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Déc/17

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Précocité = handicap pour l’EN

Voici ce que l’on peut lire sur ce site de l’Education nationale, lorsqu’on cherche un référent EIP (enfant Intellectuellement précoce) pour aider les familles d’enfants surdoués, dans l’académie Rhône-Alpes. L’appellation « Elèves à besoins éducatifs particuliers  » a dérivé très insidieusement vers la notion de « handicap « . On ne comprend pas très bien comment cette chose a pu se produire, mais c’est un fait. Au moment où l’EN veut lutter contre les stéréotypes de genre, l’Education nationale ajoute des stéréotypes et des préjugés sur les surdoués complètement injustifiés.

Je vais poser juste une question : est-ce normal d’associer le terme de handicap et la précocité intellectuelle ? Les réponses sont dans mon deuxième livre :

 

 

Dans le département du Rhône, on compte 4 inspecteurs de l’éducation nationale chargés de la scolarisation des élèves en situation de handicap.

  • Elèves Intellectuellement Précoces(cliquer sur l’image)

visible sur ce site de l’Education Nationale : http://www.ac-lyon.fr/cid96392/scolarisation-des-eleves-en-situation-de-handicap.html

La notion de « handicap » est visiblement mal comprise, concernant la précocité intellectuelle.

Il faut savoir que l’enseignant ASH est spécialisé dans le handicap.

« L’enseignant référent est un enseignant spécialisé titulaire du CAPA-SH ou du. CAPSAIS. • Il exerce les fonctions de référent auprès de chacun des élèves handicapés de son secteur géographique d’intervention »  et « Titulaire du Capa-sh, l’enseignant référent a pour mission d’assurer le suivi du parcours de scolarité de chaque élève handicapé tout au long de sa scolarité. L’E.R. est l’interlocuteur privilégié des parents : Il les accueille et les informe. Il réunit et anime l’E.S.S. (Equipe de Suivi de la Scolarisation) »

Quelques articles pour approfondir le sujet :

ANPEIP 1995

Les textes de l’EN : décryptage

Non, le surdoué n’est pas un handicapé !

Haut Potentiel Intellectuel : une vraie fausse pathologie ANAE

La précocité intellectuelle : un handicap bien français (Planète Douance)

La précocité intellectuelle un handicap ?

L’intelligence handicapée

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7 Comments pour Précocité = handicap pour l’EN

Laura78 | 7 décembre 2017 à 17 h 17 min

Bonjour madame,

J’ai une seule question, que veut dire handicap pour vous?
Cordialement

Camus.F | 7 décembre 2017 à 20 h 52 min

@Laura 78 voilà une définition sérieuse: constitue un handicap,au sens de la présente loi,toute limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération substantielle,durable ou définitive d’une ou plusieurs fonctions physiques,sensorielles,mentales,cognitives ou psychiques,d’un polyhandicap ou d’un trouble de santé invalidant » Loi du 11 Février 2005.
L’auteure de ce site n’a d’autre ambition que de combattre le manque d’éthique,les amalgames,la malhonnêteté intellectuelle à propos du haut potentiel.

Cyclo_bearnais | 8 décembre 2017 à 7 h 05 min

Bonne question. Comme dit Camus, cela dépend de l’environnement. Je partage ce point de vue.
Dans le sens où lorsqu’une personne se retrouve durant les premiers mois dans un pays totalement étranger, pouvons-nous également dire qu’elle se trouve dans une situation temporaire de handicap, le temps de passer la barrière des langues et des coutumes locales? Ce qui est marrant, c’est que cette impression d’être étranger au monde (je parle bien d’une impression, d’un ressenti, même si cela n’a pas l’air scientifique), on la retrouve parfois (souvent?) chez les personnes surdouées et également Asperger.

Laura78 | 8 décembre 2017 à 12 h 46 min

Dans ce cas précis,c’est pour moi la définition exacte,être en situation de handicap c’est la rencontre d’une particularité individuelle et d’une exigence social.je me demande pourquoi madame Kirchgessner joue tant sur les mots,connaissant la difficulté de l’E.N ,car non formée à la pédagogie et à la neuro éducation. Arrêtons cette hypocrisie qui ne fait pas avancer la cause.

