Planète surdoués | Un espace d'information et de recherche sur la douance

Témoignages d’adultes – Page 3

Les adultes surdoués

J’ai créé cette page 3 pour que ce soit plus lisible, car la page 2 est assez longue. Merci à tous pour vos témoignages qui rendent ce site si vivant.  Continuons ce feuillet virtuel !

Les adultes à haut potentiel sont peu étudiés. Peu d’études relatent le devenir des enfants doués. Dans ce site je relate des témoignages d’adultes et j’en cherche toujours pour pouvoir mieux comprendre les adultes surdoués.

Je vais donner quelques pistes de réflexion dans lesquelles les personnes en questionnement peuvent  s’y retrouver. Tout en sachant qu’il faut se diriger  vers les psychologues compétents spécialistes de la question. Les psychologues peuvent vous faire passer un test pour adultes , le WAIS. Mais, comme pour les enfants, ce test est un paramètre, et un entretien clinique très approfondi avec un professionnel sera indispensable pour bien tenir compte de tous les indices. Si vous rencontrez des professionnels qui ne vous proposent que de passer un test sans entretien, il vaut mieux chercher ailleurs.

Voici quelques caractéristiques qui correspondent aux adultes, c’est une liste non exhaustive et toutes ne sont pas forcément présentes.

Les adultes doués se présentent souvent comme des personnes que l’on remarque, que ce soit parce qu’elles sont très brillantes ou alors parce qu’elles sont très introverties, éteintes si on les compare à ce qu’elles étaient lorsqu’ils étaient enfants.. Ils ont quelque chose de spécial, mal défini mais présent.

Ils ou elles se questionnent sans cesse, ne sont jamais satisfaits, très exigeants pour eux-mêmes et pour leur entourage. Ils ou elles ont besoin de challenge.

Ils ou elles ont une grande mémoire.

Ils ou elles ont une grande sensibilité, une grande compréhension des autres, de la compassion, ou au contraire ils paraissent froids et distants.

Ils ou elles montrent une très grande susceptibilité.

Ils ou elles ont un caractère entier, pas de demi-mesure. Ils sont passionnés.

Ils ou elles ont un humour décalé, ils peuvent avoir des réflexions à côté de la plaque.

Ils ou elles présentent une grande curiosité, parfois dans des domaines étonnants.

Ils ou elles sont un peu « trop » en tout, dans des domaines très variés.ils sont caractérisés par leurs excès. Ils ou elles sont plus facilement dépendants , à l’alcool, aux drogues.

Ils ou elles peuvent se concentrer sur quelque chose avec une ténacité hors du commun jusqu’à ce qu’ils obtiennent ce à quoi ils croient intensément. La persévérance est une des grandes caractéristiques de ces adultes, ils ou elles sont sur motivés dans un projet s’ilsou elles sont sûrs d’avoir la bonne idée.

Ils ou elles développent une hyperesthésie (très réactifs au niveau des cinq sens, que ce soit l’ouïe, la vue, le toucher, l’odorat et le goût).

Ils ou elles ont une naïveté, un enthousiasme déconcertants parfois, qui peuvent  être pris à tort pour de l’immaturité.

Ce sont de très grands lecteurs, un ou plusieurs livres par semaine. Ce qui les rend très cultivés. Ils ou elles ont un langage, une façon de parler peu commune. Ils ou elles ont parfois appris à lire très jeunes, avant le CP.

Ils ou elles aiment apprendre les langues étrangères et les apprennent facilement.

Ils ou elles ont une grande imagination, une grande capacité de travail et de raisonnement.

Ils ou elles ne tolèrent  pas l’injustice, pour eux et pour les autres.

Ils ou elles s’adaptent rapidement dans le monde professionnel, mais s’y ennuient rapidement. En conséquence ils changent souvent de travail, d’où une certaine instabilité et insatisfaction permanente.

Ils ou elles ont souvent de bonnes intuitions mais en même temps peuvent douter de tout et surtout d’eux-mêmes, car ils ont une grande lucidité sur tout.

Ils font preuve d’une grande créativité.

Ils ou elles sont en réussite malgré une adversité flagrante.

ils ou elles somatisent à l’extrême face aux difficultés de la vie.

Ils ou elles ressentent un ennui profond.

Dans leur vie, ils ou elles ont vécu des histoires peu banales, hors des sentiers battus, ceci dû à leur extrême curiosité.

Ils ou elles manifestent  peu d’importance aux différences d’âges dans leur relations et leurs amitiés.

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24 Comments pour Témoignages d’adultes – Page 3

pharma | 17 février 2013 à 1 h 55 min

Bonjour à tous et à toutes!

Je viens juste de découvrir ce site, je le trouve très explicite..bien construit, et je peux dire qu’il a quelque chose de rassurant.

A l’heure où je vous parle, j’ai 23 ans. Cela fait depuis longtemps que je sens que je ne suis pas « normal », que je ne suis pas comme tout le monde.

Les sciences me passionnent, j’ai la chance de m’épanouir dans mes études de pharmacie, j’ai donc trouvé ma voie!
Ma différence n’est pas visible d’un point de vue scolaire, même si j’ai de très bonnes notes dans toutes les matières.

Je me sens différent dans le sens où j’ai l’impression d’avoir constamment mon cerveau en ébullition.

Je réfléchis tout le temps, je prévois bien à l’avance toutes les éventualités possibles et inimaginables dans une situation. Parfois la situation est complètement débile, mais rien n’y fait…mon esprit calcule toutes les possibilités.

Exemple ! je sors de chez moi, je vais à intermarché. Quand je marche dans la rue, j’enregistre tout mon environnement.
Quand je traverse un passage piéton, je connais à l’avance le nombre de voitures qui passera devant moi avant que je ne puisse passer.

Je sais avec précision qui sont les gens qui marchent sur le trottoir d’en face et quelles sont leurs caractéristiques (poussette, personne âgée, mec louche..). J’ai de plus une mémoire étonnante : une conversation entendue comme ça, vite fait dans la rue, est enregistrée dans mon cerveau pendant des mois et des mois.
En clair, rien ne m’échappe, j’ai l’impression de tout voir. Avant de m’endormir le soir, je me remémore la journée que j’ai passé. Je peux sans problème refaire mentalement les trajets exacts que j’ai effectué durant toute la journée, les personnes que j’ai croisées, les personnes à qui j’ai parlé.

La description que vous faîtes dans la page 1 me correspond tout à fait. Je me sens différent, je ne ressens pas le besoin d’aller vers les autres. Mon univers me convient bien comme cela, j’ai des amis certes mais je ne peux pas dire que je suis sociable (loin de là). Bref, je me sens quand même parfois un peu seul..

