Planète surdoués | Un espace d'information et de recherche sur la douance

Juil/17

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Une histoire exemplaire

La semaine dernière, je suis allée à la plage entre deux gouttes de pluie. J’y ai rencontré des grands parents avec leur petit fils. Ils m’ont raconté qu’il savait lire. Tant mieux, pourrait-on dire, sauf qu’il a 5 ans. Et demi à la rentrée, et qu’il entrera donc en Grande section de Maternelle. Je ne sais pas si l’enseignante a vu qu’il savait lire mais les grands parents l’ont vu, et pas que les petites histoires de ses livres qu’il sait par cœur, mais ils ont fait lire le journal. Il lit des mots comme « tourbillonner », « xylophone », des mots qui ne sont pas appris au CP, même en fin de CP, dans deux ans donc, pour ce petit garçon. Il a appris seul (ses deux parents travaillent), il sait manier aussi les chiffres et s’intéresse à de multiples choses. La maîtresse a dit qu’il était parfaitement à sa place, et même qu’il ne peut pas aller au CP, car cette année , dans ce CP à la rentrée, ils sont tous des cancres. Eh, oui, les enseignants ont une imagination fertile pour empêcher les CP anticipés.

Personne ne peut prédire l’avenir, mais on peut déjà penser que ce petit garçon, tout mignon et plutôt timide ne se rebellera pas, et s’il montre qu’il sait lire à sa prochaine enseignante, ce sera un exploit, de sa part. Je ne m’inquiète pas trop, car il est dans une famille cultivée qui lit et qui répondra à ses questions, en dehors de l’école. Mais certains précoces s’ennuient à mourir et décrochent au collège, car ils n’ont jamais appris à travailler. D’autres précoces, dans des familles de milieux plus défavorisés n’ont que l’école parfois. Pour eux, ce blocage des CP anticipés est plus que problématique. On est passé de 20 % de CP anticipés dans les années 1960 à 1 % et peut-être moins actuellement. On n’a pas de chiffres très récents.

Comme je racontais au téléphone ce matin cette histoire à ma mère, qui a été institutrice durant 40 ans, en CM2, et qui ne « connaît pas » ce problème des surdoués, elle trouvait quand même que c’était exagéré ! Lorsque je l’ai RE interrogée sur les motivations qui ont fait que je suis allée au CP à 5 ans, elle a répondu qu’elle ne savait pas, et qu’à l’époque cela se faisait facilement et on n’en parlait même pas. Ce qui est vrai. Pas un mot.

mon CP 

mon CM2

Elle a tout de suite embrayé brusquement (pour changer de sujet, ce qu’elle fait toujours) sur le film « Dunkerque », qu’elle a vu hier. Elle m’a raconté que mon grand-père (son père) a été fait prisonnier sur cette plage durant la deuxième guerre mondiale par les allemands. Ma grand-mère a fait 200 KM en vélo (seule, en temps de guerre) pour voir passer la colonne des prisonniers et l’apercevoir. Elle a ensuite tenu une ferme seule avec 3 enfants durant 3 ans. Lorsque j’entends dire parfois ce slogan : « aujourd’hui les femmes travaillent », cela me fait rire.

Mais je digresse. C’est beaucoup plus intéressant que les « problèmes de surdoués ».  Je devrais écrire un livre, moi.

Quelques articles à lire sur le sujet :

A lire    Un joyau méconnu  ;  l’accélération scolaire    de François Gagné  (premier livre sur le sujet : 1986)

Une nation trompée de Colangelo, N., Assouline, S., & Gross, M. U. M. (2004).

Le sens de l’effort.A.Adda.2006.

Le saut de classe ?

Etude haut potentiel 2015 partie1

En toute fin de cet article des Echos , Nicolas Gauvrit explique qu’il a entendu lors d’une conférence un référent EIP (Enfant intellectuellement précoce), donc une personne de l’Education Nationale qui doit normalement comprendre les élèves précoces et aider les parents démunis, dire qu’il ne fallait pas l’appeler si l’enfant va bien et pour un saut de classe.

Circulez, il n’y a rien à voir, et rien à prévoir.

https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/030346135213-enfants-surdoues-mythes-et-realite-2088421.php

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Un commentaire pour Une histoire exemplaire

Isabelle | 24 juillet 2017 à 12 h 45 min

Je suis née en novembre 1957.

Lorsque j’étais en MS de maternelle, dans une classe où il n’y avait qu’une maîtresse pour les 3 sections, un jour la maitresse interrogeait les GS sur de la lecture de mots au tableau. Personne n’arrivait à les déchiffrer. Alors j’ai levé la main et j’ai dit « moi je sais » ! Et j’ai lu tous les mots du tableau.

On m’a amenée chez la directrice avec un livre, que j’ai lu devant elle. Elle m’a demandé  » alors tu sais lire  » ? « Oui ». « Et pourquoi ne l’as tu jamais dit » ? « Personne ne me l’a jamais demandé!  »

Mon grand-père m’avait appris à lire à 4 ans.

Donc j’ai sauté le CP et suis passée directement en CE1. Puisque j’étais de la fin de l’année, j’ai toujours eu quasiment 2 ans d’avance. Ça s’est fait sans problème.

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