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Jan/18

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Education Nationale et Science

« L’enfant étant déjà intensément actif, il s’agit pour l’éducation de prendre en main cette activité et de lui donner une direction » John Dewey (1859-1952  USA)

Une très bonne nouvelle est arrivée hier. Le ministère de l’Education nationale a décidé de s’appuyer sur une équipe de scientifiques pour travailler à reconstruire l’école. J’écris reconstruire, car il faut savoir que plus de 20 % d’enfants ne savent pas lire. Les chiffres sont alarmants.

« Nous allons tenter de dégager des facteurs qui ont prouvé leur effet bénéfique sur l’apprentissage des enfants, explique ce spécialiste des neurosciences. Ensuite, ce sera aux enseignants de s’en emparer pour les transformer en pédagogies effectives. » Le ministre a déjà saisi ce conseil sur un point : comment aider les professeurs des écoles à évaluer par des tests éprouvés, tout au long du CP, le niveau de chaque élève ? « Notre propos n’est évidemment pas d’évaluer les enseignants, mais de leur donner une idée précise des progrès de chaque enfant, afin de les aider à ajuster leur pédagogie, précise Stanislas Dehaene. Toutes nos actions seront centrées sur l’enfant. »

(cliquer pour lire l’article du monde)

Un conseil scientifique pluridisciplinaire pour l’école

Conseil scientifique de l’éducation nationale

Voici les noms des participants à ce conseil scientifique :

BERRY Gérard, Professeur au Collège de France, Chaire Informatique et Sciences numériques
BIANCO Maryse, Laboratoire des Sciences de l’Education, Université de Grenoble
BRESSOUX Pascal, Laboratoire des Sciences de l’Education, Université de Grenoble
DEHAENE Stanislas, Professeur au Collège de France, Chaire de Psychologie cognitive expérimentale
DEAUVIEAU Jérôme, Professeur en sociologie de l’éducation, ENS Paris
DEMEUSE Marc, Psychologue et statisticien, professeur à l’Université de Mons (Belgique)
DUFLO Esther, Professeur au MIT – Chaire sur la réduction de la pauvreté et l’économie du développement
FAYOL Michel, Professeur de Psychologie cognitive et du Développement, Université de Clermont
GHYS Étienne, Mathématicien, CNRS-ENS Lyon
GURGAND Marc, Professeur en Politiques publiques et Développement, Ecole d’économie de Paris, ENS Paris
HURON Caroline, Psychiatre, chercheuse en sciences cognitives, Inserm
KOUIDER Sid, Laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistique, CNRS-ENS Paris
PASQUINELLI Eléna, Philosophe, spécialiste de Sciences Cognitives appliquées à l’Education, Institut Jean Nicod (ENS, EHESS, CNRS)
PROUST Joëlle, Philosophe, CNRS-ENS Paris
RAMUS Franck, Laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistique, CNRS-ENS Paris
SAVIDAN Patrick, Professeur de philosophie morale et politique, Université Paris-Est
SEBASTIAN-GALLES Nuria, Professeur de sciences cognitives, Université de Barcelone
SPELKE Élizabeth, Professeur de psychologie comportementale, Harvard Universiy
SPRENGER-CHAROLLES Liliane, Linguiste et psycholinguiste, CNRS-Université d’Aix-Marseille
SUCHAUT Bruno, Professeur en sciences sociales et politiques, Université de Lausanne
ZIEGLER Johannes, Directeur du Laboratoire de Psychologie Cognitive, CNRS-Université Aix-Marseille

Franck Ramus fait partie de ce groupe de scientifiques et c’est une excellente nouvelle pour l’apprentissage de la lecture, et surtout les connaissances sur la  dyslexie. On peut citer Stanilas Dehaene qui préside le conseil, et d’autres noms qui confirment l’hypercompétence de ce groupe pluridisciplinaire, des noms que tout étudiant en psychologie cognitive connaît comme FAYOL Michel, SPELKE Élizabeth, SPRENGER-CHAROLLES Liliane ou ZIEGLER Johannes et d’autres spécialistes.

Espérons que Franck Ramus aura le temps de se pencher sur le sérieux problème des fausses informations qui circulent sur le sujet du haut potentiel, même jusque dans certains textes de l’EN. Une dérive de pathologisation du haut potentiel s’est immiscée dans ces textes depuis 2007 :

Les textes de l’EN : décryptage

 

Pour ma part, je continuerai à lutter contre ces termes inadaptés et inutilement péjoratifs de « besoins particuliers » quand il s’agit simplement de sauter la grande section de maternelle, de « handicap » ou « handicap invisible » comme dans ce reportage :

L’article de trop

Voici un extrait de mon livre « Les surdoués atteints de haut potentiel, l’intelligence malmenée »  préfacé par J Charles Terrassier :

p 74

Ces idées « brouillées » ont des conséquences très négatives et sont véhiculées depuis un peu plus de dix ans par des psychologues qui ont écrit de nombreux livres sur le sujet. Ces concepts fantaisistes (des « fausses croyances ») sont repris presque comme une religion par les associations françaises d’enfants ou d’adultes à haut potentiel, par d’autres psychologues ou médecins, par des blogs, par des journalistes, même par des textes de l’Education Nationale !

L’Education Nationale s’est emparée du sujet, en toute bonne foi, trop heureuse de dire qu’elle s’occupe des surdoués, mais en faisant passer le haut potentiel pour un trouble de l’apprentissage. Un joli tour de passe-passe, en somme…

Les EIP (Enfants Intellectuellement Précoces) ont désormais pour le Ministère « des besoins particuliers »… Ils sont nommés les BIP, enfants à « Besoins Intellectuels Particuliers »… Le référent EIP est parfois (et de plus en plus souvent) basé à la MDPH, la maison des Personnes handicapées ! Parfois, ce référent EIP est un référent ASH, c’est-à-dire un enseignant destiné à l’adaptation scolaire et la scolarisation des élèves handicapés !

Oui vous avez bien lu ! Je crois qu’un jour, un fonctionnaire zélé, animé d’une idéologie égalitariste de l’intelligence à toute épreuve, s’est dit « tiens, on va leur jouer un bon tour ! Ils nous ennuient avec leurs enfants surdoués »… On voudrait les marginaliser qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Evidemment, on dit que ce n’est pas pour cela qu’ils sont handicapés ! Mais… c’est tout un symbole. Triste symbole.

Le piège est en place !

Ainsi, le remède s’avère être pire que la non prise en compte qui régnait jusqu’alors. Mais dans les années 1960, les enfants qui étaient vifs et rapides pouvaient aller au CP anticipé facilement, 20 % d’entre eux y accédaient sans difficulté (statistiques de EN). Dans les années 1960, la méthode de lecture était syllabique et il n’y avait pas 20 % d’enfants qui ne savaient pas lire en 6 ème… Le saut de classe était assez banalisé et les enfants surdoués n’étaient pas du tout handicapés. Actuellement, il est de plus en plus difficile d’obtenir un saut de classe ou un passage en CP anticipé. »

DES ARTICLES POUR POURSUIVRE LA REFLEXION :

La pseudoscience des surdoués

 

ANPEIP 1995

Esprit critique

Précocité = handicap pour l’EN

L’enfance

philosophie de l’éducation

Le surdoué crétin

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