Planète surdoués | Un espace d'information et de recherche sur la douance

Avr/17

7

Témoignage de Brune

Je vais vous présenter un témoignage très émouvant d’une jeune femme qui m’a raconté son histoire. C’est par les témoignages que l’on peut comprendre le haut potentiel, et les études scientifiques permettent de généraliser les caractéristiques à toute la population des surdoués. Les deux sont complémentaires, et se trouvent sur ce site.

Elle souhaite que son récit puisse aider d’autres personne et surtout les parents, qui ne sauraient se comporter et comprendre le haut potentiel de leur enfant.

C’est un très beau témoignage, et on comprend bien, comme pour Bleuenn, la descente aux enfers, par incompréhension, et malveillance diverses.  Le CP anticipé a été refusé. On comprend surtout que c’est l’environnement qui a marqué son empreinte fâcheuse, mais il n’a pas détruit complètement la narratrice, puisque Brune a une formidable résilience.

Cela  laisse sans voix parfois. J’ai reçu ce témoignage « comme une claque » et je pense que l’on ne doit pas trop parler après. Alors lisez si vous voulez :

Bru, son histoire

 

« je vais donc commencer le récit de ma scolarité.

Je suis entrée en maternelle a 3 ans. Je n’était pas allée en crèche avant, j’avais principalement fréquenté mes parents et les autres adultes de ma famille. Très peu d’enfants, encore moins de mon âge.  Ma sœur venait de naître.

¤ La première année s’est bien passée selon ma mère. Je n’ai pas de souvenirs à part quelques interactions avec mes camarades. La maîtresse était bienveillante, selon elle.

¤ Tout s’est compliqué en moyenne section. La nouvelle enseignante, Mme C, ne semblait pas m’apprécier. Je n’était pas vraiment à l’aise avec les autres enfants. En avance en matière de langage et connaissance, mais en retard en motricité et psycho motricité.

Mme C accusait mes parents de me « pousser » par exemple je j’ai commencé à jouer aux échecs (j’y avais accès chez moi ). J’étais aussi passionnée de dinosaures, j’étais assez calée en la matière.

Donc des centres d’intérêts variés et peu communs.

Ma mère se doutait de ma « douance » et à la suite de conflits avec Mme C qui me brimait, les parents ont été amenés à rencontrer la psychologue scolaire. J’en ai quelques souvenirs mais sans conscience de se qui se tramait.

J’ai passé les tests WISC. Elle m’a « évalué » 141 de QI. Une enfant de 7 ans dans un corps de 4 ans selon ce que me rapporte ma mère. à l’époque elle m’avait dit que j’étais intelligente, plus que la moyenne.

[ J’ai récemment demandé mon dossier de tests à mes parents mais ils n’ont rien eu de la psychologue. Apparemment les psychologues scolaires ne sont pas tenus de communiquer de comptes rendus. Sûrement jeunes et inexpérimentés mes parents n’ont pas pensé à demander un quelconque papier.

J’ai tenté, 20 ans après, de prendre contact avec la psy mais je n’ai pas eu de réponse ]

S’en suivent d’autres conflits avec Mme C et la directrice de cette petite école. Mes parents demandent un saut de classe qui ne sera pas accordé en raison de mes difficultés motrices.

¤ La grande section de déroule ainsi, toujours avec Mme C. Je ne suis pas intégrée dans ma classe et continue à mal vivre d’aller à l’école.

¤ Rentrée en CP dans une nouvelle école, neuve et plus grande. J’imagine que mes parents devaient être soulagés. Ça ne durera pas. L’école continue d’être une grande appréhension pour moi. Je n’écoute rien en classe, je rêvasse. J’essaye, mais je n’y arrive pas.

Mme F est plutôt gentille, mais mes résultats sont soit moyens, soit en dent de scie.

Commencent donc l’insatisfaction de mes parents envers moi, et les Rdv réguliers avec les enseignants qui me suivront. « Elle est intelligente, elle peut faire beaucoup mieux »

¤ passage en CE1, Mme G est un vrai chien de garde, et moi qui ne suis ni brillante, ni attentive devient vite une des cibles des vociférations de l’enseignante.

Je ne suis toujours pas intégrée. Jusqu’en 3ème, je n’aurais presque que des amis par défaut, tenant compagnie aux autres solitaires de la classe.

Je commence à somatiser, me plaignant souvent de maux de ventre le matin, pour éviter le bagne.

¤ CE2. Toujours Mme G, pas de chance. Je me souviens d’un moment où, pour qu’elle vienne corriger mon exercice, mon doigt tremblait alors que je le levais. Ma scolarité continue en dents de scie. Ce qui insupporte mes parents et me gâche la vie. Les devoirs à la maison sont pénibles et j’ai droit à des cahiers de travail en plus, « tout savoir en CE2 » etc. Je développe des stratégies de triche et de dissimulation. Les devoirs, les notes… dès  que ma mère à le dos tourné, je regarde les réponses, pour les multiplications par exemple.

les parents et les profs se lamentent ensemble de mes capacités gâchées. Moi, je voudrais juste la paix. Ma dégaine de petite fille sage et rêveuse dénote avec mon « comportement ».

La lecture de romans, documentaires divers, est mon passe temps principal.

Mon frère naît à la fin de l’année.

¤ CM1. Mr T m’impressionne un peu mais il se révèle vite calme et sympathique, bien que dérouté par mon profil, ma mère me le dira plus tard. Pas de changement au niveau des résultats. Je me maintiens un peu au-dessus de la moyenne, parfois avec quelques notes excellentes, ou d’autres catastrophiques.

Je brille juste en expression écrite, ou mes devoirs, du CE2 jusqu’en terminale seront souvent les meilleurs. Je me débrouille en bio et en histoire ou mes connaissances personnelles rattrapent le reste.

Je commence des séances avec une psycho motricienne au cmpp. C’était plutôt sympa, hormis les comptes rendus avec mes parents. Je me souviens d’un des 1ers interrogatoires mené par une femme, et bien sur en présence de mes géniteurs. Ils étaient là, à me scruter,àa m’ analyser, à me poser des questions du genre « mais qu’est ce qui va pas Brunehaut?  »

[Brunehaut est mon prénom officiel. Mes parents aspirants historiens en ont jugé bon, mais j’abhorre ce nom aux sonorités plutôt laides. Et qui m’a valu bien des moqueries et du temps perdu à l’ épeler ]

Je reprend à cette question hautement subtile, lâchée dans un grand sourire  ( bienveillance oblige ) des trois adultes me fixant « mais qu’est ce qui va pas Brunehaut? « .  Aujourd’hui cela me ferait hurler. Précisons mon très grand malaise lors de ces réunions. Moi, petite fille hors norme qui se tortille sur sa chaise, entourée de trois adultes qui ne semblent pas doués pour communiquer avec un enfant. Je suis impressionnée par un tel manque d’empathie et de compréhension.

Pour lire la suite du témoignage cliquer sur  Parcours de Brune

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