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Juil/16

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La dissonance cognitive

psychologie sociale_

 

Je vais expliquer en résumant brièvement ce phénomène fascinant de psychologie sociale :  la dissonance cognitive. J’extrais ces explications de mes cours en psychologie sociale de Licence de Psychologie.

La dissonance cognitive est un fait connu en psychologie sociale et étudié depuis les années cinquante. On doit la théorie de la dissonance cognitive à Léon Festinger (1919‐1989), professeur de psychologie à l’université de Stanford (Palo Alto, Californie). En 1957, il publie

« Une théorie de la dissonance cognitive ».

Nous recherchons tous l’équilibre, selon la théorie de l’équilibre (Heider, 1958). Nous avons tous des croyances, des opinions, des attitudes.

La consistance cognitive est la relation d’équilibre entre « ce que l’on dit être » et « ce que l’on fait ». Si nous nous écartons trop de « nos valeurs intrinsèques », nous connaissons un état de dissonance. Tout dépend bien sûr du « taux de dissonance » !

Beauvois (1993, p.129) note que « pour Festinger (1957), nous supportons mal le fait d’avoir des cognitions dissonantes dans la tête. Ce fait entraine un état psychologique inconfortable. Aussi serons-nous motivés à réduire cet état, c’est‐à‐dire, à relativiser les cognitions dissonantes, voire à les supprimer ».

Cette approche se fonde sur le fait que l’homme change à travers ses actes. Les conséquences de ses comportements successifs s’organisent dans un système stable et dynamique (les attitudes) qui détermine en partie les comportements évaluatifs ultérieurs.

L’homme étant un animal rationalisant, il justifie après un comportement dissonant en ajustant ses convictions à ce comportement. De nombreux résultats d’études montrent que souvent l’argent joue le rôle d’élément consonant qui diminue l’importance de la dissonance cognitive.

Festinger évoque trois modes de réduction de la dissonance qui sont résumés par Vadis et Halimi‐Falkowicz (2007, p.14) :

« La rationalisation cognitive

La rationalisation comportementale

La trivialisation

Pour  FESTINGER en 1957, le fait de défendre une attitude alors qu’on n’y adhère pas (comportement contre- attitudinel) crée chez nous un état d’inconfort psychologique, la connaissance que ce que nous sommes en train de faire (notre comportement) ne s’accorde pas avec nos idées (notre attitude privée). C’est pour réduire cet inconfort que nous modifions notre attitude privée afin qu’elle s’ajuste mieux à notre comportement. Pour FESTINGER, il suffirait que nous disposions de quelques bonnes raisons de faire ce que nous faisons (par exemple : une forte récompense) pour que notre inconfort s’en trouve réduit au point de nous dispenser de changer d’attitude. On a là l’une des hypothèses les plus contre intuitives et les mieux confirmées de la psychologie sociale. Elle sera testée avec succès dès la fin des années 1950 (pour une synthèse : HARMOND-JONES et MILLS  en 1999).

Source de l’article :

cours publiés par les PUF « Psychologie Sociale »  (auteurs  M Bromberg, A Trognon).

En ces temps « troublés » de grande dissonance cognitive dans le monde de la douance, il me semblait important de la décrire de façon théorique. Mais est-ce que cela va contribuer à rationaliser ce monde de la douance, déjà bien perverti  ?

L’expérience de Ash  est aussi passionnante, à cet égard.

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