Nadine Kirchgessner | 8 décembre 2017 à 15 h 11 min

Bonjour Laura, j’ai lu les commentaires, et je vais répondre au votre en premier. Je remercie Camus qui a répondu avec la définition du mot handicap, c’est exactement ce que j’allais répondre.

Je ne joue pas sur les mots, mais les mots ont un sens, et surtout pour des enfants et adultes surdoués qui cherchent le sens. Ces enfants et adultes aiment la précision, la sémantique.

Le terme « handicap » désigne un concept bien décrit : limitation d’activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d’une altération d’une ou plusieurs fonctions.

Les termes importants sont donc limitation et altération
Vous comprenez bien que cela n’a rien à voir avec le haut potentiel, qui est tout le contraire.
le téléthon démarre ce soir, et regardez bien ce que veut dire handicap, pour certains enfants.
D’ailleurs, on voit des personnes comme Josef Schovanek qui ne veulent pas être décrits comme « handicapés » http://planetesurdoues.fr/index.php/2015/03/31/temoignage-de-josef-schovanek/

Faut-il scolariser les enfants non autistes ? – Josef Schovanec, Philosophe
http://www.dailymotion.com/video/x2znju8

http://planetesurdoues.fr/index.php/2016/09/06/mon-fils-autiste-est-scolarise-en-milieu-ordinaire-depuis-13-ans-et-il-va-bien/

Alors oui, certains enfants ou adultes surdoués ont des difficultés, votre enfant peut-être, mais cela n’est pas dû au haut potentiel, cela peut être dû à des troubles associés, qu’il est important de déceler, ou à du harcèlement scolaire, ou social. Je connais bien ce dernier puisque je le subis de la part d’un petit nombre d’acteurs du monde de la douance, depuis quelques années.

Cyclo_bearnais a bien compris , comme Françoys Gagné, l’importance de l’environnement. Je voudrais dire au passage que je n’ai pas personnellement cette « impression d’être étranger au monde », même si parfois ce monde est difficile à comprendre, je vous l’accorde.

Vous estimez que les professionnels de l’éducation à l’E.N, sont « non formée à la pédagogie et à la neuro éducation ». Ce qui est une remarque déroutante. Je pense que vous ne savez peut-être pas que les enseignants sont formés. Sans doute pas assez, j’en conviens, mais il me semble irrespectueux de les décrire de cette façon.

Il me semble que les « former » sur le haut potentiel avec cette page, en indiquant qu’ils sont « handicapés », n’est pas vraiment une formation des plus sérieuses.
Je ne comprends pas bien de quelle hypocrisie dont vous parlez, je ne saisis pas.
Désigner le haut potentiel par ce terme de « handicap » est une maltraitance.
Je vais recopier pour vous la préface de J C Terrassier, qui est un clinicien et un scientifique. On peut être les deux à la fois.