Je suis de plus hypersensible. Très très grande sensibilité, surtout quand je me sépare d’une fille…c’est toujours tellement éprouvant.
Mais, pas seulement moi, les émotions des autres m’atteignent aussi beaucoup (et comme toujours mon cerveau travaille et trouve très rapidement des solutions très rapidement à toutes sortes de problèmes)

Que dire d’autre? C’est horrible de le dire comme cela, mais j’ai le sentiment de pouvoir manipuler n’importe qui si je le voulais. Il me suffit de voir la personne, de lui dire 2 ou 3 mots pour savoir exactement quoi lui dire pour la mettre en confiance.

Sortir avec une fille ne me pose aucun problème, avant de lui parler j’ai déjà analysé toutes les situations et éventualités..et je ne me trompe jamais. Je sais à l’avance quoi lui dire pour la séduire, et je connais déjà ses réponses! Il n’y aucune place pour le hasard dans ma vie..et cela m’attriste, j’ai comme l’impression parfois que chaque journée est un plan d’action dont l’architecture est organisée par mon intellect.

Bref, depuis quelque temps, j’ai réellement pensé que j’étais peut être fou. Votre site m’a beaucoup rassuré! Etant enfant, j’ai toujours été intelligent, j’adorais lire toute sorte de bouquin..mais rien de bien spécial. Je n’ai jamais été « diagnostiqué » surdoué.

Depuis des mois, je fais tous les tests de QI trouvés sur internet (des tests avec entre 30 et 50 questions). Les résultats sont identiques tout le temps c’est à dire entre 140 et 150. Je ne sais pas du tout ce que ce nombre veut dire, suis-je un surdoué?

Je n’en sais vraiment rien, toujours est-il que votre description sur la personnalité d’un surdoué me correspond quasiment en tous points.

Ah oui, j’oubliais : Dernier point.
==> Personne ne peux me mentir, je mémorise tout ce qu’une personne me dit. Quand elle ne se recoupe pas, je le sais vraiment tout de suite.
Parfois j’ai l’impression d’être entouré de gens limités.
Ils font des efforts incroyables pour se souvenir de quelque chose (note de partiel, ce qu’il s’est passé il y a 1 an, le nom de quelqu’un, un titre de film..) ou pour trouver une solution à une situation de la vie.
Tandis que cela ne prend que quelques secondes à mon cerveau!

Voilà, c’est la première fois que j’ai l’occasion d’en parler à quelqu’un!
Dîtes moi ce que vous en pensez svp.

supernova | 7 mars 2013 à 10 h 16 min

Bonjour à toutes et à tous,

@Pharma, vous semblez vous poser des questions sur votre intelligence, si je m’en réfère aux tests QI que vous passez sur Internet, et à vos questionnements. Peut-être devriez-vous passer le test WAIS avec un bon psychologue. Il vous permettra de confirmer ce que vous ressentez, et d’avoir une image assez précise de la façon dont vous fonctionnez.
J’ai passé ces tests récemment, et les résultats me sont très utiles pour comprendre mes forces et mes relatives faiblesses.
Vous êtes jeune, semblez plein de pêche et avez fait des choix qui vous conviennent. Continuez sur cette voie avec la plus grande clairvoyance possible ! Je vous souhaite de poursuivre avec cette énergie, et de toujours vous relever si vous trébuchez.

Nannsp | 12 mars 2013 à 23 h 06 min

Bonsoir à tous,
… J’apporte ma modeste contribution à votre construction collective qui m’a troublée: tant de parcours, pour une question fondamentale: comment s’approprier sa douance?
Je suis en recherche, moi aussi. J’ai été bouleversée, agitée, émue aux larmes des pages du livre de M.de Kermadec que j’ai lu d’une traite pendant l’été 2012. Une première rencontre avec des témoignages écrits que j’ai lus, relus, photocopiés, comme pour me convaincre que je lisais bien ce que je lisais.
La vie a continué quelques mois… ses hauts et surtout ses bas avec de fréquents moments de « néantisation » où je me sentais n’être qu’une poignée de sable. Depuis plus d’un an… Imputant tout cela à une enfance maltraitée et à la nécessité pour moi de revisiter mon passé pour enfin le remettre à sa place. Histoire de résilience, bien sûr, je suis enseignante (professeur d’anglais), particulièrement douée pour les langues mais empêchée d’être… Enfant solitaire, brillante à l’école, dévoreuse de livres, hypersensible, classes prépa, études rapides, suradaptée malgré tout. J’ai aujourd’hui 41 ans, je suis mariée et j’ai trois filles. Je vis une période difficile de remise en question, poursuis une troisième psychothérapie et me décide enfin à aller voir si oui ou non je suis dans la douance… J’ai en main les coordonnées de spécialistes sur Lyon…
J’ai découvert tant de signes et de ressemblances et j’y accorde si peu de foi, ma fidèle intuition remise au placard pour me cantonner aux rôles que je me suis imposés. Aujourd’hui, j’ai besoin de vérité sur moi-même car malgré ce que j’ai pu lire de la part de certains membres, je reste convaincue que savoir est une lumière au milieu de cette obscurité caverneuse qu’est l’existence humaine. Je n’ose croire que je suis « surdouée », ce qui m’importe c’est de savoir pour ainsi mieux comprendre. J’ai construit jusqu’à présent de larges protections pour ne pas trop savoir… Etre vive, rapide, intellectuelle, intuitive, créative, curieuse de tout, lassée aussi vite, artistique, si empathique, si exigeante, perfectionniste, si émotive, cela ne suffit pas bien sûr. Je vais bientôt savoir…
Je vous confie mon parcours, vous m’êtes tous si proches et si lointains en même temps… et ce n’est pas l’illusion de la Toile qui me le fait écrire, je perçois bien cette communion de pensée et ces questionnements identiques quelles que soient vos vies. Bonne nuit à tous et à bientôt.

Nadine Kirchgessner | 15 mars 2013 à 12 h 18 min

merci pour ces beaux commentaires. Il faut suivre son intuition, et savoir comment on fonctionne est bénéfique. Les tests de QI ne mesurent pas tout , ni toute l’intelligence, la créativité, l’intuition, la sensibilité…mais c’est déjà un premier pas vers la connaissance de soi. Bien sûr, les passer sur le net ne sert strictement à rien.
Merci pharma pour le site bien construit , explicite et rassurant !

Cyclo_parisien | 21 mars 2013 à 1 h 20 min

Bonjour à tous,

Tout d’abord un grand merci pour ce site qui permet de découvrir tout un ensemble de personnes si différentes et pourtant leurs commentaires résonnent assez bien.

Pour apporter aussi une petite pierre, je voudrais partager mon expérience de « personne décalée ».

