Planète surdoués | Un espace d'information et de recherche sur la douance

Déc/17

18

Les biais

 

 

Je suis tombée sur ces deux articles du blog « Talent différent », et j’ai été très étonnée par le contenu de deux articles récents au sujet de l’article de la revue ANAE, et par des commentaires très malveillants, encouragés et non repris.

le Haut Potentiel Intellectuel une vraie fausse pathologie à la française.

On peut écouter aussi l’interview audio sur planete douance

Voici les deux articles dont je vais discuter la pertinence aujourd’hui :

http://www.talentdifferent.com/4245-4245.html

http://www.talentdifferent.com/pathologisation-surdon-propre-a-france-4271.html

Jusque-là, on avait un peu circonscrit et identifié les « irréductibles », ceux qui sont anti-science, ceux qui ne comprenaient pas ou ne voulaient pas comprendre les statistiques. On avait pu lire les diatribes, non scientifiques et impertinentes, d’un autre blog dans un article d’anthologie « Mais qu’est-ce qui fait avancer une cause » après l’article de la Recherche de mars 2017 de Franck Ramus et Nicolas Gauvrit.

La légende noire des surdoués

On avait cru que les autres blogs étaient plus scientifiques, et surtout le blog Talent différent. C’était le parti pris par Talent différent.

Et puis non.

Mais se dire scientifique et avoir l’esprit scientifique, c’est différent (stop humour). Citer des articles scientifiques ( ou même un article du Huffington Post) ne suffit pas, encore faut-il savoir les lire et déceler les biais, il faut savoir identifier les références universitaires et identifier les experts. Pour le blog Talent différent, les experts des surdoués sont les cliniciens uniquement, apparemment. Mais

je rappelle ce principe du Code de Déontologie :
« Principe 2
: Compétence
Le psychologue tient sa compétence :
– de connaissances théoriques et méthodologiques acquises dans les conditions définies par la loi relative à l’usage professionnel du titre de psychologue;
– de la réactualisation régulière de ses connaissances;

Le raisonnement simple, néanmoins, qu’il convient d’avoir, en Science, est le suivant : lorsqu’on est en présence de données, d’articles scientifiques, il faut les lire, et surtout, lire la méthodologie et connaître le recrutement des participants. S’il existe trop de biais de recrutement, trop de limites, trop d’incertitudes, on ne peut pas conclure ni généraliser. C’est le raisonnement que j’ai eu lorsque j’ai fait mon mémoire d’études ; Talent différent avait été l’un des trois sites qui m’avait aidée dans ma recherche :  Etude haut potentiel 2015

Est-ce que Cécile Bost a décidé de rejoindre les « zèbres » ?

Même si, comme elle l’écrit  « la France n’est pas seule à pathologiser la douance »  

il faut savoir qu’il n’y a qu’en France qu’il existe ce piège de la « zébritude » qui ne demande qu’à s’exporter.

Pourtant, l’auteur de livres et de blog qu’est Cécile Bost, nous avait dit qu’elle prenait en compte les études scientifiques.

En outre, des commentaires malveillants, voire injurieux, envers ANAE , Léonard Vannetzel et Franck Ramus sont écrits sur le blog et encouragés par Cécile Bost. Je fais remarquer que lorsque Cécile Bost intervient sur le blog de Franck Ramus, les réponses sont toujours très courtoises. Indiquer que Franck Ramus ou Léonard Vannetzel, ou Nicolas Gauvrit, coauteur, ignorent les études internationales est indécent et peu crédible. Néanmoins, Cécile Bost a lu et commenté abondamment l’article de Ramus et Gauvrit :

(cliquer sur l’image pour lire)

 

Reprenons les études citées par Talent différent dans l’ordre.

  • Première étude citée  de Renzulli et Park :

(Giftedness and High School Dropouts: Personal, Family, and School-related Factors – 2002)

Le biais de cette étude est énorme car comme il est écrit dans la méthode de l’étude

« Seuls les étudiants ayant abandonné l’école ont rempli ce questionnaire; par conséquent, les élèves doués et non doués ont été comparés. Dans l’étude 2, les données du questionnaire de l’élève ont été analysées pour examiner les facteurs personnels et éducatifs liés à la décision par les étudiants doués pour abandonner l’école. »

Ils ont donc examiné des étudiants qui ont abandonné et ont fait fi de ceux qui n’ont pas abandonné. L’intérêt d’une telle étude est minimisé ainsi. Voire anhihilé.