Avoir un enfant précoce : chance ou difficultés ?
Chance bien sûr, même si son éducation va soulever des questions spécifiques.
L’auteure, Madame Kirchgessner, s’étonne et s’indigne que l’Education Nationale ait reconnu leur existence en les classant dans la catégorie des handicapés.
Ainsi, le référent « élèves intellectuellement précoces » est le responsable MDPH dans chaque académie, ce qui peut signifier que ces enfants sont atteints de difficultés relevant de soins.
En réalité, c’est l’Education Nationale qui est en difficulté face à ces enfants et qui leur crée des difficultés en les plaçant dans un système éducatif qui répond difficilement à leur potentiel et à leurs besoins.
Bien sûr, la tâche est difficile d’autant plus que les enfants à haut potentiel sont très divers non seulement du fait de personnalités très variées mais également par leurs profils de développement.
Un même haut QI peur recouvrir des profils très divers avec des résultats atteints par des processus de réflexion variés. En effet, l’intelligence est totalement intriquée à la personnalité qui en conditionne et module l’expression.
Les difficultés que peuvent éprouver ces enfants et que je décris sous le terme « dyssynchronies » ne sont pas intrinsèques mais simplement la conséquence d’une méconnaissance de leur développement normal et d’une réponse éducative difficilement adaptée. Les autres « dys », dyslexie, dysorthographie, dysgraphie, dyspraxies etc… relèvent par contre d’aides spécialisées.
Comme le remarque fort justement Madame Kirchgessner, une proportion importante des enfants précoces présente une scolarité réussie grâce à leur capacité d’adaptation et sans renoncer à exprimer leur haut potentiel. Une statistique valide est difficile à établir car il est vraisemblable que les précoces en difficulté ont davantage tendance à consulter les psychologues. A ma consultation de psychologue clinicien, je constate que la demande d’examens de développement concerne des enfants nettement plus jeunes qu’autrefois. Des parents mieux informés souhaitent éviter à leurs enfants les difficultés que prédisent certains médias et certains auteurs en dramatisant leur avenir. Le rôle du psy est alors de rassurer les parents et de les aider à déjouer les pièges qui peuvent se présenter et qui sont maintenant bien identifiés.
Le terme « difficile » revient constamment, vous l’avez constaté, dans ma brève préface.
La précocité est, certes, embarrassante mais reste une chance et doit le rester.
Aidons les enfants à vivre une précocité heureuse.

Jean Charles Terrassier
Les surdoués atteints de haut potentiel, l’intelligence malmenée.

http://www.leseditionsdunet.com/sciences-humaines/4149-les-surdoues-atteints-de-haut-potentiel-nadine-kirchgessner-9782312043296.html

Laura78 | 10 décembre 2017 à 11 h 09 min

Bonjour madame Kirchgessner ,merci d’avoir répondu ,ce qui me conforte dans mon idée que vous jouez bien avec les mots,je vous lis régulièrement depuis quelques années même si je ne fais pas partie de ceux qui commentent.je ne suis pas irrespectueuse en disant que les professeurs en général ne sont pas formés à la pédagogie et la neuro éducation car je suis bien placée pour le dire,c’est un fait.et ce dès la primaire.et en effet notre fils à subit du harcèlement les premières années de primaire et tenez vous bien,pas par ses pairs,mais par les enseignants.effectivement son HP n’est pas la seul raison de son mal être il a été diagnostiqué tdah après un long parcours d’investigation de professionels en professionnels et je vous passe ces années de souffrance.aujourdhui notre fils de 15 ans a le terme « en situation de handicap » sur son dossier Mdph parce que l’école n’accepte d’aider avec bienveillance que seulement si. Ce qui est complètement hallucinant! Alors oui,pour moi et beaucoup de parents dans notre situation clamons haut et fort que l’école est un handicap pour nos enfants atypiques. Ce pourquoi je dis arrêtons cette hypocisie sur un terme qui en fait n’est que le miroir de notre société qui aime couper les têtes qui dépassent.

Nadine Kirchgessner | 11 décembre 2017 à 14 h 10 min

Bonjour Laura
Merci pour votre commentaire qui permet de clarifier les choses. Mais je ne comprends toujours pas votre idée que je « joue bien avec les mots » et « l’hypocrisie ».
Si vous lisez mon site depuis longtemps, vous devez connaître les idées que je défends et que j’argumente de façon scientifique. Depuis quelques années, je suis obligée de contrer des dérives inquiétantes que j’observe, et c’est le sujet de cet article.

On ne peut pas généraliser la formation des enseignants d’après le vécu et l’observation de quelques enseignants qui auraient mieux fait de choisir un autre métier.
J’ai aussi quelques anecdotes déplorables. Je sais que certains enseignants n’acceptent pas la douance. Pour notre fils aîné (5 ans) une enseignante l’avait accusé de tricher ! Or il ne savait même pas ce que c’était. Les enseignants sont formés pour une
« moyenne », en général.