Durant l’enfance, tout a été bien dirigé par les parents, la scolarité, le chemin était plutôt tout tracé: domaine technique, comme le voyaient mes parents, et d’un naturel timide introverti, je ne posais pas de questions, de crainte de déranger. J’ai en quelque sorte répondu à ce qu’on me demandait, sans me poser de questions (je les gardais bien en moi, croyant que tout le monde se posait ces questions, mais que personne n’osait en parler), d’autant plus que le domaine me plait. Et comme on dit: « quand tout se passe bien, c’est qu’il n’y a pas de problème ». Les relations manquées pour communiquer avec les autres étaient compensées par de bons résultats en cours.

Une fois les études finies, ce fut un blanc total pour savoir ce que je voulais faire de la vie en général…et la déception a été plutôt grande (oui, je suis naïf) de constater que la plupart des gens couraient vers des objectifs que je ne comprends pas: vers plus d’argent, plus de loisirs,…les questions sur la Vie sont réapparues plus fortes car les objectifs qui me permettaient de voir l’avancée de la scolarité n’existaient plus… L’attrait de raconter ses vacances, l’achat d’un appartement, ou les faits divers n’a pas vraiment d’intérêt pour moi. Du coup, les discussions quotidiennes sont « ennuyeuses ».

L’introspection que j’essaie de mener depuis quelques années, pour comprendre pourquoi je ne parviens pas à vivre comme les autres, m’a amené à me poser les questions sur la surdouance et à passer des tests pour le confirmer (c’était ça ou penser être fou). Au lieu d’apporter des réponses, il a apporté d’autres questions.

A 28 ans, je ne sais toujours pas qui je suis vraiment, ayant porté un superbe masque de façade que même mes parents (et autres proches) n’ont jamais vraiment regardé derrière (tout allait très bien à l’époque, pourquoi changer?) et qu’ils n’en voient pas forcément l’intérêt de ma remise en cause actuelle (« ça a vraiment un sens de se poser tant de questions? »,  » Mais nous aussi nous recherchons un sens de l’existence », …).

Je ne suis pas quelqu’un à plaindre, je sais très bien que beaucoup de personnes souffrent bien plus que moi d’autres maux, en considérant l’ensemble des problèmes que le monde peut engendrer. J’ai hésité à poster ce message car je sais qu’il est critiquable: comment ai-je le droit de parler de ce mal juste dans la tête, pour qui je me prends, juste un type qui se plaint de la vie, alors que d’autres souffrent vraiment, etc. Je le comprends.

Mais j’ai juste un sentiment d’immaturité de la vie (je crois avoir raté un épisode) et une impression d’avoir existé à côté de mon moi, sans me connaître vraiment.

Les interactions avec les gens décalés (à l’opposé des « normaux ») sont rares mais heureusement qu’ils existent, auquel cas je me serais déjà pris pour un fou.

Une question d’ailleurs: faut-il vraiment un entourage compréhensif pour pouvoir se poser la question de la surdouance plus facilement et pouvoir en être « fier »?

Encore merci pour tous vos commentaires, ils m’ont permis d’être rassuré et de comprendre que beaucoup cherchent leurs chemins bien différents, et veulent bien partager un bout de leur périple.

Climousse | 21 mars 2013 à 14 h 08 min

Bonjour à tous,

Je suis nouvelle sur ce forum, que je ne sais encore comment appréhender. Pour faire court, je ne sais pas si je suis vraiment « douée ». Ma venue ici est due à un problème de trouble du comportement alimentaire qui me pourrissait la vie et qui m’a amenée à consulter un psychiatre. Ledit psy a alors émis l’hypothèse que j’étais dotée de « douance », terme totalement inconnu pour moi jusque là. J’ai 28 ans, je suis mariée, et cette « découverte » date de quelques mois à peine. Par conséquent, n’ayant aucune certitude, je ne souhaite faire perdre de temps à personne.
Néanmoins, j’en appelle aux plus compréhensifs d’entre vous : doutant beaucoup de cette douance, n’ayant jamais rien effectué de brillant dans ma vie et ne m’étant distinguée par aucun trophée, j’ignore comment gérer mes différences. Car elles sont bien là. Je me reconnais parfaitement dans les caractéristiques énumérées sur la page d’accueil, et dans certains de vos témoignages, mais reste persuadée que bon nombre de personnes sur cette Terre peuvent revêtir ces qualités ou encore ces défauts, et passer par des sentiments de « marginalisation ». Pour ma part, je suis convaincue d’être différente, mais maintenant que cette hypothèse a été évoquée par mon psy (que j’ai arrêté de voir, mes troubles s’améliorant), j’ai très peur qu’il se soit trompé, et d’être « simplement différente ». Car quelque part, cela a flatté mon côté narcissique, et également rassuré mon côté angoissé.
Je souhaite une grossesse depuis plusieurs mois, mais ma personnalité tourmentée m’en empêcherait, selon un avis médical. Que dois-je faire pour libérer mon esprit et me sentir plus sereine? Ou me sentir tout court? L’idée de faire des tests m’effraie beaucoup, car s’ils s’avéraient négatifs je ne saurais comment réagir. Actuellement, je tente tant bien que mal de donner un sens à ma vie avec cette incertitude.
Par ailleurs, je suis tout de même une personne ravie de son sort « social », avec un mari aimant et au courant de cette hypothèse, une famille présente (mais ignorant ce sujet), et des amis chers.
Je vous remercie beaucoup par avance pour votre lecture attentionnée, et vos éventuels conseils, témoignages, histoires.
Merci pour ce site permettant d’exprimer pleinement et sans complexe sur soi.
Bien à vous.

nagesi | 22 mars 2013 à 16 h 51 min

Avant 6 ans j’avais, par moments, une conscience très claire de mes actes (je me rappelle crapahutant sur le sol en direction de l’aspirateur de ma mère, pour sentir l’air chaud qui sortait de l’appareil). Je faisais les puzzles, mais à l’envers (sans voir le dessin). A 6 ans je me rappelle avoir eu un cas de conscience en jetant à la poubelle un jouet neuf mais qui hélàs ne fonctionnait pas. A 9 ans, j’ai pris conscience du comportement de groupe de mes amis – et de ma différence. Est-ce que cela fait de moi un surdoué?

nagesi | 22 mars 2013 à 17 h 01 min

@pharma
Si tu ne fais « que » des études de pharmacie, c’est que tu n’es pas surdoué … à moins de t’intéresser à l’histoire et à la philosohie de la médecine, à explorer l’interdisciplinarité entre la pharmacologie et d’autres branches des sciences (naturelles et humaines). Si tu es surdoué, je pense que tu ne vas pas pouvoir te « cantonner » à la pharmacie, parcque les paradigmes de la santé qui y ont cours actuellement sont trop simples, trop étroits.
Mais la question en jeu sur ce site n’est-elle pas de distinguer douance et simple individualité épanouie?