On s’aperçoit qu’il s’agit d’études de cas, donc non représentatives. le « vous aurez quelques statistiques qui complètent les précédentes; »  n’est pas du tout pertinent dans ce cas. On comprend que cet auteur, Alex Pagnani, n’est pas vraiment sérieux lorsqu’il déclare dans sa conclusion « Most people, myself included, are natural procrastinators. »

Alex Pagnani currently resides in Athens, Georgia, where he is pursuing an  educational psychology Ph.D. in gifted and creative education.

Un PDF est le mémoire de Nathalie Addor en 2002. Si on lit la méthodologie de l’étude, « La population de cette étude se compose de 14 adolescents. »

Très étonnant que Cécile Bost se réfère à une étude ayant si peu de participants, car elle fustige en général toute étude qui compte peu de participants, comme l’étude EDEN. Paradoxal. Dans un éclair de lucidité, l’auteur, Nathalie Addor, indique « De manière générale, cette étude s’est trouvée limitée par la taille de l’échantillon. »

On poursuit la lecture :

« Ces adolescents surdoués ont été recrutés par le bais du Programme Hélios (programme pour surdoués, Centre de Ressources Humaines à Roche). »

Mais faut-il poursuivre ?

http://www.nathalie-addor.ch/index.php?option=com_content&view=article&id=7&Itemid=115

  • Quatrième étude citée  :

La vulnérabilité particulière de l’amygdale.. elle est réelle, si on prend en compte la notion d’Overexcitability (Hyperstimulabilité) développée par Dabrowsky et surtout Piechowski.

Or cette étude sur La vulnérabilité de l’amygdale est introuvable.

Le 14.12.2017 Franck Ramus indique sur son blog cette étude :

« Sur la soi-disant hyper-sensibilité:
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0191886911001759
Les HQI ont en fait des scores moins élevés dans une mesure de surexcitabilité émotionnelle. »

  • Cinquième étude citée  :

Quant au document  Une nation trompée, un extrait du résumé indique bien le sens que les auteurs ont voulu donner à ce texte ; les auteurs ne sont pas du tout dans des raisonnements identiques à la pathologisation française :

« Les écoles américaines évitent constamment les programmes scolaires accélérés, le moyen le plus facile et le plus efficace d’aider les élèves brillants. En dépit de la croyance populaire qu’un enfant qui saute une classe s’adaptera mal socialement, 50 ans de recherches démontrent que placer les élèves brillants à des niveaux supérieurs les rend souvent heureux. L’accélération signifie suivre un programme traditionnel à un rythme plus rapide que la normale. Les 18 formes de programmes accélérés comprennent la possibilité de sauter une classe, de s’inscrire à l’école plus tôt que la normale et de suivre des cours d’Advanced Placement (AP). Il s’agit d’un programme scolaire approprié. Cela signifie qu’on adapte le niveau et la complexité du programme aux compétences et au degré de motivation de l’élève. Les élèves qui sautent des classes ont tendance à être plus ambitieux que la moyenne et sont plus nombreux à obtenir des diplômes de second cycle universitaire que les autres. Interrogés des années plus tard, une grande majorité des élèves ayant suivi des cours accélérés déclare que ces cours leur ont été extrêmement bénéfiques. Les élèves ayant suivi des programmes accélérés se sentent stimulés d’un point de vue scolaire et bien intégrés. Ils ne succombent pas à l’ennui qui accable de nombreux élèves doués forcés de suivre le programme prévu pour leur tranche d’âge. »

  • Sixième étude citée  :

Joan Freeman est aussi une clinicienne britannique. Elle a écrit sur le document cité ceci :  » Provision for the gifted, though, is not often based on research evidence. »

Traduction :Les dispositions pour les doués, cependant, ne sont pas souvent basés sur la recherche de preuves.