Votre fils avait (a) un TDAH avec le haut potentiel, donc, c’est bien ce que l’article « La pseudoscience des surdoués » souligne.
http://www.scilogs.fr/ramus-meninges/la-pseudoscience-des-surdoues/#comment-4596

Ne pas croire ou faire croire que c’est le haut potentiel le problème, pour bien diagnostiquer les autres troubles, car il est très important de s’occuper des troubles, s’ils sont présents et si possible, tôt dans la vie de l’enfant. Le long parcours d’investigation de professionnels en professionnels que vous décrivez n’aurait pas été possible si on n’entendait pas dans divers médias que le haut potentiel est un trouble. Vous semblez aussi regretter ce terme « handicap » si je comprends bien. Donc nous ne sommes pas en désaccord.

Vous écrivez ceci : « pour moi et beaucoup de parents dans notre situation clamons haut et fort que l’école est un handicap pour nos enfants atypiques »
Je ne sais pas si c’est cela que vous nommez l’hypocrisie. J’avoue que je ne comprends pas bien ce que vous voulez dire avec l’hypocrisie. Vous semblez en accord avec mon article.

J’ai plutôt l’impression qu’il y a une incompréhension. J’ai clarifié les arguments dans mon deuxième livre : les surdoués atteints de haut potentiel.
J’avais écrit dans mon livre.
Que c’était un piège pour les familles d’accepter ce terme de « handicap ». c’est ce que j’ai décrit dans mon livre.
Je vous livre quelques extraits :
« Mais, lorsque la France et l’Education Nationale décident de se préoccuper de cela, des dérives plus qu’inquiétantes se propagent et assombrissent l’horizon. Je vais les analyser dans ce livre. »
« Comment est-on passé insidieusement d’un concept positif à cet autre concept de particularisme, beaucoup plus péjoratif et négatif ? Nous le verrons dans le chapitre suivant « Des messages brouillés ». »
p 74
Ces idées « brouillées » ont des conséquences très négatives et sont véhiculées depuis un peu plus de dix ans par des psychologues qui ont écrit de nombreux livres sur le sujet. Ces concepts fantaisistes (des « fausses croyances ») sont repris presque comme une religion par les associations françaises d’enfants ou d’adultes à haut potentiel, par d’autres psychologues ou médecins, par des blogs, par des journalistes, même par des textes de l’Education Nationale !
L’Education Nationale s’est emparée du sujet, en toute bonne foi, trop heureuse de dire qu’elle s’occupe des surdoués, mais en faisant passer le haut potentiel pour un trouble de l’apprentissage. Un joli tour de passe-passe, en somme…
Les EIP (Enfants Intellectuellement Précoces) ont désormais pour le Ministère « des besoins particuliers »… Ils sont nommés les BIP, enfants à « Besoins Intellectuels Particuliers »… Le référent EIP est parfois (et de plus en plus souvent) basé à la MDPH, la maison des Personnes handicapées ! Parfois, ce référent EIP est un référent ASH, c’est-à-dire un enseignant destiné à l’adaptation scolaire et la scolarisation des élèves handicapés !
Oui vous avez bien lu ! Je crois qu’un jour, un fonctionnaire zélé, animé d’une idéologie égalitariste de l’intelligence à toute épreuve, s’est dit « tiens, on va leur jouer un bon tour ! Ils nous ennuient avec leurs enfants surdoués »… On voudrait les marginaliser qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Evidemment, on dit que ce n’est pas pour cela qu’ils sont handicapés ! Mais… c’est tout un symbole. Triste symbole.
Le piège est en place !
Ainsi, le remède s’avère être pire que la non prise en compte qui régnait jusqu’alors. Mais dans les années 1960, les enfants qui étaient vifs et rapides pouvaient aller au CP anticipé facilement, 20 % d’entre eux y accédaient sans difficulté (statistiques de EN). Dans les années 1960, la méthode de lecture était syllabique et il n’y avait pas 20 % d’enfants qui ne savaient pas lire en 6 ème… Le saut de classe était assez banalisé et les enfants surdoués n’étaient pas du tout handicapés. Actuellement, il est de plus en plus difficile d’obtenir un saut de classe ou un passage en CP anticipé. »

Mais comme vous le soulignez, c’est la bienveillance qui devrait être mise en place. Je suis bien d’accord.

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