Nadine Kirchgessner | 23 mars 2013 à 11 h 00 min

Nagesi, Votre remarque est un peu ironique je pense. pharma est jeune et a trouvé sa voie, il n’est pas question de le disqualifier. et même s’il se « cantonne » à la pharmacie, il peut être surdoué…La douance et la réussite sont deux choses différentes. la réussite académique dépend de beaucoup de choses. La réussite dans la vie dépend d’autres choses également . La réussite affective en est une autre , quant à la réussite sociale, il y aurait beaucoup à dire. Toutes sont imbriquées pour chacun , les histoires individuelles sont variées.

Au sujet des souvenirs, j’ai moi-même des souvenirs datant d’avant mes 18 mois…si vous voulez connaître votre douance, vous pouvez y réfléchir et passer les tests.

Nadine Kirchgessner | 23 mars 2013 à 11 h 18 min

Merci Cyclo-parisen pour votre commentaire. Pourquoi voulez-vous être « fier » de votre douance ? je ne comprends pas bien ce terme . Je dirais plutôt l’assumer pleinement, et certainement , l’entourage compréhensif est bienfaisant pour cela. Dans notre société « égalitariste » , se montrer « fier » d’être surdoué est difficile. N’employons pas ce terme de « fier », employons plutôt le terme « état », comme avoir le nez au milieu du visage…c’est comme cela , c’est tout et on n’y peut rien. Ou être très beau…est-ce que l’on est fier d’être beau ? il faut juste après se sentir bien en soi , avec sa particularité. Nous nous posons plus de questions existentielles…

Climousse, si votre psy a repéré quelque chose au sujet de la douance , il faut l’écouter.Pourquoi avoir peur des tests ? et des tests négatifs ? ces tests ne sont pas un examen , il montrent comment vous fonctionnez intellectuellement, à un instant t, il faudra passer les tests avec un professionnel qualifié et prendre ces tests avec du recul. les tests ne sont pas la panacée , mais ils vous apprendront quelque chose de vous, un élément important.

Cyclo-parisien | 25 mars 2013 à 1 h 53 min

Pour répondre à votre question, Nadine, j’utilise le mot « fier » car je n’arrive pas à trouver de synonyme exact, mais il faut le prendre dans le sens positif du terme.

Ce que je veux dire, c’est que je vois quelques personnes, je ne sais si elles sont surdouées (j’en ai tout de même l’impression), mais elles ont une différence de fonctionnement, en ont conscience, et les gens autour d’eux ressentent cette différence et en tiennent compte: ces personnes sont reconnues dans leurs différences de compréhension (et elles ne s’en vantent pas). Il y a donc une sorte d’équilibre instauré entre ces gens et l’entourage. Et donc ces personnes apprécient leur propre présence et l’interaction avec les gens autour d’eux.

Donc effectivement, vous avez raison: ils se sentent bien avec leur surdouance et la portent bien.

@pharma: auriez-vous une arithmomanie (je suis sans doute un peu direct), le fait de compter un peu tout tout le temps? Et si c’est le cas, arrivez-vous à contrôler cela?

Cyclo_parisien | 2 avril 2013 à 23 h 43 min

Bonsoir,

J’espère ne pas voir froissé le forum après ma dernière intervention.

Peut-être il me semble que les livres et témoignages recueillis pour traiter des zèbres parlent beaucoup des personnes dites surdouées en elles-même, mais rarement de leur interaction avec les gens (tous les gens).

Je n’ai pas l’impression de tout comprendre: « il me manque une case ». Y a-t-il d’autres personnes concernées?

Nadine Kirchgessner | 3 avril 2013 à 10 h 00 min

Ne vous inquiétez pas , je pense que personne ne sera froissé. Je n’ai pas eu le temps d’intervenir. Vous avez raison il semble que l’un des problèmes des surdoués soit d’ordre social et concerne les interactions avec les autres. C’est un thème qui m’intéresse beaucoup , car je crois que c’est cela qui entraîne la réussite ou pas. Comme on le sait , tout est une histoire de rencontres dans la vie. Parfois on rencontre au début de sa vie malheureusement des gens nocifs, voire très nocifs. Et puis un jour vient où l’on rencontre des gens plus bienveillants. Je ne crois pas que ce soit forcément à vous qu’il « manque une case ». vous rencontrerez des gens bienveillants , et là il faudra être prêt à les accueillir , et surtout à les reconnaitre !

pharma | 28 avril 2013 à 18 h 01 min

Cela fait quelques mois que je ne suis pas allé sur le site.

Je souhaitais juste réagir à la remarque de Nagesi. Même si le post peut sembler quelque peu ironique voire abrupt, il y a une grande part de vérité.

Tout d’abord, pourquoi j’ai décidé de poursuivre ces études de pharmacie?
Eh bien tout simplement parce que « la pharmacie mène à tout ». En effet le nombre de métiers accessibles après l’obtention d’un doctorat en pharmacie est considérable.

La majorité des gens pensent qu’un pharmacien reste derrière son comptoir toute la journée, dans son officine. En fait c’est seulement une voie parmi beaucoup d’autres.

Il existe 3 filières en pharmacie : officine, internat (hôpital) et industrie.
Pour ma part, je m’engage vers la voie industrielle qui est très complexe et vraiment intéressante.

Nagesi avait raison, je ne souhaite pas du tout me cantonner dans mon officine (les stages en officine m’ont vraiment ennuyé je dois le dire). Je m’intéresse à beaucoup de choses : tout particulièrement la chimie liée au médicament (organique, analytique, phytochimie notamment).

La filière industrie m’offre une ouverture vers de nombreuses disciplines (comme la chimie qui est un peu ma passion).

De plus cette filière me permet de partir à l’étranger via l’ouverture internationale de la fac. Je vais d’ailleurs partir 3 mois au Vietnam en 2014.

J’en suis très content, parce-que j’ai constamment le besoin de découvrir de nouvelles choses..explorer..voyager (la routine me mine le moral, je n’aime pas l’impression d’avoir tout vu).

Plus tard j’aimerais faire de la recherche dans un laboratoire pharmaceutique. C’est un désir qui me tient à cœur depuis fort longtemps!

Voilà! Vous en savez un peu plus sur mes projets 🙂

Ps ==> Pour répondre brièvement à cyclo-parisien : je ne pense pas que l’on puisse appeler cela de l’arithmomanie, j’ai certes parfois l’envie de compter des choses de mon environnement..mais ce n’est pas une manie ou une pulsion, c’est plutôt un moyen pour moi d’avoir le contrôle sur ce qui m’entoure.

Cela paraît fou dit comme cela, je le sais bien. Mais, le fait de connaître avec exactitude le nombre de voitures qui passeront devant moi avant que je ne puisse traverser, ou mémoriser les personnes qui me suivent sur le trottoir par exemple, augmente mon sentiment de sécurité.

