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Déc/16

23

Debrief de l’émission de M6 sur les surdoués

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Pour  visionner l’émission , cliquer sur  Replay

Donc, hier j’ai regardé l’émission de M6 et je vais écrire un petit débrief.

Je vais diviser mon avis en deux parties, car l’émission était consacrée à un concours de connaissance d’enfants surdoués (entre 9 et 12 ans) et la deuxième partie concernait des parcours d’adultes surdoués.

Partie 1 : Concours de connaissance d’enfants surdoués

On entend souvent beaucoup de fausses croyances sur le haut potentiel dans les médias, et il est important de rétablir quelques vérités scientifiques. Un article important vient de paraître et j’en parlerai dans un prochain article.

Je regarde mon site, et comme toujours après une émission de télévision sur les surdoués, les stats explosent. À midi : 145 views sur la page témoignages adultes 1. Preuve s’il en est que la télévision a un impact certain, d’où l’importance de donner de bonnes informations sur le haut potentiel sur ces émissions.

Mais bon, malheureusement, encore une fois, il y a eu quelques contre sens, après le titre qui comportait le terme de génies. Était-il besoin de dire à tout bout de champs « ce petit génie » dans les commentaires en off.

ET Surtout, il a été encore dit « en voix off » que 30 % d’enfants surdoués sont en échec scolaire ce qui est FAUX

Sur les réseaux sociaux ce matin on assiste à des déferlements de haine incontrôlée envers cette émission de M6, envers le titre, envers le concept, envers leurs parents, envers certains enfants. On peut lire des commentaires charmants comme : « concours de bêtes de foire » quand d’autres jurent leurs grands dieux qu’ils ne cotiseront plus à MENSA, association d’adultes surdoués qui a participé à l’émission.

Ceux qui ont des enfants surdoués qui ne réussissent pas car ils ont des troubles associés, ou bien ont eu un environnement néfaste et non bienveillant, ne supportent pas que d’autres enfants puissent réussir. Cette émission les hérisse. Ils ne peuvent supporter de voir des enfants qui ont aimé le challenge, le défi de participer à cette compétition. Même si je n’aurais pas envoyé mes enfants à ce genre d’émission, il me semble que les critiques acerbes que j’ai pu lire à droite à gauche sont franchement excessives.

Plutôt que d’essayer de comprendre comment on pourrait faire pour que tous les surdoués réussissent, et bien sûr tous les enfants, ils préfèrent aiguiser des jalousies maladives, se refermer sur eux-mêmes et créer la pathologisation du haut potentiel pour se réconforter entre eux, créer une communauté à part, en inventant de faux chiffres d’échec scolaire des surdoués et de faux chiffres sur d’autres caractéristiques. C’est ce que j’avais pu constater lorsque j’avais voulu  commenter sur le livre d’or de l’AFEP pour dire que mes enfants étaient en réussite, par deux fois on n’a pas relayé mon commentaire d’où la création de ce site…

J’ai observé des enfants très différents, certains très à l’aise, d’autres plus poussés par les parents. Mais , c’était un divertissement et rien d’autre.

 

Partie 2 : Parcours d’adultes surdoués.

La deuxième partie de soirée a démarré très tard, et concernait les adultes à haut potentiel. Je l’ai trouvée très intéressante, pour les témoignages et l’apport théorique de Franck Ramus.  J Siaud -Fachin a commenté aussi , et je vous recommande mon décryptage de sa vidéo de mars 2016

Les témoignages des adultes étaient très touchants, bien choisis et diversifiés.  Tous étaient très intéressants et ressemblent aux témoignages que je reçois sur le site et que vous pouvez lire . Le jeune homme qui a repris des études de philosophie notamment et qui a été en échec scolaire toute son enfance.  On voit à quel point l’environnement est important pour les enfants à haut potentiel.  On a pu observer le jeune Georgio dans la partie 1 qui s’ennuie à mourir, qui a une « phobie scolaire » … vraiment ? Et s’il avait sauté une classe ?

Le saut de classe ?

