Planète surdoués | Un espace d'information et de recherche sur la douance

Mar/14

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Réflexions autour du reportage « Enfants précoces : le paradoxe »

pour revoir le reportage: http://pluzz.francetv.fr/videos/enfants_precoces_le_paradoxe_,98835851.html

Le reportage de Réjane Varrod a été rediffusé il y a deux jours sur france3 :

 Enfants précoces : le paradoxe.

Encore une fois, la généralisation outrancière a été diffusée, généralisation qui consiste à dire : « La souffrance des précoces est fréquente, le surdoué qui réussit est un cliché « , ainsi tous les enfants surdoués vont mal, ont des besoins « particuliers», (dans un collège on les appelle les BIP, besoin intellectuel particulier), même si je dois préciser, pour être honnête, qu’il est dit à un moment dans le reportage que seulement un tiers des enfants à haut potentiel est en échec scolaire grave. C’est beaucoup trop évidemment. même un seul, cela serait trop! Un enfant dit « être un BIP, c’est une catastrophe, une maladie… »

Mais dans le titre et dans le commentaire, on parle de « enfants précoces », et la généralisation à tous les surdoués vient très vite. On voit d’ailleurs que l’enfant qui a sauté deux classes se sent bien avec la douance. Mais il n’a pas une élocution ordinaire. Il a pu être mis à l’écart dans son école peut-être à cause de cela. Les autres l’ont senti. peut-être, Est-ce la timidité face à la caméra. Mais il va très bien , il ne voit que des « bons côtés à la précocité »!

Je recommande la lecture du chapitre un de mon livre « Des femmes surdouées »,dans lequel j’explique, avec des arguments scientifiques, pourquoi il faut que les enfants « doués » apprennent à leur rythme dès la maternelle. Cela n’est pas exactement des « besoins particuliers », ce sont des besoins de vitesse à un jeune âge. Evidemment, une fois qu’ils sont bien « abîmés », qu’ils ont été harcelés par les camarades, que fait-on ? Là, ils ont des besoins de reconstruction. Je pense qu’il vaudrait mieux prendre les devants ! Ce serait si simple ! Ils n’auraient pas de difficultés dans l’apprentissage.

On voit que l’enfant qui est très anxieux (à la réunion de l’afep) ne va surement pas aller mieux si on dit « TU ES DIFFERENT », quelle angoisse ! Et les parents ont eu bien raison de ne pas trop en parler en milieu scolaire, surtout s’ils ne se sont pas assurés auparavant que le milieu n’était pas « hostile aux surdoués ».

Quant au lavage de dents et à la vie quotidienne, ce n’est pas un problème de surdoués, c’est un problème d’éducation, beaucoup d’enfants rechignent à se laver les dents, il faut en faire une habitude dès le plus jeune âge. Mais il est certain que la vie quotidienne peut être fatigante avec des surdoués, car ils discutent tout, ils contestent tout, ils veulent des explications à tout, à nos moindres faits et gestes, (ce que parfois nous n’avons pas) et il faut être ferme avec eux et ne surtout pas les placer sur un piédestal, car l’adolescence risque d’être très difficile. On le voit avec ce jeune qui parle en ne quittant pas sa tablette des yeux et qui ne se lève pas pour prendre un mouchoir, tel un pacha !  et non l’enfant précoce ne s’immisce pas dans les conversations d’adultes tout le temps s’il est bien éduqué !

 ils ont besoin de fermeté bienveillante. il est important de les éduquer pour vivre dans le monde ordinaire.

Dans les réunions de l’afep, j’ai relevé une erreur de chiffre, la proportion de personnes à haut potentiel est de 2,5 % et non de 4 à 5 par classe.

Je dois préciser aussi que tous les enfants précoces n’apprennent pas à lire seuls. Certains oui, mais d’autres, non.

En conclusion, selon moi, le reportage  explique bien les difficultés des hauts potentiels « abîmés ». Mais ce n’est pas le cas de tous, heureusement ! Et je salue le professionnalisme de ces enseignants qui se donnent à fond pour redresser la barre. On remarque surtout qu’ils ont des problèmes sociaux, et il faudrait surtout enseigner la tolérance à tous les enfants. Antony l’explique bien à la fin , « il faut trouver l’âme sœur ».. cela se trouve !

On remarque aussi qu’il y a une plus grande proportion de garçons.  la seule jeune fille du groupe cache sa précocité, elle dit : « j’essaie de faire comme si j’étais pas précoce » ! elle ne veut pas que l’on mette une étiquette surdouée sur elle. comme si en n’étant pas elle-même , cela pouvait la  rassurer… c’est malheureusement un leurre et c’est risqué.

Alors, je vous encourage à lire « Des femmes surdouées » !