Quand je suis seul dans la rue, j’ai le besoin d’avoir le contrôle sur mon environnement, ne pas être pris au dépourvu. Cependant, quand je suis avec ma copine ou des amis ou ma famille, ce besoin disparaît totalement (je ne compte plus du tout, je n’ai plus le besoin de mémoriser).

Ce qui est aussi étrange, c’est que les choses comptées ou mémorisées restent dans mon esprit pendant des périodes extrêmement longues (Dernièrement j’ai revu une ancienne amie que je n’avais pas vue depuis 3 ans. J’ai été capable de lui rappeler sa marque de parfum de l’époque, le nombre de soirées que nous avons fait ensemble, ce que nous avons dit à tel moment….et des détails extrêmement précis de sa vie. Elle avait oublié bon nombre de ces détails!)

Pour finir ce message : la douance pourrait être une réponse à beaucoup de choses dans ma vie. Je ne sais pas du tout si je suis effectivement un surdoué, mais ce qui est certain c’est que je ressens un décalage..une différence avec les personnes qui m’entourent. Une différence dans les aptitudes, dans la manière de penser, dans la manière de parler, dans la manière de se comporter.

Christine | 29 mai 2013 à 13 h 02 min

Bonjour,
je m’appelle Christine et j’ai eu 40 ans en décembre dernier. Suite à un énième problème avec un employeur, je me suis retrouvée en arrêt maladie et comme mon mari me dit toujours que je pense trop, j’ai fait des recherches et suis tombée sur le livre de JSF « Trop intelligent pour être heureux ». Ce livre a été comme une révélation pour moi. De là j’ai commencé à faire des recherches, aller sur des forums… et cela commençait de plus en plus à se confirmer dans ma tête. J’ai pris RDV avec une psychologue dans ma ville qui fait passer le test WAIS et j’ai eu le résultat en début de semaine. Je suis effectivement surdouée, mais avec un profil « dysharmonieux » : QI verbal de 132 et QI de performance de 106. Je prends des médicaments pour la dépression et j’ai été hospitalisée en mars, je ne sais pas si ça a pu influencer ou pas le test, mais bon. Donc voilà, je me retrouve avec ça maintenant mais qu’est-ce que j’en fais ? Je n’ai pas d’argent et je ne peux donc être suivie par un psy « spécialisé ». Après il y a bien sur les forums, les rencontres à Paris, etc…. mais concrètement je ne vois pas trop ce que cela va changer à ma vie. En plus quand j’essaie d’en parler autour de moi les gens ne comprennent pas… Dans la ville où j’habite il y a une expérience avec de jeunes surdoués dans un collège, donc je les ai contactés pour voir si je pouvais me rendre utile (je suis formatrice), mais ils m’ont renvoyée vers l’inspection académique. Je suis aussi journaliste et photographe, donc comme j’ai des activités très diversifiées et un parcours très chaotique, j’ai de plus en plus de mal à trouver du travail, pourtant je sais que je suis efficace et que j’ai des capacités. Je me retrouve à faire du baby-sitting, de l’aide aux devoirs, etc… alors que je peux bien plus que cela. J’aime beaucoup les nouvelles technologies, j’ai créé des sites, des blogs. Tout le monde autour de moi me dit que je suis une femme très talentueuse, mais concrètement à la fin du mois je n’ai pas un rond et dans la vie de tous les jours j’ai vraiment l’impression de passer à côté de ce que je pourrais faire. Je me suis inscrite à un atelier d’écriture, ça me fait du bien, mais je dois avouer que je suis vraiment paumée et je regrette bien d’avoir découvert ma douance seulement maintenant. Plus jeune j’avais plein de projets, mais aujourd’hui je suis très amère et j’ai l’impression que tout ce que j’entreprends ne mène à rien. Depuis que je sais que je suis sourdouée je me suis aperçue que deux de mes amis l’étaient aussi, mais ils ne m’en avaient jamais parlé. L’un vit au Brésil et l’autre en Belgique, et tous les deux ont aussi des problèmes dans leur vie à la fois privée et professionnelle. Je ne sais pas ce que je dois faire maintenant que je sais que je suis surdouée, je ne sais pas si cela va m’aider à avancer dans la vie, en tous les cas dans la ville où je vis je ne trouve personne capable de m’aider. C’est difficile.

Christine | 31 mai 2013 à 8 h 30 min

Bonjour, j’ai 38 ans et en lisant un livre sur la douance pour aider mon fils officiellement reconnu HP, je me suis reconnue moi-même. ENFIN QUELQUN A ALLUME LA LUMIERE dans ma chambre ! Mais je suis en souffrance avec mon mari (entre-autres…), je prends les choses trop à coeur, me sens vite rejetée voire abandonnée quand il ne me comprend pas. Je m’enferme dans ma coquille et j’attends de ne plus souffrir pour en ressortir. Lui se sent rejeté. Y-a-t-il un topic au sujet des couples HP (HP-HP ou HP-mixte) ?

Cyclo_parisien | 14 juin 2013 à 23 h 35 min

@Christine 40 ans:
Concernant le rendez-vous avec des gens HP, de ma propre expérience, cela s’est toujours très bien passé, tellement que 1 an après, je me rappelle encore des sujets de discussion qui partaient un peu dans tous les sens, tellement cela m’avait marqué, et dont le « désordre » me correspondait (la fameuse pensée en arborescence, mais décuplée par le nombre de gens). Bizarre comme j’ai pu avoir la sensation de résonner comme un diapason avec les gens de cette association…et aussi de savoir que ces gens existent, et ne m’ont pas pris pour un fou, m’a fait beaucoup de bien.

@ Christine 38 ans: Bonne question, à savoir si la notion de HP impacte la relation, et jusqu’à quel point elle impacte: prend-elle toute la place dans la relation? Seulement une partie? Peut-on aborder certains sujets étranges avec la moitié, sans lui faire peur? Et les quelques déceptions lorsque l’on ne se sent pas compris sont-elles importantes? Si quelqu’un a une réponse…

Je poserais la même question avec les relations entre les gens en général, notamment lorsqu’on essaie de s’intégrer dans un nouveau groupe (travail par exemple) et que l’on ne connaît pas encore tous les automatismes des personnes individuelles, mais aussi de l’inertie du groupe, à savoir qui donne la bonne humeur et le relâchement dans le groupe, qui motive les gens, … Si en plus, il y a une phobie sociale à rajouter, alors je ne parle même pas des difficultés supplémentaires.