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3 Comments pour Debrief de l’émission de M6 sur les surdoués

Lonnoy | 24 décembre 2016 à 9 h 28 min

Bonjour,
l’environnement, notamment familial, est important pour tous les enfants. C’est une banalité sans pareille. Je n’ai pas de preuve scientifique à apporter.
La qualité des enseignants et de l’enseignement est importante pour la vaste majorité des enfants. C’est une banalité sans pareille. Je n’ai pas de preuve scientifique à apporter.
Nous vivons dans une société de consommation qui est, paradoxalement de ce point de vue, normative.
Il y a beaucoup de déchets, à commencer dans le système scolaire, un phénomène que l’on comprend facilement si on l’analyse comme un processus de production. N’en déplaise à certains parents (et enseignants). L’enfant est une matière brute (en particulier si les parents n’ont rien fait avant) qui doit prendre forme tout au long d’un parcours, si possible, qualifiant jusqu’à l’entrée dans le monde du travail / adulte. L’examen a valeur de « contrôle qualité ». La suppression d’un examen est une décision idéologique. Elle peut être vue comme une preuve de malhonnêteté et de volonté de dissimuler la réalité d’une situation. Avec les concours, on est encore plus dans la logique de la sélection des meilleurs (produits) pour le futur. Les statistiques doivent vraisemblablement donner raison à ce genre de raisonnement mais je n’ai pas de preuve scientifique à apporter.
Notre pays produit un nombre impressionnant de normes (plus de 400 000, dernier chiffre que j’ai en tête mais qui date). La norme est censée optimiser les processus. Il est donc étonnant de constater le gâchis fait à l’école avec la matière première qui présente(rait) un intérêt pour un futur produit de qualité pour la société. Là encore, l’idéologie intervient pour nier le fait que la matière première a une qualité qui varie d’une unité à l’autre. Ce qui prime n’est ni la matière première ni le produit finit mais le taux de production d’un produit fini en fin de processus : le Bac général et le Bac pro. Il faut donc que les % augmentent quelques soient les conséquences : échec sur l’écriture, sur le calcul, sur le profil adapté à un parcours en enseignement supérieur, sur l’employabilité rapide en milieu professionnel…
Pour échapper à ce processus normalisé qui gâche, il vaut mieux envoyer la matière de grande qualité dans des outils de production spécialisés (pour oser poursuivre l’analogie). C’est fait par des parents qui peuvent le faire à temps quelque soit le déclencheur.
Il faut croire que les technocrates et les idéologues ne voient pas ou ne veulent pas voir que leur approche taylorienne de la prise en charge scolaire de nos enfants : suppression du travail à la maison, suppression des notes, collège unique… c’est le « socialisme » appliqué à l’école et surtout à l’intelligence, ou plutôt au potentiel. C’est le propre d’une idéologie. Une idéologie n’hésitera pas à sacrifier des vies pour l’intérêt général.
Exemple : un enfant a le potentiel pour courir le 100 m en 9″8. On oblige tous les enfants à marcher en rang jusqu’à leurs 18 ans et le 20 à l’examen est obtenu en parcourant le 100 m en 15″.
Les enseignants qui essaient de sortir les enfants qui ne s’adaptent pas ont quel intérêt à le faire si l’année passée ne permet pas de remettre l’enfant en selle ou si l’enseignant, l’année suivante, ne prolonge pas un traitement différencié ? Certes le saut de classe, dans certains cas peut s’avérer salutaire mais ça ne doit pas s’appliquer à tous les cas mais je n’ai pas de preuve scientifique à apporter, sous la forme de statistiques. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir si l’outil de production scolaire a une performance du type Pareto ? J’en suis convaincu mais je n’ai pas la preuve sc… 🙂

