trouver une réponse qui m’apporte un peu de cohérence et d’apaisement. Mais je n’y croyais pas trop.
J’ai laissé reposer les choses pendant quelques semaines, mais bien vite le flux est revenu m’entraîner dans les méandres de ma recherche de réponses. Je pense que j’ai dû éplucher toutes les pages internet possibles et imaginables sur le sujet, et je me suis heurtée à beaucoup de choses peu crédibles mais aussi certaines qui non seulement citent des aspects de la personnalité HP qui me paraissent calquées sur ce que je sens mais donnent des références bibliographiques intéressantes. J’ai donc commandé, dévoré et pris acte que la réalité était bien claire: même si je n’ai pas passé le WAIS, car là où j’habite il n’y a aucune structure me permettant de le faire, je sens que c’est bon, j’en suis !
Et puis je suis tombée par hasard sur ce site et ai lu in extenso les témoignages de HP. Que dire de plus qui n’a pas été dit ? Je ne ferais que pratiquer un miteux copié-collé et en bon zèbre que je suis, il faut bien que je raconte quelque chose qui soit susceptible d’apporter un élément complémentaire aux récits précédents.
Alors voilà: ma particularité est tout d’abord mon âge, et je ne m’étendrai pas là-dessus, tous mes frères et soeurs zèbres ont bien compris que plus on découvre tard sa différence, plus elle demande de travail pour l’intégrer.
Mais peut-être plus important encore est le fait que je suis née fille unique d’un père pervers narcissique et d’une mère victime « subjuguée » qui ne voulait pas d’enfants. Résultat net, non seulement j’ai été niée dans mon existence en tant qu’être humain qui, en venant au monde, a, plus que les non-zèbres, besoin de références parentales solides, ce qui bien entendu m’a totalement fait défaut, mais laissée livré à moi-même par une mère totalement absente, même si physiquement présente. J’ai grandi toute seule, en cherchant tant bien que mal a comprendre « comment ça marche ». C’était compter sans mon géniteur qui a consacré son temps a me ponctionner l’énergie vitale tel un vampire, sa victime.
Lorsqu’enfin vers 19 ans je me suis échappée du « nid » familial pour vivre enfin ma vie, j’ai rencontré le père de mon fils, alcoolique. Première débâcle sentimentale. Deuxième mari, deuxième débâcle. Troisième mari: tiens, un pervers narcissique lui aussi! J’en ai pris conscience très récemment également. Il avait une particularité toutefois, celle de ne pas parler, de ne pas dire les choses. Alors c’était moi qui faisais les questions et les réponses, et le résultat fut catastrophique: un jour, après m’avoir bien vidée de mon énergie vitale, il m’a quittée un matin de Noël. Ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase. Tentamen, alcoolique à mon tour, séjour en HP, j’étais devenue une loque humaine qui ne voulait qu’une chose, ne plus souffrir.
Plusieurs années ont été nécessaires et une grande force de résilience pour m’en sortir. Mais alors de quoi me plains-je, me direz-vous? C’est très simple. Je suis à l’aube de ma retraite, et comme tant de HP j’ai été une autodidacte inspirée. Ce qui fait que je n’ai pas fait carrière dans quoi que ce soit, car moi aussi je m’ennuyais vite dès que j’avais compris comment ça marchait. Et maintenant que mes forces physiques diminuent, je ne peux plus compenser ce grand besoin de faire mille et une choses pour satisfaire cette insatiable envie de tout faire, tout connaître, tout comprendre. Certes, je me cultive énormément, j’adore apprendre, tout est bon ou presque. Mais aujourd’hui une question lancinante vient me vriller le cerveau chaque jour que le soleil se lève: à quoi bon savoir tout ce que je sais si je n’en fais pas profiter quelqu’un ?
Je ne veux pas arriver au dernier jour de ma vie terrestre en ayant le sentiment d’être passée à côté de ma vie. Alors je cherche. J’écris, en espérant que mon témoignage permettra à certains de mieux comprendre deux aspects de la vie particuliers: la douance et le fonctionnement du pervers narcissique.
En tout état de cause, je suis très heureuse d’avoir trouvé ce site car chaque récit est un témoignage encourageant à s’accepter tel qu’on est, à surtout ne rien lâcher, même si la douance est une vraie plaie avec laquelle il faut apprendre à vivre, mais comme le disent d’autres internautes, je n’échangerais ma place pour rien au monde.
La sensibilité qui va de pair avec le profil fait que si on apprend à écouter son sens intuitif, on peut lui faire entièrement confiance car il nous guide toujours vers ce qui est bon pour nous. Ne jamais douter de soi, malgré parfois des sourires en coin…
Je suis nulle en logique mathématique mais incollable sur le fonctionnement de l’être humain.
Je ne sais pas quand j’ai appris à lire et à écrire, mais ce que je sais c’est qu’à l’âge de dix ans j’étais capable de reproduire une oeuvre classique au piano sans avoir appris le solfège, simplement en l’écoutant. Je n’ai jamais mieux intégré que ce que j’ai appris par moi-même. Comme tant d’autres, l’école a été un calvaire car je m’y ennuyais à mourir et me faisais renvoyer parce que je dérangeais la classe. J’ai aussi été rejetée par mes camarades sans comprendre pourquoi. Bref, le parcours assez typique du HP.
Aujourd’hui je vis seule dans une grande ferme au calme, avec mes trois petites chiennes. Mais j’ai besoin de trouver à m’épanouir dans le domaine artistique. Alors j’espère que j’aurai la force de réaliser mon rêve de création d’un centre artisanal dans le rural de ma ferme lorsque je toucherai l’héritage de ma mère…

Nadine Kirchgessner | 15 mai 2017 à 14 h 18 min

merci Gwenn pour votre long témoignage. Comme vous avez pu le remarquer, il y a de tout sur le net, du vrai et de l’inventé. A chacun de faire son travail de lecture.