Enfin, je parle surtout de mon cas, mais j’espère que les réponses que certaines personnes pourront apporter à Christine et à Christine pourront aussi m’aiguiller un peu/beaucoup/à la f…

Nadine Kirchgessner | 15 juin 2013 à 7 h 40 min

Merci à tous pour vos commentaires , je n’ai pas eu le temps d’écrire ces derniers temps.merci cyclo parisien. je me souviens d’un premier colloque de l’AFEP dans lequel je me sentais vraiment bien. c’était très curieux.enfin on y parlait de ce qui m’intéressait, c’est-à dire un peu de moi…de mon moi profond.Alors qu’au départ, je me rendais à ces colloques pour avoir des informations pour mes enfants.
au sujet des relations de couple, les cas peuvent être très variés. Il est certain que la relation de couple demande des aménagements quotidiens pour tout un chacun, mais je crois que la douance exacerbe tout, comme elle exacerbe aussi les relations en général avec les autres. franchement il faut en parler dans le couple, expliquer si l’autre ne connait pas la douance. S’il (ou elle) est votre conjoint c’est qu’il y a un petit quelque chose qui s’appelle l’amour. Au travail c’est différent , on n’est pas obligé d’aimer tous ses collègues. mais il faut faire avec, apprendre à s’isoler er reprendre des forces « dans sa tête », ou même s’isoler physiquement quelques minutes si on bouillonne trop.

Cyclo_parisien | 3 juillet 2013 à 23 h 15 min

Bonjour Mme Kirchgessner,

Concernant l’amour, et même toute relation d’estime, comme l’amitié, je ne sais pas s’il est évident d’en parler au conjoint ou aux proches.

D’une part, il est possible que cela leur fasse peur, d’apprendre tous les « on dit » sur ces idées, notamment lorsque la personne découvre sa surdouance en plein milieu d’une vie construite dans une certaine stabilité de couple, de relation. Je me rappelle d’un des exemples de livre où une femme découvrait sa surdouance un peu tardivement, et comprenait qu’elle ne s’était pas sentie estimée dans sa vie de couple et de mère qu’elle décida d’en partir (tant mieux pour elle, et notamment si sa vie n’était pas construite autour de l’amour), mais qu’elle vivait une certaine rivalité avec son mari (je raconte tellement bien qu’il vaudrait mieux que je retrouve l’exemple…(j’espère ne pas être accusé de plagiat). Une certaine rivalité du couple ne peut pas quelquefois intervenir lorsque l’on découvre cette caractéristique, et que l’autre ne l’aurait pas?

D’autre part, il y a aussi cette nouvelle personne se découvrant, et qui va quelquefois vouloir changer de statut (effacé, timide, réservé) car se sentant bizarre, étrange (je parle de mon cas, mais il y a sans doute d’autres caractéristiques) et vouloir enfin s’ouvrir comme il le souhaiterait, ou bien vouloir ouvrir son jardin secret pour enfin en révéler une partie à autrui. Cela peut affecter les relations (même avec les parents). Alors déjà que la « nouvelle » personne ne connaît pas sa « véritable identité », elle doit en plus tenter de reconsidérer les relations qui sont liées à elle (quand on passe de statut réservé à celui aimant et voulant parler de tous les sujets (presque à être lourd lorsque l’on veut vraiment approfondir les sujets), les gens ne comprennent pas très bien…). D’autant que la partenaire a vécu avec tel individu avec tel comportement, est-ce qu’elle apprécierait un changement de comportement? (ce n’est pas de sa faute en plus…)

J’ai l’impression qu’une fois que cela se sait, il n’y a pas de chemin retour possible. Le discours et le regard changent, les réactions des gens sont différentes, ils ne comprennent pas ce changement de comportement (je l’ai vécu au cours de repas avec des collègues)… ou alors ce n’est que le fruit de mon imagination ? Quelquefois peut-être.

Et de là à savoir si je regrette d’avoir pris ce risque, …du moins je me méfie et ne filtre que très peu mon jardin secret, d’autant que ceux qui le savent peuvent malheureusement le saccager sans en comprendre l’indispensabilité d’en avoir un pour se ressourcer.

Je sais bien que je suis un peu pessimiste et calculateur dans cette attitude, mais la méfiance ne fait-elle pas partie de ce nous vivons en général, lorsque les gens ne peuvent pas comprendre qu’une pensée différente existe? Je préfère prôner une certaine stabilité de vie, qui bouge tout de même mais pas trop, plutôt que certains états dépressifs qui peuvent faire mal car le monde semble s’écrouler autour de soi, et l’on se sent encore plus perdu qu’à l’accoutumée.

Je veux bien être contredit sur toutes les idées, pour voir si une autre réalité existe. Sans doute, mais le risque en vaut-il la chandelle?

Bien cordialement,

Guillaume | 1 août 2013 à 6 h 17 min

Bonjour, j’ai actuellement 17 ans (oui je sais cette partie du site est pour les adultes surdoués mais bon … (: ), depuis quelques mois/années je cherche pourquoi je me sens si différent des autres (surtout scolaire), ces dernières semaines je me suis beaucoup renseigné sur le sujet principal de ce site.
Mais il faut bien avouer que j’ai tout de suite pensé que ceci était quelque peu prétentieux de penser cela de moi, mais en y réfléchissant c’est surtout l’idée que les autres donnent du surdoué qui amène ce sentiment.

En parcourant de nombreux sites spécialisés je me suis très vite reconnu comme si l’on me décrivait (comme dans la liste que vous avez présentée à l’ouverture de la page 1) autant dans les bons que les mauvais côté (ces derniers qui retirent toute idée de vanité …).

J’ai lu tous les commentaires qui m’ont tous vraiment touché, je me suis senti moins seul et je vous en remercie.

Le commentaire de pharma a vraiment attiré mon attention, j’ai eu l’impression de me lire en voyant ses manies de mémoriser dans la rue, surtout l’exemple où l’on mémorise l’image des voitures pour les compter avant de traverser (je pensais être le seul fou à faire des actes aussi insensés …), malheureusement pour la partie prévision de ce que les autres vont dire/faire (et tout ce qui va avec) aussi… ce qui il faut bien avouer apporte un grand ennui dans la vie en société ou les discussions sont d »une banalité et d’un superficiel alarmant.