J’ai copié quelques commentaires de Cécile Bost intéressants du blog ramusméninges de Franck Ramus, avec les réponses toujours courtoises et pertinentes de F Ramus. Mais il faut tout lire, comme je l’ai fait (et pas en diagonale, ni en vitesse).

(cliquer sur l’image pour lire)

 

 

 

En conclusion de cet article,

Les biais sont donc également répartis dans de nombreux pays, ce qui n’est pas vraiment une bonne nouvelle. C’est la conclusion raisonnable que l’on peut faire, et non pas annoncer que les surdoués « ratent davantage » leurs études ou que les surdoués vont très mal, dans tous les pays.

Talent différent écrit ceci après l’article de la Recherche :

« Les échanges qui ont suivi cet article ont été très vifs et je les ai trouvés, de part et d’autres, très partiaux. Chacun campe sur des positions absolues, sans vouloir envisager que la vérité est quelque part entre ces deux points de vue absolus. »

Je voudrais rappeler que, en Science, on peut et on doit discuter. Les échanges ne sont pas « partiaux » (ni des attaques), mais argumentés et doivent être fondés sur des preuves.

Je voudrais rappeler que, en Science, les invectives sont déshonorantes pour celles et ceux qui les prononcent et les écrivent.

Et je réécris mon commentaire sur le  blog ramusméninges de Franck Ramus

15.02.2017

L’article de Ramus et Gauvrit dénonce les dérives. Oui, c’est un mal d’exagérer. C’est bien pour cela que cet article est important. Mais surtout, le code de déontologie des psychologues indique que les psychologues qui passent dans les médias doivent tenir à jour leur savoir.
Je rappelle enfin que ceux qui sont en difficulté n’ont pas été oubliés, bien au contraire, puisqu’il s’agissait de donner les vrais chiffres et les vrais caractéristiques, pour que ceux qui sont en difficulté soient bien identifiées et bien traités.

 

Quelques articles pour approfondir le sujet :

LES TROUBLES DYS

La terre est ronde ?

Haut potentiel intellectuel Nicolas Gauvrit 2016

Etude haut potentiel 2015 partie1

Une nation trompée de Colangelo, N., Assouline, S., & Gross, M. U. M. (2004).

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5 Comments pour Les biais

Cécile BOST | 18 décembre 2017 à 23 h 09 min

Bonsoir Nadine

Je suis d’accord avec vous, Nadine, sur l’importance de savoir discuter en restant courtois.

Ce n’est pas le sens qu’a pris le fil de la discussion sur le blog de Franck Ramus (vous mentionez un échange courtois avec Nicolas Gauvrit, mais vous ne reprenez pas l’échange avec Franck Ramus – mais c’est vrai qu’il faut lire l’intégralité de fil long comme un jour sans pain et au final qui donne un peu la nausée par sa violence et sa partialité de part et d’autre).
La courtoisie n’est pas non plus le sentiment que donne l’article de Franck Ramus au regard de la façon dont il est rédigé.

Je suis aussi d’accord avec vous sur l’importance qu’il y a pour les personnes médiatisées de veiller à ne pas exagérer dans un sens comme dans l’autre.
(Au passage, je ne vois pas d’où vous tenez que pour moi seuls les psychologues cliniciens

L’étude de Renzulli et Park
« se réfèrent à une étude longitudinale menée sur 25.000 enfants entre 1988 et 1992. Deux questionnaires ont été menés sur ceux qui ont quitté l’école : dans chaque groupe, les surdoués comptent pour grosso modo 1/4 de la population qui est en échec scolaire. (la population surdouée comptant pour 5% de la population générale pour être généreux – donc les étudiants surdoués en échec scolaire représentent dans cette étude plus de 4 fois le ratio auquel ont devrait s’attendre). »

Je citais l’étude de Nathalie Addor pour ce qu’elle citait comme référence et non pas pour la taille de l’échantillon étudié (Présenté par Nathalie Addor, sous la direction du Dr Ph. Jaffé DESS en Psychologie Clinique, Université de Genève, FPSE, Psychologie) une référence à des statistiques européennes, disant que 30% des enfants surdoués sous-performent.))