Vis à vis des gens qui font des commentaires désagréables : je constate qu’un grand ressort des relations sociales, au moins dans notre pays, est la jalousie, non pas celle qui stimule pour avancer comme chez les Anglo-saxons, mais celle qui vise à nuire à l’autre. La jalousie alliée à l’ignorance et à la méchanceté contribuent à façonner / normaliser le paysage social. Le premier qui lève la tête se la fait couper. Il ne faut donc pas attendre trop d’aide et de compréhension de ce côté. J’exagère une nouvelle fois mais il ne faut pas s’étonner de constater l’existence du communautarisme, l’entre-soi, sous toutes ses formes. Or l’intelligence, en l’occurrence l’intelligence supérieure, ne connaît pas cette ségrégation. Elle est transverse à la population. Elle est transverse à chaque classe d’âge. Le système scolaire y est confronté et il ne sait pas la gérer comme une grosse entreprise a du mal à gérer la pluridisciplinarité nécessaire à la réalisation des projets complexes, ceux qui nécessitent une intelligence participative / collective.

Le « génie » n’a pas droit à l’erreur dans le sens commun, me semble-t-il. S’il trébuche, c’est le drame pour l’un et le ricanement pour les autres. Le « génie » comme le surdoué n’attire ni la sympathie, ni la compassion face à une majorité, chez nous, envieuse ou au mieux indifférente, et plutôt ignorante. On tombe vite dans le champ politique avec un pouvoir qui produit des réformes égalisatrices dans lesquelles sont perdus les sujets atypiques. « On » cherche à attirer les faveurs du parent /électeur. On nivelle par le bas en espérant gagner un électorat important toujours selon l’approche Pareto. L’objectif est politique et non celui de la réussite des enfants. Je l’ai déjà écrit une fois je crois. J’aime bien cette citation de Jules Ferry : « l’école, c’est la promotion de tous et la sélection des meilleurs ». Il s’agit d’un concept puissant, pour moi. Analysé de manière superficielle, la situation actuelle permet de dire que ce concept est respecté. Les apparences sont donc sauves mais il a été dévoyé. La promotion est illusoire et les meilleurs sont ceux qui ont réussi à conjuguer potentiel supérieur et capacité d’adaptation. Je sais c’est un raccourci, une caricature, mais c’est volontaire.

J’arrête là. Je ne relis pas. 😉
Je ne dis pas que j’ai raison, mais qu’on peut prouve que j’ai tort. Pour ma part, je n’ai pas de preuve scient… JSCOB… ?

Cyclobearnais | 26 décembre 2016 à 23 h 35 min

Bonjour Lonnoy,

Et heureux de vous relire. Dans votre commentaire, il me semble qu’il me manque la définition de génie. Est-ce que c’est celui qui ne fait pas d’erreur, ou bien celui qui remet en question les modèles existants pour les dépasser, car il « cherche plus loin »? Pour le second, je n’ai pas de définition exacte, mais plutôt un sentiment que c’est sur le dépassement des théories que le génie s’exprime (c’est un point de vue).

Réflexions bien basses de mon côté actuellement, je souhaitais juste une précision, car je considère que la définition de celui qui ne commet pas d’erreur se rapproche plutôt de prodige.

Lonnoy | 27 décembre 2016 à 22 h 49 min

Bonjour cyclobéarnais,
heureux de vous lire à nouveau. Je n’ai aucune définition du génie. Pour moi, le mot relève presque de la chimère. Je le met d’ailleurs entre parenthèses. Il me semble qu’on puisse dire d’une personne qu’il s’agirait d’un « génie » au vu de ses actes et du caractère exceptionnel des résultats obtenus et non au vu d’un potentiel, mais ce n’est qu’une opinion personnelle. On qualifierait une personne « génie » comme on lui attribuerait un Nobel. Cela ne peut se faire que par ses pairs, qui servent d’étalon, et non par le grand public.
Une théorie iconoclaste, aussi brillante soit elle, sans traduction pratique a peu d’intérêt. D’où peut être l’importance de l’expérimentation dans la foulée de la théorisation. La preuve par l’expérimentation ou l’observation est indispensable à la caractérisation de la dimension exceptionnelle. Un très grand génie serait une personne qui développerait une théorie nouvelle mais totalement prédictive c’est à dire qui ne serait vérifiable que bien plus tard. Pardonnez moi pour ces élucubrations de normopensant. 🙂

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