Pour ce qui est de moi, j’ai tout de suite été un enfant très éveillé (je trouve cette métaphore stupide mais je l’emploie faute de mieux), à 4 ans je compris tout de suite le mode de fonctionnement de jeux de logique tels que les échecs ( ou bien que n’ayant jamais pris de cours, j’arrive à prévoir une dizaine de coup à l’avance et ce, en ne jouant que de temps en temps (je ne sais pas si ça a un rapport),au même âge le piano aussi me paru amusant (bien que je ne pris jamais de cours car je trouvais le solfège peu intéressant préférant improviser ou reproduire ce que je voyais, ce que je fais encore à simple but ludique), étant d’extrême fin d’année je rentrais au CP à 5ans1/2 et au bout d’une semaine j’avais déjà compris comment lire, écrire et compter, cependant étant déjà plus jeune que mes camarades et malgré le conseil de mon enseignante, mes parents ne me firent pas sauter de classe, c’est là que commença ma longue traversée des terres arides de l’ennui …

En primaire comme au collège je n’eus besoin d’aucun investissement personnel, aucun travail, et une écoute plus que mitigée (empirant avec les années où je partais de plus en plus profondément dans mon imagination à chaque heure) pour rester premier (puis dans les premiers au collège) de la classe, je n’en ressentais aucune fierté, si ce n’est un sentiment d’njustice grandissant pour mes camarades qui eux devaient travailler lorsque moi je comprenais tout de suite. On me proposa plusieurs fois de sauter des classes, mais mes parents refusèrent et moi bien que m’ennuyant je me dis par la suite je ne serais plus avec mes amis …

Arrive le lycée avec ce sentiment d’injustice grandissant, ma moyenne baisse fortement, descendant à 14 en seconde (ce qui reste honorable certes et ne sachant pas quoi faire de ma vie je me rends donc en s (le bon cliché ) , le manque d’intérêt/de motivation et une addiction croissante pour les jeux vidéos (où bizarrement je me trouve être rapidement devenu plutôt bon, et puis c’est mieux de jouer dans un monde virtuel plutôt que de boire ou se droguer non ? surtout qu’en jouant j’avais l’impression d’utiliser mon cerveau et ça c’est sûrement la meilleure des sensations…), ainsi que la lecture de plus en plus de livres fantastiques (qui était déjà importante dès mon plus jeune âge) me permirent de me déconnecter de plus en plus de la triste réalité.

Malgré des notes en baisse et une moyenne frôlant les 10 (en grande part dû à mon refus de justifier comme on me le demandait (ce qui est très rebutant en s …) et préférant improviser moi-même mes justifications (en même temps sans suivre/noter le cours il vaut mieux être imaginatif que de rendre copie blanche non ?).

Me voilà actuellement, je viens d’avoir mon bac, sans mention, je me suis inscrit à la fac en espérant que les méthodes d’enseignement me correspondront mieux… Ou qu’au moins avec tout le temps libre je puisse avoir libre cours à mes recherches personnelles pour me documenter m’instruire (j’ai toujours aimé ça). J’ai choisi une licence d’économie car ces deux dernières années m’ont dégouté des sciences et des justifications mathématiques (qui étaient pourtant des matières où j’excellais au préalable et qui m’intéressaient…), et puis pour découvrir quelque chose de nouveau.

Cependant comme je l’ai vu écrit à de nombreuses reprises ici, j’ai conscience que si je n’ai pas un diplôme prestigieux je n’obtiendrai qu’un poste ou je m’ennuierai et j’aurai l’mpression d’avoir gâché mon potentiel (vision très optimiste je sais !)

Je suis donc perdu, je ne sais pas quoi faire, je ne sais pas comment faire en sorte de travailler en cours (un concept que je n’ai, à ma grande honte, jamais appréhendé), je ne sais pas quoi faire de ma vie et la peur de l’ennui est omniprésente.

Pour ce qui est du relationnel comme dit plus haut je m’ennuie des discussions lambda, j’ai beaucoup de potes mais que quelques vrai amis, de plus pendant plusieurs année je me cachais derrière un masque froid et distant pour cacher à quel point je suis sensible à toutes les émotions et traversant surtout à ce moment une vie de famille quelque peu compliquée avec un père faisant une dépression à cause du travail (il est quelque peu comme moi mais en moins pire, et voir à quel stade le travail l’a emmené m’a beaucoup marqué et m’a dégouté encore plus de ce dernier), je me devais donc de garder mes émotions pour moi. J’essaye actuellement d’abandonner ce masque pour redevenir normal (enfin façon de parler !). Pas la peine de vous préciser que j’ai abandonné toute relation sentimentale par peur de m’ennuyer et surtout de l’incompréhension.

Bref voilà un bref résumé de ma situation (et pourtant j’ai essayé de ne pas faire un pavé ! désolé pour cela et félicitation à ceux qui ont eu le courage de tout lire !)

Tout conseil me permettant de travailler durant mes études supérieures, de rester attentif même lorsque l’on me répète 10 fois la même chose et ne pas décrocher tout bonnement et simplement serait un don du ciel ! Et aussi un site permettant de m’instruire de manière efficace avec de nombreux sujets traités sans fausses informations et exposés de manière intéressante (c’est beaucoup demander je sais) (j’ai commencé à regarder les conférences disponible sur TED que je trouve passionnantes, mais il n’y a pas l’aspect apprentissage.

Merci de votre attention, cordialement, un jeune perdu dans sa tête et ne sachant pas quoi faire de sa vie.

Ps: un vrai pavé, et je ne vois pas vraiment l’intérêt de faire un test de qi, je suis comme je suis et rien ne le changera, de plus que je n’ai pas envie d’en parler à mes parents (j’ai essayé mais ils ne comprennent pas vraiment, ils ne voient que les notes en baisse et ce que je pourrais faire si je travaillais (encore heureux ils m’ont toujours laissé autonome dans mon travail et ne critiquent pas ce que je fais, je travaille pour moi…)
C’est la première fois que je parle réellement de cette différence, merci d’avoir lu bonne chance dans vos vies.

Un autre Marc | 2 septembre 2013 à 1 h 47 min

Bonjour,
Merci Nadine pour le site. Merci à toutes et tous pour vos témoignages et les réponses de soutien.

Les récits et témoignages m’ont touché, beaucoup de souffrances, le doute, l’incompréhension. Une sensibilité exacerbée. La vie est dure. Coluche disait « la société ne veut pas de moi, qu’elle se rassure … je ne veux pas d’elle non plus », les alternatives sont à construire.

Je pense qu’on peut évacuer le « sur » de la douance, car sûr c’est sans doute ce qu’on est le moins.

D’après les lectures, la douance c’est une différence, nous ne sommes par « sur » mais « ailleurs », « autrement ». Je sais que la sensibilité émotionnelle et esthétique est une composante qui peut entraîner une souffrance intense mais aussi pour moi un plaisir immense. Pensez à ces moments de dégustations parfois (resto, chocolat,…), à ces moments ou une musique vous fait rire et danser, vous touche, à une image, un tableau, le souvenir d’un sourire…

Je voudrais donc attirer l’attention sur ces autres dimensions de nous mêmes qui peuvent nous donner de la force, des stimulations et du plaisir, bouger un peu dans le sport, utiliser le toucher, le goûter. Sortir de la ville et se remplir d’air frais et odorant dans les champs ou dans le bois.
La Femme & l’Homme sont aussi des êtres vivants sensibles, pas seulement un cerveau, une pensée, une utilité économique.

Je trouve que faire le test (+ entretien) c’est une confirmation externe objective (+/-) et cela assure, cela permet de couper une partie de la ritournelle « en suis-je? en serais-je et si je n’en suis pas… On peut se poser la question mille fois, alors offrez-vous des vacances, faites le test.