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http://www.leseditionsdunet.com/culture-societe/2196-des-femmes-surdouees–nadine-kirchgessner-9782312027401.html

 

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4 Comments pour Réflexions autour du reportage « Enfants précoces : le paradoxe »

Chrodegang | 23 mars 2014 à 9 h 09 min

J’aime bien ton commentaire Nadine parce que je le trouve bien mesuré. Je ne veux pas être méchante mais c’est vrai que je trouve aussi que souvent on met tout sur le dos de la douance alors qu’il y a aussi un problème d’éducation derrière certains comportements problématiques, mais très peu de parents sont prêts à le reconnaître – pourtant, personne ne nie les difficultés auxquelles ils doivent faire face! Il y a une volonté de cohésion entre parents d’enfants surdoués qui est louable, mais qui occulte le fait que tous n’ont pas les mêmes visions des choses, les mêmes manières d’agir, et qui fait oublier que certaines critiques sont justifiées. Pour moi, nier en bloc toutes ces critiques, comme si parents d’enfants surdoués = parents héroïques qui ont forcément raison contre le monde quoi qu’ils fassent, n’est pas la meilleure stratégie à adopter à bien des égards mais bon… Un des soucis, je crois, est de TROP lire sur le sujet quand on découvre que son enfant -ou soi-même – est surdoué. je le constate depuis un ou deux ans sur les réseaux sociaux, avec l’affluence de néo-doués. Les gens connaissent par coeur les particularités du surdoué et ils finissent par plaquer cela automatiquement sur eux-mêmes ou leurs enfants sans nuance. Gros classique: il/elle est hypersensible. Au lieu d’essayer d’accompagner cette hypersensibilité et d’aider l’enfant à la maîtriser, on n’ose plus rien dire comme si l’enfant pouvait se briser au moindre événement, et on surprotège, on accuse les non-hypersensibles de n’y rien comprendre – effectivement, pourquoi y comprendraient-ils quelque chose, puisqu’ils ne le sont pas, essayer de comprendre n’est pas pouvoir comprendre – et de détruire ces enfants. Sauf que la sur-protection est aussi nocive que le reste! Et l’hypersensibilité étant minoritaire, si on n’apprend pas à l’enfant que le monde ne s’adaptera pas à lui mais que lui peut faire de sa particularité un atout, il se sentira martyr toute sa vie et cela n’est pas constructif – même absolument épouvantable quand on voit ce qu’ils vont avoir à endurer même s’ils sont bien préparés. Autre exemple: la « pensée en arborescence ». Des adultes se présentent en citant systématiquement cela. Je n’ai même plus l’impression qu’ils y aient vraiment réfléchi, c’est devenu le sésame ultime. Il se trouve que personnellement je ne trouve pas trop le terme adéquat pour définir ma manière de réfléchir, et que je peux plutôt bien savoir comment une idée en appelle d’autres si j’y fais attention, et même, avec de l’entraînement, il n’est pas du tout impossible de décortiquer un raisonnement ultra-rapide. Mais si on lit dans un livre qu’on a une pensée fulgurante et en arborescence, voilà, on n’a plus à faire l’effort de comprendre cette pensée, c’est tout expliqué, et on le ressert tout-de-go, on se cache derrière comme un bouclier parce que les non-doués ne peuvent pas comprendre – mais tous les doués pensent-ils de manière stéréotypée à ce point, bah je ne suis pas convaincue, ou alors je suis une extraterrestre même chez les doués -possible, après tout. Pourtant, il y a des caractéristiques, et il y a la réalité à laquelle on est confronté! A quoi ça sert d’être si docte si cela nous désarme face au quotidien en nous rendant prisonniers de raisonnements tout faits, et faits pour décrire une généralité, pas forcément des variantes individuelles? Vivre dans ce monde, c’est d’une part c’est se développer au mieux mais sans perdre de vue que nous ne sommes pas seuls sur terre. Donc, effectivement, ce n’est pas parce qu’on a besoin de beaucoup de stimulation intellectuelle que c’est aux autres de nous apporter nos petits mouchoirs… Finalement, nous avons beau être doués, sous bien des aspects, nous ne différons pas des autres êtres humains dans nos comportements – notamment sur notre aveuglement sur nous-mêmes et sur nos enfants -, je trouve, même si je ne vais pas me faire d’amis en disant cela.

Nadine Kirchgessner | 3 avril 2014 à 19 h 57 min

Merci ! Quand j’ai lu ton commentaire, j’ai pensé à l’éducation en général. Lorsque j’étais plus jeune, j’avais vu un film sur l’histoire d’Helen Keller « Miracle en Alabama », film que je vous conseille à tous. Helen était née sourde, muette et aveugle, elle a rencontré une gouvernante, Ann Sullivan, qui l’a éduquée, car ses parents ne le faisait pas …et cette femme l’a sauvée.
Le problème n’est pas de trop lire, on ne lit jamais trop, mais de lire ce qu’il faut lire! La surprotection est bien sûr extrêmement mauvaise !

judith | 11 avril 2014 à 18 h 03 min

Bonjour, ma fille est à haut potentiel, très haut potentiel même, on me dit que c’est même assez rare : 152. Tous les gens du milieu s’étonnent que je n’en ai pas parléà ma fille de près de 7 ans. J’avoue que je ne vois pas quoi lui en dire de positif, elle se sait très sensible, je n’ai pas envie que cela fasse toute son identite, qu’elle se sente sommée de réussir, qu’elle se voie comme handicapée, je trouve ça terrifiant, je n’ai moi même pas envie d’y croire sans doute.

Nadine Kirchgessner | 12 avril 2014 à 22 h 57 min

Bonjour,
vous pouvez dire à votre fille que la douance est très positive et qu’elle va simplement plus vite que les autres lorsqu’elle apprend. Surtout ne pas inculquer qu’elle pense diféremment!

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