Et oui, la petite taille des échantillons est toujours un souci et je l’ai signalé pour l’étude faite à partir de la cohorte EDEN.
Vérifier sur un échantillon de 1.000 enfants que 2,3% sont surdoués est très bien – et effectivement, fait intéressant, on trouvait 23 enfants.
Mais tirer des conclusions sur 23 enfants surdoués me semble peu robuste.

Sur l’amygdale :
2009 – Human vulnerability to stress depends on amygdala’s predisposition and hippocampal plasticity (la vulnérabilité hyumaine au stress dépend de la prédisposition de l’amygdale et de la plasticité de l’hippocampe)
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2729030/

Encore sous embargo : Amygdala reactivity and anterior cingulate habituation predict PTSD symptom maintenance after acute civilian trauma / La réactivité de l’amygdale et l’accoutumance du cortex cingulaire antérieur prédisent la persistance d’un syndrome de stress post traumatique après un trauma aigu en tant que victime civile.

Ma mention de « A Nation deceived » répond à la question posée par ANAE : « « Et maintenant ? Osera-t-on regarder hors de nos frontières pour tenir compte de ce qu’en pensent les autres pays ? Se rendra-t-on compte de l’isolement de la position française, championne du monde inégalée en pathologisation de l’intelligence ? » »

Le sous-titre de « A Nation deceived / Une Nation trompée » est : comment les écoles freinent les élèves américains les plus brillants – Ici le lien vers ce document : http://www.accelerationinstitute.org/Nation_Deceived/International/ND_v1_fr.pdf
Voici ce qui est dit en fi d’avant propos :
« Inspiré du slogan anti-drogue “Dites non”, le rapport encourage le lecteur à dire « Oui » à l’accélération.
Une évaluation complète des compétences d’un élève permet d’établir la stratégie d’accélération qui lui
est appropriée.

Le rapport décrit plusieurs types de programmes accélérés et les problèmes sociaux qui leur sont inhérents.
Il atteste également des avantages économiques de l’accélération pour les universités, les écoles et les
parents. Il offre des idées spécifiques aux enseignants et aux lecteurs en général pour aider à promouvoir
l’accélération.

Nous espérons que la popularité de ce rapport pourra effacer cette idée reçue de « taille unique »
sur l’apprentissage et retirer les obstacles qui freinent les élèves doués dans les écoles. Il est temps
de faire bouger les choses. »

.. et oui, j’ai cité le Huffington Post – parce que voici ses sources : References:

[1] Webb, James T., et. al. Misdiagnosis and Dual Diagnoses of Gifted Children and Adults: ADHD, Bipolar, Ocd, Asperger’s, Depression, and Other Disorders. Scottsdale, Ariz.: Great Potential Press. 2005.

[2] Grobman, J. “Underachievement in Exceptionally Gifted Adolescents and Young Adults: A Psychiatrist’s View.” Journal of Secondary Gifted Education. 2006 17(4) 199-210.

[3] J Renzulli, S. Park. “Gifted Dropouts: The Who and the Why.” Gifted Child Quarterly. Fall 2000 44: 261-271.

Pour Joan Freeman, je n’évoque pas ce quelle dit sur les fondements scientifiques de la prise en compte – là n’était pas le propos.
Voilà ce que j’ai cité : « » Dans le quotidien de mes investigations depuis 1974, j’ai découvert que la labellisation et les attentes au sujet du surdon étaient systématiquement associés avec un développement et un comportement émotionnels difficiles (Freeman 2001). Ceci est devenu très clair quand j’ai comparé les enfants surdoués reconnus comme tels et les enfants surdoués non reconnus […]. De longs entretiens avec les parents et les professeurs ont montré que les stéréotypes du trouble émotionnel chez le surdoué étaient forts (surtout quand l’enfant était formellement identifié, ce qui n’était pas le cas pour l’enfant non identifié). Mais alors que sur toutes ces dizaines d’années j’ai noté combien le bonheur et les succès individuels avaient été affectés par l’environnement familial, les influences sociales plus largement, mai aussi l’éducation et tout simplement la chance. Justement, par dessus tout, les conclusions de la plupart des recherches sur le développement émotionnel des enfants surdoués c’est qu’ils sont plus équilibrés que la moyenne (Freeman 1998) » (3° paragraphe de la page 2) »
« « En 1974, 82% des parents de mon échantillon qui pensaient leur enfant surdoué, vivaient ou s’attendaient à vivre des problèmes qu’ils associaient au surdon« . (1° phrase / 4° paragraphe de la page 2) »

« ceux qui sont en difficulté n’ont pas été oubliés, bien au contraire, puisqu’il s’agissait de donner les vrais chiffres et les vrais caractéristiques, pour que ceux qui sont en difficulté soient bien identifiées et bien traités ».
.. le souci c’est de trouver ces vrais chiffres, surtout quand les surdoués passent sous le radar de la détection (inhibition, dépression, handicap).