Comment s’inclure concrètement dans une société dure, agressive, violente? Trouver une activité économique qui a quand même du sens. En faire juste assez pour les ressources et trouver du plaisir ailleurs. Beaucoup de projets existent et sans doute aussi dans votre région. Des potagers collectifs, des foires au savoir-faire, des cercles d’échange… L’initiative ville en transition (http://fr.wikipedia.org/wiki/Ville_en_transition) permet de trouver un exutoire à notre besoin de chercher, de comprendre et d’apprendre, à ce besoin de se rendre utile. On y rencontre aussi personnes intelligentes et respectueuses qu’on pourrait inviter à lire le site … mais pas seulement : (

Le monde du logiciel libre est ouvert à la contribution pour du soutien, des traductions, des retour d’expérience. http://www.framasoft.net vous propose des outils en ligne pour les collaborations et des programmes libres et gratuits pour jouer, écrire, peindre, dessiner, jouer de la musique, monter une vidéo…

Pour la question de dépendance aux produits, je comprends le besoin de calmer le jeu, de réduire la douleur, d’atténuer la conscience. Je vais essayer le Kombucha, merci : )

Pour la (vaste) question des études, soyons pragmatique, Ils seront toujours assez dogmatiques pour nous. Je pense que c’est un bon moyen d’obtenir un diplôme et de simplifier la recherche d’emploi. C’est dur de suivre un parcours prédéterminé mais c’est le jeu. La Fac n’est pas un endroit ou la méthode est la plus adaptée à un profil HP, c’est juste le lieu des certifications.
Dans les matières, l’économie est pour moi plus une religion qu’une science car ce n’est pas un savoir expérimental ou reproductible. Dans les cours on nie la complexité des contextes et de la réflexion comme pour Adam Smith. Le champ est vaste et certainement à même de passionner un esprit complexe on y rencontre les écrits de génies purs (http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicholas_Georgescu-Roegen).

Je m’était promis de faire bref, caramba! encore raté.
J’espère que ces quelques mots pourront en aider au moins un (ou une).
A bientôt, ici même : )

virginie974 | 13 avril 2014 à 10 h 52 min

Bonjour, je viens tout juste de découvrir ce merveilleux site qui me permet de me sentir un peu moins isolée.
Mon histoire résumée est celle d’une adulte, non détectée; Ayant fait toute ma scolarité comme une enfant somme toute normale . Echouant l’année du bac j’ai quitté le cursus scolaire. Et débute pour moi ma tentative de cheminement au niveau professionnel. Passant d’une école professionnelle en danse, par l’obtention d’un diplome équivalent au baccalauréat, puis entamant une voie universitaire dans le droit. Cumulant de rapides expériences professionnelles dans l’immobilier, puis la vente de produits cosmétiques. Ce domaine m’interessant parmi tant d’autre j’ai eu le désir d’approfondir mes connaissances d’une part et animée par la curiosité de savoir ce que l’on apprend en CAP esthétique je l’ai donc préparé par correspondance, l’obtenant sans problème. Et je repris la voie du droit l’année dernière. Actuellement je suis dans une interrogation totale de que faire? car il faut que je me pose professionnellement pour avoir un salaire, tout en prenant en compte le critère de l’ennui.
Ma fille qui est en maternelle a été diagnostiquée comme HP suite à des tests. Et elle est un élément révélateur pour moi. Je m’interrogeais quant à une éventuelle grande intelligence et suite à un entretien d’une heure trente la psychologue me confirme que je présente le même profil.
Vais je passer le test? je suis tiraillée: l’envie d’être totalement sûre et de voir cela comme une renaissance ,l’espérance d’y trouver des clés afin de me créer une stabilité professionnelle est forte. Mais la crainte de voir que finalement je ne suis pas ce que je ressens au fond de moi, d’échouer à ces tests me bloque.
Manquant de confiance en moi, seule l’extérieur me voit comme ils disent, intelligente, surdouée, brillante, ayant du mérite de reprendre mes études de droit avec deux enfants en bas age actuellement.
J’ai l’impression que je suscite de l’admiration mais je ne vois pas réellement pourquoi susciter cette admiration.
Là j’entame un cheminement tant pour accompagner ma fille que pour moi même.

dansedelapluie | 7 mai 2014 à 9 h 57 min

Bonjour Virginie,

Je me permets d’intervenir rapidement et peut-être de manière abrupte, depuis quelques jours seulement j’interviens sur le site (mes premiers commentaires interviennent en page 5) et je m’attelle à lire chaque commentaire de la page 1 à la page 5, bien qu’ayant d’abord commencé en tous sens; tout cela pour dire mon émoi et ma volonté de partager et certainement dans un prochain temps de « répondre » à chacun. Bref, je m’égare et pour en revenir à ce que je disais, eh bien me voilà à la fin de la page 3 et à la lecture de votre commentaire, je me dis soudainement « et si on arrêtait de douter » (oui, je suis dans le même cas que vous et que bien d’autres ici) et si on acceptait de vivre avec ce que l’on est (hp ou pas) mais différent certes de la plupart et nous ne sommes pas seuls!

dansedelapluie | 7 mai 2014 à 10 h 20 min

J’aimerais ajouter encore que je suis sensible à votre commentaire tout particulièrement pour cette interrogation qui concerne le fait de se trouver professionnellement ou du moins de trouver une solution d’adaptation, je vois vos « réussites » en filigrane mais au final, qu’avez-vous réellement envie de faire?

Je me sens très frustrée quant à moi n’ayant pas vos facilités pour passer le cap et réussir au moins « un petit quelque chose de valable » qui me permettrait de me sauver matériellement parlant et peut-être bien plus encore.

Pour ma part, je tente de venir à la « normale » le plus possible, bien que je me prends par moment de sacrées gifles.

Je pense être quelqu’un de passionnée dans son essence mais les coups de la vie m’ont meurtrie au point que je ne sais plus ce que j’aime jusqu’au choix le plus anodin (l’esthétisme dans une silhouette par exemple); je pense peut-être me découvrir « en dépression depuis des années », quelle déception mais je me sens capable de rebondir bien que sans doute j’ai un grand travail à faire pour m’y atteler (ah si seulement il existait un interrupteur)!

La lumière se fait, je pense pouvoir de plus en plus m’accepter douée mais je la vois seulement et il faut que je parcours tout le chemin pour l’atteindre.

Mais quel serait cette activité qui tout en étant lucrative serait source d’épanouissement ou alors seulement d’un moindre mal?

Savez-vous que je dessine pas trop mal, par exemple, et que même en ce domaine je ne fulgure ou plutôt que je ne sors pas de mes carcans, incroyable, non?

Dominique

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