Nadine Kirchgessner | 18 décembre 2017 à 23 h 45 min

Bonjour Cécile
je ne discuterai pas des études ce soir, étant donné l’heure tardive, je ne voudrais pas écrire de faux arguments, mais

« savoir discuter en restant courtois. »

Oui, c’est pourquoi j’ai été très choquée de lire ceci dans un commentaire, sur talent différent :
(Comme si Léonard Vannetzel ne savait penser par lui-même)

 » Bonjour dit :
14 novembre 2017 à 23 h 24 min
Jusqu’à ce que je lise l’éditorial De l’ANAE, je ne comprenais pas votre ire , à vous deux, Chan et Cécile !!
Globalement j’aime Beaucoup l’ANAE dont j’ai Acquis plusieurs publications dont une sur les analyses par EYE TRACK sur le retentissement des troubles d’analyse Des traits du visage chez les autistes et un autre sur le TDAH.
Le problème n’est pas l’ANAE mais l’investiture de Ramus dans le domaine du HPI , domaine qui n’est pas le cadre de référence de l’ANAE spécialisé dans les troubles des apprentissages !
Ce que veut démontrer ce monsieur est que les études SCIENTIFIQUES ont démontré que
-les HPI vont très bien
– il n’y as pas de corrélation entre HPI et autres comorbidités dont les DYS
je mets au défi de ne pas trouver un enfant dys dans la descendance d’un HPI

Sous couvert de scientisme, ce mec écrit et extrapole de façon totalement subjective, dogmatique et sans aucune ouverture d’esprit !
Je parle non du rédacteur de l’éditorial,mais de son pygmalion, le célèbre professeur follamour Ramus qui cherche à imposer une vision antédiluvienne de la notion du petit génie blond… »
etc…

j’ai aussi relu tous les commentaires avec Franck Ramus sur la pseudoscience des surdoués ; tous sont très courtois et argumentés de façon scientifique. Alors, peut-être qu’ils peuvent parfois paraître « secs », si les études ne sont pas représentatives, mais il n’y a jamais de mépris ni dénigrement envers les personnes, comme ce que je viens de copier.

Camus.F | 19 décembre 2017 à 12 h 54 min

 » Tout procédé scientifique n’est qu’un instrument qui a besoin d’être dirigé par une main intelligente » Binet.1911

Nadine Kirchgessner | 20 décembre 2017 à 18 h 11 min

Bonjour Cécile, je reprends votre commentaire. Je ne comprends pas toujours votre argumentation.
Vous écrivez que « mais vous ne reprenez pas l’échange avec Franck Ramus »
mais si, il y a trois copies des échanges, mais c’était long. Mais chacun peut les lire sur le blog ramusméninges, sur lequel Franck Ramus livre énormément de références.

« La courtoisie n’est pas non plus le sentiment que donne l’article de Franck Ramus au regard de la façon dont il est rédigé. »
A quel endroit exactement ? L’article me semble au contraire très didactique et bien écrit.

« Au passage, je ne vois pas d’où vous tenez que pour moi seuls les psychologues cliniciens »
Je le constate sur les articles que vous citez, sur votre dernier article que je n’avais pas encore lu, vous citez une étude de Mehdi Liratni dans laquelle les 35 enfants ne sont pas représentatifs ; ils sont pris dans des consultations, hôpital ou école pour surdoués ; c’est-à-dire qu’ils n’ont pas été pris « au hasard » dans la population, comme dans l’étude EDEN que vous fustigez.
Ils l’écrivent eux-mêmes d’ailleurs :
« Nos résultats poussent à prendre garde aux biais de recrutement des participants aux études sur le haut potentiel »

« Quand on interroge les sites internationaux de publications scientifiques (pubmed, sciencedirect, psycinfo), la majorité d’entre elles traitent de la pédagogie appliquée à ces enfants, ou encore d’observations cliniques recueillies sans protocole expérimental rendant alors les interprétations fragiles voire impossibles. Une première réalité est qu’en l’absence de « dépistage » systématique du HPI, aucun résultat n’est généralisable à l’ensemble de la population HPI. En outre, les études de cas concernent souvent des enfants consultant pour des difficultés scolaires et/ou psychologiques. Or, tous les enfants HPI identifiés ne présentent pas de troubles psychologiques. De ce fait, les résultats et interprétations de ces études de cas ne peuvent être généralisés à une population plus large d’enfants HPI et il est d’ailleurs probable que les enfants HPI présentant des symptômes d’ordre psychopathologique forment un sous-groupe bien spécifique de la population large et hétérogène d’enfants HPI »

« nous avons choisi de nous positionner quand la question des difficultés psychologiques de ces enfants est posée en consultation. »
« il est difficile de comprendre comment deux positions aussi opposées puissent exister. Une première raison peut être attribuée aux contextes (pays) dans lesquels ces enfants évoluent. Les travaux évoquant une intégration satisfaisante des enfants HPI proviennent, la plupart du temps, d’Amérique du Nord, contexte où le HPI est repéré et pris en considération dans le milieu scolaire. »

« Ces 35 enfants ont été répartis en deux groupes. Le groupe 1 est constitué de 23 enfants (moyenne d’âge égal à dix ans et huit mois) ne présentant pas de difficultés d’adaptation scolaire et sociale et dont le haut potentiel a été identifié et pris en charge, soit par une accélération du cursus scolaire, soit par un regroupement dans une classe d’enfants HPI. Ce qui n’est pas le cas des enfants du groupe 2 qui est un groupe « clinique » constitué de 12 enfants (moyenne d’âge égal à dix ans et trois mois) recrutés sur le critère de la présence d’une symptomatologie soit de trouble anxieux et dépressif mixte (CIM-10 : F41.2), soit de trouble oppositionnel avec provocation (CIM-10 : F91.3). »

« n’oublions pas que de nombreux enfants HPI ne seront jamais identifiés et s’adaptent à un cursus scolaire tout à fait ordinaire. »
Liratni M, Pry R. Enfants à haut potentiel intellectuel : psychopathologie, socialisation et comportements adaptatifs.
Neuropsychiatr Enfance Adolesc (2010), doi:10.1016/j.neurenf.2010.11.005
http://www.psychologuemontpellier.sitew.com/fs/Root/3xeh7-NEUADO_699.

« Ma mention de « A Nation deceived » répond à la question posée par ANAE : « « Et maintenant ? Osera-t-on regarder hors de nos frontières pour tenir compte de ce qu’en pensent les autres pays ? »

Je ne vois pas bien là. Je connais bien le rapport de Colangelo et Cross « Une nation trompée », je l’avais placé depuis plusieurs années sur mon site dans la page Publications.
A aucun moment, les auteurs ne vont dans la thèse affichée en France, qui est de dire unilatéralement depuis plusieurs années que les enfants surdoués seraient des enfants « à problème », ce qui est en partie dénoncé dans l’article de Ramus et Gauvrit. C’est pourquoi je ne comprends pas bien votre argumentation. Ils proposent une accélération et une prise en compte, en disant que c’est comme cela qu’ils vont bien. Oui et alors ? C’est évident. Je répète que les auteurs lisent à longueur de temps les études internationales.

« Le souci c’est de trouver ces vrais chiffres, surtout quand les surdoués passent sous le radar de la détection (inhibition, dépression, handicap). »

Absolument, c’est pourquoi l’étude de l’article est intéressante sur le brevet, et l’étude EDEN, mais vous la rejetez, de façon totalement injuste et injustifiée.
Nicolas Gauvrit explique avec beaucoup de pédagogie dans cette vidéo que je conseille à toutes les personnes qui n’ont pas fait d’études de statistiques adaptées à la psychologie et qui ne comprennent pas cette histoire de biais, et elles sont nombreuses. Il aborde l’étude EDEN à 35 mn. Tirer des conclusions sur 23 enfants surdoués sur une étude REPRESENTATIVE est au contraire très robuste.
https://www.youtube.com/watch?v=pYL2WDnEMkE

Concernant l’étude de Alain Gauvrit, (l’autre Gauvrit) elle est très biaisée puisque les participants sont dans un centre d’enfants à problèmes.
on peut lire cet article :
http://planetesurdoues.fr/index.php/2012/09/23/institut-beaulieu-de-salies-du-bearn/

Pour ce qui concerne Joan Freeman, il faudrait interroger A Bénédicte Damon qui connaît bien le milieu britannique.
http://planetesurdoues.fr/index.php/2017/05/12/je-suis-surdoue-mais-jai-rien-demande-de-a-b-damon/

Cécile BOST | 29 décembre 2017 à 16 h 53 min

Bonjour Nadine

« La courtoisie n’est pas non plus le sentiment que donne l’article de Franck Ramus au regard de la façon dont il est rédigé. » A quel endroit exactement ? L’article me semble au contraire très didactique et bien écrit.

C’est le seul titre de l’article qui me dérange car je le trouve en soi déjà très connoté – il me semble (surtout en regardant le florilège) qu’il serait plus approprié d’interpeler les dérives des journalistes qui recherchent la simplification voire le sensationnel. Que certain(e)s psychologues se laissent entraîner est encore un autre sujet.

étude de Mehdi Liratni .
Vous citez exactement ce que je voulais mettre en avant : il y a un biais de sélection et de ce fait, les auteurs de l’étude l’indiquent bien dans un sens comme dans l’autre (et c’est d’ailleurs là la valeur que je lui accorde) :
Dans un sens : « Nos résultats poussent à prendre garde aux biais de recrutement des participants aux études sur le haut potentiel »
Dans l’autre sens «en l’absence de « dépistage » systématique du HPI, aucun résultat n’est généralisable à l’ensemble de la population HPI. En outre, les études de cas concernent souvent des enfants consultant pour des difficultés scolaires et/ou psychologiques. Or, tous les enfants HPI identifiés ne présentent pas de troubles psychologiques.[…]il est d’ailleurs probable que les enfants HPI présentant des symptômes d’ordre psychopathologique forment un sous-groupe bien spécifique de la population large et hétérogène d’enfants HPI »
« nous avons choisi de nous positionner quand la question des difficultés psychologiques de ces enfants est posée en consultation. »
Cette étude de Mehdi Liratni s’efforce de faire la part des choses (« n’oublions pas que de nombreux enfants HPI ne seront jamais identifiés et s’adaptent à un cursus scolaire tout à fait ordinaire. ») et c’est ce qui m’importe.

« Ma mention de « A Nation deceived » […] A aucun moment, les auteurs ne vont dans la thèse affichée en France, qui est de dire unilatéralement depuis plusieurs années que les enfants surdoués seraient des enfants « à problème ».
Ce n’était effectivement pas là le sens de ma mention de cette étude, sous-titrée « comment les écoles freinent les élèves américains les plus brillants». Ce rapport met en avant l’importance de l’accélération et déplore le peu de cas qui est fait des enfants surdoués par la majorité des écoles (sans parler des enfants venant de milieux défavorisés et/ou de minorité ethniques, qui passent largement sous le radar de la détection)

Concernant l’étude de Alain Gauvrit, (l’autre Gauvrit) elle est très biaisée puisque les participants sont dans un centre d’enfants à problèmes.
Pourquoi ces enfants qui font l’objet du texte d’Alain Gauvrit se sont-ils retrouvés en Institut ? Parce qu’ils étaient identifiés comme débiles ou à problème. En introduction de son intervention, le Dr Gauvrit signale « 65 % d’entre eux présentaient une inhibition intellectuelle responsable de difficultés scolaires avec retards parfois conséquents. »

Pour ce qui concerne Joan Freeman, il faudrait interroger A Bénédicte Damon.
Je ne comprends pas votre remarque – la traduction du texte de Joan Freeman que j’ai produite me semble à elle seul se tenir.

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